Bruxelles veut faciliter l’exportation de médicaments vers les pays pauvres


La Commission de Bruxelles vient de franchir un nouveau pas pour faciliter l’accès des pays pauvres aux médicaments génériques dans le cadre de la lutte contre le sida, la tuberculose et la malaria. Trois maladies qui font 6 millions de morts par an en Afrique subsaharienne mais aussi, de plus en plus, en Asie. Bruxelles propose un règlement permettant de produire, en Europe, des copies de médicaments spécialement destinés au tiers monde.

Les États européens auraient désormais le droit d’accorder à des firmes nationales les licences obligatoires pour fabriquer et exporter ces médicaments à très bas prix, y compris des médicaments sous brevet. La pratique était interdite jusqu’ici dans le but de protéger la propriété intellectuelle des laboratoires.

Un mécanisme est prévu pour empêcher que les produits exportés ne reviennent  frauduleusement casser les prix sur le marché européen. L’objectif, explique Pascal Lamy commissaire européen au commerce, est de continuer à réduire le coût des médicaments dans les pays en développement. La réduction s’est amorcée vers l’an 2000. A l’époque, le prix d’un traitement antisida en Afrique s’élevait  à 10 000 euros par an, il est descendu aujourd’hui à 200 euros, ce qui reste malgré tout très cher.

Avec sa nouvelle proposition, Bruxelles rejoint le Canada et la Norvège, les deux pays les plus en pointe sur ce dossier. Il s’agit de transposer en actes juridiques, les complexes décisions de principe adoptées au mois d’août 2003 par l’Organisation mondiale du commerce. Et une fois n’est pas coutume, l’initiative de la Commission européenne est saluée par Oxfam. C’est, selon l’ONG, un signal positif de l’Europe en direction des pays en développement.

En pratique, il suffira à tout pays pauvre qui a besoin d’acquérir un médicament, de le notifier à l’OMC. Il appartiendra ensuite aux fabricants, au Brésil, en Inde, en Europe ou ailleurs de produire et proposer le médicament au meilleur rapport qualité prix, selon les règles de la libre concurrence mondiale. Une première démarche dans ce sens a été engagée, au début du mois d’octobre, par le Mozambique.

Auteur : Anne-Marie Mouradian

Source : www.rfi.fr

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.