Une vitrine française de stabilisation des déchets ménagers


Le groupe français OXALOR propose une technique de traitement et de recyclage des ordures ménagères et boues de station d’épuration par déshydratation, à partir d’un réactif à base de  chaux vive. L’ensemble du traitement se déroule sans broyage, ni incinération. Outre une valorisation par le tri, l’usine obtient aussi un fertilisant d’exception.

Direction les Deux-Sèvres. L’usine de traitement Oxalor est en campagne, à quelques 150 mètres des premières maisons. Apparemment sans gène pour les riverains. Dans la salle des machines, hormis le bruit,  difficile de croire qu’on y traite des ordures ménagères brutes. Tout se passe proprement, sans odeur. La chaîne de machines semble robuste, le matériel ancien. Chacune est un maillon du procédé Oxalor, une chaine process innovante sous brevet national et international.

Le Directeur du site raconte :

L’histoire du procédé débute en 1996, appelé Calcior, le procédé inventé par un professionnel devient rapidement OXALOR. L’idée consiste à mélanger les déchets avec un réactif naturel, à base d’oxyde de calcium (de la chaux vive reformulée) et de l’eau. Le mélange produit un dégagement de chaleur, une réaction dite exothermique, comprise et maitrisée entre 75 et 100°. « On exploite cette réaction naturelle pour déshydrater les ordures ménagères et rendre l’ensemble inerte et sec. La réaction qui puise son énergie dans l’humidité du mélange, élimine tous les germes vivants sur les déchets ». « L’ajout du réactif (calox) créé un milieu ultra-basique (pH 12,8) qui permet de stabiliser toute la masse et facilite le tri en aval ». « De plus, la déshydratation augmente le pouvoir calorifique des refus plastiques à des valeurs voisines du gaz naturel ou du méthanol » poursuit le scientifique,  ce qui les rend très intéressant en terme de valorisation énergétique. Par exemple pour des cimenteries à la recherche de substituts aux combustibles fossiles.

« Déstructuré et stabilisé » par la phase d’homogénéisation et de réaction exothermique naturelle, le flux d’ordures ménagères passe alors une série de tamis, de cribles qui séparent matières organiques et inorganiques selon les besoins. C’est en fonction du MODECOM (modèle de caractérisation des ordures ménagères), que l’on détermine la structure de l’usine. Nous garantissons une valorisation d’au moins 75% sur des ordures ménagères brutes, affirme le scientifique. En bout de chaîne, des tapis et matériels mécaniques terminent de séparer les matières traitées. Bouts de films plastiques, verre, cailloux, ferreux, non ferreux, Pet, Pehd, bois chacun atterrit dans sa benne ! Le tout sans intervention humaine.

Ecologie industrielle et protection environnementale

La fraction « fermentescible » des ordures est transformée en sable fin, grisâtre : un amendement organo-calcique(oxyom). Vendu 10 euros la tonne aux agriculteurs locaux, cet amendement, riche en matière organique (33 à 38 %) et calcique, permet de structurer les sols. Les études, réalisées en vue de l’homologation, ont confirmé leur innocuité et leur efficacité agronomique.

La fraction non organique

Souple, simple, compacte, la méthode est rapide. Il faut compter deux heures et demie pour transformer les déchets en produit final stabilisé et très bon marché. Par rapport aux incinérateurs ou à la méthanisation, Oxalor se révèle en effet particulièrement économe, peu  » énergivore  » et avec de faibles besoins en volume et durée de stockage, surtout si on le compare avec le compostage. Même la consommation d’eau est réduite, récupérée au fil de son évaporation afin d’être réinjectée au début du processus.

En charge du retraitement d’une partie des boues d’épuration de Niort et des ordures ménagères de la Communauté de Communes de Lezay, le site reste à une échelle modeste. Unité vitrine, destinée à démontrer l’efficacité du procédé, la capacité de l’usine n’est que de 9 tonnes/jour, un peu plus de 3 000 tonnes à l’année. Sur une plateforme voisine, une seconde usine de 60 000 tonnes est prévue début 2007. Elle sera dédiée aux seules ordures ménagères brutes. Montant de l’investissement : 9,8 millions d’euros. L’autorisation administrative est en cours, l’enquête publique à démarrée. « Ce sera la première unité en France » mais d’autres projets sont bien avancées à l’étranger  reconnaît Le scientifique. L’Espagne, l’Allemagne, l’Algérie, la Chine sont sur les rangs

Les objectifs sont atteints : Réduire le volume et le tonnage de déchets à stocker, réduire les nuisances (gaz, lixiviats, odeurs), respecter la réglementation, simplifier la gestion des CSDU.

Auteur : ROMANOF

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