« Comme en pub, l’idée doit faire vendre »


Bernard Edelman, avocat et philosophe, est notamment l’auteur de l’Art en conflits (avec Nathalie Heinich, La Découverte) et de l’Adieu aux Arts, 1926 : l’affaire Brancusi (Aubier). Il rédige actuellement un ouvrage intitulé l’Esthétique des droits de l’homme, qui explore les relations entre art contemporain et idéologie des droits de l’homme. Il prépare le pourvoi en cassation dans l’affaire de la Nouvelle Eve opposant Jakob Gautel et Bettina Rheims.

Depuis quand l’art moderne fréquente-t-il les tribunaux ?

Aux États-Unis, l’Oiseau dans l’espace de Brancusi avait suscité un débat juridique dès 1926, parce que les douanes avaient voulu taxer l’objet au prix du métal. En France, personne n’a nié, par exemple, que l’emballage du Pont-Neuf par Christo était une œuvre d’art protégeable par le droit d’auteur. Chez nous, le problème de l’art conceptuel s’est posé pour la première fois après la première attaque de Pierre Pinoncelli sur l’urinoir de Duchamp, en 1993.

Pour le juriste, l’art conceptuel est-ce encore de l’art ?

En droit, pour être protégée, une œuvre doit remplir trois conditions : d’abord être une création. Depuis la fin du XVIIIe, on considère que l’auteur est un créateur unique, inventeur de ses propres formes, inventeur de lui-même. A cette aune-là, je ne peux pas m’emparer d’une boîte de soupe Campbell ou d’un urinoir pour dire que je crée. Sinon, cela signifie que l’industrie crée des objets d’art. Deuxième condition pour le juriste : s’il y a création, elle doit se cristalliser dans une forme. Dix lignes de synopsis, c’est une idée non protégeable, contrairement à un scénario abouti. Pour Gautel, l’idée, c’est le détournement de sens d’un lieu par une inscription. Et la forme, c’est l’inscription elle-même. Est-ce qu’il s’agit d’une forme protégeable en tant que telle ? La cour d’appel de Paris répond que la porte vermoulue, la serrure en forme de croix, les murs décrépis font partie de la forme, autant que l’inscription. Que cet ensemble donne la forme. Mais, si on efface l’inscription de Gautel, la porte reste identique. En revanche, on ne peut supprimer l’idée d’un roman sans supprimer le roman lui-même ! La forme doit être la réalisation de l’idée ; il y a indivisibilité entre les deux. Or la cour d’appel introduit une rupture entre l’idée et la forme, ce qui me choque en tant que juriste. Enfin, troisième exigence : la forme elle-même doit être originale.

Et qu’en pense le philosophe ?

On n’est pas loin d’une nouvelle déclaration des droits de l’homme : «Tous les hommes naissent libres et égaux et artistes en droit.» Puisque n’importe quel geste devient artistique. Aujourd’hui, l’art contemporain reprend à son compte le fait que tout individu est artiste parce que le marché le lui permet : tout objet est déjà en soi esthétique puisque le marché l’a conçu comme tel. C’est l’idée des ready-made de Duchamp.

Duchamp n’est pas un artiste ?

Duchamp, c’est un coup de génie. Il a montré le «mystère» des produits contemporains, le simulacre : c’est utile mais ce n’est pas l’utilité que j’achète, c’est le plaisir. Mais, maintenant, le marché fait l’art en faisant les artistes. L’idée a la même valeur qu’une idée publicitaire : elle est là pour faire vendre. C’est ce que dit Jean-Philippe Domecq à propos de Buren : «Buren nous oblige à avoir une marque, la marque Buren, qui n’est pas de lessive ni de voiture, mais d’artiste. Et quel artiste… Des rayures. Ainsi Buren a-t-il réalisé ce que la publicité n’a encore jamais fait : promouvoir un produit, un sigle, sans autre référent que lui-même.»

Art conceptuel et dictature des marques, même combat ?

Je le pense profondément, puisque c’est désormais la signature qui fait l’œuvre. L’arrêt de la Cour de cassation dans l’affaire Spoerri dit en filigrane : vous vous fichez de nous en considérant votre signature comme une marque. Quand on approfondit ces questions, on retombe sur le marché, inévitablement. Il nous vient à l’idée la notion de marque, et ce n’est pas anodin. Dans le Bonheur paradoxal, le sociologue Gilles Lipovetsky dit la même chose en analysant l’hyperconsommation. Le simulacre, en soi, c’est le fondement de l’art contemporain. Certains artistes disent qu’ils subvertissent le marché en retournant ses règles. Mais ce n’est dans le fond qu’une façon de tourner les lois du marché à leur profit.

Lier critique du marché et critique de l’art conceptuel est acrobatique…

L’art contemporain est un lieu de rencontre entre politique ultralibérale et économie de marché. Comme l’art stalinien entre la politique totalitariste et le collectivisme. Vous retrouvez les mêmes schémas. Ce sont des problèmes dont peu de gens parlent, à part Jean Clair ou Yves Michaud. Je suis frappé de cet aveuglement. Prenez le Bauhaus : ça commence par la révolution soviétique, ça se termine par les inventeurs du design aux États-Unis. Qu’est-ce qui s’est passé ? Je trouve que l’art contemporain est le révélateur d’une mutation.

Le droit d’auteur doit-il évoluer pour prendre en compte de nouvelles formes d’art ?

Je n’ai pas à porter de jugement de valeur sur l’art contemporain, mais, en tant que juriste spécialisé, j’affirme que de nouvelles formes d’art posent de véritables problèmes. Je marche dans la peinture, je laisse une trace de pas : c’est une œuvre. J’empile des codes Dalloz dans un parallélépipède transparent et j’inscris «bonheur» en lettres d’or dessus : c’est une œuvre. Alors tout devient œuvre, et les tribunaux croulent sous les demandes les plus incongrues. Que le législateur fasse donc une loi pour dire que même les idées sont protégeables ! Si notre vision de l’auteur explose, au profit de quelle autre vision ce sera ? La notion juridique d’auteur est née avec la notion d’individu. A mes yeux, cet auteur unique, ce «génie», est en train de périr. On le voit avec le peer to peer, le sampling, le «tout est à tout le monde». Est-ce qu’un «auteur anonyme» va naître ? C’est possible. Pourquoi pas ? Je ne sais pas qui a construit Notre-Dame, mais c’est beau. Personnellement, non plus comme juriste ni comme philosophe, je suis en total accord avec notre définition traditionnelle de l’auteur.

Auteur : Jacqueline COIGNARD

Source : www.liberation.fr

Des jeux écolos


C’est l’histoire d’un informaticien qui ne vit que pour les jeux de rôles, et de son père écolo. Enfin, pas vraiment écolo. Disons qu’il s’agit d’un père que la science et ses ramifications politiques fascinent.

Pour se rapprocher de son fils, qui passe des nuits blanches avec ses amis à jouer à des jeux comme Diplomacy, Axis and Allies ou Dungeons and Dragons, le père lui a suggéré : «Pourquoi n’inventerions-nous pas un jeu ensemble ? J’ai une bonne idée, on pourrait imaginer les effets politico-militaires d’un réchauffement catastrophique de la planète. Tous les pays du monde se disputeraient l’Antarctique, le seul continent encore tempéré.»

Le résultat, c’est Antartica Global Warming, un jeu de société de la compagnie Savita (soleil, en hindou) dévoilé à la foire des jouets de Toronto, en janvier dernier. Les inventeurs, Peter et Frank Zuuring, sont respectivement ingénieur et informaticien à Kingston, en Ontario. Leur jeu est un peu maladroit, mais semble intéressant. Mais surtout, il représente une tendance forte : les jeux de société à tendance écolo.

«L’une des belles nouveautés, dans le jeu de société, est Bioviva», dit Christine, commis chez Diabolo, un magasin de jouets de l’avenue Mont-Royal Est. «Ce sont des jeux écolos. Même le papier est recyclé. C’est un jeu avec des questions et des pions sur une planche. Avec les questions, on apprend des choses sur la nature, sur le réchauffement de la planète. Il y en a deux, Opération survie et Nature. Les enfants aiment assez. »

La compagnie montréalaise Intellikid offre une belle gamme de jouets environnementaux et scientifiques, comme les jeux de société Enviro-Quiz et Animotrax, ou les expériences «La neige de l’espace» ou «Le sable de Mars.» Rencontré à la foire de jouets de New York, Bob Martin, copropriétaire d’Intellikid avec son épouse Véronique Janiak, a aussi expliqué les difficultés que l’on rencontre souvent avec les jeux d’expériences scientifiques : il est notamment assez difficile de faire grandir des artémias, de petits crustacés aquatiques, ou de faire pousser des cristaux sur une roche. Ces deux kits sont proposés par de nombreuses compagnies.

Les cristaux, explique Bob Martin, sont très difficiles à faire pousser. «Il faut quasiment mettre le pot qui contient la roche et le liquide sur une base antivibrations. Le moindre choc démolit les cristaux. C’est très fragile.»

Quand aux artémias, ils ne sont pas l’espèce la plus facile à élever, selon M. Martin. En gros, il s’agit de crustacés datant de l’âge des dinosaures et qui ont la capacité de survivre à l’état d’œuf, dans des milieux secs, pendant plusieurs décennies. Quand l’œuf se retrouve dans un milieu humide, il éclot et un animal, plutôt laid et plat, en sort.

«Les artémias grandissent très lentement, dit M. Martin. Ils sont habitués à vivre en Utah, alors le Canada est un peu froid. Ma compagnie utilise plutôt des triops, qui sont plus résistants. »

«Les triops vivent deux à quatre mois, jusqu’à ce qu’ils deviennent trop gros et commencent à s’entre-dévorer,» dit Christine de chez Diabolo, avenue Mont-Royal.

Auteur : Mathieu Perreault

Source : www.cyberpresse.ca

Une manière économique de rincer les verres à bière


Un Amstellodamois, Bauke Bokma de Boer, a trouvé une solution pour permettre aux cafetiers d’économiser l’eau utilisée pour le nettoyage des verres à bière.

Grâce à un système de senseurs qui évalue la quantité d’eau nécessaire, Aquafox permet des économies substantielles, écrit jeudi De Morgen.

L’inventeur a fait ses calculs : un café qui tourne bien sert 25.000 verres de bière par mois et utilise 30.000 litres d’eau pour le même période, soit une grande piscine, pour les nettoyer.

Quatre ans lui ont été nécessaires pour développer Aquafox.

Un senseur calcule le nombre de verres à rincer.

Le robinet d’eau ne s’ouvre que lorsqu’un nombre de verre déterminé est atteint.

InBev Pays-Bas, Heineken et Grolsch lui ont promis de promouvoir Aquafox dans leurs bars.

Quelque 1.100 établissements sont équipés d’Aquafox aux Pays-Bas.

Il devrait bientôt en avoir 4.000.

M. Bokma de Boer a démarché les brasseries belges il y a deux mois.

« Comme toutes les brasseries, les Belges sont sceptiques envers un nouveau système.

Mais Inbev Belgique a dit qu’il allait tester l’Aquafox », a-t-il dit.

Source : www.canalz.be

Des scientifiques israéliens viennent d’inventer un verrou biologique


Des scientifiques israéliens viennent en effet d’inventer un nouveau type de bio-verrou, de la taille d’une molécule.

Selon le site « LiveScience », ce verrou se désactive seulement si on lui fournit le bon code, à savoir la bonne séquence de produits chimiques et de lumière.

Le spécialiste en chimie organique Abraham Shanzer et ses collègues de l’Institut Weizmann, à l’origine de l’invention, pensent que cette découverte révolutionnaire va marquer un tournant dans l’histoire du codage et va améliorer le niveau sécuritaire des informations confidentielles.

De plus, ce verrou pourrait aussi servir à reconnaître des séquences chimiques telles que des virus ou des armes biologiques à l’intérieur du corps.

En principe, les scientifiques seraient donc capables de créer un verrou moléculaire qui pourrait autoriser le passage de certaines molécules dans l’organisme et pas d’autres, ce qui « ouvre beaucoup de nouvelles directions » selon Shanzer.

Auteur : Mickael Finkelstein

Source : www.israelvalley.com

La Chine signera officiellement deux traités de l’OMPI


Pour renforcer la coopération internationale dans le domaine de la protection de la propriété intellectuelle et renforcer davantage la protection de la propriété intellectuelle en matière d’Internet, la Chine va signer officiellement deux traités de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle : le Traité du droit d’auteur et le Traité sur les représentations et les produits enregistrés. Le gouvernement chinois a soumis dimanche 24 décembre les motions concernées à l’organe législatif national, le Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale pour l’examen et l’approbation.

Les deux traités susmentionnés adoptés en 1996 ont trait aux nouveaux problèmes dus à de nouvelles technologies. C’est-à-dire, la protection de la propriété intellectuelle traditionnelle devra s’étendre au domaine numérique, en particulier à celui d’Internet dans le but de protéger le droit des auteurs, des acteurs et des producteurs d’œuvres d’enregistrement. Rappelons que ces deux traités ne s’appliqueront pas à deux Régions administratives spéciales de Hong Kong et de Macao.

Les actes de piratage et d’empiètement du droit d’auteur sur Internet, en aggravation constante, sont devenus actuellement un problème international. Le gouvernement chinois accorde toujours une grande importance à la protection de la propriété intellectuelle. La Chine a déjà adhéré à la Convention de Berne pour la protection des œuvres littéraires et artistiques et à la Convention internationale du droit d’auteur. Parallèlement, elle a modifié de manière intégrale la Loi sur le droit d’auteur.

Source : french.china.org.cn

L’espéranto version SMS


Parlez-vous zlango ? Né dans la banlieue de Tel-Aviv, ce langage SMS à base de pictogrammes est devenu en quelques mois un must pour les principaux opérateurs israéliens de téléphonie mobile. Et son initiateur, Yoav Lorch, compte en faire un outil de communication sans frontières.

Doté de 200 icônes en couleurs, le zlango se présente comme la première langue dessinée universelle conçue pour les 8-28 ans. C’est en plus un langage au contenu évolutif, puisque les signes les moins utilisés sont vite remplacés. « Avec nos petits symboles, tout le monde peut se comprendre et réduire la longueur de ses messages de 50 % », ajoute Yoav Lorch, qui s’est amusé à réécrire la Bible en zlango, à l’image de Zamenhof, le père de l’espéranto.

Le bouche-à-oreille fonctionne à plein. Depuis sa participation à 3GSM, la grand-messe des télécoms de Barcelone, en février 2006, la jeune pousse israélienne négocie avec une trentaine de marchés, précise l’inventeur du zlango, à l’aise dans cinq langues, dont le finnois. Pour l’utilisateur, le téléchargement des icônes est gratuit, mais la start-up se rémunère au prorata des « ZMS » envoyés. Le potentiel de cet idiome ? « En trois ans, Skype a totalisé 50 millions de dollars de revenus et le même nombre d’utilisateurs, souligne Yoav Lorch. Nous nous fixons à peu près le même objectif. »

Auteur : Nathalie Harel, à Tel-Aviv

Source : L’Expansion

Les machines à mesurer le temps de 1931


La news rétro nous dresse un historique des techniques de mesure du temps du début des années 1930.

Avertissement : Cette news rétro retranscrit des connaissances scientifiques, techniques ou autres de 1931, et contient donc volontairement les arguments, incertitudes ou erreurs d’époque.

Une corde, un poids, une roue dentée, il n’en fallait pas plus pour construire une horloge; et cependant l’humanité a cherché pendant des siècles pour trouver cette très simple solution. Mais depuis, que de perfectionnement! A grands traits nous esquissons ici l’histoire de la machine à mesurer le temps.

Les premières horloges : sabliers, clepsydres, etc.

Les premiers hommes qui s’inquiétèrent de fractionner la durée du jour mesurèrent sans doute, entre un lever et un coucher de soleil, l’ombre projetée autour d’un point fixe, un bâton, par exemple, et divisèrent en parties conventionnelles l’aire ainsi parcourue. Ces divisions étaient des heures et le cadran solaire était né. Peu pratique, ne fût-ce que pendant la nuit, ou par temps couvert, il avait au moins l’avantage de donner l’heure type que d’autres instruments pourraient mesurer. Les applications du principe suivirent en effet et l’on vit se créer des horloges à sable, ou sabliers, des horloges à eau, ou clepsydres, qui mettaient à se vider de l’un ou de l’autre un temps antérieurement mesuré au soleil.

Les clepsydres, plus que les sabliers, se prêtaient aux perfectionnements: on en fit à plusieurs compartiments, correspondant à un nombre d’heures déterminé ; on en fit avec un flotteur actionnant à la descente une petite roue munie d’une aiguille et d’un cadran ; la mécanique et l’art, qui s’en mêlèrent, firent des merveilles de construction. Exemple: la fameuse clepsydre qu’Haroun-al-Raschid envoya à Charlemagne.

D’autres machines à marquer les heures naquirent de cerveaux ingénieux: c’était une bille glissant dans les rainures d’un socle, en un temps donné ; une horloge à plan incliné procédant du même principe ; des boules se détachant à intervalles calculés d’une torche de cire en combustion et tombant avec bruit dans un récipient de métal: prélude de la sonnerie.

Horloges

De l’empirisme à la science

Cette préhistoire de l’horloge nous amène à la fin du xe siècle, où le moine auvergnat Gerbert inventa peut-être, ou appliqua le premier en France, le tenant de l’Orient, le système de l’horloge à poids, et découvrit sans doute, comme perfectionnement, l’inappréciable auxiliaire de l’échappement.

Poids et échappement. – Le moteur de ce mécanisme est un poids attaché à une corde qui est enroulée sur une poulie et qu’il tend à dérouler ; l’autre extrémité de la corde porte un contrepoids plus faible qui la maintient tendue. La corde en se déroulant actionne la poulie qui fait tourner une aiguille sur un cadran. Si ce poids était abandonné à l’action de la pesanteur, il tomberait, suivant la loi, avec une vitesse accélérée, et la marche des heures serait de plus en plus rapide ; mais plusieurs roues engrenant les unes dans les autres diminuent l’accroissement de la vitesse sans la détruire. Qui plus est – et c’est là qu’intervient l’échappement – les dents de la dernière roue régulatrice rencontrent un obstacle qu’elles peuvent bien écarter, mais non sans effort, et cet effort se reproduit à chaque dent ; à chaque dent l’obstacle oppose momentanément le passage, puis la laisse « échapper ». Ainsi l’accélération de la vitesse acquise est-elle annulée, dent après dent, et le mouvement uniforme réalisé.

Le pendule. – Réalisé de manière empirique, approximative, non scientifique. La découverte de Galilée sur l’isochronisme des oscillations du pendule (toutes les oscillations d’un pendule sont de même durée) lui donna cette dernière qualité. Pour obtenir l’échappement scientifique il n’était que de mettre en relation la roue d’échappement, qui est en même temps la roue motrice, et un pendule (ou balancier) qui en régularisât l’échappement et par conséquent le mouvement.

L’ancre d’échappement. – Le physicien anglais Hook effectua cette relation par l’intermédiaire d’une ancre (crochet double ressemblant à une ancre renversée) dite ancre d’échappement, qui s’attache à la partie supérieure du pendule. L’ancre engrène dans les dents de la roue, mue par le poids. Quand le pendule est vertical, les dents de l’ancre entrent dans les dents de la roue et le mécanisme est arrêté ; quand il s’écarte à droite ou à gauche, le mouvement recommence et une dent de la roue d’échappement passe à chaque oscillation double. Quant au mouvement du pendule, il est entretenu par la pression que la roue exerce alternativement sur les pattes de l’ancre, et par suite sur le pendule même.

Ressort et volant annulaire. – A la force du poids, d’autres forces furent substituées. L’invention du ressort, dont la détente remplace la tension du poids, permit la construction d’horloges beaucoup plus petites et celle des horloges de poche, les montres; Huygens y ajouta le volant annulaire, qui fait office de régulateur.

Électricité et air comprimé. – L’électricité: ici le moteur est un électro-aimant qui impose au pendule une première impulsion ; le départ du pendule interrompt le contact et par suite le courant ; mais son retour ramène le contact et produit une nouvelle impulsion. L’air comprimé: lancé dans des tuyaux de distribution par une horloge centrale, il fait avancer de minute en minute l’aiguille des horloges auxquelles elle est reliée.

Balancier compensateur, etc. – Par ailleurs c’est le balancier qui est perfectionné (balancier à gril, balancier à mercure) pour compenser les irrégularités, même minimes, dues aux changements de température. Le remontoir se substitue à la clef ; les chronomètres multiplient leurs indications… Mais ici nous sortons du domaine de l’horlogerie pure.

Illustration : Almanach Hachette 1931

Source : www.techno-science.net