Ouverture – Sarkozy offre une mission à Allègre


L’ancien ministre organisera les « Assises européennes de l’innovation » à la fin de l’année.

Il espérait entrer au gouvernement comme un « ministre d’ouverture » à l’instar d’Eric Besson, Jean-Marie Bockel et Martin Hirsch. Il aurait pu présider une commission, dont le chef de l’État est friand, comme Jacques Attali ou Michel Rocard. L’ancien ministre de l’Éducation nationale sous le gouvernement Jospin, de 1997 à 2000, devra finalement se contenter d’une mission. Claude Allègre s’est vu confier par l’Élysée les « Assises européennes de l’innovation » à l’automne 2008.

Le président souhaite « donner une importance particulière aux questions d’innovation », indique sa lettre de mission. Claude Allègre sera chargé de « faire des propositions concrètes pour mettre en place cette nouvelle stratégie ». Pour mener à bien ce projet, « vous vous entourerez de toutes les compétences individuelles françaises et européennes que vous jugerez nécessaires », lui précise Nicolas Sarkozy. La mission s’inscrit dans sa volonté de « concrétiser et d’amplifier l’Agenda de Lisbonne », processus décidé en 2000 au Conseil européen, dans la capitale portugaise. Il vise à faire de l’Union Européenne l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici à 2010. Dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne, Claude Allègre devra « faire en sorte que l’économie de la connaissance devienne un moteur du développement de l’Europe ».

Ouverture

Alors que cette stratégie peine à se mettre en place dans les états membres de l’Union européenne, le chef de l’État entend montrer sa volonté de donner un coup d’accélérateur au développement de l’économie de la connaissance. Dans une interview publiée hier sur le site Internet du Figaro, Claude Allègre justifie son choix : « Ayant organisé en France les assises de l’innovation, participé à l’élaboration de la stratégie de Lisbonne, comment aurais-je pu refuser cette proposition ? » Et de poursuivre : « Le dynamisme du président français est pour nous tous un sujet d’espoir.» L’ancien ministre, qui n’est plus encarté au Parti socialiste depuis janvier 2008, précise néanmoins au Figaro, « je suis de gauche et je reste de gauche ». « Je n’ai pas l’intention de reprendre ma carte du PS ni d’appartenir à aucun autre parti. Mon parti, c’est l’Europe », ajoute-t-il cependant. Claude Allègre prendra ses fonctions dès lundi.

Auteur : Nathalie Mazier

Source : www.francesoir.fr

Quel est le futur de gadgets de science-fiction ?


L’invisibilité est en passe de devenir une réalité. Qu’en est-il des lunettes à rayon X, des bottes-fusées et autres gadgets de science-fiction ?

Certains gadgets futuristes et procédés extraordinaires sont destinés à rester dans les pages des œuvres de science-fiction qui les ont vu naître, mais d’autres, par contre, ont suffisamment piqué l’imagination des chercheurs pour être à l’origine de recherches intensives. C’est le cas, par exemple, des hoverboards, du tourisme spatial ou de la cryogénisation.

La cape d’invisibilité

Il y a quelques semaines, deux équipes de scientifiques de l’Université de Californie ont réussi à dévier la lumière autour d’objets afin de les rendre invisibles. On ne peut s’empêcher de penser à la cape d’invisibilité de Harry Potter même si on est encore loin de pouvoir la commander par catalogue.

La perspective de pouvoir se promener sans être vu, caché par un habit magique est évidemment bien plus attirante que l’analyse approfondie de l’art de la transformation optique, mais le travail accompli en Californie est le plus récent d’une série de recherches sur la manipulation de la lumière et plus spécifiquement sur la possibilité de rendre les objets invisibles.

Il y a deux ans, une équipe de mathématiciens anglais menée par John Pendry de l’Imperial College de Londres, a mis en évidence les calculs pour créer un mécanisme de masquage optique; en avril 2007, sur la base de leurs instructions, des ingénieurs de la Purdue University, aux États-Unis, ont mis au point un arrangement de « nano-aiguilles » théoriquement capable de dévier la lumière autour d’un objet, comme l’eau coule autour d’un rocher. Leur travail, qui, pour des raisons aisément compréhensibles, est financé par l’armée américaine et les services secrets, leur a permis de dissimuler un objet tridimensionnel aux capteurs d’une machine à vision microondes.

Les conséquences à long terme de ce travail sont encore difficiles à saisir, mais on peut raisonnablement imaginer que ces expériences aboutissent à un résultat semblable dans le spectre visible utilisé par l’œil humain. D’ailleurs, Vladimir Shalaev, qui continue à travailler dans ce domaine à Purdue, estime que l’invisibilité n’est que la pointe de l’iceberg : « Par exemple, vous pourrez faire apparaître des objets là où ils ne sont pas, ou concentrer des quantités massives d’énergie sur des surfaces microscopiques. » Mais Shalaev sait ce que demande vraiment le public : une cape magique. Les films de science-fiction nous ont conduit à attendre qu’elle soit inventée, tout comme d’autres objets fantastiques. Petit inventaire pour mémoire.

Lunettes à rayon X

La vision à rayon X de Superman devrait surtout lui servir à lutter contre le crime, en découvrant par exemple les armes dissimulées par les affreux méchants, mais le film de 1978 avec Christopher Reeve a préféré souligner la capacité de Superman à voir les dessous roses de Lois Lane. Et depuis, les lunettes à rayon X ont la cote : la perspective de percer du regard incognito les habits de vos collègues est nettement plus excitante que celle de voir le contenu d’un camion.

Les détecteurs à rayon X rétrodiffusés détectent la radiation émise en retour par la cible et permettent d’obtenir une image à haute résolution. Ce type de détecteur est utilisé dans certains aéroports pour scanner les passagers et déceler d’éventuelles armes. Le fait que ces appareils permettent d’obtenir une image de ce qui se passe sous les vêtements nourrit la critique et fait la une des journaux. On peut toujours se consoler en disant qu’une machine à rayons X rétrodiffusés est bien trop encombrante pour être dissimulée dans une paire de lunettes et posée sur le nez de quelqu’un.

La servante robot

En 1893, un conte appelé « The Automatic Maid of All Work » (la servante automatique universelle), mettait en scène une servante mécanique électrique qui accomplissait toutes les tâches du ménage. Se décharger de ses corvées sur un robot qui effectuera sans se plaindre la lessive, le ménage (et la programmation de la vidéo !) est un rêve qui n’a jamais quitté les esprits depuis lors.

On prédit régulièrement l’arrivée de robots humanoïdes dans les foyers, de façon un peu prématurée. A l’exception de certains appareils automatiques qui passent l’aspirateur ou tondent la pelouse, il n’y a pas encore grand-chose sur le marché.

Les Japonais sont à la pointe de ce développement. Le Wakamaru de Mitsubishi est un adorable petit robot jaune principalement destiné à tenir compagnie aux personnes âgées et fonctionne selon un programme journalier que son propriétaire lui donne par Internet. Le robot de Honda, Asimo, a été lancé l’année dernière : sa taille lui permet d’appuyer sur des interrupteurs ou d’actionner des poignées de porte, il est relativement léger et son allure est agréable à l’œil humain, même si sa démarche reste pour le moins incertaine.

Le Graal, pour toutes sortes de raisons, est de développer un robot qui ait l’air aussi humain que possible. Le New Scientist a publié récemment un article sur un tout nouveau matériau qui ressemble à la peau, à base de nano-tubes en caoutchouc et carbone, et qui devrait envelopper les robots du futur.

Bottes fusées

Le pouvoir des bottes de sept lieues (ou de quarante kilomètres, en langage courant) a souvent été invoqué dans le folklore européen et ont fait une apparition dans les romans de Terry Pratchett. Pratchett a fait remarquer que les immenses distances entre les pas causeraient une pression préoccupante sur l’aine. Néanomoins, certains appareils modernes devraient nous permettre de marcher ou de courir à des vitesses surhumaines.

« Powerbocking » est le nom donné à la pratique qui consiste à marcher sur ces étranges engins à ressort appelés Powerstriders, Kangaroo Boots et Velocity Stilts. Un inventeur russe a créé une version avec un petit moteur à combustion alimenté au diesel. Ses Quickwalker Boots semblent néanmoins si difficiles à contrôler qu’on peine à croire qu’elles aient été conçues pour l’armée russe. A moins que le plan n’ait été de neutraliser l’ennemi par un fou-rire irrépressible.

Visiophone

La communication face à face au travers d’une liaison vidéo a toujours été un point central des films de science fiction, depuis que ce genre existe. Mais quand la technologie a finalement été disponible au public, dans les anneés 70, avec le Picturephone d’AT&T, l’engouement n’a pas été au rendez-vous : le nombre d’abonnés n’a jamais dépassé 500 dans tous les États-Unis. Le prix élevé de l’abonnement n’est sans doute pas étranger à ce lent décollage, qui a permis de réaliser que, dans le fond, l’idée d’appel vidéo était plus excitante que sa réalité. En effet, la vision de son interlocuteur n’ajoute pas une grande valeur à un appel standard.

Aujourd’hui, la plupart des smartphones ont une option pour ce genre d’appels, mais une fois passé le frisson Blade Runner, la plupart des abonnés reviennent à l’option classique moins onéreuse.

Rayon tracteur

Les mordus de science-fiction adorent les rayons tracteurs, cette technique consistant à utiliser un rayon lumineux pour immobiliser un objet ou, au contraire, le déplacer. . Malgré le fait qu’il s’agisse d’une méthode purement factice, le site des fans de Star Trek discute de ses effets avec un grand luxe de détail.

Récemment, un équivalent microscopique de rayon tracteur a été développé : ces « optical tweezers » ont permis de déplacer des cellules à l’aide d’un laser. Une technique similaire a été utilisée pour construire des structures à la surface de micropuces. A long terme, cela pourrait aboutir au développement de détecteurs de maladie ou à des interfaces entre des composants biologiques et électroniques.

Nourriture en pilule

Toutes les prédictions sur le style de vie futuriste ne dépeignent pas un monde fait de hoverboards et de pyjamas unisexes. Certaines sont plus sombres. Parmi elles, la nourriture en pilule : des cachets produits en masse et préemballés dans une variété de teintes …

On peut discuter des mérites nutritionnels des repas micro-ondables, mais ils sont certainement meilleurs que les rations d’aliments de synthèse à base de corps humains qui constituaient la base du film Soleil Vert sorti en 1973. Certains scandales récents de l’industrie agroalimentaire prouvent que l’horreur n’a pas besoin de pilules pour finir dans nos assiettes.

En réalité, ce sont les barres énergétiques et les packs nutritionnels sous vide destinés aux soldats et aux astronautes qui s’approchent le plus de la nourriture en pilules. Ces paquets ont été conçus pour économiser de l’espace, et non pour être agréables à l’œil ou au palais. « Mmmm. Comment est ton substitut de repas, Steve ? »

Auteur : Hélène Keller Bonacchi / The Independent

Source : www.bluewin.ch

Chine / Amendement de la Loi sur les brevets


Les législateurs chinois ont discuté du projet d’amendement de la Loi sur les brevets lors de la session actuelle du comité permanent de l’Assemblée populaire nationale.

Le projet vise à stimuler l’innovation et va relever le niveau des demandes pour les brevets d’invention.

La Loi actuelle stipule que les brevets peuvent s’appliquer aux inventions dans la mesure où le grand public chinois n’en a pas connaissance.

Le projet d’amendement va modifier la donne, et seules les inventions qui sont à la fois inconnues du public chinois et étranger seront recevables.

Des pénalités plus sévères seront aussi applicables en cas de piratage.

Les contrevenants se verront exposés à des pénalités qui pourront aller jusqu’à 4 fois le niveau des profits qu’ils ont réalisés, contre trois fois actuellement.

Si aucun profit n’est réalisé, une pénalité forfaitaire de 200 mille yuans renminbi, soit 30 mille dollars américains, sera appliquée.

Le niveau actuel est de 50 mille yuans renminbi.

Source : www.cctv.com

Inventeurs : Palmarès des moins de 35 ans


Chaque année, le magazine américain « Technology Review » du célèbre Massachusetts Institute of Technology (MIT) publie le palmarès des technologies marquantes créées par des inventeurs de moins de 35 ans. De la photographie aux nanotechnologies, les jeunes chercheurs primés sont à l’origine d’innovations qui pourraient bien révolutionner la vie quotidienne.

Comme tous les ans, la revue américaine « Technology Review  » du Massachusetts Institute of Technology (MIT) publie le palmarès des technologies marquantes créées par des inventeurs de moins de 35 ans.

Parmi eux figure, cette année, Blaise Agüera y Arca, 33 ans, inventeur de l’application « Seadragon » rachetée par Microsoft et grâce à laquelle a été créé « PhotoSynth », une technologie de traitement de photos en 3D . Lancé il y a quelques jours, ce logiciel permet, à partir d’une dizaine de clichés d’un même lieu, pris en différents points de vue, de créer un espace en 3D dans lequel il est possible de se « balader ». Les algorithmes du logiciel sont en effet capables de repérer les mêmes points d’une photo (fenêtre, porte) et de les assembler pour reproduire l’espace en 3D. Pour ce faire, il suffit aux internautes de télécharger le logiciel gratuit photosynth.net. Dès lors, chaque utilisateur dispose de 20 giga-octets de mémoire pour enregistrer ses photos et créer son espace.

Photos en 3D, Nano-transistor…

Autre exemple de technologie marquante, créée, cette fois-ci, dans le domaine des nanotechnologies : un nano-transistor fabriqué avec un nouveau matériau, du graphène. Découvert par Kostya Novoselov, 34 ans, chercheur à l’Université de Manchester et son collègue Andre Geim, le graphène, très robuste, transparent et excellent conducteur d’électricité, pourrait, d’ici une dizaine d’années, remplacer le silicone et être ainsi utilisé en tant que composant électronique à titre d’interrupteur ou dans la fabrication d’écrans.

Auteur : Anna Musso

Source : www.innovationlejournal.com

Remise à Christine Lagarde du rapport « Innovation et compétitivité des régions »


Remise à Christine Lagarde du rapport « Innovation et compétitivité des régions » du Conseil d’analyse économique.

L’importance de l’innovation pour la compétitivité des économies développées n’est plus à démontrer et nécessite que tous les acteurs économiques se saisissent du sujet. Le rapport du Conseil d’analyse économique (CAE) intitulé « Innovation et Compétitivité des Régions », préparé par Thierry Madiès et Jean-Claude Prager, et remis aujourd’hui à Christine Lagarde, ministre de l’Économie, de l’industrie et de l’emploi, s’inscrit dans cette perspective stratégique.

Ce rapport est le résultat de consultations menées avec des universitaires et des personnalités du monde économique et social. Il présente un état des connaissances actualisé sur l’importance du facteur territorial dans les mécanismes de l’innovation et avance dix propositions concrètes sur les politiques à mettre en œuvre. Ainsi, il rappelle notamment le rôle central des entreprises dans la création de richesses et recommande une simplification et un renforcement de la gouvernance régionale des politiques d’innovation. Il appelle également à une concentration des moyens sur quelques priorités et à une consolidation de la politique des pôles de compétitivité. Il souligne l’importance de miser sur l’excellence des universités comme facteur principal de la compétitivité des régions. Il propose enfin de donner une place majeure à l’innovation dans les services.

Ce document constitue un apport important à la réflexion sur le développement des politiques d’innovation et de soutien à l’économie de la connaissance en France. Rappelant les mesures structurelles déjà mises en œuvre par le Gouvernement, dont le triplement du crédit d’impôt recherche, le renforcement en fonds propres des PME par affectation d’ISF ou le soutien renouvelé aux pôles de compétitivité, Christine Lagarde a insisté sur la nécessité de mettre l’innovation au cœur du programme de réformes en vue d’améliorer la compétitivité de l’économie française, afin que celle-ci soit mieux à même de faire face à la compétition mondiale. La bonne coopération au niveau local entre les différents acteurs publics doit être encouragée et Christine Lagarde a indiqué qu’elle veillerait personnellement à ce que la réorganisation de ses services régionaux du ministère, avec la création des Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi), contribue à cette coordination au bénéfice des entreprises en France.

Dans l’esprit de permettre aux territoires de développer des stratégies de l’innovation, un outil de diagnostic de l’innovation dans les régions vient d’être publié. Ce document, réalisé à l’initiative de la direction générale des entreprises, en liaison avec la délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires et la direction générale de la recherche et de l’innovation, constitue ainsi une réponse concrète à l’une des interpellations du rapport du CAE. Il met à la disposition des décideurs locaux une méthode de diagnostic destinée à les aider, de façon opérationnelle, dans la mise en œuvre d’une stratégie de l’innovation. C’est un document auquel l’Association des régions de France et la Commission européenne ont contribué, et le fruit d’un important travail collectif d’experts internationaux de très haut niveau.

Le rapport est disponible auprès du Conseil d’analyse économique (www.cae.gouv.fr)

Le guide est disponible sur www.industrie.gouv.fr

Une rare bonne nouvelle pour l’essence


Les bonnes nouvelles sont rares pour les accros de l’essence. En voici une en provenance de l’Australie : des chimistes de l’Université de Queensland promettent de radicalement baisser les coûts de l’extraction pétrolière – et donc de stabiliser le prix à la pompe.

Leur secret : des «pepfactants», des molécules qui captent les molécules de pétrole ou d’autres substances graisseuses et les relâchent seulement quand on leur dit de le faire. Ça ne semble pas un grand miracle. Mais pour un ingénieur chimique, c’est énorme.

Pour augmenter la capacité des puits de pétrole vieillissants, de l’eau sous pression y est pompée pour en recueillir la moindre goutte. Cette mixture doit ensuite être séparée. C’est le travail de «surfactants» similaires à ceux qui, dans le savon à linge, séparent la graisse des vêtements.

Le problème, c’est que séparer la graisse des surfactants n’est pas facile. Dans une laveuse, pas de problème, tout s’en va à l’égout. Mais dans l’industrie pétrolière, il faut séparer les surfactants du pétrole par des procédés complexes et coûteux. Les pepfactants, eux, n’ont besoin que d’un simple signal chimique: de nouvelles molécules sont ajoutées à la mixture qui désamorcent les pepfactants, laissant derrière seulement les molécules de pétrole. En gros, ils seront attirés vers le pétrole en milieu acide, et s’en sépareront en milieu basique.

Des réductions de coûts

Cette avancée chimique pourrait réduire significativement le coût de traitement des vieux puits de pétrole, selon Stuart Hazell, le gestionnaire engagé par les inventeurs pour trouver des débouchés pour les pepfactants. «Si nous arrivons à baisser les coûts de production des pepfactants, ça pourrait être comparable à des innovations comme les puits de pétrole horizontaux ou l’injection d’eau pour prolonger la vie des vieux puits, explique-t-il depuis l’Australie. Nous devons par contre baisser les coûts de 100 à 1000 fois. Nous avons un plan de match pour la réduction de 100 fois, mais il faudra encore travailler pour le reste du chemin. Malgré tout, nous sommes déjà en négociations avec des compagnies pétrolières dont je dois taire le nom.»

Les technologies comme les pepfactants constituent les derniers espoirs pour les accros de l’essence. D’autres firmes tentent d’abaisser les coûts d’exploration et de production dans les environnements extrêmes. Sans arriver à une corne d’abondance qui livrerait du pétrole sans fin, des améliorations technologiques permettraient certainement de prolonger l’agonie de l’âge du pétrole, ce qui permettrait aux solutions de rechange de devenir commercialement viables – et sauverait l’automobile.

La compagnie Pudget Sound Rope, de l’Oregon, cherche ainsi à utiliser des câbles synthétiques plutôt que des câbles d’acier pour les puits océaniques; ils sont aussi solides mais flottent dans l’eau, ce qui augmente la profondeur à laquelle les navires d’exploration pétrolière envoient des robots sous l’eau. «On s’en sert déjà pour l’exploration scientifique et la récupération des objets qui ont sombré dans les profondeurs, explique Randy Longerich, président de la compagnie de l’État de Washington. Les composites sont beaucoup moins lourds que l’acier, et comme ces opérations nécessitent des kilomètres de fils, on économise beaucoup d’énergie et on réduit l’inertie. Nous avons pressenti des compagnies pétrolières, elles semblent intéressées, mais c’est un secteur assez conservateur, alors ça va prendre du temps.»

Production à la baisse

Le temps presse. Dans ses derniers résultats financiers, Exxon a révélé que sa production de pétrole a chuté de 10%. C’est en partie dû aux nationalisations au Venezuela, mais aussi à une baisse au Canada et aux États-Unis. Les baisses structurelles sont de l’ordre de 3%, selon le Financial Times. En 2006, un vétéran du pétrole, un banquier de Houston nommé Matthew Simmons, a affirmé dans son livre Twilight in the Desert que les réserves de l’Arabie Saoudite, premier producteur mondial, sont grossièrement surestimées.

La découverte du plus grand puits de pétrole depuis trois décennies aux États-Unis, en 2004 dans le golfe du Mexique, n’a pas réussi à calmer les inquiétudes des analystes pétroliers. Ce gisement, qui n’a pas encore pu être mis en production parce qu’il se situe sous trois kilomètres de mer et quatre kilomètres de sel et de roc, fait partie de nouveaux gisements dans le golfe qui pourraient faire augmenter la production américaine pour la première fois en près de 20 ans.

Cela ne parvient pas à renverser le fameux «sommet de Hubbert» – en 1956, le géologue américain Marion King Hubbert avait annoncé que la production américaine de pétrole atteindrait un sommet entre 1966 et 1971, et le sommet a été atteint en 1971 (ces chiffres ne tiennent pas compte de l’Alaska). Elle est maintenant de 1,5 milliard de barils par année, contre 3,5 milliards à son zénith. Plusieurs géologues ont tenté d’estimer un «sommet de Hubbert» pour la production mondiale, mais leur tâche est compliquée par l’incertitude sur les données du Moyen-Orient.

Auteur : Mathieu Perreault

Source : monvolant.cyberpresse.ca

Une journée au musée de la contrefaçon


Situé à Paris, le petit « musée de la contrefaçon » constitue pour son propriétaire, l’Union des fabricants, un plaidoyer contre les faussaires, qui agissent dans des secteurs aussi divers que la mode, l’électronique ou les jouets.

Il faut sonner à l’entrée de cet hôtel particulier situé dans une rue calme du très cossu XVIème arrondissement de Paris puis préciser que l’on vient « visiter le musée ». La porte s’ouvre. Après quelques marches, on pénètre dans le « musée de la contrefaçon », en fait trois salles au parquet ciré garnies de vitrines un tantinet vieillottes où sont exposés les trophées de la contrefaçon. L’Union des fabricants (Unifab), qui réunit plus de 400 entreprises attachées à la propriété intellectuelle, anime la petite exposition depuis 1951. Dans chaque devanture, consacrée à un type de produits (lunettes de soleil, bouteilles d’alcool ou bracelets-montres), plusieurs modèles ont été placés côte à côte. Pour aider le visiteur à distinguer le bien du mal, une pastille ou une flèche verte indique le vrai produit, tandis que les contrefaçons sont marquées de la couleur rouge. Une série de sacs à main vrais ou faux siglés Vuitton, Lancel ou Dior, la marque bien en évidence, totalement indifférenciables les uns des autres, dorment sur une étagère. Plus loin, une série de fausses poupées Barbie sourient avec autant d’application que leurs sœurs estampillées « vraies ».

La plus vieille contrefaçon connue

Les concepteurs du musée se sont donnés la peine d’illustrer « le premier exemple de contrefaçon connu », assure un écriteau. Des bouchons d’amphore en chaux datant de l’époque romaine, portant la marque d’un négociant de vin de Campanie (avec un fléchage vert), voisinent avec des bouchons en argile (en rouge) créés par « un viticulteur de la Narbonnaise qui cherchait à rivaliser avec les vins du sud de l’Italie ». Tous les produits imaginés par l’homme ont un jour été copiés. L’Unifab tient à exposer cette diversité, même si, selon les saisies opérées par les douanes européennes, les deux produits les plus contrefaits sont, de loin, les CD et DVD (49% des saisies) et les cigarettes (30%). Accessoires de téléphone, parfums, jouets, produit à vaisselle, café soluble, fer à repasser, dictionnaires : le visiteur du musée passe allègrement d’un objet à l’autre en apprenant à distinguer le vrai du faux. Seule exception : les bijoux, qui n’apparaissent que dans leur version contrefaite, les marques ayant sans doute jugé plus prudent de ne pas exposer de vraies montres de valeur dans un musée dépourvu de protection électronique. Certains produits, découvre-t-on, constituent « de pures inventions », même s’ils sont accompagnés, comme ces fausses chaussures de sport Vuitton, d’une étiquette censée garantir leur origine mais truffée de fautes d’orthographe. L’Union des fabricants n’hésite pas à enfoncer le clou plusieurs fois. Ainsi, un mannequin rouge délivre-t-il ce message à l’encre rouge : « Tout est faux, mon costume, ma chemise, ma cravate. Les étiquettes me trahissent, elles sont vraiment laides. Regardez mon sac : en Chine, la lettre « h » et la lettre « b » se ressemblent beaucoup ». Le sac porté par le mannequin porte en effet une curieuse inscription : « pour bomme ». On traque également les reproductions imparfaites pour lesquelles « le critère d’évaluation est l’existence d’un risque de confusion pour le consommateur d’attention moyenne », assure l’Union des fabricants. Des bouteilles de Cointreau arborant une étiquette « Cointreaux », « Coinceau » ou « Gonstric » sont exposées aux cotés de ce champagne « Cordon vert » et de tee-shirts Lacoste dont la taille est indiquée en « M » ou « XL » alors que « Lacoste taille toujours avec des chiffres », est-il précisé. On découvre au fil de la visite que « les horlogers mandatés par Cartier ou Rolex ont pour devoir de détruire immédiatement les montres contrefaites que l’on apporte à réparer » et que « la vodka frelatée ferait chaque année quelques milliers de morts en Ukraine ». Le musée ne mentionne en revanche pas les effets des vraies bouteilles de vodka.

Un argument contre la concurrence

Certains fabricants usent manifestement de l’argument de la contrefaçon pour déjouer les assauts d’une concurrence jugée néfaste. Les producteurs du couteau de Laguiole dénoncent ainsi une « arnaque ». Un panneau exposé dans le village aveyronnais et reproduit dans le musée assure que le brevet protégeant le « célèbre couteau » n’ayant « pas été déposé à temps », d’autres industriels proposent des couteaux estampillés « Laguiole », mais fabriqués « à Thiers » (ville du Puy-de-Dôme connue pour son industrie de la coutellerie) ou « au Pakistan » et vendus « par les forains, dans les bureaux de tabac, par les comités d’entreprise » et même « 5 euros les 6 ». Certains « faux Laguiole » sont également « offerts avec du foie gras » ou « par votre marchand de meuble », assure le panneau qui incite les amateurs à effectuer, à Laguiole évidemment, « une visite d’atelier avant d’acheter » un couteau. Pour dénoncer la contrefaçon, l’Unifab utilise toujours les mêmes arguments. Les pièces copiées manquent de fiabilité, leur qualité est moindre, le service après vente fait défaut, le constructeur original subit un préjudice financier et son image est entachée, obérant sa capacité d’innovation. En ces temps de commerce éthique, le consommateur ne dispose par ailleurs d’aucun contrôle sur les conditions de travail des ouvriers qui copient les produits. La sécurité des objets est aléatoire, des fausses lunettes de soleil, dont les usagers « risquent de fortes brûlures de la rétine » aux pièces détachées de véhicule, susceptibles de provoquer des accidents. Ouvert au public quelques heures par semaine, du mardi au dimanche de 14h30 à 17h, le petit musée n’attire pas les foules. Quelque 12 000 personnes le fréquentent chaque année, « autant que le centre d’art contemporain du Limousin », précise Anne-Laure, à l’accueil. A 90%, les visiteurs viennent en groupe, « des scolaires, des élèves en formation professionnelle dans la mode ou le commerce, des délégations étrangères et des clubs du troisième âge ». Une « mise à jour » régulière des collections est assurée. En septembre, le musée proposera une exposition sur le thème « contrefaçon et design ».

Entrée 4 euros. Musée de la contrefaçon,16 rue de la Faisanderie – 75116 Paris.
Tél : 01 56 26 14 00 – Site Web : www.unifab.com

Auteur : Olivier RAZEMON
Source : www.echos-judiciaires.com