En France on n’a pas de pétrole, mais on a des idées


Entre 1999 et 2011, le concours national d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes organisé par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche français a enregistré 17 400 candidatures. Ce chiffre est significatif. Derrière chaque candidature sommeille la création de milliers d’emplois nécessaires à l’économie.

En 2011, le concours a récompensé 149 lauréats dont 67 lauréats en « création-développement » qui ont bénéficié, en moyenne, d’une subvention de presque 215 000 euros pour financer 60 % de leur programme d’innovation. Les 82 lauréats restant « en émergence » ont reçu en moyenne 31 000 euros, pour financer les prestations nécessaires à la maturation de leurs projets. Pour encourager la création d’entreprises innovantes, l’organisme d’état de financement et de garantie de projet d’entreprises OSEO (à ne pas confondre avec l’Office for Serious Economic Offences en Afrique du Sud), a garanti 360 millions d’euros d’investissement en capital-risque. C’est beaucoup d’argent pour l’État dans une conjoncture économique déficitaire, mais si la France veut garder ou dépasser son rang de cinquième économie mondiale, c’est encore trop peu.

Comment attirer les fonds privés pour financer les start-ups françaises ?

Les disciples de l’économiste libéral Friedrich Hayek apprécieront l’économie de deniers publics, car après tout, le gouvernement n’est peut-être pas le meilleur acteur économique pour financer les start-ups. Où sont donc les investisseurs en capital-risque ? Les mauvaises langues vous diront qu’ils sont aux États-Unis, mais la réalité est plus nuancée. Petit exercice, analysons la performance du capital investissement : sur cinq ans, le U.S. Venture Capital – Early Stage Index (2006-2011) a enregistré un retour sur investissement annuel de 6,87 %. En contraste, selon l’Association Française des Investisseurs en Capital (AFIC) le taux de rentabilité interne des capitaux à risque investis en France (2005-2010) est négatif (-2,4 %). Si la comparaison entre les deux pays est faussée par les économies d’échelle, elle met cependant en évidence la difficulté à financer une start-up en France de façon profitable en moins de cinq ans.

Les investisseurs patients sont une espèce rare. Et pourtant, en France, les taux de rentabilité des capitaux de développement et des capitaux de transmission qui financent des entreprises plus mûres dans leur développement, sont quant à eux positifs et performants (5,2 % et 13,9 % respectivement sur cinq ans). Comment attirer plus de fonds privés afin de financer des start-ups françaises ? L’expérience israélienne, un pays « start-up » par définition, avec une population de 7 millions et une capacité d’auto-investissement bien inférieure à celle de la France, a la position enviable d’avoir mobilisé 2,14 milliards de dollars de capital-risque en 2011, dont un peu plus des deux tiers est d’origine étrangère. Déjà en 1968, le gouvernement israélien créait «The Office of the Chief Scientist» pour pallier les défaillances des marchés à développer la recherche et le développement.

En 1984, la valeur en bourse sur le NASDQ des compagnies technologiques israéliennes était de 780 millions de dollars. L’approche guidant les investissements du gouvernement israélien est mercantile et comparable à celle d’une société de capital-risque. Sa spécificité : favoriser la participation du secteur privé pour sélectionner les projets porteurs tôt dans leur développement, et courtiser agressivement les capitaux étrangers. Ses moyens : des avantages fiscaux, des subventions et des garanties importantes, y compris pour la recherche et le développement faits en collaboration avec des entreprises étrangères. Les garanties apportées permettent de gérer les risques des investisseurs sans avancer de fonds publics. Ainsi le budget prévisionnel pour les nanotechnologies du programme de l’I.S.E.R.D. (organisme public israélien de promotion pour la recherche et développent avec l’U.E.) est de 3,5 milliards d’euros. Il est donc possible de faire plus avec moins.

Auteur : Isabelle Delalex est chargée de cours en finance et économie à l’université Pace et Columbia de New York, après avoir été analyste et directrice de recherche dans le secteur bancaire.

Source : www.france-amerique.com

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