Article de presse

Valorisation : la France accuse un retard de sept à dix ans


« Aujourd’hui, la France innove moins que ses voisins et commence même à se voir distancée par l’Inde, la Chine et d’autres pays émergents. C’est un sérieux handicap dans un monde où l’innovation est devenue un avantage concurrentiel décisif. Pour inverser la tendance, nous devons exploiter nos inventions, valoriser les ruptures technologiques et les connaissances issues des laboratoires publics. En un mot, leur trouver des débouchés économiques. » Dans sa dernière analyse, l’Institut Montaigne jauge le système de valorisation de la recherche académique dans l’Hexagone et pose une question clé : « Comment en finir avec le gâchis français ? »

Selon l’institut parisien, « la France accuse un retard de l’ordre de sept à dix ans par rapport à l’Allemagne, la Belgique ou la Grande-Bretagne et d’une trentaine d’années par rapport aux États-Unis ou Israël. » Nombre de dysfonctionnements expliquent ce retard, à commencer par le refus de faire des choix et de piloter la recherche publique. « Contrairement à ce qui se passe dans le reste du monde, les créations de postes d’enseignants-chercheurs à l’université ne sont pas dictés par des choix stratégiques ou par la volonté d’orienter les efforts de recherche vers certains domaines considérés comme prioritaires. Ce sont les étudiants, lors de leur entrée à l’université, qui déterminent ces choix. »

Exemple significatif de cette dérive, entre 1996 et 2002, le nombre d’enseignants-chercheurs dans les sciences de la vie a diminué de 0,9 % et augmenté de 23,6 % dans les sciences humaines et sociales (SHS). La France forme ainsi autant de docteurs dans les SHS que le reste de l’Europe.

L’institut rappelle également que le handicap de la France ne vient pas uniquement d’un manque de moyens. « Les fonds publics sont souvent distribués de manière irréaliste et le levier financier n’est pas suffisamment utilisé comme un élément de motivation. » Les laboratoires publics sont aussi montrés du doigt pour leur frilosité à envisager d’autres formes de financement que la confortable dotation publique qui tombe tous les ans. Les chercheurs eux-mêmes n’échappent pas à la critique. Ils sont faiblement sensibilisés aux enjeux de la valorisation et un fossé les sépare de la société. « Ils sont encore nombreux à considérer que leur rôle est de faire avancer la science tout en refusant pour des raisons morales tout lien avec le monde économique. »

Source : www.lesechos.fr

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