Deux français nominés aux Prix de l’inventeur européen 2014


L’Office européen des brevets a dévoilé la liste des nominés aux Prix de l’inventeur européen. La pile au glucose développée à Grenoble concourt dans la catégorie Recherche.

L’équipe de recherche grenobloise menée par Philippe Cinquin et Serge Cosnier à l’université Joseph Fourier de Grenoble a développé une biopile au glucose. Ces travaux de recherche qui doivent permettre d’alimenter des implants humains ont été sélectionnés dans la liste des finalistes du Prix de l’inventeur européen dans la catégorie Recherche. Autre français nominé : Jérôme Guillemont, avec le belge Koen Andries, pour leur traitement de la tuberculose, dans la catégorie Industrie. La neuvième édition des Prix de l’inventeur européen décerné par l’Office européen des brevets seront remis le 17 juin prochain à Berlin.

Industrie

Le belge Koen Andries et le français Jerôme Guillemot sont tous deux membres d’une équipe de recherche du laboratoire pharmaceutique Janssen (groupe Johnson & Johnson) qui a développé et mis sur le marché un traitement de la tuberculose, le premier depuis près de 40 ans, la bedaquiline.

Robert Baldemair, avec son équipe de R&D au sein de l’équipementier télécoms suédois Ericsson, ont breveté des éléments clés pour le déploiement de la technologie LTE (Long terme evolution) qui supporte les réseaux de nouvelle génération dits 4G de téléphonie mobile.

Luigi Cassar travaille pour le groupe italien Italcementi, et a mis au point des matériaux de construction autonettoyant et même dépolluant l’air ambiant grâce au dixoyde de titane qu’il contient. Cette invention baptisée TX active est sur le marché depuis 2006.

PME

Le danois Peter Olme Jensen, et son entreprise Aquaporin fondée en 2005, ont mis sur le marché une membrane organique de purification de l’eau, basée sur les travaux de recherche du prix Nobel de chimie 2003, Peter Arge.

Le catalan Carles Puente Baliarda est à l’origine de la miniaturisation des antennes de réception des téléphones portables. Sa technologie brevetée d’antenne fractale l’a amené à créer sa propre entreprise, Fractus, qui a fait valoir ses droits auprès des fabricants de téléphone.

Terese Alstin et Anna Haupt, deux designers suédoises, ont mis au point un casque pour cyclistes porté autour du cou et qui se déploie comme un airbag grâce à des capteurs. Leur projet démarré en 2005 est aujourd’hui porté par Hövding, une entreprise de 19 salariés.

Recherche

Philippe Cinquin et Serge Cosnier dirigent, à l’université Joseph Fourier de Grenoble, le laboratoire qui a développé une pile miniature qui utilise le glucose du corps humain comme source d’énergie. Cette biopile pourrait très vite alimenter des implants tels les pacemakers.

Les travaux du britannique Christopher Toumazou ont permis de développer des micro-puces d’analyses génétiques. Outils de diagnostic, ces puces montées sur clé USB transmettent directement leurs résultats à un ordinateur. Toumazou a créé trois entreprises qui emploient plus de 300 personnes.

Thomas Tuschl et son équipe de chercheurs allemands et américains, ont permis des avancées majeures dans le traitement des maladies génétiques grâce à leurs travaux sur l’ARN, copie dans nos cellules de bouts de notre ADN. Leurs découvertes permettent d’inhiber l’expression de certains gènes et donc de « geler » les anomalies génétiques.

Œuvre d’une vie

L’allemand Artur Fischer, aujourd’hui âgé de 94 ans, a déposé plus de 1.100 brevets ce qui en fait un des inventeurs les plus prolifiques. On lui doit l’invention du flash photographique, mais aussi, en 1958, celle de la cheville qui porte son nom et qui a révolutionné le monde la construction. Son entreprise emploie 4.150 personnes dans 32 pays.

Wieslaw L. Nowinski, scientifique polonais vit depuis plus de 20 ans à Singapour où il a créé une entreprise qui édite des atlas numériques du cerveau très détaillés, outils indispensables aux neurochirurgiens à travers le monde pour améliorer le diagnostic médical.

Le couple autrichien Ingeborg et Erwin Hochmair a rendu l’audition a plus de 200.000 sourds à travers le monde. Ils ont développé, depuis les années 1970, un implant cochléaire appelé Med-EL qui transforme les vibrations sonores en signaux électriques transmis au nerf auditif.

Inventeurs non-européens

Sont nommés dans cette catégorie l’équipe japonaise de l’entreprise Denso qui a breveté le QR code, l’américain Charles W. Hull qui a développé depuis les années 1990 l’impression 3D, et Les américains Cary L. Queen et Harold Edwin Selick pour leurs travaux sur les immunoglobines.

Auteur : Yves Vilagines

Source : www.lesechos.fr

France Brevets, une invention très française


Dans « Bilbo le Hobbit », le premier volume de la trilogie de Tolkien, les trolls sont décrits comme des géants stupides, évoluant dans les marécages et égorgeant ceux qu’ils trouvent sur leur chemin. On comprend mieux pourquoi les spécialistes de l’innovation ont baptisé « patent trolls » des fonds privés, apparus dans les années 1990 aux États-Unis, ayant pour seule et unique activité l’achat massif de brevets à des fins de poursuites judiciaires. Dès qu’une entreprise (souvent de petite taille) lance un nouveau produit, les « patent trolls » sont là dans l’ombre, embusqués, prêts à brandir un brevet qui serait violé, en demandant une forte indemnisation. Ce détournement abusif du droit de propriété intellectuelle a des effets destructeurs sur l’innovation, si bien qu’aujourd’hui les autorités publiques du monde entier, du président Obama à la Commission européenne, ont engagé la lutte contre les « patent trolls ».

Dans ce contexte, que fait l’État français, toujours soucieux de prouver son génie singulier ? Il crée France Brevets, un fonds d’investissement détenu à parité par l’État et la Caisse des Dépôts et Consignations, et dont la mission est précisément de racheter les brevets des PME françaises pour mieux les « défendre », au besoin en allant jusqu’au contentieux. Comme souvent quand l’État décide d’intervenir directement dans les mécanismes économiques, les bonnes intentions et les douces paroles sur la R&D risquent de se transformer en enfer pour l’innovation. France Brevets ne serait-il pas, finalement, un « patent troll » comme les autres, d’autant plus pernicieux qu’il est financé par le contribuable (à hauteur de 100 millions d’euros) et d’autant plus agressif qu’il doit combler un déficit initial de plus de 4 millions d’euros ? Ne va-t-il pas entraîner les autres États européens à créer des entités équivalentes (« Allemagne Brevets », « Pologne Brevets »…), déclenchant ainsi une spirale protectionniste et une judiciarisation du champ de l’innovation en Europe ? Et France Brevets ne constitue-t-il pas, au regard du droit européen, une « aide d’État » incompatible avec le marché intérieur ?

Telles sont les questions que GenerationLibre a posées au directeur général de France Brevets. Jean-Charles Hourcade promet, juré-craché, de rester raisonnable et de ne pas recourir aux pratiques honnies des « patent trolls » (rachats massifs de brevets, constitution de « grappes de brevets », activisme judiciaire, etc.). Mais rien dans les statuts ou la gouvernance de France Brevets ne permet de le garantir. La bonne foi de M. Hourcade ne peut tenir lieu de politique publique.

Quelques pistes

Nous formulons donc les trois propositions suivantes, dans l’intérêt même de France Brevets et de sa crédibilité :

1. Pour éviter que France Brevets ne se transforme, de troll, en nouvel ogre étatique, il faut inscrire dans ses statuts une clause de privatisation, effective dès que France Brevets atteint ses objectifs de rentabilité. Après avoir prouvé que son modèle est viable, l’entité passera ainsi la main au marché. Dans le même esprit, tous ses excédents devraient être reversés à l’État, et non réinvestis en son sein : on connaît trop la tendance inflationniste des administrations.

2. Il serait sain d’ouvrir le conseil d’administration, aujourd’hui exclusivement composé de fonctionnaires, à des juristes experts en droit de la propriété intellectuelle.

3. Enfin, il est vital de clarifier toutes les pratiques auxquelles France Brevets doit explicitement renoncer.

Auteur : Gaspard Koenig, écrivain, dirige le think tank GenerationLibre.

Source : www.lesechos.fr

Algérie / près de 120 demandes de brevets d’invention enregistrées en 2013 (INAPI)


L’Institut algérien de la propriété industrielle (INAPI) a enregistré 118 demandes de brevets d’invention durant l’année 2013, a indiqué samedi à Alger Mohamed Amine Hadjouti, directeur des brevets à l’INAPI.

Environ 80% de ces demandes sont faites par des étrangers essentiellement dans le cadre du traité international de coopération en matière de brevets (PCT) dont l’Algérie avait été membre en 2002, a précisé M. Hadjouti en marge d’un workshop sur les Centres d’appui à la technologie et à l’innovation (CATI).

Essentiellement, les dépôts sont faits par des particuliers ou des inventeurs opérant à titre individuel, a-t-il ajouté lors cette rencontre qui coïncide avec la journée mondiale de la propriété intellectuelle célébrée le 26 avril de chaque année.

« Malheureusement, les entreprises, les centres de recherche et de développement et les universités ne recourent pas vraiment à la propriété industrielle pour protéger des solutions qui aboutissent à régler des problèmes dans la pratique », a déploré M. Hadjouti.

Quant aux demandes de brevets d’invention émanant de résidents, elles touchent essentiellement tous les secteurs des industries mécanique, électronique, la construction et le bâtiment ainsi que la pharmacie, selon ce responsable.

De son côté, le directeur général de l’INAPI, Abdelhafid Belmehdi, a estimé que les dépôts de marques et de brevets au niveau de l’INAPI augmentaient d’une année à l’autre.

Il s’est dit satisfait de cette hausse qui démontre l’intérêt des entreprises et des chercheurs à protéger leurs inventions, insistant sur la l’importance d' »encourager cette évolution ».

Abordant la mise en réseau des CATI, M. Belmehdi a souligné qu’ils permettent plus de sensibilisation, de coordination et de mise en relation entre les universités, les chercheurs et les entreprises.

Selon ce responsable, les travaux de recherche des universités devraient être valorisés et exploités par des entreprises économiques exprimant le besoin pour ces recherches.

Source : www.maghrebemergent.com

Breveter les gènes ? Les défis de la politique européenne


Depuis 20 ans, la brevetabilité des gènes a permis de protéger à la fois les gènes et leurs applications. Et si finalement, au lieu de servir la recherche et le développement, ce système nous avait conduits à une impasse ? De nombreux pays remettent en question cet équilibre en privilégiant la brevetabilité des applications, et en laissant les gènes dans le bien commun. Erreur ou urgence ?

Qu’ils s’en réjouissent ou le déplorent, ceux qui s’intéressent au développement des biotechnologies avaient, pour la plupart, fini par intérioriser le fait que les gènes sont aujourd’hui devenus des produits brevetables. Le droit américain, le droit de l’OMC puis celui de l’Union européenne ont en effet dit et répété, depuis 20 ans, que les gènes, humains ou non humains, pouvaient bel et bien être des inventions, non seulement quand un chercheur ou un industriel les fabrique en laboratoire (transgènes), mais aussi quand il les isole de leur substrat naturel et en propose une application industrielle jusqu’ici inconnue.

Le chercheur mettant ainsi à la portée de tous quelque chose d’utile qui n’existe pas en tant que tel dans la nature (un médicament par exemple), n’est-il pas juste, dans un environnement économique des plus compétitifs, de lui conférer une protection par brevet ?

Or, voilà que cette position, qui a ouvert la voie à la délivrance de multiples brevets sur toutes sortes d’inventions portant sur des gènes, se fissure. Aux États-Unis, la Cour suprême vient ainsi d’opérer un revirement spectaculaire. Contre toute attente, elle a jugé que les gènes humains simplement isolés ne sont pas autre chose que des produits de la nature et ne peuvent donc être protégés par brevet. Parallèlement, en Europe, la brevetabilité des gènes végétaux est devenue la source d’une nouvelle controverse, depuis qu’ont été délivrés des brevets protégeant des gènes et caractères naturels de poivron, melon ou autre laitue.

Les gènes, mis au jour dans leurs fonctions et leurs applications, sont-ils des inventions protégeables par brevet ou doivent-ils demeurer un « bien commun » ? À l’heure où elle revient sur le devant de la scène, la question devra, qu’on le veuille ou non, être remise à plat en Europe. Encore faut-il savoir selon quels termes. Car certaines des critiques qu’elle suscite ne paraissent guère recevables. Par exemple, la brevetabilité des gènes accréditerait, à travers une reconstruction technique de la nature, y compris humaine, le projet d’un « vivant marchandisé ».

Dans ce sillage, certains voient dans les brevets de gènes humains un mécanisme attentatoire à la dignité et à l’intégrité de la personne. Or autant la brevetabilité des gènes constitue incontestablement une manifestation de ce qu’il est convenu d’appeler la « marchandisation » de notre société, autant en brevetant un gène humain, ce n’est pas la personne que l’on brevète. Sauf à considérer que cette dernière se réduit à ses gènes !

En réalité, les difficultés sont ailleurs. Elles tiennent d’abord au point de savoir si le fait d’isoler un gène, d’en mettre en lumière le rôle dans la survenance d’une maladie ou dans la résistance à un insecte, puis d’en proposer une application industrielle, c’est avoir dépassé le stade de la simple découverte, avoir véritablement inventé, ou n’avoir produit rien d’autre que ce que la nature offre déjà elle-même.

Question, ardue intellectuellement, des frontières de l’invention et de la découverte, qui renvoie à celle de la nature et de l’artefact. C’est ensuite la particularité des gènes qui suscite une difficulté redoutable, puisqu’ils sont en quelque sorte une matière première indispensable à l’innovation, en médecine comme en agriculture. Par exemple, pour développer des plantes plus résistantes à la sécheresse ou à une maladie, les sélectionneurs doivent impérativement avoir accès à un large ensemble de ressources génétiques.

C’est pour cette raison que dans ce domaine des semences, la réflexion sur la protection des innovations s’était élaborée, depuis les années 60, autour d’un impératif, le libre accès aux gènes : seule la variété finale devait être protégée, les gènes restant, eux, librement et gratuitement accessibles à tous pour développer de nouvelles variétés. Or la brevetabilité des gènes naturels change profondément la donne puisqu’elle est susceptible de conduire à verrouiller ce matériau de base.

C’est ainsi que s’est développée une abondante littérature dénonçant le phénomène « d’anti-communs » suscité par la brevetabilité des gènes, c’est-à-dire la multiplication excessive de brevets bloquant la libre concurrence et la diversité des processus d’innovation.

Une PME française, qui sélectionnait et commercialisait depuis plusieurs années des laitues résistantes à un puceron, a soudainement été contrainte de payer des redevances à une entreprise hollandaise qui avait par la suite identifié et fait breveter le caractère naturellement présent dans ces laitues et qui leur permet de résister audit insecte.

Plus généralement, face à la multiplication de brevets sur des gènes, chercheurs et PME paraissent évoluer comme dans un « champ de mines », contraints d’identifier les brevets possiblement bloquants, de mettre en place une stratégie pour les contourner, de payer pour les exploiter ou d’offrir des brevets comme « monnaie d’échange ». Toutes choses somme toute classiques en matière de téléphonie mobile ou d’aéronautique, mais qui sont nouvelles et source d’insécurité juridique dans les domaines de la recherche médicale et semencière, où des intérêts vitaux sont en jeu.

Faut-il, comme le demandent certains acteurs, dessiner une nouvelle politique européenne en la matière et, si oui, laquelle ? Suffit-il que les acteurs se régulent, par exemple en mutualisant leurs brevets ou en en proposant l’exploitation à des conditions raisonnables ? La seule solution consiste-t-elle à ne pas faire dans la dentelle et à s’abstenir de breveter les gènes qui ne constituent pas de véritables inventions, comme l’affirme la Cour suprême américaine ?

Desquels s’agit-il alors précisément ? Le brevet n’étant rien d’autre qu’un mode de gestion de l’innovation qui articule à la fois monopole et libre accès, chacun sait qu’il repose sur un équilibre subtil qui ne peut être défini dans l’absolu. Il mérite d’être pensé et repensé, selon les domaines concernés, de manière à faire correspondre les intérêts des inventeurs et ceux de la société, en somme, à promouvoir le bien commun.

Auteur : Christine Noiville, Présidente du Comité économique, éthique et social du Haut Conseil des biotechnologies

Source : lecercle.lesechos.fr

Pétition : Associer les inventeurs salariés aux revenus générés par leurs inventions


À l’attention : Ministère de l’industrie A. Montebourg

Monsieur le Ministre,

Plus que jamais le redressement de notre industrie passe par l’innovation et la motivation de tous les acteurs et en particulier les inventeurs salariés qui représentent 90% des brevets déposés en France (Source INPI).

Dans un objectif d’efficacité et de justice, nous vous proposons de modifier l’article L.611-7 pour introduire comme le fait l’Allemagne une juste rémunération des inventeurs salariés permettant ainsi un plus grand encouragement à l’innovation. Sans joueurs motivés et talentueux, aucune équipe ne gagne.

Proposition de modification du régime légal de rémunération supplémentaire des inventions de salariés dans le secteur privé :

I. – La dernière phrase du premier alinéa et le dernier alinéa du 1 de l’article L. 611-7 du code de la propriété intellectuelle sont remplacés par deux phrases ainsi rédigées :

« Le salarié dont le nom est mentionné sur le brevet protégeant l’invention a droit à une rémunération supplémentaire. Les conditions dans lesquelles le salarié, auteur d’une telle invention, bénéficie de cette rémunération supplémentaire sont précisées par décret en prenant en compte la somme hors taxes générée chaque année par l’exploitation des produits de l’invention et affectée d’un coefficient représentant la contribution du salarié à l’Invention. »

II. – Le montant de l’intéressement prévu par l’article L. 611-7 du code de la propriété intellectuelle et au paragraphe I est calculé de la façon suivante :

a) forfaitaire jusqu’à un seuil de chiffre d’affaires déterminé

b) au-delà dudit seuil, par un pourcentage déterminé du chiffre d’affaires généré par l’exploitation de l’invention. Les modalités de calcul de cet intéressement, notamment ledit seuil de chiffre d’affaires, le pourcentage du chiffre d’affaires et lorsque l’invention est exploitée par concession de licence ou lorsque la mise en œuvre de l’invention ne génère pas de chiffre d’affaires mais des économies, font l’objet d’un décret en Conseil d’État.

III. – La rémunération supplémentaire d’invention est établie et versée annuellement pendant toute la durée de l’exploitation de l’invention, que l’inventeur soit présent dans l’entreprise ou ait quitté celle-ci.

Le montant de cette rémunération supplémentaire est communiqué à l’inventeur, par écrit une fois par an, distinctement de toute autre rémunération éventuelle.

Modalité de calcul de la rémunération supplémentaire d’invention de salarié :

PROJET de DÉCRET :

La rémunération supplémentaire Rs d’une invention selon l’article L. 611-7 du Code de la propriété intellectuelle peut comprendre une prime versée au salarié auteur de l’invention lors du dépôt de la demande de brevet, suivie d’un montant forfaitaire jusqu’à un seuil de chiffre d’affaires hors taxes d’exploitation de l’invention de 500 000 euros par an,

et une partie liée aux sommes générées par l’exploitation de l’invention au-dessus dudit seuil, qui est déterminée selon les modalités suivantes :

1) Exploitation directe par fabrication et vente du produit breveté ou mise en œuvre du procédé breveté

Rs = V. P. C. N

V = chiffre d’affaire hors taxe d’exploitation de l’invention

P est un pourcentage au minimum égal à 1%

C est un coefficient compris entre 0,5 et 1 représentant la contribution personnelle originale du salarié à la conception et à la réalisation de l’invention et tenant compte de l’apport de l’entreprise.

N est un coefficient personnel représentatif de la contribution originale de chaque co-inventeur compris entre 0,5 et 1 dans le cas où l’invention est le fait de deux ou plusieurs co-inventeurs.

La somme de tous les coefficients personnels N est égale à 1.

C = 0,5 correspond au cas où le salarié a conçu et exécuté l’invention dans le cadre d’une mission inventive d’étude ou de recherche qui lui a été explicitement confiée par l’employeur, soit dans son contrat de travail, soit de façon ponctuelle par des instructions ou directives dans le cours de l’exécution de ses fonctions. L’invention a été conçue et mise au point sans difficultés particulières à surmonter par l’inventeur.

C = 0,65 correspond à un cas où pour concevoir et réaliser son invention, issue d’études ou de recherches qui lui ont été explicitement confiées par l’employeur, le salarié dû vaincre des difficultés particulières, telles que des résistances ou objections dans son entourage professionnel, ou des préjugés de l’état de la technique.

C = 0,80 correspond aux cas dans lesquels l’inventeur tout en étant chargé de recherches et d’une mission inventive générale a lui-même au moins en partie défini et posé le problème technique à la base de l’invention, et le cas échéant a dû vaincre des obstacles particuliers tels que des réticences ou obstacles dans son entourage ou sa hiérarchie professionnelle pour mettre l’invention au point.

C = 1 correspond au cas où l’invention a été conçue et réalisée par un seul salarié, de sa propre initiative hors d’une mission inventive explicitement confiée par l’employeur, soit dans son contrat de travail soit de façon ponctuelle par des instructions ou directives expresses de l’employeur, mais relève des domaines d’activité de l’employeur et est attribuable à celui-ci.

Les difficultés particulières de mise au point qu’a dû le cas échéant surmonter le salarié sont appréciées en tenant compte de tous les éléments appropriés, notamment le cadre général de la recherche, sa position hiérarchique, ses fonctions effectives ainsi que l’intérêt économique de l’invention.

Si l’invention est un sous- ensemble intégré à un ensemble technique et commercial, le chiffre d’affaire correspondant de cet ensemble est affecté d’un coefficient de pondération représentant la contribution de la partie brevetée au chiffre d’affaire.

2) Exploitation indirecte de l’invention par concession de licence du brevet couvrant celle-ci.

La rémunération du salarié est calculée à partir des redevances nettes de licence dans les conditions définies pour les agents du secteur public par l’article R. 611-14-1 du Code de la propriété intellectuelle.

Si la mise en œuvre de l’invention génère uniquement des économies, la rémunération supplémentaire de l’inventeur est au minimum égale à 10% du montant net de celles- ci au-delà d’un seuil de 100 000 euros par an.

3) La rémunération supplémentaire Rs est versée annuellement pendant la durée d’exploitation de l’invention brevetée ou protégée par un certificat complémentaire de protection, notamment si l’invention porte sur un médicament.

Le coefficient personnel N représentant la contribution de chaque salarié est déterminé définitivement avant le premier versement annuel, ou le cas échéant avant le versement d’avances aux salariés co-auteurs de l’invention.

Le montant de la prime au dépôt de la demande de brevet est considéré comme une avance sur la rémunération supplémentaire annuelle définie ci-dessus. Il reste acquis au salarié en cas de non exploitation industrielle de la demande de brevet.

4) Délai de prescription

Le paiement de la rémunération supplémentaire d’invention au salarié bénéficie d’un délai de prescription quinquennal dont le point de départ est la date de déchéance du dernier brevet de la famille de brevets comportant initialement le brevet prioritaire couvrant l’invention du salarié.

L’employeur a l’obligation de tenir le salarié auteur de l’invention informé de l’étendue de l’exploitation de l’invention, ainsi que des abandons de brevets par arrêt du paiement de leurs annuités de maintien en vigueur.

Cordialement,

Jean-Florent Campion, Président AIS (Association des inventeurs salariés)

www.inventionsalarie.com

Signez la pétition : www.mesopinions.com/petition/politique/associer-inventeurs-salaries-aux-revenus-generes/11929

Alsace : Loeb soutient un inventeur


Depuis La Broque dans le Bas-Rhin, Fabrice Deutsch a inventé un dossier médical dans un porte-clés. Sébastien Loeb lui a apporté son soutien durant ce week-end de Pâques.

Tout a débuté un 9 avril 2012. Fabrice Deutsch est victime d’un grave accident de moto. N’ayant pas ses papiers d’identité sur lui, les sauveteurs mettront du temps à l’identifier et à accéder à son dossier médical. Sorti d’affaires, il a alors l’idée de conserver sur soi ces informations sur un porte-clés qu’il baptise le SICU (système d’informations cryptées d’urgence). Il dépose un brevet et part à la recherche de soutiens et de financements. Son invention a déjà reçu un prix au concours L. de Strasbourg en 2013.

Le soutien de Sébastien Loeb

Fabrice Deutsch avait sollicité Sébastien Loeb pour soutenir son invention. Le nonuple champion du monde WRC a accepté d’être le soutien de son projet et l’a invité au circuit automobile du Castellet où se déroulait une épreuve du Championnat du monde des voitures de tourisme (WTCC) pour une séance photos.

Fabrice Deutsch a également eu quelques échanges au sujet de son projet avec Daniel Elena (ex co-pilote de Sébastien Loeb) et de Christophe Lapierre (pilote Porsche Cup).

A présent, Fabrice Deutsch cherche toujours activement des investisseurs et des entreprises pour la fabrication. L’un de ses objectifs immédiats est de fournir son porte-clés directement dans les entreprises par le biais des médecins du travail.

Plus d’informations sur le site de la commune de La Broque en cliquant ici.

Source : www.e-alsace.net

Les cartes téléphoniques se meurent dans l’indifférence générale


Depuis lundi 14 avril, Orange a mis un terme à la production des télécartes utilisées dans les cabines téléphoniques.

Les télécartes à 50 ou 120 unités c’est terminé. Depuis lundi, Orange a mis un terme à la production de ces cartes à puces, comme l’annonçait Le Figaro fin 2013.

Une décision qui annonce la fin des cabines téléphoniques ? Pas vraiment. Tout d’abord parce que les grossistes continuent à écouler leur stock de cartes à puces. Les télécartes, qui fêtent cette année leurs 30 ans d’existence, continueront à fonctionner jusqu’au 28 février 2016.

Ensuite, Orange est légalement obligé de maintenir et de gérer les 40 050 cabines dont l’entreprise a la charge. En France, chaque commune doit être équipée d’une cabine.

Et dans celle de plus de 1 000 habitants, ce sont même deux cabines qui sont obligatoires. L’entreprise a dépensé 11,7 millions d’euros en 2013 pour les entretenir. Et malgré l’arrêt des cartes à puce, les cabines téléphoniques seront toujours utilisables par carte de crédit ou à l’aide de cartes prépayées appelées « tickets téléphones ».

La fin des cartes téléphoniques va surtout secouer le monde de la télécartophilie. Dès les débuts de la télécarte en France, de nombreuses marques françaises se sont emparées du support pour faire de la pub. Citroën ou EDF, mais aussi de très grands événements sportifs comme la Coupe du Monde 1998, se sont offerts des tirages de millions de cartes.

La multiplication des séries de télécartes a nécessairement fini par attirer les collectionneurs et les années 90 ont vu l’émergence des télécartophiles, d’un argus pour les cotes de cartes téléphoniques ainsi que d’un bureau national de vente des télécartes pour surveiller le marché.

La décision d’Orange est donc un crève-cœur pour beaucoup de télécartophiles qui doivent tirer un trait sur de nouvelles collections. Ils craignent aussi que le petit marché des cartes à puces ne soit touché par la spéculation.

L’inventeur de la carte à puce était Français

Décédé en avril 2012, Roland Moreno a inventé le dispositif de carte à puce en 1974. Sans savoir qu’il allait changer la vie de millions de personnes. Une invention qui permet la conception de la carte de crédit, de la carte vitale, de la carte téléphonique mais aussi de la carte SIM utilisée dans les téléphones portables.

Cet inventeur de talent était aussi le concepteur de machines délirantes comme le pianok, petit piano de poche, ou encore le matapof, une machine à tirer à pile ou face. Mais ils n’ont jamais eu le succès de la carte à puce.

Source : www.sudouest.fr