L’Allemagne célèbre Martin Behaim, l’inventeur du plus vieux globe terrestre


La ville de Nuremberg (sud-est de l’Allemagne) célèbre cet été les 500 ans de la mort du cartographe et navigateur Martin Behaim, artisan du plus ancien globe terrestre conservé à ce jour, toujours visible dans sa ville natale.

A l’occasion de l’anniversaire de sa mort, le 29 juillet, la ville bavaroise multiplie jusqu’à la mi-octobre, sous le slogan « Sans frontière », conférences, expositions et fêtes autour de ce personnage historique et de son époque, celle des « grandes découvertes ».

Né à Nuremberg en 1459, négociant en épices établi au Portugal où il se met au service du roi et où il meurt à Lisbonne en 1507, Behaim aurait fréquenté Christophe Colomb et Fernando Magalhaes Magellan, dont il aurait parcouru le détroit du même nom. Les détails de sa biographie restent flous, mais évoquent ses activités d’astronome et de navigateur qui aurait à son actif la découverte de l’île Faial dans l’archipel des Açores.

« Il a très probablement participé à une ou plusieurs expéditions portugaises vers les côtes de l’Afrique de l’Ouest », explique Martin Schieber, chercheur à l’Institut Histoire pour tous de Nuremberg. « De là, sans doute, son intérêt pour l’astronomie ».

De fait, le Bavarois est surtout célèbre pour la réalisation en 1492 — financée par le conseil municipal pour un prix très élevé à l’époque — d’un globe terrestre de 51 cm de diamètre, recouvert de cuir et de parchemin, où figurent pas moins de 11.000 noms ainsi qu’une quantité de dessins miniatures : villes, hommes, animaux, forêts, montagnes ou même monstres des mers.

Conçu pendant le premier voyage de Christophe Colomb, le globe de Behaim ne fait pas mention du Nouveau Monde. Les parties de la Terre encore inconnues sont recouvertes de fables, de contes et de symboles de toutes sortes.

Le cartographe fait retranscrire par exemple sur la sphère la légende de la « terreur équatoriale », selon laquelle la chaleur augmente si rapidement lorsqu’on voyage vers le Sud que la boussole n’y fonctionne pas et que les bateaux sont menacés de partir en flammes. Cette même légende dissuada Christophe Colomb de franchir l’Équateur.

L’exactitude du globe, bien sûr, laisse encore à désirer. Conformément aux hypothèses géographiques de l’époque, les terres africaines et asiatiques sont très élargies : « La circonférence de la terre est sous-estimée », explique Catherine Hofmann, conservatrice au département des cartes et plans de la Bibliothèque nationale de France (BNF), où est conservé depuis 1847 une réplique du globe. En revanche, « l’extension du continent eurasiatique est sur-estimée », précise-t-elle sur le site internet de la BNF.

Dans le monde tel que le voit Behaim, le Japon est donc beaucoup plus proche qu’en réalité de la côte atlantique. C’est également cette représentation erronée qui, à l’époque, décida Christophe Colomb de tenter d’atteindre l’Asie par l’ouest.

Aujourd’hui attraction du Musée national germanique de Nuremberg, le globe de Behaim a été confié au musée par Adolf Hitler lui-même, qui avait acheté l’objet aux descendants du cartographe en 1937. L’image de Martin Behaim partant à la conquête de l’Afrique était utilisée à l’époque pour servir l’idéologie expansionniste du national-socialisme.

Source : www.tdg.ch

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