Un tatouage effaçable d’un simple coup de laser


Hier vous aviez Sophie dans la peau, aujourd’hui vous aimez Isabelle. Vous regrettez ce superbe cœur, enluminé du prénom de votre ancienne dulcinée… Que les amoureux inconstants soient tranquilles, une nouvelle encre pour tatouage, baptisée Freedom-2 vient de voir le jour, qui permettra bientôt d’enlever, d’un seul coup de laser, le dessin devenu indésirable.

Pour concevoir ce nouveau produit, des scientifiques des universités américaines de Brown et Harvard se sont appuyés sur de microscopiques capsules en plastique biodégradable contenant du colorant. Ces billes, constituées d’une matière similaire à celle des lentilles de contact, peuvent rester sous la peau autant qu’on le souhaite. Mais elles sont assez petites pour être brûlées, libérant les pigments qui seront alors éliminés par le système lymphatique. Le tout en un seul coup de laser, là où les traitements actuels nécessitent 7 à 15 douloureuses séances (au prix de 75 à 300 euros chacune, selon la taille, les couleurs des pigments et la profondeur du tatouage).

« Ce procédé est intéressant et bien moins agressif que ce qu’on a l’habitude de faire », estime Thierry Magnaldo, directeur de recherche en génétique des maladies cutanées au CNRS. Pour lui, les intérêts économiques de cette innovation ne doivent toutefois pas éclipser les risques éventuels de toxicité et d’infection. L’objectif de Martin Schmieg, président de la compagnie Freedom-2, fondée en 1999 à New York, est d’assurer un niveau de sécurité qui n’existe pas encore sur le marché américain du tatouage, où certaines encres, selon des études récentes, ne sont pas exemptes de métaux lourds, comme le zinc ou le plomb.

« Notre produit donne le même résultat d’un point de vue esthétique que les encres actuelles, mais les rend plus sûres sur le plan sanitaire », affirme-t-il. Cette encre va-t-elle pour autant élargir le marché du body-art ? Les tatoueurs sont mitigés sur la question. Certains considèrent que l’esprit du tatouage, c’est de le garder à vie. « C’est un engagement qu’on prend vis-à-vis de son corps, et non un produit de consommation comme les autres », explique Entouane, tatoueur à Paris. Roberto, du salon de tatouage parisien Artcorpus, pense que cette encre s’adresse davantage à ceux qui se font tatouer pour la première fois. Freedom-2 devrait débarquer sur le marché européen début 2008, via un partenariat commercial avec la compagnie allemande Medium Tech.

Auteur : Céline Hussonnois

Source : www.lemonde.fr

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