Histoire de l’Impression 3D


En 1984, l’Américain Charles Hull invente la stéréolithographie (SLA). Mais l’impression 3D tient ses origines depuis plus longtemps, voici un bref voyage à travers l’histoire.

1860 – Un photographe Français, qui était aussi sculpteur, François Willème, partisan de l’art industriel, met au point une méthode combinant la photographie et la sculpture pour reproduire le réel. Sa méthode de photosculpture saisit un objet en 3 dimensions à l’aide de photos prises autour de l’objet. De 1863 à 1869, les Parisiens ont pu s’offrir, grâce à la Société générale de photosculpture, leur buste sculpté en un temps record pour un prix record.

1892Blanther propose une méthode de stratification de la production de cartes topographiques.

1972Mastubara de Mitsbushi Motors propose que les matériaux photo-durci (photopolymères) soient utilisés pour produire des pièces en couches.

1981Hideo Kodama de L’Institut de recherche industrielle de Nagoya publie le premier rapport sur un système de travail de prototypage rapide à l’aide de photopolymère. Un modèle a été construit couche par couche, chacune d’elles correspondaient à une tranche en coupe transversale dans le modèle. Cela vous semble familier ?

1982 – C’est une équipe composée d’Alain Le Méhauté (Alcatel), Olivier de Wiite (Cilas) et de Jean-Claude André (CNRS) qui a breveté le principe de l’impression 3D dès 1984. Le premier brevet déposé date du 16 juillet 1984, trois semaines avant le brevet américain mais Alcaltel et Cilas abandonneront rapidement ce brevet faute d’identifier un avenir à cette invention…

1984Charles Hull (fondateur de 3D Systems) invente la stéréolithographie (SLA) qui est breveté en 1987. La technologie permet de choisir un modèle 3D et d’utiliser un laser pour le graver dans un liquide spécial (photopolymère).

1991Stratasys produit la première machine FDM au monde (modélisation par dépôt de fil fondu). Cette technologie utilise le plastique et une extrudeuse pour déposer des couches sur un lit d’impression.

19923D Systems produit sa première machine d’impression 3D SLA.

1992DTM produit la première machine SLS (frittage sélectif par laser). Cette machine est similaire à la technologie SLA mais utilise une poudre (et laser) au lieu d’un liquide. Ces technologies étaient à leurs balbutiements et ne sont pas parfaites ; il y avait une déformation dans le matériau lorsqu’il durcissait, et les machines avaient un coût prohibitif pour les inventeurs, mais leur potentiel était indéniable. des décennies plus tard, ce potentiel est encore en cours.

1994 – Le professeur Emmanuel Sachs, du Massachusetts Institute of Technology, à Boston, utilise des têtes d’imprimante projetant de la cire chaude (plutôt que de l’encre) sur une poudre très fine. A chaque passage, la tête d’impression dépose localement des gouttelettes de cire qui agglomèrent les grains pour former des couches successives jusqu’à créer un objet rigide, en 3D.

1997Aeromet invente la technologie LAM (Laser Additive Manufacturing), processus révolutionnaire pour l’impression directe de pièces en titane en trois dimensions sans l’utilisation de moules ou de matrices.

1999 – Des scientifiques parviennent à développer des organes à partir de cellules de patients et utiliser un échafaudage 3D imprimé pour les soutenir. Le premier organe imprimé en 3D, une vessie humaine, a été implanté chez l’homme.

2000 – La première imprimante 3D jet d’encre.

2000 – La première imprimante 3D multicolore faite par Z Corp.

2001 – La première imprimante de bureau 3D réalisée par Solidimension.

2002 – Un rein miniature imprimé en 3D. Les scientifiques visent à produire des organes en taille réel.

2005 – Le projet Reprap est fondé par le Dr Adrian Bowyer à l’Université de Bath. Le projet a été conçu comme une démocratisation de la technologie d’impression 3D.

2008 – La Reprap Darwin est la première imprimante 3D en mesure de produire un grand nombre de ses propres pièces.

2008 – Le premier matériau biocompatible FDM produit par Stratasys.

2008 – La première prothèse de jambe 3D est produite.

2008 – Lancement de Shapeways, site web de collaboration mettant en relation les inventeurs, designers et particuliers

2008Thingiverse lance un site Web pour partager des fichiers 3D librement.

2009MakerBot a frappé un grand coup en fournissant des kits de bricolage open-source pour les particuliers désireux de construire leurs propres imprimantes 3D et ainsi ouvrir l’impression 3D à un public plus large.

2009Organovo commercialise la première bio-imprimante 3D.

2011 – La première voiture 3D imprimée (Urbee par Kor Ecologic).

2012 – La première mâchoire imprimée en 3D en Hollande par LayerWise.

2013Cody Wilson de Defense Distributed est invité à retirer du web ses designs permettant d’imprimer le premier pistolet 3D fonctionnel au monde.

2013Louis DeRosa invente un stylo d’impression 3D, le 3Doodler rendu célèbre par la collecte record de 2,3 millions de $ sur Kickstarter.

2014 – La NASA envoie dans l’espace la première imprimante 3D qui défie l’apesanteur.

Source : www.additiverse.com

Ouverture le 1er octobre de « Usine IO », grand fab lab parisien


Usine IO est un projet privé original : des machines mais surtout du conseil et de l’expertise pour passer du prototypage à l’industrialisation. Une idée unique à Paris et en Europe car c’est un fab lab, mais pas que… En plein 13e arrondissement, dans le futur temple de la technologie parisienne, à quelques centimètres à pied du méga-incubateur de la Halle Freyssinet de Xavier Niel, va s’ouvrir Usine IO. 1.500 m² dédiés à la conception, au prototypage produit et à l’industrialisation.

Une première à Paris qui n’avait toujours pas de fab lab à la hauteur de ses ambitions en innovation. Sur ces 1.500 m², on trouvera 400m2 d’atelier bois et métal bourré de découpeuses et graveuses laser, d’imprimantes 3D ou de matériel d’usinage léger, entre 200 m² et 400 m² pour une zone de conception, et 500 m² d’espace de co-working pour une soixantaine de personnes. Un paradis pour les bidouilleurs, les start-ups, les PME et les grands industriels.

usine-io

Mais les trois cofondateurs, Benjamin Carlu, Gary Cigé et Agathe Fourquet, ont un peu bousculé le concept du fab lab : Usine IO n’est pas, sur le modèle américain de la chaîne Techshop, un lieu neutre où l’on vient seulement construire la pièce dont il a besoin. Ce n’est pas un atelier numérique pour bricoleurs. Usine IO veut être le lieu à Paris où trouver les conseils et l’expertise pour passer de l’idée à l’industrialisation.

« Nous avons constaté, explique Benjamin Carlu, un énorme besoin dans la création industrielle. Lorsque, après le prototypage, on sort de la phase de l’objet unique et que l’on veut préparer l’industrialisation, il n’y a rien, aucun conseil, aucun fléchage. Les trois quarts des start ups ou des PME qui se jettent dans la conception ne se rendent compte de l’énormité de leur projet qu’au fur et à mesure et, trop souvent, les projets n’aboutissent pas. »

« Usine IO, c’est l’autoroute du hardware », rajoute Benjamin Carlu. En fait, les trois trentenaires se sont dit qu’il fallait voir grand tout de suite car il y a beaucoup trop de produits qui aujourd’hui ne sont pas conçus ou industrialisés. Comme dit Gary Cigé, qui a beaucoup conseillé d’entreprises petites et grandes avant de se lancer dans Usine IO, « tout est mal fléché et ceux qui s’en sortent tout seuls sont vraiment des très très bons. C’est dommage car il y a une tendance lourde dans les start-ups et des PME pour se lancer dans le hardware avec la démocratisation des cartes de prototypages, le boom du crowdfunding et le coût de moins en moins élevé des outils de production. Ce marché, dans l’objet connecté surtout, est en train d’exploser. » Et Usine IO veut en être.

L’originalité de ce fab lab, c’est le conseil, l’encadrement, l’aide à la décision, c’est la dizaine de personnes qui vont travailler avec les clients, les abonnés, pour les faire grandir ou pour les aider à réduire leurs coûts : quelques grands industriels semblent très demandeurs de ces lieux où leurs cadres peuvent innover, discuter, échanger, se faire aider sur leurs prototypes et ont déjà pris des accords avec Usine IO.

Cela n’a, bien sûr, pas été facile à monter, et ce ne sera pas facile non plus à équilibrer. Trouver 1.500m² dans Paris, c’est très dur, mais les trois l’ont fait en 9 mois : une ancienne galerie d’art ou, en juillet, trônait encore la sculpture d’un abri anti-atomique d’une quinzaine de tonnes! Quant au business model, il relève, lui, un peu du secret militaire. Dans le tour de table, on retrouve quelques fonds d’investissement connus (Xavier Niel, Henri Seydoux, Jacques Antoine Granjon, Arnaud de Ménibus…) mais avec entre 500.000 euros et 800.000 euros de matériel, le loyer dans le 13e arrondissement, il va falloir, essentiellement avec les abonnements, entre 1,5 et 2 millions d’euros de chiffre d’affaires par an pour être à l’équilibre.

Ce n’est pas insurmontable car le concept est unique à Paris, en France et même en Europe : l’expertise et le conseil d’Usine IO vont faire la différence. Benjamin Carlu vient des Arts et Métiers. Il a déjà cofondé quelques start ups dont Stereobank, spécialisé dans l’archivage d’images 3D. Gary Cigé a lui aussi fondé quelques start-ups et conseillé des grandes entreprises comme Criteo ou Microsoft. Quant à Agathe Fourquet, elle vient de la communication des pôles de compétitivité (Systématic et Cap Digital) et elle connaît bien l’institutionnel. Ça pourrait marcher… Ouverture le 1er octobre.

Source : La tribune

Des fiches pratiques sur la fiscalité de la propriété industrielle


Afin d’aider les PME et les ETI à mieux comprendre les règles fiscales en matière de propriété industrielle, l’INPI publie des fiches d’accompagnement.

L’Institut national de la propriété industrielle (INPI) publie des fiches pratiques à destination des Petites et moyennes entreprises (PME) et des entreprises de taille intermédiaire (ETI), destinées à accompagner ces entreprises dans la compréhension des règles fiscales en vigueur en matière de propriété industrielle.

Les fiches constituent un outil de travail opérationnel pour les PME, les ETI, mais aussi pour toutes les personnes à la recherche d’informations dans ce domaine. Disponibles dans la rubrique « Boîte à outils » des Marques, Brevets, Dessins et modèles, les fiches traitent de tous les aspects de la fiscalité de la propriété industrielle en France, et notamment des problématiques relatives aux :

  • brevets ;
  • marques ;
  • dessins et modèles ;
  • crédit d’impôt recherche ;
  • crédit d’impôt innovation ;
  • jeunes entreprises innovantes ;
  • pôles de compétitivité ;
  • dons et mécénat d’entreprise.

Par exemple, les dépenses qu’une personne morale engage pour la protection d’une marque (frais de recherche d’antériorité, frais de dépôt à l’INPI) constitue des charges déductibles des revenus imposables.

Auteur : Carole Girard-Oppici

Source : www.net-iris.fr

Handicap et innovation :  » l’État peut inciter « 


Ségolène Neuville, secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées, est l’intervenante des Matinales organisées par la Mutualité française et la NR.

Le sujet de votre intervention de ce matin porte notamment sur l’innovation dans le domaine du handicap. Le champ est large ?

Ségolène Neuville. « Vous avez raison, le champ d’investigation et de réflexion autour de l’innovation et du handicap est large. Il peut par exemple concerner tous les nouveaux biens et services créés au départ pour les personnes handicapées, qui au final profitent à tous. C’est l’exemple de la télécommande qui, au départ, avait été créée pour que les personnes handicapées moteur puissent allumer leur télévision et qui, au final, profite à tous. Mais si le handicap peut être générateur d’innovation, l’innovation peut aussi, parfois, creuser des fossés, c’est le cas quand le handicap n’est pas pris en compte dès la conception. Je donne parfois un exemple qui fait sourire, mais avant l’invention du téléphone, les sourds étaient bien moins embêtés. »

En quoi l’État peut-il être incitateur en la matière ?

« L’État peut inciter les concepteurs, designers, industriels, distributeurs à s’emparer de la conception universelle. C’est d’ailleurs le projet que je prépare avec l’Institut national de la consommation (INC) : le but est d’intégrer des personnes handicapées dans les panels d’évaluation des nouveaux biens et services. J’ai par ailleurs une feuille de route commune avec Axelle Lemaire, ma collègue secrétaire d’État en charge du Numérique, pour que la conception universelle soit pleinement intégrée aux chantiers numériques. Par exemple, il faut que les sites internet de l’État soient accessibles et que tous, quel que soit leur handicap, puissent avoir accès à une information publique. »

Les besoins des personnes sont multiples et de nombreuses initiatives pour y répondre naissent dans les territoires. Là encore, comment les encourager  ?

« C’est mon rôle de faire connaître les nombreuses initiatives et de les fédérer, et plus globalement, c’est le rôle des pouvoirs publics que de repérer les initiatives qui viennent du terrain et de les porter au niveau national. Sur ce sujet, les associations et les acteurs sont dynamiques et je pourrais prendre comme exemple l’association «  Jaccede  » qui développe un dispositif de géolocalisation de collecte collaborative de données sur les lieux accessibles à tous. Ce projet, le président de la République l’a choisi pour être l’une de ses initiatives présidentielles et aujourd’hui grâce à cela, le projet est suivi par les ministères concernés. »

Vous parlerez également recherche dans votre intervention d’aujourd’hui. La France, si l’on en croit l’Observatoire national sur la formation, la recherche et l’innovation sur le handicap, a progressé depuis 2005, mais reste assez mauvais élève. Comment accélérer le mouvement  ?

« La recherche française sur le handicap doit être structurée pour parvenir à en faire une discipline cohérente comme sur le modèle des «  disabilities studies  » anglais ou américains. A ce titre, le handicap est présent dans plusieurs axes de la stratégie nationale de recherche qui est en cours de définition, c’est aussi l’un des axes du Comité interministériel du handicap. »

Globalement, quelle est votre priorité en matière de handicap ?

« Le fil directeur de mon action reste l’accès au droit commun avec trois priorités : l’accès à l’école, à l’emploi et la mise en accessibilité de notre société. »

Source : www.lanouvellerepublique.fr

Interview d’Alain Le Méhauté – l’un des pères de l’impression 3D


« En France on a pas de pétrole mais on a des idées… » Si ce slogan est toujours d’actualité 40 ans après, il cache une problématique récurrente à savoir la résistance presque culturelle de notre pays à l’innovation et ses difficultés à produire des entreprises innovantes malgré la qualité de sa recherche. Car même lorsque la France parvient à garder ses cerveaux, elle peine à transformer l’essai, à passer de l’invention à l’innovation… Signe fort de ce constat, l’impression 3D qui est souvent présentée comme ayant été découverte par l’américain Chuck Hull, est en fait une invention que l’on doit à trois français : Alain le Méhauté, Olivier de Witte et Jean Claude André. Leurs brevets bien que déposés 3 semaines plus tôt, furent abandonnés par CILAS et Alcatel-Alsthom au profit de l’américain. Quelques années plus tard Chuck Hull fondait 3D Systems, une société aujourd’hui leader de l’impression 3D au chiffre d’affaire de 500 millions de dollars… Souhaitant rendre hommage aux vrais inventeurs de cette technologie révolutionnaire et curieux de connaitre leur analyse du phénomène 30 ans plus tard, j’ai interviewé l’un d’entres eux, Alain Le Méhauté… Entre témoignages, coups de gueule et sentiments, ce dernier nous livre une analyse aussi exhaustive que passionnante…

…durant 15 années je me suis heurté entre autres aux notables et à la commission des titres d’ingénieur, qui ont tout fait pour casser la dynamique d’innovation que mon équipe et moi même développions…

Bonjour Alain, pouvez-vous vous présenter ? Quel est votre cursus et quelles sont vos fonctions actuellement ?

Ingénieur chimiste, Je suis diplômé de ESCIL (CPE Lyon aujourd’hui) Docteur d’État de l’Université de Nantes et enfin Docteur Honoris Causa de l’Université de Kazan (Russie) pour des travaux concernant la thermodynamique et la dynamique physico-chimique en Géométries Fractales. De 1974 à 1996 j’ai été scientifique et Ingénieur-chef de projets au Centre de Recherche de la Compagnie Générale d’Électricité (devenue Alcatel-Alsthom en 1991). En désaccord avec la politique suivie par Ambroise Roux ( Président du Conseil d’Administration ) à partir de la fin des années quatre vingt, puis celle de Serge Tchuruk, PDG (financiarisation et orientations FabLess de la compagnie) j’ai -non sans avoir également été Directeur de Recherche Associé au CNRS-, quitté cette société, pour prendre le poste de Directeur de Institut Supérieur des Matériaux du Mans, école d’ingénieur consulaire en cours d’initialisation, en 1996 (2.5M€ de Chiffre d’Affaire en 2010). Je suis désormais retraité et Visiting Professeur à l’Université de Kazan. Admis en section 33 comme Professeur d’Université en France j’ai refusé d’exercer cette activité dans le cadre offert par le Ministère de l’Enseignement Supérieur, pour me consacrer en parallèle de mes activités managériales et de recherche à une activité de Professeur Associé à l’Université du Québec. Je suis considéré dans les média comme un ingénieur ayant mené une double carrière (i) scientifique (environ 200 publications et ouvrages théoriques) (ii) de management de l’innovation (de l’ordre de 150 références brevets nationaux et internationaux et publications stratégiques).

Il y a 30 ans, vous et votre équipe déposiez le 16 juillet 1984 le premier brevet sur l’impression 3D. Pouvez-vous nous raconter la genèse de cette invention ?

Cette invention résulte d’une triple volonté :

Une volonté théorique d’ordre mathématique, à savoir concevoir une machine d’usinage permettant de construire ex-nihilo des objets fractals (autosimilaires) dans l’espoir de démontrer l’importance théorique et pratique des équations différentielles fractionnaires pour la compréhension de la thermodynamique et de la dynamique physico-chimique en milieux hétérogènes ou/et complexes.

Une volonté de promotion de sciences transdisciplinaires (chimie, photophysique, techniques laser, informatique, technologie), chacune des disciplines contribuant, par ses exigences, à doper les autres disciplines de nouvelles problématiques et leurs croisements d’opportunités nouvelles.

Une volonté commerciale enfin: créer un domaine d’activité apte à dépasser de très loin, les marchés civils ridiculement modestes à l’époque (granulomètrie laser) de la Compagnie des Lasers (CILAS) et doper la position des activités laser au sein du groupe. L’essentiel des activités de cette compagnie était alors militaire sans impact réel sur les autres filiales. Nous savions en effet que ces recherches seraient efflorescentes.

Pour ce faire, les compétences ont été réunies dès 1983 avec Olivier de Witte (CILAS) et moi même (CGE C.R. Marcoussis) rapidement rejoint par Jean Claude André (CNRS) car spécialiste reconnu de photochimie. Il fut un contributeur actif aux idées innovantes qui étaient les nôtres. D’abord pensée à partir d’un programme en ‘perruque’, sans soutien de nos hiérarchies respectives, le programme a pris son envol après le dépôt du premier brevet cité en particulier avec l’obtention -grâce à JC André- de bourses de Docteur-Ingénieur (Cabréra, Richard, etc…) jusqu’à ce que nous apprenions, d’abord par des rumeurs, que la CILAS et le Centre de Recherche de la CGE s’étaient accorder pour abandonner tous les brevets déposés sous l’alibi d’absence de perspective commerciale (!)… mais dans le but ultérieurement revendiqué, de faire des économies sur le porte feuille brevets du groupe. Le ‘coup de gueule’ de Jean Claude André tentant de faire intervenir le CNRS ne servit à rien du fait de collusions multiples, d’intérêts croisés, de connivences et de cooptations entre les ‘responsables’ des organismes privés et publics.

De quels types de laser s’agissaient-ils et quelles difficultés majeures avez-vous rencontrées ? Vous ne disposiez pas d’ordinateurs à l’époque. Comment fonctionnait le système de mémoire ?

Il est vrai qu’à l’époque toute l’informatique de nos départements respectifs (dans mon département un PDP11) était centralisée et sous le contrôle d’ingénieurs techniciens aussi sourcilleux de leur pouvoir opérationnel que dotés d’une créativité limitée. Je crois me souvenir que le premier laser utilisé par nous (CR CGE) fut un laser à chlore mais je n’en suis pas totalement certain aujourd’hui. La principale difficulté était que le laser fuyait et que nous polluions l’environnement d’un laboratoire que nous occupions plus ou moins illégalement. Nous travaillions avec une table traçante 2D et opérions à la main sur la troisième dimension. De son coté J.C. André opérât bientôt, me semble-t-il dans le cadre de son laboratoire CNRS, avec des moyens informatiques plus avancées.

Aviez-vous déjà conscience à l’époque du potentiel et de l’importance d’une telle découverte ?

La conscience de l’intérêt futur de cette technique était totale, clairvoyante et partagée par les scientifiques du groupe. Cette technique était en effet au croisement de l’Ingéniérie numérique (la CAO était en plein développement grâce aux travaux P. Beziers, M de la Boixière et P de Casteljau pour la France et en particulier de J. Warnok pour Apple. Elle devait naturellement déboucher sur la CFAO ; ceci était totalement évident… pour nous), de l’informatique – mathématiques, (comme le montraient mes problématiques opérationnelles concernant la création d’objets informés répondant à des géométries fractales) et des matériaux (sources toujours renouvelées d’innovations).

Le problème soulevé par cette clairvoyance, c’est qu’elle s’opposait à l’aveuglement techniques et à la connivence, qui subsiste en particulier en France, entre les ‘responsables’ du management financier et ceux du haut management technique, ‘élite’ constituant une ‘aristocratie platonicienne omnisciente’ -même pas arrogante, tant elle sûr de détenir La Vérité-. Cette aristocratie est jugée (le mot est inadapté il faudrait dire cooptés) à partir de choix financiers ‘courtermistes’ évidemment toujours imparables en particulier lorsqu’ils sont inscrits dans des perspectives carriéristes. Le principe de Peter joue pleinement sur des dynamiques construites au profit exclusif d’hommes d’appareils, par ailleurs convaincus, grâce aux processus de dissonance cognitive bien connu des psychologues, d’agir pour un bien commun évidemment fantasmé. En l’occurrence les responsables de la suppression des redevances brevets ont été promus et continuent d’exercer leurs ‘talents’ au sein de ‘Grands Groupes’… dont on connaît les relations avec les PME sous traitantes souvent très innovantes.

Malheureusement CILAS et Alcatel-Alsthom n’ont pas payé les frais pour maintenir vos brevets et c’est l’américain Chuk Hull qui a récupéré la paternité de l’impression 3D. Au vue du boom de l’impression 3D ses 5 dernières années, quel est votre sentiment 30 ans plus tard ? Fierté ou amertume ?

D’un naturel positif, je ne suis en rien amer. Je suis fier du travail d’innovation que nous avons engagé et de l’action menée pour promouvoir les innovations technologiques au travers de la création de structures créant des richesses économiques. Par contre je suis triste pour notre pays car n’oublions pas, à titre d’exemples non limitatifs, que nos mêmes équipes furent aussi à l’origine parmi bien d’autres inventions, des batteries au Lithium (dont on connaît l’impact sociétal) et tout dernièrement des techniques révolutionnaires dites SPADD (Smart Passive Damping Devices)… toutes techniques en cours de développement à l’étranger avec les conséquences pour l’emploi qui en résultent en France.

« J’ai beaucoup d’admiration aussi pour la capacité des USA à ouvrir souvent les portes de l’avenir… »

D’où vient d’après vous cette difficulté à passer de l’invention à l’innovation en France ?

Il y a un vrai problème d’innovation dans notre pays, problème qui résulte principalement comme je l’ai indiqué (après d’autres experts comme J. Attali) de l’existence d’une aristocratie administrative et managérial construite par un enseignement Platonicien (d’où son impact ‘innovant’ en finances dont on voit aujourd’hui les effets). Le caractère unidimensionnel de la formation et les méthodes de sélection des ‘élites’, délitent la société et déresponsabilisent l’essentiel des acteurs économiques. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la proximité méthodologique avec le système soviétique (il existe une Vérité unique ; son porte-parole est incontestable ; la soumission à la doxa est demandée pour être socialement promu) est ici patent.

Bien qu’il soit parfaitement anormal que les instances Européennes ait reconnu et primé Chuck comme seul inventeur de cette technologie (2014), j’ai beaucoup d’estime pour Chuck Hull qui a eu le courage d’engager la création de 3D Systems dès 1986… J’ai beaucoup d’admiration aussi pour la capacité des USA à ouvrir souvent les portes de l’avenir, quitte a le faire dans le cadre d’approximations théoriques souvent utiles pour avancer. On peut parfaitement imaginer, encore aujourd’hui, l’éclat de rire des experts financiers français, si nous avions été voir les banques (nous y avions pensé), pour demander des fonds visant à créer une ‘Start Up’. Il suffit de lire à simple titre d’exemple, les écrits de Michel Pébereau et de les comparer avec ce qu’était la réalité technique à Alcatel-Alsthom, par exemple dans le domaine de la recherches de terrains sur les fibres optiques à l’époque, pour mesurer la schizophrénie d’un management financier qui se pique de technique et de choix stratégiques. On doit en effet dans ce cas la position de la France dans ce domaine à une pression concurrentielle forte et à des ingénieurs opiniâtres dont le nom est totalement ignoré, et non à des choix managériaux. Bien que ceci n’enlève rien à l’intelligence ultra pointue du cerveau droit de la personnalité citée, il n’est pas étonnant que l’Allemagne dont bien des élites viennent de l’apprentissage et d’un cursus universitaire soit aujourd’hui dans une position infiniment plus favorable que la France au plan économique. Comme l’affirmait avec humour et pertinence un ami responsable de l’enseignement supérieur au Québec : « L’éducation supérieure française forme et promeut essentiellement comme élites des ‘bateleurs d’estrades’ ». Nous en voyons tous les jours les conséquences et la technologie 3D n’est qu’un exemple d’échec collectif parmi beaucoup d’autres.

N’est ce pas là révélateur d’une France qui manque d’ambition et du peu de considération qu’elle porte encore aujourd’hui à l’action des PME de l’ingénierie et à la R&D ?

Il faut savoir que j’ai tenté de développer une école d’ingénieur prônant de nouvelles valeurs (enseignements fondés sur des projets, transdisciplinarité, usage extensif de l’outil numérique, formation à la créativité et à l’innovation, recrutement ouvert y compris à des cursus littéraires, etc). Faute d’un environnement institutionnel assurant les connivences précédemment pointées et durant 15 années je me suis heurté entre autres aux notables y compris universitaires et à la commission des titres d’ingénieur (CTI), qui ont tout fait pour casser la dynamique d’innovation que mon équipe et moi même développions… bien entendu tout en prônant l’innovation dans des documents officiels convenus. On pourra lire avec intérêt à cet égard le rapport de la Commission Recherche de la Conférence des Grandes Écoles rédigé en 2009. J’ai pu constater que pour les hommes d’appareils le mot innovation est désormais souvent un simple faire-valoir associé à des détournements sémantiques dont la mécanique est parfaitement décrite, sur un exemple évidemment extrême, par Viktor Klemperer (LTI – Lingua Tertii Imperii : Notizbuch eines Philologen).

Quel est votre regard sur l’évolution de l’impression 3D ses dernières années et comment la voyez-vous évoluer dans les années à venir ?

L’impression 3D va se développer plus encore, en particulier en se spécialisant et en se distribuant. Elle va en particulier toucher les arts, le design et l’ingénierie de dispositifs progressivement complexifiés en volume. On peut par ailleurs imaginer la création de ce que J.C. André et moi même avons appelé la matière informée, matière interagissant de manière intelligente avec l’environnement sans l’appui d’un quelconque computer. Bien que très simple, le système SPADD d’anti vibration développé par ARTEC Aérospace (PME qui tant un tout autre environnement aurait aujourd’hui entre 200 et 500 employés) est d’ailleurs un produit dérivé de ces réflexions. Certains amis réparent déjà des bris de matériels grâce à des imprimantes 3D d’appartement. Il serait d’ores et déjà possible d’implémenter le Bricorama par un ‘bricodesign’ personnalisé et de créer une banque de données du bricolage et de la réparation.

On estime a plusieurs centaine de milliards d’euro le potentiel économique de cette technologie…. sachant que cent milliard d’euro représentent entre 1 et 4 millions d’emplois… et sachant en outre que la maîtrise de cette technique induit de multiples créations dérivées y compris conceptuelles, on ne peut que regretter la pauvreté intellectuelle des poncifs et l’absence d’ambition qu’affichent notre recherche publique et privée, à travers les programmes orientés. Il est bien triste souvent de lire le contenu des dites orientations dans lesquels le chercheur aura à s’inscrire et à obérer l’avenir, s’il veut être financé.

« Il faut apprendre à innover comme on apprend à marcher… en prenant le risque de tomber.»

Impressions de nourriture, de vêtements ou de maquillage, machines hybrides… Une multitude de machines et de projets apparaissent sous l’appellation d’imprimante 3d. Selon vous où commence et où s’arrête l’impression 3d ?

Peu importe ! Ce qui est important c’est qu’il y ait une vraie dynamique entrepreneuriale autour de cette mode. Le danger n’est pas qu’il y ait des acteurs sous le parapluie d’une mode quoiqu’on pense de celle-ci. L’important est qu’il y ait des acteurs qui avancent, agissent et tentent de créer de la richesse donc des emplois. Le danger serait plutôt l’autocensure et, à la marge, la récupération par des carriéristes qui, du fond de leur ministère ou de leur bureau de la Défense, et grâce aux fonds publics ou privés qui leur donnent du pouvoir, se gaussent de leur savoir livresque ou/et de leur position, pour dire l’avenir d’un champ de recherche et d’expérimentation dont personne ne connaît l’issue… sinon qu’elle n’est pas unique et ne peut être anticipée et programmée de quelques manières. Ce qu’il faut c’est disperser les sources de financement possibles, faire intelligemment miroiter des profits (et estimer sans excès les pertes possibles). Ce qu’il faut c’est faire confiance à de petites équipes déterminées, prêtes à essuyer des succès comme des échecs. Les faire soutenir par des banques et assurer ces mêmes banques lorsqu’elles soutiennent des projets régulièrement évalués par des groupes innovants et non des apparatchiks… mais c’est aussi reconstruire une éducation dans laquelle l’échec (éventuel) n’est jamais définitif mais un atout de plus pour s’engager à nouveau sur de nouvelles frontières qu’elle qu’en soit le ‘niveau’. Il faut apprendre à innover comme on apprend à marcher… en prenant le risque de tomber. Il faut casser le monopole délétère de l’éducation nationale de la maternelle à l’université. La France a besoin d’élites pour le 21ème siècle pas pour le 19ème.

Il y a-t-il un projet ou une entreprise lié à l’impression 3D que vous souhaiteriez promouvoir ?

Tous les projets qui ont trait à l’art. La 3D doit pouvoir renouveler la sculpture et le design. IL faut désormais croiser les compétences artistiques et les compétences techniques comme le montre par exemple aujourd’hui l’impact de l’architecture dans le développement territorial.

Auteur : Alexandre Moussion, passionné par l’impression 3D, je dispense la bonne parole pour démocratiser et ouvrir cette technologie au plus grand nombre. Fondateur du site « www.priximprimante3d.com ».

Source : www.priximprimante3d.com

Plus de religion, moins d’invention, selon une étude


Selon une étude, il apparaît que plus un endroit est religieux, plus son taux d’innovation scientifique et technique est bas. L’économiste de l’université de Princeton, Roland Bénabou, qui a mené ces travaux où on a entre autres mesuré le nombre de brevets par habitant pour arriver à ce constat, rajoute que la tendance persiste quand on regarde d’autres différences comme les revenus et le ratio de diplômés universitaires.

Les chercheurs ont comparé les données mondiales visant les brevets avec les résultats d’un grand sondage international où on devait choisir une de ces réponses, indépendamment de la fréquentation d’un lieu de culte : je suis une personne religieuse, je ne suis pas une personne religieuse, je suis un athée convaincu, ou, je ne sais pas.

Une analyse complexe

Même si les résultats étaient concluants, cela semblait trop simpliste : les chercheurs ont décidé de rajouter des éléments d’analyses. Il était clair pour eux que d’autres facteurs que la religion influençaient le nombre de brevets par habitant. Ce qui est incroyable, c’est qu’après avoir ajouté à leur analyse le niveau de développement économique, le niveau d’investissement étranger, le niveau d’éducation et le niveau de protection des propriétés intellectuelles, il apparaissait que le taux de religion influence tout de même à la baisse le nombre de brevets.

Le résultat, c’est que des pays comme la Chine et le Japon, très peu religieux, se retrouvent dans le haut du pavé alors que des pays comme le Portugal, le Maroc et l’Iran, très religieux, se retrouvent à la remorque… Mais cela ne veut pas dire par exemple que la Chine a un taux plus grand de brevets par habitant que les États-Unis, qui se classe beaucoup plus bas. Ce que cela veut dire, c’est que bien que la Chine ait un taux de brevet plus bas que les États-Unis, ce taux (quand même très appréciable) s’explique plus amplement par le fait que la religion y est faible que par les autres éléments d’analyses.

Et les États des États-Unis…

Les chercheurs ont fait sensiblement le même exercice comparatif avec les États des États-Unis. Même chose, les États comme le Vermont et l’Oregon, où la religion n’y est pas forte, sont plus innovants que des États comme l’Arkansas et le Mississippi, où la religion est forte.

Et il n’était toujours pas question de simplement comparer le taux de brevets entre les États pour arriver à ces résultats. Ils démontrent dans quelle mesure la religion a une influence négativement directe sur l’innovation, au-delà du niveau de développement économique, d’investissement étranger, d’éducation et de protection des propriétés intellectuelles.

Un frein à l’évolution

En conclusion, la religion est un frein à l’évolution technologique de l’humanité, pour ne pas dire à l’évolution tout court… Et par ici, on peut être inquiet de voir que le Canada, sous la gouverne de Stephen Harper, donne de plus en plus de place à la religion alors qu’il met des bâtons dans les roues de la communauté scientifique.

Encore plus proche, au Québec, on voit clairement le laxisme gouvernemental quant aux questions religieuses : laïcité molle, poursuite des programmes de subventions religieuses, et pour les jeunes et les enfants, un enseignement de la chose religieuse qui au lieu d’affiner le sens critique, comme le ferait des cours de philosophie, professe un respect désincarné des enjeux sociaux en lien avec la religion.

Étant donné que la solution passe par une plus grande sécularisation des sociétés, on se doit de pointer et de dénoncer ce qui participe à la mainmise des religions sur les peuples. Aussi, il faut répandre ce qui prouve que la religion a des répercussions négatives sur l’humanité, au-delà des guerres et des problèmes sociaux, ce qui est le plus évident.

Pour que l’on puisse apprendre de nos erreurs…

Auteur : Renart Léveillé

Source : actualites.sympatico.ca

Pour la rémunération des inventeurs salariés à la hauteur des enjeux économiques.


La rémunération réelle des inventeurs salariés se maintient à un niveau symbolique quand les employeurs la prévoient, pourtant l’innovation est au cœur des préoccupations dans l’industrie et elle le devient chaque jour dans les services avec l’essor du numériques.

La loi depuis plus de vingt ans reconnaît leur statut mais qu’attendent les entreprises pour rendre attractive l’innovation ?

Innover est au centre des préoccupations des pouvoirs publics et des entreprises du secteur privé, mais dans le même temps et de manière étonnante les inventeurs sont ignorés.

Pourtant une entreprise quelle que soit la taille de son portefeuille de brevets, n’invente pas. Un brevet, c’est-à-dire un titre délivré par un office de propriété industrielle, l’Institut national de la propriété industrielle ou l’Office européen des brevets pour les brevets qui désignent la France, distingue clairement son titulaire de l’inventeur. Seules des personnes physiques peuvent être désignées comme le ou les inventeurs. Hormis les inventeurs indépendants, les inventeurs désignés aux brevets détenus par les entreprises du privé ou par les acteurs publics de l’innovation sont salariés ou fonctionnaires.

Inventeurs salariés ou inventeurs fonctionnaires, la loi les reconnait

Différentes dispositions du Code de la propriété intellectuelle organisent par les mécanismes des inventions de mission et des inventions hors mission mais attribuables, l’organisation de la propriété sur leurs inventions et prévoient leur rémunération, la rémunération supplémentaire et le juste prix. Ces dispositions ne sont pas nouvelles, elles remontent à 1978 et modifiées depuis notamment au début des années 90.

A se limiter aux seuls inventeurs salariés, la loi les reconnaît donc depuis plus de 20 ans, mais ils n’existent pas pour ceux qui orientent les politiques d’innovation.

Que l’on se reporte aux États généraux de l’industrie en 2009 ou au dernier rapport du Conseil National de l’Industrie, les inventeurs ne sont pas cités. Leur situation ne serait-elle abordée que de manière détournée par les problématiques de formation des ingénieurs et des scientifiques ? Mais une telle approche, terriblement réductrice, place le fait d’innover comme un processus routinier qu’il suffit d’enclencher par un cursus universitaire ou par une formation en école spécialisée.

Cette absence de propos sur l’inventeur et sa non reconnaissance économique sont d’autant plus surprenantes qu’au moins depuis 2009 et le rapport Gallois, la désindustrialisation est une réalité dont se sont emparés les pouvoirs publics, et contre laquelle ils en appellent à l’innovation. A l’époque 85 % des dépenses de R&D des entreprises françaises étaient réalisés dans l’industrie mais l’industrie ne représentait que 16 % de la valeur ajoutée nationale et ne concernait plus que 13 % de la population active du pays. Depuis le déclin industriel s’est encore accentué.

Autres impératifs, les nouveaux chantiers, – ils ne se limitent plus à l’industrie -, avec le numérique, les mutations technologiques vont modifier profondément les activités humaines. Qu’ils se nomment 7 ambitions pour la France de 2030 ou s’expriment par 34 plans de reconquête, tous requièrent  des inventeurs. Si l’on souhaite que ces inventions naissent, se développent en France e et y créent des emplois lors de leur mise en phase de production, l’invention doit être rémunérée à la hauteur de son impact économique.

Auteur : Philippe Schmitt, Avocat

Source : www.journaldunet.com