Comment une JEI alsacienne a séduit l’armée française


Une start-up implantée en Alsace a proposé à l’armée française un véhicule tout-terrain ultra-léger et doté d’une aile de parapente et d’une hélice.

Cette voiture volante est d’un type très spécial puisqu’elle est conçue pour sillonner des terres hostiles et, lorsqu’elle rencontre des obstacles (falaises, fleuves…), les franchir en s’élevant dans les airs.

La Direction générale de l’armement (DGA) effectue actuellement des tests avec ce véhicule nommé « Pegase » et, s’ils lui donnent satisfaction, elle pourrait commander 30 à 50 engins à la start-up nommée « Vaylon ». Une telle commande constituerait un démarrage en fanfare pour l’entreprise alsacienne fondée par Jérôme Dauffy et qui envisage de commercialiser Pegase, y compris pour le grand public, courant 2015.

pegase

Le fondateur explique  » C’est en passant mon brevet de pilote paramoteur que l’idée m’est venue de créer une voiture volante. Je voulais concevoir un premier prototype qui me permettrait de faire le tour du monde, sur les traces de Phileas Fogg, le héros de Jules Verne. « . Du rêve d’aventurier au fournisseur de l’armée, c’est peu dire que la trajectoire de l’entrepreneur a dévié.

Entre 2008 et 2010, incubé au sein de Semia et lauréat du Réseau Entreprendre, il se rapproche de l’Ipsa, pour travailler avec des étudiants de cette école d’ingénieurs en aéronautique. Cette collaboration explique qu’aujourd’hui Vaylon soit en même temps une Jeune entreprise innovante (JEI) et une Jeune entreprise universitaire (JEU). Il convainc ensuite la société Tork Ingineering,  » équipe technique d’Alain Prost sur le trophée Andros « , de s’associer avec lui.  » Ce partenariat représentait beaucoup à mes yeux car, non seulement Tork maîtrisait la conception de véhicules en petite et moyenne série, mais l’entreprise avait aussi l’expérience de la compétition. Or, ce que je cherchais à concevoir, c’était en quelque sorte une petite Formule 1 des airs « .

Après avoir dû faire face à de multiples expertises pour s’assurer de la faisabilité de son futur produit, Vaylon obtient enfin fin 2011 les financements lui assurant d’aller au moins jusqu’au prototypage, étape qui nécessite environ 800 000 euros. Il récupère ainsi 60 000 euros de la DGA sous forme d’avance remboursable, et une subvention d’un montant identique de la part d’Oséo (aujourd’hui Bpifrance). Le consortium entre Vaylon et Tork peut enfin se mettre en place. Et c’est ce partenaire qui doit apporter le reste des fonds nécessaires.  » Mais Tork a fait faillite, raconte Jérôme Dauffy. Cela nous a fait perdre un an dans nos développements. Nous avons fini par nous rapprocher, en mai 2013, de Sera Ingenierie, une société spécialisée dans la conception de véhicules spéciaux et travaillant déjà avec la DGA.  »

C’est au forum DGA innovation du 21 novembre dernier que le prototype de Pegase a été dévoilé. Devant servir à valider les résultats et performances du concept, ce prototype doit ensuite conduire aux pré-séries, qui permettront, elles, de travailler davantage sur les problématiques de gain de poids et de design. Objectif : une commercialisation à partir du second semestre 2015. Outre la Défense, le marché des applications professionnelles sera particulièrement visé. On peut imaginer Pegase servir dans le domaine de la sécurité civile, dans la surveillance, dans le tourisme, dans la gestion des parcs nationaux… Son dirigeant envisage même de vendre l’engin au grand public.  » Mais ce sera la cerise sur le gâteau « , tempère-t-il. Avec un prix de vente sûrement légèrement inférieur à 100 000 euros, difficile, en effet de penser à séduire en masse le particulier.

Mais, pour les pros, le prix de la bête reste relativement raisonnable, selon le PDG de Vaylon. « C’est vraiment ce qui séduit nos interlocuteurs pour l’instant, affirme-t-il. Nous proposerions un coût d’utilisation entre 20 et 50 euros de l’heure. Pour comparer, un hélicoptère, c’est 2000 euros l’heure de vol. » Parmi les autres atouts de cette voiture volante, sa capacité à s’affranchir des contraintes.  » Le véhicule est homologué au niveau européen, comme un quadricycle lourd. Cela signifie qu’il peut rouler sur toutes les routes d’Europe, jusqu’à 100 km/heure. Pour la partie aérienne, Pégase est considéré comme un ULM paramoteur; Il peut donc décoller partout avec l’autorisation du propriétaire du terrain.  » L’objectif final est de réussir à lui faire prendre son envol sur moins de cent mètres, idéalement cinquante.  » C’est l’avantage de l’aile parapente. Une voilure souple ne prend pas beaucoup de place, elle permet de décoller et atterrir sur de très courtes distances et de s’affranchir des aérodromes. Un concept qui nous distingue donc des  » avions roulants « , développés ailleurs dans le monde , comme l’Aeromobil en Slovaquie, qui a besoin de 500 mètres de piste pour décoller.  » Et question sécurité ? Pas de problème. Pegase est équipée… d’un parachute !

La video est ici

Source : L’Express

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