Nikola Tesla : l’inventeur serbe, le génie croate et le mythe de « l’européanisation »


Durant plus d’une décennie, la figure de Nikola Tesla a été mise sous le boisseau en Croatie, en raison des origines serbes de « l’inventeur » de l’électricité. Désormais, alors que le pays vient de rejoindre l’UE, Nikola Tesla est présenté comme « le meilleur fils de la nation croate ». Dans le même temps, le marché local de l’énergie électrique a été privatisé. Boris Postnikov revient sur certains mythes européens…

Le 16 février 1992, le monument dédié à Nikola Tesla dans la ville croate de Gospić était détruit à l’aide d’un engin explosif improvisé, d’un détonateur minuté et de quelques imbéciles nationalistes non identifiés. L’œuvre emblématique du sculpteur Frano Kršinić, fortement endommagée, n’est tombée qu’à quelques mètres. La logique symbolique de ce geste destructeur va autrement plus loin : elle s’étend jusqu’aux cérémonies spectaculaires qui ont marqué l’adhésion européenne de la Croatie, le 1er juillet dernier…

nikola_tesla_1890

En fait, ce qui avait commencé par la destruction du monument s’est poursuivi tout au long des années 1990, alors qu’un assourdissant silence entourait le nom de Nikola Tesla, le génial « découvreur » de l’électricité, fils d’un pope orthodoxe du petit village de Smiljan, en Lika. À partir de 2003, à l’heure de la réconciliation « politiquement correcte » impulsée par Ivo Sanader, un changement de direction s’est soudainement produit : la Croatie a célébré avec emphase le 150ème anniversaire de sa naissance, inauguré le Centre mémorial multimédia de Smiljan et installé l’imposante sculpture de Mestrović en plein centre de la capitale. Enfin, le 1er juillet, sur la Place du Ban-Jelačić, au coeur de Zagreb, devant les hauts dignitaires européens et les euphoriques reporters de la télévision, on a installé le transformateur de Tesla, l’une de ses inventions les plus estimables, présentée comme la contribution suprême de l’esprit croate à la civilisation mondiale.

Comment Tesla lui-même aurait-il commenté cette instrumentalisation euro-intégriste de sa personne et de son œuvre ? Nul ne peut le savoir. Cependant, quelques lignes tirées de son autobiographie intellectuelle, Mes inventions, laissent imaginer un sens fondamental. En parlant de « la préoccupation fanatique consacrée aux idées élevées de l’égoïsme et de la fierté nationale », il écrit ceci : « aucune alliance ou acte parlementaire de quelque nature que ce soit ne pourra stopper ce fléau. Il ne s’agit que de nouveaux mécanismes mettant les faibles à la merci des puissants »… En les lisant aujourd’hui, ces mots semblent davantage inciter à une critique eurosceptique de l’UE, vue depuis la perspective de sa périphérie, qu’à l’adoration, hautement recommandée, de la politique centripète de Bruxelles.

Mais est-ce donc important ? Le capital symbolique des grands hommes a toujours été utilisé par les idéologies dominantes, quel que soit leur couleur. Dans ces circonstances, on s’entendra pour reconnaître qu’il vaut mieux porter aux nues un grand inventeur que de faire voler en éclats sa statue. Finalement, l’opinion publique serbe a, elle aussi, prouvé son désir de changement, en attendant l’annonce semi-officielle du début des négociations d’adhésion à l’UE, et en assistant avec un calme inattendu à cette « croatisation » de Tesla. L’éternel et folklorique débat sur la nationalité de l’inventeur a même été oublié. Si les euro-optimistes locaux ont besoin de quelque argument supplémentaire pour appuyer les processus politiques mouvementés de « l’européanisation » de la région, alors la réintégration pacifique de Nikola Tesla est certainement l’un des plus convaincants.

Seulement, bien peu de gens se préoccupent encore de tels débats, car les somptueuses cérémonies sont terminée. Lidl a, comme promis, baissé ses prix et le roaming, lui aussi, coûte nettement moins cher : les choses sont ainsi rapidement revenues dans la boue du quotidien. « Nous aspirons à de nouvelles idées sensationnelles, mais nous devenons vite indifférents à leur égard » écrivait Tesla, il y a près de cent ans, au sujet de son transformateur. « Les miracles d’hier deviennent vite des phénomènes habituels ».

La manière dont le « miracle européen » d’hier en Croatie est devenu un « phénomène habituel » aujourd’hui est toutefois édifiant. L’exaltation festive des élites politiques n’a pas duré plus qu’un feu d’artifice dans le ciel de Zagreb, laissant de nouveau l’espace public à un pessimiste inerte et une résignation engourdie. Cet espace est maintenant usurpé par des messages volontaristes sur la nécessité de poursuivre les réformes structurelles conduites par les dogmes néolibéraux de la libéralisation et de la dérégulation.

Depuis le gouverneur de la Banque nationale croate, Boris Vujčić, qui évoque emphatiquement l’entrée dans la zone euro – comme si nous ne voyions pas combien l’architecture aberrante de l’union monétaire élargit le fossé entre les membres riches et pauvres de l’UE – jusqu’au ministre des Finances, Slavko Linić, qui salue l’entrée en UE en annonçant des privatisations massives, les adeptes des politiques euro-intégrationnistes nous révèlent que tout le baratin culturel et idéologique sur l’appartenance de la Croatie au monde « civilisé » de l’Europe et de l’Occident ne sert qu’à masquer les impératifs hégémoniques économiques de l’actuel développement global.

Il existe donc une certaine logique perverse à ce que le moment même où la figure de Nikola Tesla cesse d’être celle d’un Serbe honni pour devenir « le meilleur fils de la nation croate » coïncide avec l’arrivée de deux compagnies étrangères qui vont lancer le processus de libéralisation du marché local de l’énergie électrique en Croatie. Alors même que nous rendons hommage à un homme qui, selon la formule simplifiée, nous « a donné l’électricité », mais dont l’incapacité commerciale est devenue un cliché anecdotique et qui, après de nombreuses inventions lucratives, a survécu ses dernières années de vie américaine grâce à une pension de misère octroyée par la Yougoslavie de l’époque, l’approvisionnement en énergie électrique devient un business hautement profitable pour des compagnies dont l’une ne produit même pas d’électricité, mais qui en font le commerce lucratif sur les bourses mondiales.

Alors que nous avons dignement célébré un anniversaire de plus de la naissance du génie de la Lika, ce paradoxe parachève le processus de la transition européenne : grâce à Nikola Tesla, nous avons au monde la fée électricité, mais nous devrons désormais importer l’énergie dont nous avons besoin.

Auteur : Boris Postnikov, traduit par Persa Aligrudić

Source : balkans.courriers.info

Roland Moreno et sa carte à puce


Égocentrique, foutraque, paresseux… mais inventeur de génie : Roland Moreno a inventé voilà près de 40 ans, la carte à puce. Une invention géniale, devenue universelle, et qui lui a largement survécu.

Aujourd’hui, vous avez peut-être passé un coup de téléphone, validé un trajet en bus ou en train, retiré 20 euros au distributeur, consulté votre médecin ou accumulé des points de fidélité au supermarché.

Pour tout cela, sans même y penser, vous avez utilisé l’invention géniale d’un Français, Roland Moreno, inventeur un peu fou mais visionnaire : la carte à puce. Si sa trouvaille a eu du mal à convaincre au début, dans les années 70, elle s’est tellement généralisée qu’on ne compte plus ses applications à travers le monde.

L’homme, décédé il y a un peu plus d’un an, a tout du savant fou. Outre sa coupe à la Professeur Tournesol, il a tout de même débuté sa carrière en inventant des appareils aussi absurdes qu’une machine à tirer à pile ou face – la Matapof –, ou, alors qu’il n’a que neuf ans, un orgue à partition. De ces inventions farfelues, il disait que « à cette époque, on avait une relation avec les objets qui était fondée sur la fonction, la destination. Les miens n’en avaient pas. C’était une provocation… Un jour j’ai ajouté des robinets de baignoire sur un magnétophone. » Il crée également le « radoteur », une machine à algorithme destinée à inventer des mots-valises de manière aléatoire à partir des mots du dictionnaire. La trouvaille, inutile en apparence, lui permettra de trouver puis de vendre des noms de marques à des sociétés clientes…

En 1974, l’informatique n’a rien de domestique ni d’universel, mais Roland Moreno invente la « carte à mémoire ». « Dans son sommeil », disait-il en 2006. « Après avoir fumé un pétard », avait-il parfois malicieusement ajouté. Une carte qui prend d’abord la forme… d’une bague. Selon lui, il s’agit « d’un circuit intégré, inviolable ». La puce est prévue pour se loger dans une bague et servir à « ouvrir les portes, contrôler des titres de transport ou tenir un compte bancaire ». Il en dépose le brevet en mars 1974.

Sa société, Innovatron, est créée pour exploiter ce brevet – sans se douter des millions qu’il lui rapportera –, mais avant tout pour « vendre des idées ». Et ça marche. Les néologismes loufoques du radoteur font le bonheur de créatifs en panne d’idées

« Take the money and run »

En attendant, huit ans d’obstination et de persévérance lui seront nécessaires pour venir à bout des réticences d’hommes moins visionnaires que lui. Dès le début, il avait contacté banques, réseaux de transport public et autres industriels, lesquels doutaient de l’utilité ou de l’infaillibilité de son invention.

Le nom de code de son invention était TMR, pour « Take the money, and run ». L’hommage d’un bon vivant, amateur de culture à l’un des premiers succès de Woody Allen.

Il faut se remettre dans le contexte de l’époque : l’informatique est confinée au monde professionnel, et constituée de deux ou trois grosses sociétés comme IBM ou Bull. Roland Moreno représente alors plus une menace pour ces professionnels de la profession. Roland Moreno dit, à propos de Bull, que le géant a fait main basse sur ses brevets, et tenté de les contourner. Idem côté banques, qui ont mis « seize ans à comprendre les enjeux de la carte à puce », selon Moreno.

Ce sont les PTT qui donneront sa chance à l’inventeur : en 1983, à Lyon et Blois, les premières télécartes sont testées. Un an plus tard, le succès est là et les cabines téléphoniques à pièces agonisent. Déjà, 2000 cabines à carte les remplacent, et la France, avant le monde, s’habitue à cette si pratique carte à puce.

150 millions d’euros à titre personnel

En 1992, toutes les cartes bancaires françaises sont équipées d’une puce. Suivent la carte Vitale, les cartes SIM des téléphones portables, nombre de cartes de fidélité, et, avec le nouveau système sans contact développé, aussi, par Roland Moreno, les abonnements de transports en commun. La RATP travaille en partenariat avec lui pour élaborer ce qui deviendra le pass Navigo, et se généralise rapidement à toutes les grandes villes.

En 1994, alors que le brevet tombe dans le domaine public, Roland Moreno estime qu’il a touché 150 millions d’euros – à titre personnel – de royalties sur sa géniale invention.

À l’époque, près de 500 millions de cartes téléphoniques à puce ont été commercialisées…

Aux États-Unis, temple du capitalisme et patrie du billet vert, la carte de crédit en reste pourtant à la piste magnétique, sur un système datant de 1958. Il faut attendre l’an 2000 pour qu’enfin les banques américaines passent à la puce. Le géant American Express y est passé… en 2011.

Auteur : Joël CARASSIO

Source : www.vosgesmatin.fr

Sénégal / Présentation d’une invention anti-fraude électrique


Thiès : présentation, lundi, d’une invention anti-fraude électrique

L’inventeur Baba Diarra procédera a une séance de démonstration de son invention sur le dispositif anti-fraude électrique (DAFE) dénommé ‘’Kaaraange », lundi au conseil régional de Thiès, en collaboration avec l’Agence sénégalaise pour la propriété industrielle et l’innovation technologique (ASPIT), a appris l’APS.

Selon Baba Diarra, ce dispositif anti-fraude, couplé au compteur,  »est capable de faire économiser à l’État du Sénégal les 20 milliards de pertes enregistrées chaque année par la SENELEC du fait de la fraude ».

 »La présentation de cette invention, qui cadre avec les missions de l’ASPIT, vise à identifier et à promouvoir toutes les innovations sénégalaises à forte incidence sociale et économique », souligne un communiqué de l’ASPIT.

Source : www.aps.sn

L’impression 3D pourrait être dangereuse pour la santé


On n’y pense pas toujours mais les nouvelles technologies apportent bien souvent leur lot de petits problèmes. Dans le cas de l’impression 3D, c’est la santé des utilisateurs qui pourrait être touchée.

C’est une étude de l’Illinois Institute of Technology (États-Unis) qui le dit : les imprimantes 3D vendues dans le commerce présenteraient des risques pour la santé des utilisateurs en raison de l’émission de particules ultrafines au sein d’environnement peu ou pas ventilés.

Pour arriver à cette conclusion, l’équipe en charge de l’étude a analysé 5 modèles d’imprimantes, sans toutefois en préciser les références mais manifestement toutes basées sur le principe de l’extrusion de plastique (ABS et PLA). Le niveau de toxicité mesuré serait en fait assez comparable à celui d’une imprimante laser en fonctionnement ou à une cigarette en train de se consumer. A trop forte dose, les particules ultrafines en suspension dans l’air pourraient contribuer au déclenchement de cancers de la gorge, d’accidents vasculaires cérébraux ou encore de crises d’asthme.

Sans dramatiser outre mesure, les chercheurs affirment que les utilisateurs devraient rester vigilants, en n’oubliant pas d’installer leurs engins dans des endroits bien ventilés et aérés. De plus, l’équipe appelle à un peu plus de recherches sur les imprimantes 3D vendues dans le commerce afin d’évaluer le degré de toxicité des différentes techniques utilisées. En vue, sans doute, d’obtenir des fonds supplémentaires pour les mener à bien.

Source : www.pcworld.fr

Omapi : La protection internationale des marques facilitée


Le système de Madrid facilite la protection des marques dans n’importe quel pays. Une seule demande est à déposer auprès de l’OMAPI.

Un exercice qui mérite d’être  renouvelé. L’Office malgache des propriétés industrielles (Omapi) et  l’Orga­ni­sation mondiale des propriétés industrielles (OMPI) ont organisé un séminaire national consacré au système de Madrid, la semaine dernière. C’est la première initiative du genre, destinée aux décideurs, opérateurs et dépositaires de marques pour les permettre de faire connaissance avec ce dispositif qui facilite le dépôt international des marques. Désormais, il suffit de déposer une seule  de­mande auprès de l’Omapi et le demandeur peut étendre la protection de sa ou ses marques vers d’autres pays qui sont signataires de l’accord de Madrid, comme  Madagascar.

« Quatre-vingt-neuf pays sont, actuellement, signataires de l’accord de Madrid. Outre la facilitation de la démarche, ce système facilite la gestion du patrimoine de marque et offre de nombreuses opportunités à exploiter pour les entreprises», a expliqué  Manitra Raha­rinony, chef de service de l’enregistrement international des marques auprès de l’Omapi.

Pour la plupart des participants, toutes les explications fournies à ce séminaire ont été de véritables révélations. Jusqu’ici, nombreux sont ceux qui pensent que pour pouvoir protéger sa marque dans tel ou tel pays, il faut s’y rendre et y déposer une demande avec les coûts exorbitants que cela implique. Selon les chiffres de l’OMAPI, seulement neuf demandes de protection sont enregistrées depuis 2008. Un chiffre dérisoire, compte tenu de l’importance des produits exportés par Madagascar.

Vol de marque

Des victimes qui se font voler leurs marques dans un pays étranger existent, aussi. La représentante d’une grande société spécialisée dans la parapharmacie, dont le nom dispose d’une notoriété nationale et même internationale, avoue, par exemple, être victime de cette situation en Allemagne. « Une personne voulait importer nos produits mais nous n’étions pas encore prêts. Finalement, lorsque nous voulions protéger notre marque dans ce pays, nous avons découvert avec stupeur que le nom  a déjà été protégé par une autre société », témoigne-t-elle. Et, malgré l’envergure de sa société, elle affirme que son ignorance sur l’existence du système de Madrid a été la raison qui l’a fait hésiter à faire la protection plus tôt. « Nous pensions que c’était trop cher et compliqué », se désole-t-elle.

En général, la réponse à une demande de protection internationale arrive au bout de dix-huit mois, au maximum, à partir de la date du dépôt du dossier qui cor­respond à celle du paiement des taxes. Mais cette durée varie d’un pays à l’autre, selon la performance du bureau local. L’Omapi figure parmi les performants car, la réponse arrive au bout de deux mois, en moyenne. L’avantage au niveau des taxes fait, aussi, partie des mesures attractives du système de Madrid. Les pays les moins avancés bénéficient d’une réduction de 90%. C’est-à-dire que, au lieu de payer les 650 francs suisses, les déposants malgaches paient seulement 65 francs suisses.

Auteur : Mahefa Rakotomalala

Source : www.lexpressmada.com

Alan Turing : l’inventeur de l’informatique entièrement réhabilité


Alan Turing : l’inventeur de l’informatique entièrement réhabilité par son pays, cinquante ans après sa mort

Alan Turing est le fondateur de la science informatique. Sa machine, qui porte son nom, est l’ancêtre de nos ordinateurs. Son fonctionnement a posé les bases de la programmation.

Mathématicien et expert du chiffrement – et du déchiffrement – Alan Turing devient un héros de guerre. Grâce à ses talents, il perce le secret qui permettait aux nazis de transmettre leurs messages de manière sûre.

Après la fin du conflit, le scientifique travaille sur un des tout premiers ordinateurs, puis il contribue – de manière provocatrice – au débat sur la capacité des machines à penser (Test de Turing). Ce qui en fait donc également un précurseur de l’IA.

Mais ce génie britannique a également été un homme condamné par la justice de son pays pour son orientation sexuelle. En 1952, il est inculpé d’« indécence manifeste et de perversion sexuelle » (d’après la loi britannique sur la sodomie). Condamné, il est sommé de choisir entre la prison et la castration chimique.

Il choisit la deuxième et se voit également écarté de tout projet scientifique. Lui qui venait, un an plus tôt, d’intégrer la prestigieuse Royal Society.

Désabusé, Alan Turing se suicide en 1954 en croquant une pomme imbibée de cyanure, évocation d’une scène de l’histoire de Blanche Neige qu’il affectionnait particulièrement.

Alan_Turing

Depuis, la reconnaissance de ce génie est unanime. Un prix américain porte son nom. Et en 2009, le Premier Ministre Britannique Gordon Brown présente ses regrets au nom du gouvernement pour le traitement qui lui a été infligé.

Mais la Justice du Royaume, elle, n’a jamais voulu revenir sur sa décision.

L’année dernière, son Ministre déclarait même « un pardon posthume n’a pas été jugé approprié car Alan Turing a été déclaré coupable de ce qui était à l’époque une infraction pénale. Il aurait dû savoir que son acte était contraire à la loi et qu’il serait poursuivi ».

Face à ce refus, plusieurs scientifiques, dont le physicien Stephen Hawking, ont appelé le gouvernement à revenir sur cette décision.

Et ils sont (enfin) sur le point d’être entendus.

Cinquante ans après la mort du génie, une proposition de « pardon », proposée par un Lib Dem (centre gauche), sera soutenue officiellement par le gouvernement conservateur. Ce qui lui assure quasiment d’être adoptée.

Ironie de l’Histoire, cette réhabilitation tardive surviendra la même année que celle de la légalisation du mariage homosexuel en Grande-Bretagne. Une légalisation qui n’a suscité strictement aucune polémique dans la population. Tout un symbole ?

Auteur : Gordon Fowler

Source : www.developpez.com

« Le Progrès est la lumière des nations »


C’était ce qu’affirmait l’immense inscription qui se trouvait sur le mur du fond du pavillon des machines, lors de l’exposition universelle de 1900, à Paris.

Notre nation alors ne doutait pas d’elle-même. C’était la Belle Époque, une ère de croissance économique et de propagation d’innovations technologiques majeures – l’électricité, le téléphone, le chemin de fer, la photographie et le cinéma, les engrais, et de nombreuses autres.

Le pays du rationalisme, de Descartes, Voltaire, Diderot… semblait s’être extrait par le haut d’un siècle d’hésitation, de conflits, d’une guerre avec la Prusse qui lui avait 5 milliards de francs-Or – plus d’une année de PIB de l’époque, pour choisir l’espoir et le progrès.

Où est ce pays de la raison ? Le pays qui interdit les expérimentations de recherche sur le gaz de schiste ou sur les OGM ? Qui manifeste pour l’interdiction de la recherche à l’égard des stockages des déchets nucléaires ou des nanoparticules ? Qui s’inquiète de la nocivité des ondes radios sans que jamais une seule étude sérieuse n’en ait prouvée la dangerosité? Qui est l’un des seuls pays au monde à avoir interdit aux individus l’accès au séquençage de l’ADN sous prétexte que des dérives pourraient en découler ?

La France, jadis si allante à l’égard du progrès s’en méfie aujourd’hui

Il ne s’agit pas d’affirmer que toutes ces technologies sont inoffensives, et qu’elles peuvent être mises en œuvres à grande échelle sans risque. Mais simplement, de faire observer que la France, jadis si allante à l’égard du progrès s’en méfie aujourd’hui grandement.

S’il ne fait aucune doute que le progrès peut-être dangereux, il ne peut-être dangereux de chercher et il ne peut être condamnable d’essayer. Interdire sans connaître, c’est faire l’apologie du sectarisme. C’est rejouer la tragédie de Galilée au XXIème siècle. Cela peut sembler exagéré ; pourtant, n’avons nous pas inscrit le principe de précaution dans notre constitution ? N’a-t’on pas créé de nombreuses institutions qui, finalement, sont en charge de nous prémunir contre les dérives que l’on dit très certaines du progrès ?

A l’heure où notre modèle social semble largement menacé, où la croissance est en panne, où toutes les études montrent combien nous doutons sur la capacité de notre pays à se réinventer, nous devrions pourtant comme jamais, affirmer et réaffirmer l’impétueuse nécessité du progrès, de l’innovation, du rêve. Car c’est de notre fibre innovante, de l’ingéniosité de notre nation –dans son sens étymologique- qu’admirent et reconnaissent nombres de chercheurs et entrepreneurs étrangers, que viendra notre salut. C’est de l’innovation, des startups, des chercheurs, des scientifiques, que viendra la création d’emploi, le renouveau.

C’est dans la raison que se trouvent nos meilleures chances de rebond

Mais pour que cela soit, il importe que l’on retrouve cette foi dans l’avenir, et que l’on rappelle que c’est dans la raison, et non dans les affirmations superstitieuses que se trouvent nos meilleures chances de rebond. Les mandats que nous donnons à nos institutions, les lois que nos représentants votent, les principes de régulations, les messages que véhiculent nos élus sont les premiers vecteurs de la forme de la société que nous choisissons d’avoir.

Au delà de tous les impératifs budgétaires qui corsètent la latitude d’action de nos élus, voici une chose qui ne coute rien et qui peut rapporter beaucoup. Organiser nos institutions, nos lois, agir pour faciliter l’émergence d’une société qui ait foi dans l’innovation et qui puisse s’y essayer, sans se départir d’une analyse critique et scientifique des risques éventuels des innovations. Voici, en ce moment de doute, ce qui pourrait être un vrai projet pour notre pays.

Auteurs : Gilles Babinet et Nicolas Colin

Source : lecercle.lesechos.fr