Un inventeur sénégalais fustige le manque de coordination


Un inventeur sénégalais fustige le manque de coordination entre inventeurs et chercheurs africains

Le « déficit de coordination » entre inventeurs et chercheurs a été dénoncé mercredi à Dakar par l’architecte-inventeur sénégalais, Mbacké Niang, au troisième jour du symposium des intellectuels sur les États-Unis d’Afrique dont les débats sont centrés sur la réalisation des États-Unis d’Afrique.

« En plus du problème du financement, nous avons parfois l’impression que les États n’arrivent pas à créer une symbiose entre chercheurs et inventeurs afin d’en tirer le meilleur profit », a dénoncé de son côté Mbacké Niang, architecte et inventeur présent au symposium.

« L’académie des sciences a été mise en place en Europe pour justement interroger la créativité des inventeurs et en dégager les principes scientifiques », a-t-il dit, déplorant l’absence de statistiques sur le nombre de brevets déposés au Sénégal auprès du ministère de l’Industrie.

Le symposium sur les États-Unis d’Afrique se déroule depuis lundi en présence de quelque 300 intellectuels venus des quatre coins du continent et de la diaspora et du président de la Commission africaine, Jean Ping.

Les débats portent notamment sur cinq thèmes principaux : « Fédéralisme et Souveraineté des États », « Fédéralisme, cultures et langues nationales », « Fédéralisme, développement économique, sciences et technologies », « Fédéralisme, peuples africains, société civile et diaspora » et « Autorité de l’Union ».

Ces thèmes ont été abordés à travers plusieurs communications suivies de débats souvent houleux entre intellectuels et chercheurs du continent.

Il s’agit pour les participants de « réfléchir sur le fédéralisme en Afrique dans une approche pluridisciplinaire portant notamment sur les aspects constitutionnels, politiques, économiques, sociaux et culturels de l’État fédéral à l’échelle du continent ».

L’idée des États-Unis d’Afrique est proposée dès 1924 par l’écrivain jamaïcain Marcus Garvey qui rêvait d’une « Afrique forte, solidaire et prospère ».

La vision d’une telle Afrique était déjà à l’origine de la création de nombreux mouvements panafricanistes de 1945 tandis que l’utilisation du terme États-Unis d’Afrique au 5e Congrès panafricaniste de la même année à Manchester, en Angleterre, par W.E.B. Du Bois, Patrice Lumumba, George Padmore, Jomo Kenyatta et Kwame Nkrumah, marque une étape décisive.

Source : www.apanews.net

Maroc / Plus de 31 000 certificats négatifs


Maroc : Plus de 31 000 certificats négatifs délivrés au premier semestre 2009.

Le nombre des certificats négatifs délivrés, durant le premier semestre 2009 au Maroc, a atteint 31.144, contre 29.724 enregistrés durant la même période de 2008, affichant ainsi une baisse de 3%, indique l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC).

Dans son rapport d’activité, l’OMPIC précise que la région du Grand-Casablanca est en tête de file en matière de création d’entreprises avec 34% des certificats délivrés à fin juin 2009, suivie de celles de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër (11%), de Tanger-Tétouan (10,5%) et de Marrakech-Tensift-Al Haouz (9%).

La région de Sous-Massa-Draâ occupe la cinquième position avec 6,5% suivie de celle de Meknès-Tafilelt (5%) alors que les régions de l’Oriental et de Fès-Boulemane se positionnent au dernier rang avec 4%.

Les secteurs des services et des bâtiments et travaux publics (BTP) ont occupé la première place avec 42% des intentions de création d’entreprises, suivis du secteur du commerce (24%) et de l’industrie (7%).

L’OMPIC précise que les Sociétés à responsabilité limitée (SARL) et « SARL à associé unique » restent les formes juridiques les plus sollicitées, représentant respectivement 54% et 26,5% du total des intentions de créations.

Le rapport relève une augmentation de 54% des demandes des certificats négatifs formulés en ligne (1.273), expliquant cette performance par un « tarif réduit qu’offre l’Office pour toute demande effectuée en ligne ou effectuée par des personnes physiques.

Par ailleurs, 520 brevets d’invention ont été déposés jusqu’à fin juin dernier contre 551 en 2008, soit un recul de 5,6%, note le rapport, ajoutant que 3.667 marques (-3%) et 460 dessins et modèles industriels (+7%) ont été déposés au cours du premier semestre de 2009.

Source : www.casafree.com

Jean Binard, inventeur de génie de l’hydroglisseur


À ne pas confondre avec l’aéroglisseur, l’hydroglisseur a aussi son histoire. Une histoire gravelinoise, grâce à un certain Jean Binard…

Né à Dinant (B) le 27 mars 1885, ses études supérieures en mécanique révèlent alors son ingéniosité. La guerre allait concrétiser un certain nombre de ses inventions. À commencer par l’auto-mitrailleuse Bundee, utilisée durant la guerre 1914-1918 par l’armée belge.

C’est à cette époque, alors qu’il est marié en Belgique et qu’il se trouve cantonné à Gravelines, qu’il rencontre Marcelline, qu’il épouse en 1920.

Jean_Binard

Ses travaux pour l’hydroglisseur ont servi pour les aéroglisseurs.

Chercheur insatiable, il développe ses inventions en parallèle de son travail aux établissements Ziegler. Il dépose de nombreux brevets applicables aux moteurs thermiques. Il crée la Société des Moteurs Binard pour l’Industrie.

De son esprit et de son atelier sortira, le 18 juin 1932, le Passe-Partout, son premier hydroglisseur. 7.60 m de long, 3.10 m de large il pèse 4.5t et est équipé d’un moteur de 16 CV qui se révélera trop faible.

Il n’eut guère plus de succès avec le Passe-Partout n°2, toujours à cause de sa motorisation. Ses moyens financiers ne lui permettent pas d’investir dans un moteur plus puissant. Toutefois, le principe est là et les inventeurs anglais et français de l’Hovercraft ont pu s’en inspirer dans les années 50 pour peaufiner leurs modèles d’aéroglisseurs. Il travaille sur un projet d’hydravion qui ne reçut pas d’écho favorable du côté du Ministère de l’air en 1936. Quant aux autorités allemandes, au début de la Seconde Guerre mondiale, elles lui proposeront la mise à disposition d’un atelier et de collaborateurs pour poursuivre ses recherches, à leur profit, proposition qu’il refusa.

Cette même guerre verra ses ateliers détruits par l’armée allemande, lors de la Libération. Il poursuivra ses recherches inlassablement avant d’être emporté par la maladie en 1959. Il meurt pauvre et inconnu, pourtant, il a fait partie de la Société des Savants et Inventeurs de France, qui ne l’a jamais reconnu à la hauteur de son talent créatif.

C’est le 10 juin 1951 qu’Albert Denvers inaugure la base nautique qui porte désormais le nom du génial inventeur. Jean Binard.

Sources : « Gravelines Mille ans d’Histoire », galerie de portraits.

Source : www.lavoixdunord.fr

Apport d’un brevet et report d’imposition


L’administration fiscale apporte un certain nombre d’aménagements au régime d’imposition en cas d’apport en société d’un brevet, d’une invention brevetable ou d’un procédé de fabrication industriel par une personne physique.

Le régime de report d’imposition en cas d’apport en société d’un brevet, d’une invention brevetable ou d’un procédé de fabrication industriel par un inventeur personne physique (bénéfices non commerciaux) a été modifié par l’administration fiscale (article 14 de la loi de finances pour 2008). Ces nouvelles dispositions s’appliquent aux apports réalisés à compter du 26 septembre 2007.

Les aménagements prévus sont les suivants :

  • Le report d’imposition de la plus-value n’est plus limitée à 5 ans. Il est désormais maintenu jusqu’à la date de cession, de rachat, d’annulation ou de transmission à titre gratuit des droits sociaux reçus en rémunération de l’apport ou, si elle intervient antérieurement, jusqu’à la date de cession par la société bénéficiaire de l’apport du brevet, de l’invention brevetable ou du procédé de fabrication industriel.
  • La plus-value en report d’imposition est réduite d’un abattement d’un tiers pour chaque année de détention échue des droits reçus en rémunération de l’apport au-delà de la cinquième ;
  • Le report d’imposition est maintenu en cas d’échange des droits sociaux reçus en rémunération de l’apport résultant d’une fusion ou d’une scission, jusqu’à la date de cession, de rachat, d’annulation ou de transmission à titre gratuit des droits sociaux reçus lors de l’échange ;
  • En cas de transmission à titre gratuit à une personne physique des droits sociaux reçus en rémunération de l’apport ou reçus lors de l’échange résultant d’une fusion ou d’une scission, le report d’imposition est maintenu si le bénéficiaire de la transmission prend l’engagement d’acquitter l’impôt sur la plus-value lors de la cession, du rachat, de l’annulation ou de la transmission à titre gratuit des droits sociaux.

Source : www.netpme.fr

Propriété industrielle : le dépôt dans tous ses états !


Que les industriels et créateurs s’éveillent depuis peu à l’intérêt du droit de la propriété industrielle est une évidence. Il n’en reste pas moins que cet intérêt est souvent suscité tardivement et dès lors subi à raison de la naissance d’un contentieux. Or, il importe sans plus tarder que les entreprises et particuliers apprennent à considérer le droit de la propriété intellectuelle comme un outil de travail au quotidien dont les ressources permettront à terme non seulement de protéger une valeur ajoutée, de conquérir des marchés, mais également dans bien des cas, d’éviter des procédures.

Le « dépôt » ne doit pas pour autant devenir l’objet de tous les fantasmes.

La notion de dépôt recouvre plusieurs réalités et chacune d’entre elles devra être appréhendée au regard des enjeux particuliers en cause.

Ces enjeux sont le plus souvent pour le quidam de donner date certaine à sa création, mais également de déterminer le périmètre de protection qu’il entend opposer aux tiers.

Il convient tout d’abord de rappeler que le dépôt est obligatoire en matière de propriété industrielle et non de propriété littéraire et artistique en ce qu’il est constitutif de droits pour celui qui y procède.

Ce mode de dépôt est géré par un office investi d’une mission de service public dénommé Institut National de la Propriété Industrielle en France.

Il apparaît d’ailleurs comme le seul mécanisme permettant de satisfaire tout à la fois les enjeux de datation et de détermination de l’objet de la protection précédemment évoqués. Les modalités et coûts du dépôt sont variables selon qu’il s’agit d’une marque, d’un brevet ou d’un dessin ou modèle et les subtilités liées à la détermination de l’objet du dépôt ne doivent pas être sous estimées.

La rédaction des revendications et descriptions en matière de brevets, le choix d’une marque nominale, figurative ou semi-figurative ainsi que des produits et services revendiqués, le choix entre un dépôt classique ou simplifié en matière de dessins et modèles, de même que le moment du dépôt, ou encore la détermination de la personne du déposant invitent sans nul doute à la consultation d’un spécialiste en ce qu’ils figent la nature et la consistance des droits de propriété industrielle. A défaut d’enregistrement national, international, communautaire ou européen proposé par les différents offices, d’autres modes probatoires sont néanmoins envisageables. Il s’agit de l’enveloppe soleau ou encore du dépôt opéré auprès d’un Huissier ou d’un Notaire.

Ces dépôts moins onéreux ne donnent pas lieu à la délivrance d’un titre de propriété industrielle et ne permettront pas d’agir sur ce fondement.

Cependant, ils permettent de prendre acte à une date certaine de l’existence d’une création et pourront légitimer des revendications sur le fondement du droit d’auteur si œuvre de l’esprit il y a, ou sur le fondement de la concurrence déloyale à l’instar de toute autre preuve datée de la conception ou de l’usage de la création revendiquée (factures, catalogues).

On entend déjà gronder les voix des déposants : A quoi bon procéder à l’enregistrement de nos droits de propriété industrielle auprès de l’INPI si le droit de la concurrence ou le droit d’auteur permet de pallier l’absence de diligences en ce sens ? Certaines décisions jurisprudentielles viennent d’ailleurs renforcer la pertinence de cette question dans la mesure où le champ du droit d’auteur a connu une expansion prodigieuse à raison de la subjectivité liée au critère d’originalité et qu’une place grandissante est aujourd’hui faite au droit de la concurrence, certains parvenant même à reconstituer grâce à lui un droit privatif pourtant inexistant.

L’utilité du dépôt serait-elle à reconsidérer ? On peut en douter fortement car si dérives il y a, il n’en reste pas moins qu’elles ne sont pas systématiques et surtout qu’elles ne sont pas de nature à entacher la précieuse garantie de sécurité juridique attachée à un dépôt si celui-ci a été réalisé dans les règles de l’art, c’est-à-dire par un spécialiste.

Il convient en effet de rappeler qu’une présomption de validité est attachée au titre délivré par l’INPI. Certes, cette présomption n’est pas irréfragable, mais elle sera néanmoins renforcée si une recherche d’antériorité ainsi qu’une étude subséquente sur les critères de protection requis ont été préalablement effectués. Cette phase préparatoire permettra au déposant de cerner autant que faire se peut les contours de son droit de propriété intellectuelle et d’anticiper sur les arguments qui pourront lui être opposés ultérieurement.Il convient en effet de rappeler que l’INPI ne procède pas à une analyse approfondie de la demande de dépôt. Le particulier s’expose ainsi, s’il n’a pas procédé à une recherche d’antériorités, à des contestations immédiates dans le cadre de la procédure administrative d’opposition à enregistrement, et/ou à des contestations ultérieures via la saisine des juridictions compétentes. S’agissant ensuite plus particulièrement du droit de la concurrence, il importe de souligner qu’il n’offre pas la possibilité de recourir à des procédures exorbitantes du droit commun telles que la saisie-contrefaçon.

Cette procédure nécessitant la saisine d’un commissaire de police ou plus fréquemment une ordonnance sur requête délivrée par le Président du Tribunal de Grande Instance, permet au titulaire des droits de s’assurer, avant toute action en contrefaçon, de la violation de ses droits par un tiers ainsi que de son ampleur, mais également de caractériser au mieux le manque à gagner dont il a souffert, évitant le plus souvent de solliciter une expertise judiciaire, source inévitable de frais et de rallongement de la procédure.

Il faut enfin mettre en exergue les récents efforts législatifs tendant à remettre en cause le principe selon lequel il n’est pas possible d’attribuer des dommages et intérêts potentiellement supérieurs au préjudice réellement subi.

La loi du 29 octobre 2007 tente en effet de renforcer les effets du droit de la propriété intellectuelle au regard du droit commun en ce qu’elle énonce les différents chefs de préjudice indemnisables, en ce compris « les bénéfices réalisés par le contrefacteur », laissant à penser que l’indemnisation ne pourra désormais être réduite à raison des capacités industrielles et commerciales moindres du détenteur des droits.

Le droit de la propriété intellectuelle trouve dans ces dispositions salvatrices un regain d’intérêt au regard du droit de la concurrence qui se doit quant à lui de continuer à proposer des sanctions conformes aux préceptes de la responsabilité civile. Il n’en reste pas moins que dans certains cas, le secret et la protection via les techniques contractuelles classiques demeureront préférables au dépôt notamment lorsque la création relève du savoir-faire. Ainsi, si le débat sur l’utilité du dépôt doit être purgé en sa faveur, celui de son opportunité et de ses modalités méritera systématiquement un examen circonstancié.

Auteur : Me Marie-Anne ESQUIE-BOCHEREAU, avocate au Barreau de Bordeaux

Source : www.echos-judiciaires.com

Une maison en carton, pas seulement pour le tiers monde


Une maisonnette en carton pour offrir un toit aux démunis du tiers monde : l’idée à de quoi séduire. Une entreprise suisse est à l’origine de ce concept inédit dont la production en série va bientôt débuter. L’ingénieur qui signe cette invention, voit déjà plus loin et caresse de nouveaux projets.

Gerd Niemöller a une vision. Il imagine un camp de réfugiés entièrement aménagé avec des modèles de «sa» maisonnette en papier.

«Nous voulons promouvoir cette structure, afin que les plus démunis puissent se reconstruire une indépendance et vivre dans leur propre maison, dans un environnement sain, doté d’une totale autonomie énergétique », explique l’ingénieur.

maison_carton

Une maisonnette pour 6000 francs. Voici le modèle (échelle 1 :1) prévu pour l’Afrique et présentée à Kiel en Allemagne.

Une cuisine, deux chambres à coucher, une douche et un réduit extérieur: c’est ainsi que sont aménagés les 34 m² habitables conçus par Gerd Niemöller pour l’Afrique et les régions de crise.

Élément central de ce projet innovateur: les parois en «nid d’abeille». «SwissCell», c’est ainsi que l’entreprise de Gerd Niemöller, «The Wall AG» à Schaffhouse, a baptisé ce matériau d’âme. Un produit révolutionnaire fait de cellules fermées, emprisonnées entre deux panneaux.

Nid d’abeille

Le principe du nid d’abeille est déjà largement utilisé dans différents domaines. «Aujourd’hui, l’aviation, les télécommunications par satellites et d’autres secteurs industriels recourent déjà à cette technologie. Mais son prix est exorbitant. C’est pourquoi nous avons développé une alternative plus avantageuse, qui nous a permis de produire un nid d’abeille hautement performant, mais à des prix défiant toute concurrence», se réjouit l’entrepreneur.

Les parois en question, faites de cellulose imprégnée de résine synthétique, offrent une très grande stabilité à la structure. «Les grandes cellules sont à même supporter une charge supérieure à 200 tonnes. Il est vrai que cela n’a plus grand chose à voir avec du papier», admet Gerd Niemöller.

De fait, l’appellation de «château d’air» conviendrait mieux que celle de «maison en papier». «Plus de 90% du matériel de construction est fait d’air. Et cela fonctionne bien, précisément parce que les cellules sont si rigides», ajoute-t-il.

Un traitement spécial rend le matériau résistant au feu, au vent et à l’eau. A cela s’ajoute que cette invention ménage les ressources naturelles. «Nous appelons aussi cette ‘maison africaine’ la ‘maison à un seul arbre’, parce que sa construction nécessite moins de matériel qu’il n’en faut pour réaliser le dessous d’une voiture», souligne l’ingénieur.

Production indigène

A l’avenir, les maisonnettes devraient être fabriquées directement sur place et aménagées en quelques heures seulement. Une machine a été spécialement mise au point par «The Wall», pour la production des parois en nid d’abeille.

«La fabrication en série des machines doit débuter vers la fin de l’automne. D’ici là, nous devrons encore surmonter quelques petites maladies d’enfance», relève Gerd Niemöller.

La machine qui doit permettre de produire le nid d’abeille, n’est pas plus volumineuse que deux frigos juxtaposés, soit 1,4 m de largeur, 1,6 m de hauteur et 80 cm de profondeur, pour un débit de 25’000 cellules ou 1’000 maisonnettes par mois. «Grâce à la production locale, nous pouvons éviter des transports inutiles de matériel», ajoute l’ingénieur.

Question de financement

Néanmoins, comment une famille vivant dans un bidonville va-t-elle pouvoir s’offrir ce rêve, quand bien même la maisonnette en carton ne coûte «que» 6000 francs ? Une question à laquelle le concepteur du projet répond en évoquant plusieurs pistes.

En collaboration avec l’Église catholique, l’entreprise de Gerd Niemöller veut mettre au point un service d’épargne au logement, basé sur du micro crédit. A cela s’ajoutent d’autres possibilités qui peuvent être mises en œuvre et qui passent, notamment, par le financement mis à disposition par les gouvernements.

Gerd Niemöller est aussi engagé avec l’organisation chrétienne de bienfaisance World Vision Suisse. C’est avec cette ONG qu’il prévoit d’ériger tout un village de maisonnettes en carton, en Afrique du Sud, à l’occasion des prochains championnats du monde de football, en 2010.

Une ONG promotrice

L’organisation World Vision se dit séduite par le concept. Martin Suhr, le dirigeant du programme de développement de World Vision Suisse s’est rendu à Schaffhouse.

«J’y est découvert un matériau de construction très innovant. Son impact très faible sur l’environnement est aussi un atout de taille», explique-t-il.

«World Vision pourrait promouvoir ce produit. Nous avons d’ailleurs déjà recueilli des réactions positives de la part de spécialistes de l’aide au développement. Des organisations telles que USAID ou Habitat for Humanity, travaillent activement dans ce domaine», relève encore Martin Suhr.

Ces ONG disposeraient par ailleurs des programmes de financement nécessaires et déjà mis en application dans de nombreuses régions du monde.

Vif intérêt

A Schaffhouse, les acheteurs potentiels se pressent au portillon. Et des émissaires de plusieurs pays du tiers monde ont déjà manifesté leur intérêt auprès de «The Wall» pour s’enquérir de la maisonnette en papier.

Gerd Niemöller fait face à une avalanche de question provenant des quatre coins du monde. «En ce moment, plus d’un million de maisonnettes sont en phase d’élaboration. Récemment, nous avons même accueilli une délégation chinoise, et Pékin a fait connaître son intention d’acquérir trois millions de maisons !»

Bientôt des villas ?

Mais Gerd Niemöller ne veut pas limiter son projet à la seule construction d’abris pour les régions les plus pauvres de la planète.

«Le matériel dont nous disposons est si performant que nous pourrions tout aussi bien en faire des villas et même des immeubles de plusieurs étages!»

Auteur : Christian Raaflaub

Source : www.swissinfo.ch

Le couteau suisse : une légende qui a conquis le monde


Cent vingt-cinq ans après l’invention par un coutelier suisse d’un outil de survie pour les soldats helvétiques, le couteau suisse, élevé au rang d’icône nationale, continue à régler des mires de fusil, à couper des tranches de gruyère et à ouvrir des cannettes de bière.

Pourtant, au fin fond de la verte campagne Suisse, le groupe Victorinox, héritier de l’inventeur Karl Elsener, a été obligé d’adapter le modeste canif des origines aux impératifs de la modernité.

En sus des lames classiques, alliées au tire-bouchon –réservé aux officiers– aux pinces à épiler et aux tournevis, la gamme d’une centaine de couteaux suisses comporte désormais un modèle spécial pour démonter et réparer les ordinateurs, un autre avec clé USB et un couteau pour enfant à lame arrondie.

« Nous essayons d’être toujours au plus près du marché et de trouver de nouvelles idées », explique Carl Elsener, arrière petit-fils de l’inventeur, et président de Victorinox.

« Le couteau militaire suisse est devenu le compagnon fiable de nombreuses expéditions, du Pôle Nord au Pôle Sud, en Amazonie, comme sur l’Everest. Il a même fait partie de l’équipement des navettes spatiales », rappelle avec orgueil l’héritier de la dynastie de couteliers.

« D’importants présidents américains ont donné des couteaux suisses en cadeau à leurs visiteurs à la Maison Blanche », ajoute-t-il en rappelant qu’il a aussi été utilisé une fois pour pratiquer une trachéotomie en urgence dans un avion qui survolait les Philippines.

Véritable vedette helvétique, le couteau rouge à croix blanche révèle ses origines profondément rurales dans une exposition du Musée National Suisse à Schwyz, à un jet de pierre du siège de Victorinox.

Les ancêtres européens du couteau pliable suisse servaient à couper du bois, à castrer des sangliers, à plumer les volailles ou à coudre des sacs de pommes de terre…

En Italie, un canif ornementé, appelé le « coltello d’amore » –le couteau de l’amour– rappelait au fiancé son engagement à la fidélité. Après le mariage, il était placé, à portée de main de l’épouse, au dessus du lit conjugal.

Plus prosaïquement, c’est pour répondre à une commande de l’armée suisse que Karl Elsener a mis au point le fameux couteau dans son atelier du village d’Ibach. Il s’agissait d’équiper les soldats d’un canif servant aussi bien à entretenir leur fusil qu’à ouvrir des boîtes de conserve, à l’époque une nouveauté de la gastronomie militaire.

Confronté à la concurrence allemande pour les productions de grandes séries, il convainquit les couteliers suisses de s’allier et de créer une manufacture en 1891.

Le couteau d’officier, breveté en 1897, proposait six fonctions, dont un tire-bouchon : c’est ce modèle qui est devenu un objet-culte, explique Pia Schubiger, l’organisatrice de l’exposition à Schwyz.

Les soldats américains en Europe de la deuxième guerre mondiale l’adoptèrent aussitôt en dépit de son nom officiel imprononçable –« Schweizeroffiziersmesser »–, et firent naturellement sa promotion outre-Atlantique en l’offrant à leurs proches. Une légende était née…

Le coup le plus sévère à l’expansion sur la planète du couteau suisse devait être porté par son bannissement des cabines d’avion après les attentats du 11 septembre 2001.

« Le 11 septembre a été le pire moment de notre histoire car du jour au lendemain notre production a chuté de 30% », se souvient Elsener Junior.

Mais les mythes ont la vie dure : le groupe Victorinox produit chaque année six millions de couteaux de poche de tous modèles, en sus de sa production de couteaux et d’ustensiles de cuisine, et même de parfums à sa marque.

En février dernier, l’armée suisse a commencé à distribuer à ses soldats le nouveau modèle commandé au fournisseur historique. Bicolore vert-olive et noir, le design du couteau militaire a été revu pour assurer la prise en main et permettre de l’ouvrir d’une seule main. Bien sûr, il peut servir à couper du bois et à ouvrir des cannettes. Mais il n’a toujours pas de tire-bouchon…

Source : AFP