Algérie / Prédominance des marques étrangères à l’Inapi


Entre 5000 et 6000 brevets d’invention et demandes d’enregistrement de marques, de logos et de modèles industriels ont été enregistrés par l’Institut national algérien de propriété industrielle (Inapi).

Selon le directeur des brevets à l’Inapi, Hadjouti Mohamed Amine, ces brevets en vigueur en Algérie appartiennent pour 90% à des propriétaires étrangers, alors que seuls 10% émanent de propriétaires nationaux. Selon le même responsable qui s’exprimait hier à Alger, en marge des travaux de la rencontre régionale de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) sur le transfert de la technologie dans la région Afrique et Moyen-Orient, l’Inapi a enregistré, en 2012, 900 demandes de brevet dont 876 émanant d’entreprises étrangères, alors que 106 demandes seulement ont été déposées par des propriétaires algériens.

Selon les explications de ce responsable, les entreprises algériennes n’ont pas toujours conscience de l’importance de la protection de l’innovation et des marques, ce qui explique la prédominance des demandes d’enregistrement de marques étrangères. A l’ouverture de la rencontre abritée par l’hôtel El Aurassi, le ministre de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement, Cherif Rahmani, a estimé que le taux d’innovation en Algérie a évolué de 11% ces dernières années. Il rappellera que l’Algérie, qui a adhéré à l’OMPI en 1975, a signé en 2010 une convention avec cette organisation portant essentiellement sur l’élaboration d’une stratégie nationale de propriété intellectuelle et la création de centres de soutien des technologiques et un projet permettant l’accès aux bases de données.

Le ministre a rappelé, à ce propos, la proposition algérienne de mise en place d’un espace institutionnel favorisant le transfert de l’innovation et les échanges régionaux et internationaux sous l’égide d’organisations internationales, notamment l’ONU. Le représentant de l’OMPI a plaidé hier, pour sa part, pour l’échange d’expériences entre les pays en développement et les pays développés en vue de renforcer la coopération en matière de transfert et de nationalisation de technologies, de recherches, de développement et d’affermissement de la relation entre le monde de la recherche et celui de l’économie.

Auteur : Zhor Hadjam

Source : www.elwatan.com

L’inventeur du Nagra est décédé


Stefan Kudelski, le créateur du Nagra, un magnétophone portable longtemps utilisé par presque toutes les radios et les télévisions du monde, est décédé samedi en Suisse.

Stefan Kudelski avait 84 ans. Polonais, né en 1929 à Varsovie, sa famille avait émigré en Hongrie en 1939, puis en France, avant de se fixer en Suisse Il avait fondé le Kudelski Group en 1951 et en avait conflé la direction à son fils André en 1991.

Ses premiers Nagra ont été utilisé par Radio Genève en 1951. En 1957, le Nagra III est transistorisé et adopté par l’ORTF en France la même année.

Stefan_Kudelski

Photo non datée de Stefan Kudelski, l’inventeur du Nagra, premier magnétophone portable.

Il avait reçu quatre fois l’Oscar à Hollywood en 1965, 1977, 1978 et 1990, en qualité d’ingénieur du son, grâce à son invention. L’un des premiers films à utiliser le Nagra fut « Ofeu Negro » de Marcel Camus en 1959 (Nagra II). Stefan Kudelski avait été primé deux fois par des Emmy Awards en 1984 et 1986. En 1983 il avait rejoint le Hall of Fame du film et de la télévision, se retrouvant aux côtés de Louis Lumière, Thomas Edison, Georges Eastman, Walt Disney, Samuel Warner, Ray Dolby ou Léon Gaumont.

« Stefan Kudelski est une de ces personnalités qui ont contribué à la réputation de la Suisse », a souligné Claude Smadja, vice président du Conseil des directeurs de Kudelski SA. Ses inventions, donnant une qualité de son inégalée auparavant, ont été utilisées par les radios, l’industrie du cinéma, la télévision et les compagnies de sécurité.

Auteur : Culturebox

Source : www.francetv.fr

Un étudiant invente le glaçon anti-gueule de bois


Un jeune universitaire américain vient de mettre au point le « Cheers LED Ice Cube », une invention destinée à prévenir les consommateurs d’alcool de leurs excès.

Cet objet sort tout droit d’une des écoles de sciences et technologies les plus réputées au monde : le MIT (Massachusetts Institute of Technology) de Boston.

Un glaçon intelligent…

Son principe est simple. Le glaçon se plonge dans le verre d’alcool. Il est équipé de trois voyants lumineux : une LED verte, une LED orange, une LED rouge.

Le glaçon passe du feu vert au feu rouge en fonction du nombre de verres vidés par le consommateur.

Au premier demi de bière, par exemple, le glaçon clignote en vert : le buveur n’a pas encore de soucis à se faire. En revanche, lorsqu’il se ressert, le glaçon passe au orange… et finit par clignoter en rouge au troisième verre : le consommateur sait ainsi qu’il doit en rester là. Grâce au glaçon, le troisième verre devient le dernier.

En outre, si l’utilisateur ne prend pas le temps de savourer sa consommation et se ressert trop rapidement, les LED clignotent de plus en plus vite : elles l’incitent à calmer le jeu.

… qui envoie des SMS

Enfin, lorsque le buveur dépasse les bornes fixées par le glaçon, c’est-à-dire qu’il continue de boire malgré le feu rouge, l’objet lumineux émet automatiquement des SMS à une liste de contacts définie par avance.

Les proches du consommateur sont ainsi alertés de ses excès.

Source : www.directmatin.fr

Filabot : recycler le plastique pour créer du fil pour imprimante 3D


Un jeune étudiant a conçu Filabot, une machine capable de recycler certains matériaux plastiques pour les transformer en filament pour créer des objets à partir d’une imprimante 3D.

Voici une invention qui va donner encore plus d’élan au développement de l’impression en 3D. Pour créer des objets en 3D, les imprimantes 3D utilisent un filament en plastique que la tête d’impression fait fondre pour créer la pièce par empilement. Aujourd’hui, accompagnées de Filabot ces mêmes imprimantes deviennent écologiques.

Créé en levant des fonds à partir de Kickstarter, Filabot fonctionne à l’image d’un robot mixeur. L’utilisateur lui fait avaler des morceaux de plastiques usagées, par exemple une bouteille de lait et la machine les transforme en un filament pouvant être directement utilisé par une imprimante 3D. C’est Tyler McNaney, un étudiant de 20 ans qui a eu cette idée géniale.

Dans l’avenir, Filabot devrait être commercialisé par la société qu’il l’a créé pour l’occasion. Pour le moment, il n’a pas encore annoncé de prix ni de date de sortie pour son invention.

Source : www.cnetfrance.fr

L’innovation en France : un problème culturel et structurel


L’innovation a du mal à trouver des investisseurs en France. Selon Hervé Azoulay, ce problème tient à plusieurs facteurs dont notre culture étatiste et la suprématie d’un État centralisateur, technocrate et bureaucratique. Il y existe pourtant des pistes pour tenter de faire bouger les choses.

Le bilan actuel de l’innovation en France est terrible et sans équivoque, notre impuissance et notre inefficacité s’imposent à la lucidité de chacun. La France s’est davantage intéressée à l’invention plutôt qu’à l’innovation, alors que d’autres pays s’organisaient afin d’acquérir de réelles compétences pour développer et commercialiser les innovations. L’innovation est un concept large et dépasse les aspects techniques. Nous avons des technologies de rupture comme le livre électronique ou le e-commerce, hélas 80% de l’innovation ne concerne pas la science pure, mais de l’innovation dans le commercial, le marketing, le management, les clients. C’est la créativité dans les usages qui permet de différencier les entreprises performantes.

Par exemple Apple à su saisir et adapter les idées des autres pour les transformer en synthèse créative avec l’iPod, qui ne comporte aucune technologie maison, mais qui a utilisé des technologies développées ailleurs. En France, nous avons une vision Jacobine et centralisée de l’innovation, les discours publics sont souvent centrés sur la recherche et l’innovation technologique. Si l’innovation constitue un facteur essentiel de compétitivité économique, elle ne saurait être réduite à la recherche et aux brevets. D’autant plus que peu de chercheurs sont des entrepreneurs ! Notre compteur mesure les innovations en fonction des brevets détenus, contrairement à la Grande Bretagne qui considère la compétitivité et la créativité des entreprises comme le seul facteur clé de la mesure. L’innovation est d’abord une affaire d’entrepreneurs plus que de développement de structures publiques.

Il faut également dire que notre culture étatiste a favorisée les grands groupes industriels pour la plupart publics, tels l’industrie automobile, le transport aérien, l’énergie ou les banques en parachutant à leur tête de nombreux dirigeants sortis d’écoles « prestigieuses ». Cela a développé un effort public de recherche trop centré sur des grands projets technologiques, c’est-à-dire intenses en recherche : spatial, aéronautique, nucléaire, numérique et pas assez sur des secteurs traditionnels. Un des drames de la France c’est qu’on met n’importe qui, même supérieurement brillant, à n’importe quell poste qu’il n’est pas forcément capable d’assumer ! Un dirigeant très connu a fait quatre métiers en dix ans et probablement aucun de bien. Un sauteur en hauteur bien affiné dans sa discipline ne peut pas lancer le poids, il pourrait le faire, mais mal. On ne peut pas s’improviser dirigeant de toutes sortes d’activités.

Ce modèle de parachutage a développé des comportements qui freinent l’innovation dans notre pays. Nous constatons hélas sur le terrain que les systèmes très hiérarchisés produisent des barons et des valets, les systèmes clos produisent des gens fermés et les systèmes protégés des gens frileux. Les positions de monopole, les statuts privilégiés, les corporatismes produisent ces cultures. Notre pays doté de ressources et de compétences, paye aujourd’hui au prix fort son attachement à l’interventionnisme public.

Le constat : trop de structures publiques

Plusieurs grands maux affectent l’innovation en France : tout d’abord, nous sommes confrontés à un État centralisateur, technocrate et bureaucratique, encadré par des structures pyramidales d’un autre âge, où la lourdeur hiérarchique et la langue de bois ont développé l’irresponsabilité et le conformisme. Les structures publiques décident sans écouter ou au mieux, elles écoutent sans décider. Ensuite, c’est la résistance au changement des structures dirigeantes qui empêche le brassage et mixage des compétences et des cultures pour promouvoir l’innovation. On à peur de faire des erreurs et donc on ne prend pas de risque. Le manque de coordination, souligne également l’absence de référentiel commun, les politiques, les financiers, les entreprises ne raisonnent pas sur la même échelle du temps !

Voici un exemple concret qui illustre parfaitement l’immobilisme, le copinage, l’incompétence des pouvoirs publics et des banques dans le financement de l’innovation.

David LOURY, jeune ingénieur des Mines passionné d’aéronautique, après être parti faire ses armes avec la NASA, rentre en France pour créer son entreprise : COBALT. Fort de son énergie et de ses idées, il crée un avion d’affaires léger révolutionnaire aujourd’hui connu à travers le monde : le Co50 Valkyrie. Après des années de sollicitations et de dossiers auprès des organismes publics, où l’entrepreneur prend tous les risques, le financement ne s’effectue que grâce aux réseaux de Business Angels.

Pourquoi ? Tout simplement parce que le dossier de demande d’aide retombait toujours à la Direction Générale de l’Aviation Civile octroyant les certifications, où le fait d’être juge et partie ne pose manifestement pas de problème et où le corporatisme est malheureusement dévastateur. Le projet présenté, les responsables concluent comme fin de non recevoir, que le créateur est trop jeune et manque d’expérience pour construire des avions. Son défaut en vérité, était de se concentrer sur son produit plutôt que de louvoyer pour se faire introniser dans la caste. Il a préféré la compétence au copinage ! Les pressions deviennent alors insupportables pour Cobalt qui décide de s’installer en Californie. L’avion présenté au salon d’Oshkosh aux USA il y a deux ans, y a reçu un incroyable succès, avec près d’un millier de prospects ! Les canadiens ont fait un accueil enthousiaste au projet, et ont fait un pont d’or à la société afin qu’elle s’installe au Canada. A ce jour, la société est parfaitement implantée à Saguenay et poursuit son programme de tests, plusieurs centaines d’emplois seront créés à terme. Nous pourrions citer des dizaines d’exemples de ce type où l’interventionnisme des structures publiques a fait fuir des petites entreprises très innovantes hors de France. Quant aux banques, elles ne prêtent qu’aux riches, ne prennent aucun risque et surtout méconnaissent l’innovation majeure !

Les actions à mener

Tout cela est révélateur de la nécessité d’une réforme de notre administration devenue sourde, figée et aveugle. Mais tant qu’elle restera convaincue de sa légitimité et de son excellence, il devient franchement utopique de vouloir la changer. Il s’agit d’un monde tellement archaïque qu’il va falloir faire sans elle, tant elle a démontré qu’elle ne voulait ni écouter, ni changer. Mais hélas, dans ce monde où l’innovation est une désobéissance qui a réussi, elle continuera à suivre sa trajectoire, qui la conduira immanquablement vers le mur. Notre système ne peut pas se payer le luxe d’attendre, il faut le réformer en profondeur. Est-ce possible ou bien est-ce une forteresse imprenable ? Diagnostiquer la crise de l’innovation, l’accuser de tous nos maux devient un alibi pour tous ceux qui sont en charge du domaine public. En réalité, en France, crise est synonyme de refus de changement, d’obstruction à la mutation, de conservatisme, d’immobilisme, de corporatisme et surtout de manque de lucidité et de courage. La réforme des pouvoirs publics est un serpent de mer, on en parle toujours et on ne voit rien venir !

Il faut réduire les structures et les interventions des autorités publiques dans l’innovation et les recentrer sur leurs fonctions de vision globale. Il faut mettre en réseau tous les dispositifs d’accompagnement de la création d’entreprises, du développement d’activités nouvelles, des infrastructures de services et d’organismes financiers tels que des Fonds d’accompagnement de l’innovation. On devra développer une politique d’enseignement favorisant la créativité, la transversalité et la prise de risque, car l’innovation exige une vision transversale, large et volontariste pour faire évoluer les mentalités, qui jouent un rôle essentiel.

Demain, nous aurons besoin dans la fonction publique et ailleurs de managers à géométrie variable, sans frontière, mobiles, de véritables locomotives pour tirer les trains de l’innovation et de la créativité. Ils devront s’appuyer sur leur capacité à innover, à créer, à être des mailleurs et des communicateurs et non pas des managers s’appuyant sur leurs titres et leurs diplômes, sans rendre des comptes sur leurs performances. C’est une condition indispensable et non pas une option !

Supprimons l’ENA et les grands Corps, ils ne répondent plus aux besoins de la France, car on cultive dans cette école la pensée unique dans un terreau franco-français. Intégrons cet enseignement dans un cadre universitaire restructuré ou, les PME seront maillées à nos universités pour fédérer et renforcer leurs liens et combler leurs fossés culturels. Le poisson pourrit par la tête et c’est par la tête qu’il faut le régénérer. Voila un grand chantier qui devrait intéresser le Corps des Mines !

Auteur : Hervé AZOULAY, Président d’ATHES finance et participations, Président d’INVEST 95 un des premiers réseaux de Business Angels créés en France, Co-Fondateur du Fonds d’Accompagnement de l’Innovation en Réseaux.

Source : www.latribune.fr

Illkirch : propriété intellectuelle


Le centre de formation à la propriété intellectuelle de l’IEEPI implanté à Illkirch-Graffenstaden (67), affiche une croissance de son chiffre d’affaires de 14 % en 2012.

L’Institut européen entreprise et propriété intellectuelle (IEEPI) dispose d’un centre de formation à la propriété intellectuelle basé dans le Parc d’innovation de Strasbourg à Illkirch-Graffenstaden.

Cette hausse est due notamment grâce à la mise en place du Master « Innovation et PI », qui a été lancé en partenariat avec l’Université de Strasbourg.

L’IEEPI a également remporté d’importants appels d’offres auprès d’Oséo, de l’Agence nationale de la recherche (ANR) et d’un consortium européen. En 2012 de nouvelles formations ont vu le jour pour l’Office européen des brevets (OEB) et l’Office chinois de propriété intellectuelle.

Enfin, en novembre 2012, à l’occasion de la 5ème Conférence Régionale de l’Innovation, l’INPI, l’Institut Européen Entreprise et Propriété Intellectuelle (IEEPI), l’ARITT Centre et la CCIR Centre, ont signé une convention de partenariat afin de mettre en œuvre un programme d’actions de formation ciblées sur la propriété industrielle à destination des entreprises régionales.

Plus d’informations : www.ieepi.org.

Source : www.e-alsace.net

Comment faire venir à soi l’innovation ?


Tout particulièrement vrai dans l’industrie pharmaceutique, mais aussi de plus en plus dans tous les secteurs où la course à l’innovation, facteur majeur davantage concurrentiel, oblige à se tourner vers l’extérieur de l’entreprise il est crucial de se forger une image de marque de « bon » partenaire. Comment faut-il s’y prendre ?

Il existe de multiples formes de relation entre acteurs économiques indépendants qui permettent à une entreprise d’accéder à une innovation d’origine extérieure (« Open Innovation »).

Certaines sont à caractère principalement contractuel, c.-à-d. : licence, licence croisée, franchise, etc.

D’autres vont privilégier la prise de contrôle, c.-à-d. : prise de participation majoritaire ou non, fusion/acquisition, création de joint-venture.

Une troisième catégorie repose sur la base de la mise en commun d’expertises, dont l’une pourra être une innovation (technologie, processus de production, etc.), qui par leur combinaison permettront de construire à destination du marché une offre particulièrement compétitive.

Il est à noter que dans le cas de cette troisième catégorie l’innovation peut se situer non pas au niveau des éléments qui la constitue, mais dans la combinaison « innovante » de ceux – ci, que permet justement une collaboration exclusive entre les parties.

Faire venir à soi l’innovation

Divers types de processus, de méthodologies, de plateformes d’échange s’offrent déjà aux entreprises en quête de solutions innovantes aux problèmes qu’elles cherchent à résoudre, ou pour les nouveaux marchés qu’elles souhaitent s’ouvrir.

Il existe pourtant une alternative fort peu employée.

Elle consiste à démontrer le « savoir-faire » de l’entreprise demandeuse à être, vis-à-vis de tout acteur en possession d’une innovation ou capable de la produire, un « partenaire de choix » en communiquant adroitement sur ce « savoir-faire ».

Comme on s’en doute, l’apporteur d’innovation souhaite avant tout tirer le meilleur parti de l’intégration de celle-ci dans une « solution globale » (produit, service, usage, solution métier, etc.) qu’il ne peut élaborer et/ou commercialiser seul.

Dit autrement l’innovateur veut, et doit pouvoir, capter une juste part de la valeur qui sera ainsi crée dans la durée, et non pas seulement recevoir en paiement de sa contribution un « prix d’achat » qui ne reflèterait que les coûts associés au développement et à la mise à disposition de son innovation.

Démontrer que l’entreprise est un « partenaire de choix » implique donc qu’elle prouve par l’exemple qu’elle collabore pour construire avec ses partenaires les avantages concurrentiels qui représenteront autant de futurs leviers de développement (nouvelles compétences, accès à de nouveaux marchés, etc.) pour chacune des parties.

Il ne s’agit donc plus d’une simple transaction « monétaire » calculée à un instant « t », cas des transactions à caractère principalement contractuel mentionnées ci-dessus, mais d’accepter de construire une relation qui valorise dans la durée la contribution de l’innovateur, ainsi que le juste partage des revenus.

Les avantages

Cette posture « collaborative », et la réputation qui va avec, devient alors, par opposition à une approche d’ »acheteur » d’innovation, une formidable source de mise en contact avec des acteurs pour lesquels la « qualité » de la relation, et tout particulièrement l’opportunité d’y construire des avantages durablement concurrentiels, est tout aussi importante que les revenus financiers à court terme.

Au-delà de ses avantages propres, cette solution a aussi pour intérêt de donner accès à des offres en moyenne beaucoup mieux qualifiées.

L’innovateur, attiré et motivé par la réputation de « bon » partenaire de l’entreprise, aura en effet pris la peine d’étudier et de documenter au préalable la « proposition de valeur » que la combinaison de son innovation peut générer en association avec les expertises de l’entreprise.

Il sera alors bien plus aisé, plus rapide et moins couteux de décider de la pertinence d’une collaboration.

Loin de se résumer à un simple exercice de communication, construire sa réputation de « bon » partenaire nécessite d’avoir réellement élaboré en interne le « savoir-faire » (processus, outils, organisation, posture de négociation) d’une approche collaborative de la relation avec des apporteurs d’innovation.

Ce n’est qu’ensuite que l’on peut communiquer par l’exemple sur les avantages qu’auront ces apporteurs à venir d’eux-mêmes soumettre leur innovation à l’entreprise… plutôt qu’à ses concurrentes.

Auteur : Pascal GOURSAUD, PDG de BACARAU S.A.S

Source : lecercle.lesechos.fr