l’INNORPI se met aux normes


Le bilan de l’année 2008 et le programme de 2009 de l’Institut tunisien de la Normalisation et de la Propriété Industrielle (INNORPI) concernant la normalisation et la certification ont été au centre d’une conférence de presse organisée vendredi 30 janvier 2009 à Tunis.

Aymen Mekki, directeur général de l’INNORPI, a précisé que le nombre total des normes tunisiennes a atteint 10.430 normes vers la fin de décembre 2008. 95% de ces normes sont d’origine internationale et européenne, le reste étant des normes typiquement tunisiennes. Ces normes se sont multipliées par trois après la signature de la convention de coopération européenne.

L’adoption de ces normes par les entreprises tunisiennes permet d’avoir la même qualité pour tous les produits qu’ils soient ou non destinés à l’exportation. En outre, elle simplifie et favorise les démarches de délocalisation des entreprises grâce à cette conformité aux normes internationales : les investisseurs trouvent un terrain favorable, ils peuvent délocaliser leurs productions rapidement sachant que la Tunisie est aux normes.

M. Mekki a insisté sur l’importance d’avoir des normes typiquement tunisiennes. Ces dernières concernent des produits qui ont des spécificités tunisiennes, un savoir faire ancestral qui est la signature de ces produits sur les marchés par rapport à d’autre produits similaires. « Dans ce cas, on doit au contraire conserver l’originalité et la qualité de ce genre de produits », indique le DG de l’INNORPI.

La normalisation doit avoir une certaine souplesse et se conformer aux spécificités et besoins du pays. Conscient de ce point capital, l’INNORPI annonce que la numérisation de sa base de données sera achevée au mois d’avril prochain. Cette numérisation permettra un accès facile à l’information d’une part, et la mise à jour en temps réel des données. Elle permettra, en plus, un gain de temps pour les entreprises qui étaient obligés de se déplacer aux centres de l’INNORPI pour acquérir une certification. Cette procédure sera effectuée dorénavant via le site web de l’institut. Ce point est d’une très grande importance vu que c’est déjà la norme, et depuis des années, dans plusieurs pays. Le fait qu’on propose enfin des services conformes aux normes internationales du web, prouve le grand pas que vient de franchir l’INNORPI. Il est vrai que la numérisation des centaines de milliers de données qu’elle a dans sa bibliothèque n’était pas une chose facile.

L’INNORPI a mis en place une veille normative et réglementaire qui a pour but de prévenir leurs clients qui ont un package (plusieurs normes) immédiatement lorsqu’un changement se fait sur l’une des normes qu’ils adoptent.

L’alerte export INNORPI permet, quant à elle, de prévenir en temps réel les exportateurs des derniers accords et barrières techniques commerciales mis en place par l’OMC. Ce procédé expérimental débutera à partir de la fin du mois de février 2009.

900 entreprises ont été certifiées aux normes de qualité en 2008. L’objectif est de passer la barre des 1300 entreprises certifiées en 2009. Après l’engouement international suscité par la certification environnementale ISO14000, la mode est pour la norme sociétale qui concerne l’environnement du travail dans les sociétés. Le but étant que la Tunisie soit pionnière dans le domaine.

Par ailleurs, et pour faciliter l’exportation des produits de nos entreprises, plusieurs accords de reconnaissance mutuelle ont été signés ou sont en cours de finalisation entre la Tunisie et différents autres pays.

Concernant la propriété industrielle, le nombre de dépôts de brevet d’invention s’est multiplié par trois entre 1987 et 2008. Les marques de services se sont multipliées par deux depuis 1994.

Auteur : Imen Nouira

Source : www.businessnews.com.tn

Les brevets en quête de transparence


La multiplication des brevets nuit à leur qualité. Les entreprises tentent de faire face en adoptant des politiques plus sélectives ou en développant des initiatives de « rating ».

Le système mondial des brevets est-il à bout de souffle ? Il donne en tout cas des signes de fatigue. « Quand on vient vous proposer un portefeuille de 1.000 brevets, en vous donnant un mois pour faire une proposition chiffrée, c’est impossible. Sauf à prendre des risques considérables », explique Alfred Chaouat, vice-président propriété intellectuelle et licensing chez Thomson. Destiné à encourager l’innovation en accordant à l’inventeur un monopole temporaire sur l’exploitation commerciale de son invention, le système des brevets est victime de son succès. Notamment depuis que le législateur américain a progressivement étendu le champ de la « brevetabilité » à des domaines tels que les logiciels ou les « méthodes d’affaires » (par exemple « l’achat en un clic d’Amazon »). Et ce, sans pour autant augmenter les effectifs de l’Office américain des brevets (USPTO). En conséquence, les délais d’obtention des brevets accordés aux États-Unis s’allongent et surtout leur qualité baisse.

Un pot commun

Cette baisse de la qualité des brevets accordés aux États-Unis, crée, dans un contexte de mondialisation de l’innovation, une situation d’incertitude juridique, à laquelle les entreprises s’adaptent comme elles peuvent, en mettant en œuvre différentes stratégies qui vont de la limitation du recours aux brevets, avec la montée en puissance de l’innovation participative, à des initiatives d’évaluation de la qualité de la propriété intellectuelle.

Ainsi IBM, qui est pourtant le premier déposant de brevets aux États-Unis, a annoncé son intention d’augmenter de 50 % en 2009 (à plus de 3.000) le nombre des inventions qu’il rend publiques au lieu de les breveter. « Quand nous ne disposons que d’une partie des pièces du puzzle, explique Nicolas Grollier, directeur de la propriété intellectuelle, IBM France, les mettre dans un pot commun, c’est le meilleur moyen d’en tirer quelque chose. C’est le cas, notamment des standards et de tout ce qui est interopérabilité des systèmes. » Même les plus attachés aux brevets comme Canon, qui en fait la pierre angulaire de sa politique d’innovation, concèdent que « la définition d’un standard commun, avec l’ouverture de la propriété industrielle qui l’accompagne, est bénéfique pour tous ceux qui y participent parce qu’elle élargit le marché global ». Enfin, pour Thierry Sueur, directeur de la propriété intellectuelle d’Air Liquide, « publier, c’est aussi préserver la liberté d’exploitation de l’invention, dans la mesure où, en mettant l’invention dans le domaine public, un tiers ne peut plus la breveter ».

Pour les meilleures innovations

Reste que, sans brevet du tout, il n’est guère possible d’innover. Il semble même que la performance des entreprises soit corrélée à la qualité de leur portefeuille de brevets. Ce qui ne surprend pas vraiment puisque, chez IBM comme chez Air Liquide, on affirme « réserver les brevets aux meilleures innovations, à celles qu’on pense pouvoir le mieux valoriser, aux domaines qu’on veut vraiment investir ». Mais, même dans ces domaines, on ne peut pas tout inventer soi-même. On doit alors compléter son portefeuille. « Le marché des brevets s’est considérablement développé ces dernières années », observe Alfred Chaouat. Mais comment séparer le bon grain de l’ivraie ?

Des initiatives d’examen des brevets en réseau sur le Net constitueront une première tentative de réponse. « Si, par exemple, je déposais un brevet à l’USPTO, explique Thierry Sueur, le texte du brevet lors de sa publication au bout de dix-huit mois sera mis en ligne. L’examinateur de USPTO y mettra aussi son rapport de recherche et tous les acteurs privés qui le souhaitent pourront alors compléter avec les informations dont ils disposent. » IBM, allié à la New York School of Law, est à l’origine d’une de ces initiatives baptisée « Community Patent Review ». D’autres entreprises se sont ralliées à ce projet et l’USPTO, qui y voit un moyen de pallier ses propres défaillances, est partie prenante du projet pilote lancé en 2008. Mais le poids d’IBM pose malgré tout la question de l’impartialité d’un tel dispositif. Cette question existe de la même manière pour une autre initiative de Big Blue consistant à développer un « Patent Quality Index », indice de qualité de la propriété intellectuelle. Il s’agit, en se basant sur une analyse quantitative du texte des brevets, d’établir des critères qui pourront ensuite être appliqués à n’importe quel portefeuille de brevets. Un autre projet de notation de la propriété intellectuelle suscite actuellement l’intérêt, celui de la société américaine Ocean Tomo (lire ci-dessus).

Mais, si chercher à améliorer la qualité des brevets est louable, pour certains ce n’est pas assez radical. « Il faut désengorger le système et, pour cela, le réformer, plaide Camille Moulin, membre du conseil d’administration de l’Association francophone des utilisateurs de Linux et des logiciels libres. Les logiciels et les méthodes d’affaires doivent être exclus du champ de la brevetabilité aux États-Unis, et on doit renoncer définitivement à les y faire entrer en Europe. »

Auteur : CATHERINE DUCRUET

Source : www.lesechos.fr

Comparatif : l’innovation en Europe


Le palmarès de l’innovation 2008 a été rendu public : États-Unis, premier. Japon, deuxième. Europe, troisième. Aucun changement dans le trio de tête des régions les plus innovantes au monde, mais l’écart se resserre dans la course à l’innovation.

Si le résultat global du Palmarès est identique à celui de 2007, les écarts entre rivaux économiques ont fondu et l’Europe réduit sensiblement son écart par rapport aux autres parties du monde.

En Europe même, la Suisse arrive en tête des pays pour l’innovation, suivie de la Suède, de la Finlande, du Danemark et du Royaume-Uni. La France n’arrive qu’au 10e rang sur un total de 27 pays mais se place au-dessus de la moyenne européenne.

Les progrès sont particulièrement notables chez certains nouveaux pays de l’UE, comme la Roumanie,  la Bulgarie et Chypre, même si leurs résultats demeurent inférieurs à la moyenne communautaire. Cependant, il existe une véritable fracture européenne Nord/Sud dans l’innovation : tous les pays du Sud sont situés en dessous de la moyenne européenne et, inversement, tous les pays du Nord de l’Europe sont placés dans la bonne moitié du classement.

Ces grandes tendances pour 2008 ont été mesurées grâce au tableau de bord européen de l’innovation. Fondée sur deux indicateurs (l’European Innovation Scoreboard, EIS, et l’Innobarometer), l’étude évalue les politiques d’innovation publique ou privée en se basant sur 29 indicateurs, tels que le degré de popularité des études scientifiques, le nombre de brevets déposés , le niveau de dépense en recherche et développement ou encore le volume exporté de produits de haute technologie.

L’Europe maintient à bonne à distance ses poursuivants et notamment la Chine, l’Inde et le Brésil, qui ont pourtant bénéficié d’une croissance économique bien supérieure à la moyenne européenne.

Mais il faut relativiser ce tableau idyllique. L’étude démontre que l’Union est encore largement devancée par les États-Unis en matière d’investissement industriel, et par le Japon pour la R&D et les technologies de l’information. En outre, les entreprises européennes dépensent moins dans l’innovation non technologique (formation, conception et commercialisation, notamment), qui joue un rôle essentiel dans la compétitivité.

Ces bons résultats sont à mettre en relation avec le rapport publié en avril 2008 par les services de l’Espace européen de la recherche (EER), qui souligne le nombre croissant de chercheurs en Europe et l’attraction grandissante de l’Europe sur les chercheurs étrangers.

Toutefois, il révèle également que l’objectif de dépense de 3 % du PIB dans la R&D n’est pas atteint : l’investissement des 27 stagne péniblement à 1,84 %, loin du programme visé par la Stratégie de Lisbonne.

Source : www.touteleurope.fr

Les demandes de brevets ont moins progressé en 2008 (OMPI)


L’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) a constaté un ralentissement des demandes de brevets l’an dernier. La hausse a été de 2,4%, contre une croissance moyenne de 9,3% les trois années précédentes.

Le directeur général de l’OMPI Francis Gurry a imputé mardi ce ralentissement à la crise économique mondiale. Toutefois, le nombre total de demandes de brevets déposés l’an dernier, soit 164’000, n’a jamais été aussi élevé.

« Historiquement, les demandes de brevets baissent pendant les périodes de difficultés économiques, à cause du manque de ressources disponibles pour l’investissement et l’innovation », a expliqué Francis Gurry.

Les demandes reprennent une fois que l’économie se redresse, a-t-il ajouté. En même temps, « la crise économique peut servir de stimulant à l’innovation, parce qu’elle pousse à améliorer l’efficacité, à faire plus avec moins et à développer des solutions plus intelligentes », a averti le directeur général de l’OMPI.

Les entreprises de Corée du Sud (+12%, 7908 demandes), de Chine (+11,9%, 6089) et de Suède (+12,5%, 4114) ont démontré le plus grand dynamisme l’an dernier en termes d’innovation.

Comme les années précédentes, les États-Unis ont déposé le plus grand nombre de demandes de brevets, soit 53 521, ou 32,7% du total. Cela représente néanmoins une baisse de 1% par rapport au chiffre de 2007.

Le Japon vient ensuite, avec 17,5% des demandes, et une croissance de 3,6% malgré la crise. Il est suivi de l’Allemagne, la Corée du Sud, la France, la Chine, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, la Suède. La Suisse arrive au 10e rang, avec 3832 demandes de brevets (2,3% du total), et une croissance de 1,4% par rapport à 2007.

Par entreprise, une multinationale chinoise arrive pour la première fois au premier rang: le groupe de télécommunications Huawei a déposé 1737 demandes. Il est suivi de Panasonic au Japon (1729), puis de Philips (Pays-Bas, 1551) et de Toyota (Japon, 1364).

Source : AWP

Macintosh : 25 ans et pas une ride


24 janvier 1984.

C’est la date de commercialisation des premiers Macintosh, créés par la société Apple de Steve Jobs et Steve Wozniak. Un lancement marqué par la fameuse publicité de Ridley Scott, inspirée du roman « 1984 » de George Orwell et diffusée durant la soirée du Superbowl, une des plus regardées aux États-Unis. La volonté des dirigeants était de concurrencer IBM, monopolisant le secteur de l’informatique jusque là. Pari réussi.

Le Macintosh 128 K, du nom d’une variété de pomme, est vendu 2495 dollars, incluant le prix de la campagne publicitaire. Pour mieux promouvoir la machine, les patrons d’Apple ont adressé à des dizaines de personnalités, comme Peter Friess, président du Musée Tech de l’Innovation au cœur de la Silicon Valley, leur dernier bijou.

La petite boîte beige au design innovant a tout pour plaire au public : un système de tout-en-un, un écran de qualité de neuf pouces et deux logiciels inclus, MacWrite pour le traitement de texte et MacPaint pour le dessin. La grande invention  reste la souris (issue du PARC de Palo Alto, le laboratoire de Xerox) qui permet de commander l’ordinateur, de cliquer ou déplacer les icônes à l’écran. La mémoire de l’appareil est encore limitée à 128 Ko, sans extension possible, et n’est compatible qu’avec DOS ou d’anciennes applications.

L’utilisation de l’ordinateur est facilitée et devient accessible à tous en quelques minutes. Bien loin des technologies complexes, que seuls les informaticiens comprennent. Le Mac entre dans les foyers.

Une longue lignée

Il faut attendre 1987 pour acquérir l’écran couleur du Macintosh II au prix de 3 898 dollars. Poursuivant sur la voie de la technologie et s’adaptant à la vie active, le Macintosh devient portable en 1989. Le système Ethernet est incorporé au Quadra 700, utilisant le processeur Motorola 68040, en 1991. Année du lancement du Powerbook 100, un portable similaire en apparence aux actuels.

En 1993, le Macintosh Color Classic est le premier portable de la série en couleur. Il abandonne le traditionnel beige, marque de fabrique du Mac. Tremblement de terre en 1998 : le iMAc, de couleur bleue, arbore des lignes arrondies qui abritent tout le système.

Le microprocesseur PowerPC G3 débarque en 1999, tout comme le iMac portable, iBook qui s’ouvre comme un coquillage. Le plastique disparaît en 2001 avec le PowerBook G4, fait de titane et au clavier noir. Le Power Mac G5 ou Mac Pro passe pour un des plus rapides dès 2003, alors qu’en 2008 le MacBook Air apparaît comme le plus innovant et le plus fin des notebook.

Apple a permis la conversion de ses modèles avec les logiciels Microsoft, les rendant encore plus accessibles au public. Les autres produits d’Apple comme les iPhones et Ipods sont venus relancer les Macs dans des périodes où ils subissaient la concurrence d’autres marques.

Autant d’évolutions qui permettent au groupe d’atteindre un bénéfice trimestriel de 1,61 milliard de dollars fin 2008 et plus de 77,3 millions d’ordinateurs vendus dans le monde.

Auteur : Barbara Leblanc

Source : www.usinenouvelle.com

Recherche européenne : de gros progrès à faire !


Les pays de l’Union Européenne sont encore loin des objectifs fixés lors de la réunion de Lisbonne qui visait de consacrer 3% du PIB à la R&D n’a atteint que 1,84%. En raison d’une présence relativement faible dans les hautes technologiques par rapport à celui des États-Unis, les investissements des entreprises restent faibles. Telle est la principale conclusion du rapport A more research-intensive and integrated European Research Area – Science, Technology and Competitiveness key figures report 2008/2009 que vient de publier la Commission européenne.

Le rapport contenant les principaux chiffres de 2008 dans le domaine des sciences, des technologies et de la compétitivité, qui vient d’être publié, donne pour la première fois un aperçu des progrès accomplis entre 2000 et 2006 en ce qui concerne à la fois l’investissement en R&D dans l’UE et la mise en œuvre de l’Espace européen de la Recherche (EER).

Ce rapport montre que le nombre de chercheurs en Europe s’accroît et que l’UE attire davantage les chercheurs étrangers et les investissements privés de R&D provenant des États-Unis. Toutefois, la stagnation de l’intensité de la R&D dans l’UE-27 (dépenses de R&D en % du PIB) à 1,84 % nuit à l’ambition de l’UE de devenir une société basée sur la connaissance compétitive à l’échelon mondial.

Une présence faible sur le secteur des hautes technologies

Bien qu’un grand nombre d’États membres aient intensifié leurs investissements dans la recherche et se soient dotés de secteurs de la recherche plus efficients, l’UE est encore loin d’atteindre son objectif de Lisbonne, l’investissement de 3 % du PIB en R&D. Le niveau des investissements des entreprises en R&D reste faible, notamment parce que la structure industrielle de l’UE comporte un secteur de haute technologie plus petit que celui des États-Unis, ce qui entrave les performances de l’UE. Le tableau de bord de l’innovation de 2008, publié au même moment, fournit de plus amples détails sur les résultats de l’UE en matière d’innovation. Les deux rapports montrent que l’UE doit modifier sa structure industrielle, miser davantage sur l’innovation et faire en sorte que la R&D soit mieux mise à profit.

«Vu le contexte de la crise actuelle, ce n’est pas le moment de relâcher l’effort d’investissement dans la recherche et l’innovation, considère Janez Potočnik, le commissaire européen chargé de la science et de la recherche. L’UE dispose de nombreux atouts, notamment le fait que l’Espace européen de la Recherche est de plus en plus attrayant et que les performances en matière d’innovation s’améliorent constamment. Toutefois, il reste beaucoup à faire, notamment pour accroître l’investissement des entreprises, qui demeure relativement faible ».

La R&R française se situe tout juste au-dessus de la moyenne des pays de l’Union européenne. Parmi les facteurs qui font la force de la France, le rapport met en avant les ressources humaines, les aspects financiers et le support. Les investissements des entreprises, l’entrepreneuriat sont plutôt considérés comme les maillons faibles.

1. La recherche est un atout essentiel pour la compétitivité sur un marché mondialisé.

Des acteurs importants sont apparus dans le domaine des sciences et des technologies, notamment en Asie. La connaissance se répartit de manière de plus en plus uniforme, et l’UE détient aujourd’hui une part de moins de 25 %. L’Espace européen de la Recherche doit devenir plus attrayant, plus ouvert et plus compétitif sur la scène mondiale.

2. L’intensité de la R&D de l’ensemble de l’UE stagne, mais cela masque des disparités au niveau national.

Tous les États membres de l’UE ont augmenté leurs dépenses de R&D entre 2000 et 2006, ce qui démontre leur engagement à l’égard de la stratégie de Lisbonne. Toutefois, le PIB a enregistré le même taux de croissance sur cette période, ce qui signifie que l’intensité de la R&D est demeurée à environ 1,84 % depuis 2005. Entre 2000 et 2006, 17 États membres, principalement ceux qui sont en phase de rattrapage, ont augmenté l’intensité de leur R&D, mais 10 autres, représentant 47 % du PIB de l’UE, ont enregistré une tendance inverse. Le Japon a augmenté l’intensité de sa R&D de 3,04 à 3,39 %, la Corée de 2,39 à 3,23 % et la Chine rattrape rapidement son retard, passant de 0,90 % à 1,42 %.

3. L’intensité de l’investissement du secteur privé reste trop faible.

La principale raison à la base de cette différence d’intensité de la R&D entre l’UE et ses concurrents réside dans le financement de la R&D par les entreprises, qui a diminué dans l’UE entre 2000 et 2005 alors qu’il a augmenté de manière substantielle aux États-Unis, au Japon et en Chine. Ceci s’explique principalement par la plus petite taille du secteur de la haute technologie à investissement intensif dans l’UE. La construction d’une économie largement basée sur la connaissance nécessite des changements structurels en faveur d’une plus forte intensité de l’activité de R&D sectorielle et d’une présence accrue des secteurs à haute technologie dans l’économie de l’UE. Cela implique un cadre favorisant le développement de PME à haute technologie et à croissance rapide, la mise en place de marchés favorables à l’innovation en Europe, et une diminution du coût des brevets à l’échelle de l’UE.

4. Excellence dans la recherche: un nombre croissant de chercheurs mais une capacité d’exploitation des connaissances qui demeure inférieure à celle des concurrents.

Le nombre de chercheurs a augmenté deux fois plus rapidement dans l’UE qu’aux États-Unis et au Japon depuis 2000, même si le pourcentage de chercheurs dans la population active reste inférieur. En ce qui concerne l’impact de la recherche, l’UE reste le premier producteur mondial de connaissance scientifique (mesurée par les publications), alors qu’elle contribue moins que les États-Unis aux publications à fort impact.

5. Un secteur plus attrayant pour les investissements et les professionnels étrangers dans le domaine des sciences et des technologies.

L’UE attire une proportion croissante d’investissements privés de R&D des États-Unis malgré la progression de l’Asie en tant que nouveau pôle de R&D. En 2005, les sociétés affiliées aux États-Unis réalisaient 62,5 % de leurs investissements de R&D dans l’UE, et 3,3 % seulement en Chine. L’UE attire également un nombre croissant de professionnels des sciences et des technologies de pays tiers.

Rapport complet sur les principaux chiffres 2008 relatifs aux sciences, aux technologies et à la compétitivité : ec.europa.eu/research/era/

Rapport complet sur le tableau de bord européen de l’innovation de 2008 : www.proinno-europe.eu/metrics

Source : www.itrmanager.com

L’année de l’innovation


L’homme idoine, président de la société Innobasque, est un ancien banquier

A68 ans, cet homme incarne l’Innovation avec majuscule. Du moins dans la communauté autonome d’Euskadi qui veut être « le » référent européen de l’innovation en 2030. L’objectif suppose qu’à cette date-là 5 % du PIB (produit intérieur brut) de la région soit consacré à la recherche et au développement.

Originaire de Bilbao, Pedro Luis Uriarte est économiste. Il a fait une brillante carrière dans la banque où il a grimpé jusqu’au sommet de la BBVA (Banco Bilbao Vizcaya Argentaria), deuxième institution financière d’Espagne. Mais le gouvernement basque ne lui a pas laissé le temps de s’installer dans la retraite confortable qu’il avait peut-être imaginée. Les autorités basques ont estimé qu’il devait « servir » la collectivité !

Une éthique. Le bureau de Pedro Luis Uriarte est installé au cœur du parc technologique de Zamudio (près de Bilbao), premier de son genre à avoir vu le jour en Espagne. Grandes baies vitrées ouvertes sur espaces verts, dans un environnement où la matière grise est la richesse numéro un. Il préside la société Innobasque, entité privée créée en 2007 par le gouvernement d’Euskadi. Sa mission ? Sensibiliser l’opinion, rassembler les forces vives les plus diverses autour du maître mot, impulser le mouvement, catalyser les enthousiasmes…

En 2007, c’est vrai, on ne parlait pas de crise. Or, elle frappe fort. Mais pas question de baisser les bras. Au contraire. D’autant que 2009 a été déclarée « année de la créativité et de l’innovation en Europe ».. L’homme court donc de signatures de conventions en réunions d’information et rencontres avec des délégations étrangères. Fin septembre 2008, il avait assuré 135 présentations publiques d’Innobasque et touché 15 000 personnes. « Ceci a un coût au niveau de ma vie personnelle reconnaît-il. Mais je pense que si l’on aime son pays et que l’on a une certaine éthique, on se doit de le faire ».

Un credo. Le président d’Innobasque a souhaité exercer sa fonction à titre bénévole. Il s’en explique : « Quand on a eu la carrière professionnelle que j’ai eue, je pense que c’est une façon de rendre à la société ce qu’elle vous a donné. Et puis cela m’autorise à en demander davantage aux personnes… »

Son credo ? « Le Pays basque est l’une des régions les plus industrialisées d’Europe, l’industrie y représente 30 % du PIB, mais cela ne garantit pas l’avenir car 50 % de notre PIB est touché par la mondialisation. Nous devons donc passer à un autre stade, la connaissance, la recherche… » En 1980, déjà, lors de la mise en route du système d’autonomie basque (tout était à construire), on alla chercher Pedro Luis Uriarte afin qu’il assume le rôle de ministre de l’économie. « On n’avait rien, sauf un bureau loué à Bilbao où nous avons travaillé à quinze pendant trois mois. La situation économique était critique… » Tout a changé. Aujourd’hui, les nouvelles initiatives pleuvent. Dernière en date : l’inauguration hier d’un centre de recherche automobile implanté à Amorebieta (en Biscaye). Objectif : la voiture électrique…

Site Web : www.innobasque.eus

Auteur : ANNE-MARIE BORDES

Source : www.sudouest.com