Innovation : comment le monde va évoluer, selon dix écrivains


Sollicités par la version américaine du Huffington Post, dix écrivains anglo-saxons de science fiction ont essayé d’imaginer les contours de la prochaine décennie.

Rendu célèbre pour ses «Propos», le philosophe Alain avait une vision plutôt cynique de la prédiction : «Vous riez d’une prédiction sinistre et invraisemblable ; vous rirez moins si cette prédiction s’accomplit en partie ; le plus courageux des hommes attendra alors la suite.» Afin de s’avancer sur les dix prochaines années et de se faire une première idée des innovations qui pourraient changer le quotidien, le Huffington Post a contacté dix écrivains anglo-saxons de science-fiction. L’objectif était de répondre à une question unique : qu’est ce que les dix prochaines années pourraient apporter comme changement ?

Auteur de «The Affinities» (2015), Robert Charles Wilson dénonce dans un premier temps «un discours politique et économique trop vieux». Si pour définir une première esquisse du futur, un bilan du passé doit être fait, Wilson développe sa thèse autour «d’une oligarchie émergente armée d’un appareil de surveillance d’une portée sans précédent». Pour la prochaine décennie, l’auteur canadien loue les progrès des sciences cognitives, basées sur l’étude de phénomènes divers comme le langage ou la conscience, afin de reprendre le dessus sur la nature humaine, modifier son comportement et reprendre le contrôle de son existence.

Dans les dix prochaines années, la première personne à adopter les nouvelles technologies pourrait être votre grand-mère.

David Walton, auteur de «Superposition»

Vainqueur du prix Philip K. Dick, David Walton, auteur notamment de «Superposition», prédit lui une explosion du secteur de la domotique, une automatisation plus importante à l’intérieur des foyers notamment chez les personnes âgées. L’écrivain annonce une «révolution du secteur» tout en y annonçant l’obligation d’un «investissement immense des gouvernements pour suivre la technologie et aider son développement». Il détaille : «Dans les dix prochaines années, la première personne à adopter les nouvelles technologies pourrait être votre grand-mère. Imaginez deux minutes, un robot ambulant qui vient quand vous l’appelez et vous présente un écran vidéo pour vous rappeler votre emploi du temps du jour. Il pourrait contrôler vos lumières et serrures, le four et la température de l’eau. Il pourrait peut être même contrôler les stocks de nourriture dans la maison et en commander si nécessaire !»

Elizabeth Bear voit un développement de la notion de propriété collective

De plus en plus présents au quotidien, la propriété collective ou le service partagé devraient, selon la romancière Elizabeth Bear, exploser d’ici 2025 : «Si vous avez besoin de tondre la pelouse trois heures par semaine, cela n’a pas grand sens d’acheter une tondeuse à vous. Préférez l’achat en commun avec vos voisins afin de la partager». La tendance irait vers une réduction de la notion individuelle pour chercher d’avantage d’opportunités pour amortir les coûts au sein d’un collectif.

Dans le prolongement d’Elizabeth Bear, Ken Liu (auteur de «The Grace of Kings»), lui, s’est penché sur l’automatisation grandissante. Il pointe dans un premier temps le travail au bureau où «l’incursion dans la génération de contenu et dans l’analyse de données sera grandissante, prenant la place de certaines facultés humaines.» Constat semblable pour le secteur du transport, où «l’industrie du camion adopterait des véhicules automatisés pour augmenter la sécurité, améliorer l’efficacité et réduire les coûts». Des innovations plus optimistes que le constat final de John Birmingham, le cerveau «d’Emergence», pour qui «les choses tomberont en morceau comme dans un Marvel où seuls les plus grands héros peuvent les maintenir ensemble. Et où les héroïnes seront toujours payées au moins vingt-cinq pour cent de moins pour le faire.»

Auteur : Maxime Brigand

Source : www.lefigaro.fr

Voitures électriques : Ford simplifie l’accès à ses brevets


Le constructeur automobile Ford souhaite simplifier l’accès à ses brevets. Comme Tesla Motors, le groupe ne compte pas renoncer à sa propriété industrielle mais estime que son savoir pourrait servir au reste de l’industrie et, par conséquent, aux usagers. Mais contrairement à Tesla, ça ne sera pas tout à fait gratuit.

La décision prise l’année dernière par Tesla Motors inspire visiblement la concurrence. Alors que le constructeur automobile spécialisé dans les voitures électriques a choisi de renoncer à exercer ses droits de propriété sur son portefeuille de brevets, voilà qu’un concurrent – et non l’un des moindres – est en train d’emprunter un chemin relativement identique : il s’agit de Ford.

Dans un communiqué, l’industriel justifie cette ouverture par la nécessité d’encourager l’émergence d’une alternative aux voitures actuelles. En partageant notre savoir-faire avec les autres entreprises, Ford estime que cela sera en définitive profitable à tout le monde, aux clients comme à l’industrie. C’est peu ou prou les mêmes arguments qui avaient été avancés par Tesla Motors il y a un an.

« Tesla Motors a été créé pour accélérer l’avènement d’un transport durable. Si nous dégageons le chemin vers la création d’une voiture électrique attirante, mais que nous posons des mines de propriété intellectuelle derrière nous pour dissuader les autres, nous agissons de façon contraire à cet objectif », expliquait Elon Musk, le fondateur de la société

IL FAUDRA QUAND MÊME PAYER

Tout comme Tesla, Ford ne renonce pas pour autant à sa propriété industrielle. Mais contrairement à son concurrent, la démarche de Ford n’est pas gratuite : l’accès à ses brevets se fera via une plateforme de licence qui nécessitera de verser une redevance (qui sera vraisemblablement fixée à un prix raisonnable, sinon à quoi bon se lancer dans une telle démarche ?).

À l’heure actuelle, le portefeuille de brevets de Ford dans le domaine des voitures électriques comporte 650 brevets. En outre, le constructeur automobile a déposé pas moins d’un millier de demandes d’enregistrement pour ce secteur, dont 400 rien que l’an dernier (soit 20 % de l’ensemble des demandes de brevet que le groupe a soumis en 2014).

Source : www.numerama.com

Innovation et compétitivité : l’Allemagne terrasse la France


LE SCAN ÉCO – Entre ses dépenses en recherche et développement et sa productivité plus élevées, l’Allemagne est plus compétitive que la France. Le Figaro a sélectionné plusieurs indicateurs pour comparer les deux pays.

Qui de l’Allemagne ou de la France a la meilleure compétitivité ? Le World Economic Forum a utilisé plus de 100 indicateurs combinés pour mesurer les différentiels de compétitivité entre tous les pays. D’après son rapport sur la compétitivité 2014-2015, l’Allemagne arrive en cinquième position tandis que la France parvient au 23ème rang.

Puisqu’il est «difficile de trouver un indicateur qui permette d’exprimer la compétitivité dans tous ses aspects», comme l’indique Marc Lassort, chargé d’études à l’Institut de recherches économiques et fiscales (Iref), Le Figaro s’est focalisé sur les indicateurs principaux.

Recherche et développement (R&D)

Comparée à l’Allemagne (2,9% du Produit Intérieur Brut), la France accumule un retard important dans ses dépenses en R&D (2,2% du PIB) pour la science et la technologie en 2013. Pourtant, «la R&D joue un rôle fondamental pour l’innovation, la productivité des facteurs et donc la croissance économique», précise Marc Lassort.

• Les brevets déposés

En 2012, elles sont 5468 familles de brevets triadiques (ensemble de brevets déposés auprès de trois des principaux offices européen, japonais et américain pour protéger une même invention) en Allemagne contre 2555 en France.

• Dépenses pour l’éducation supérieure

En France, en 2011, on a dépensé 15.375 dollars US par étudiant, soit 13.874 euros, tandis que pour la même période en Allemagne, on a dépensé 16.723 dollars US, soit 15.089 euros. Ce qui demeure bien au-delà de la moyenne des pays de l’OCDE (13.958 dollars US).

• Productivité

Le taux de croissance annuel de la productivité des facteurs travail et capital en 2012 en France est inexistant. En revanche, en Allemagne, il est de 0,3%.

En ce qui concerne plus précisément la productivité du travail, la France est plus compétitive que l’Allemagne avec une productivité de 59,5 dollars par heure travaillée par personne contre 58,3 dollars pour l’Allemagne en 2012, d’après l’OCDE.

Néanmoins, «l’important n’est pas la productivité unifactorielle du travail, mais bien la productivité globale des facteurs». Selon Marc Lassort : «L’élévation de la productivité du travail ne vient généralement pas de l’accroissement du coût du travail, mais bien d’une politique éducative adaptée, de la formation professionnelle, de l’élévation des niveaux de compétence, de l’accroissement de la technologie de production, d’une meilleure division du travail ou encore de la simplification des tâches opérationnelles». En effet, malgré son niveau élevé de productivité travail, la France reste à la traîne avec son taux élevé de chômage et sa faible croissance.

• Coût du travail

Dans l’industrie manufacturière, le coût horaire de la main-d’œuvre au quatrième trimestre 2014 est de 37,10 euros en France et de 38,43 euros en Allemagne, selon Eurostat. En revanche, pour la même période dans l’industrie et les services marchands, le coût horaire de la main-d’œuvre atteint 35,71 euros en France et 33,16 euros en Allemagne.

Par ailleurs, «l’existence d’un salaire minimum horaire élevé en France contraint les employeurs à exclure du marché du travail les emplois les moins qualifiés et les moins productifs, ce qui conduit à un taux d’emploi considérablement plus faible que dans les pays où le salaire minimum horaire est faible voire inexistant», explique une étude de l’Iref.

• Emploi

Le taux d’emploi (utilisation des ressources de main-d’œuvre disponibles) en France en 2014 est de 64,2% en France et de 73,78% en Allemagne.

• Croissance

Résultat, le taux de croissance de la France en 2014 s’élève à 0,4% contre 1,5% en Allemagne, selon l’OCDE.

Auteur : Marie Théobald

Source : www.lefigaro.fr

Les imprimantes 3D prêtes à ébranler l’industrie


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Un ouvrier dirige l’imprimante 3D en train de construire les murs d’une maison

Le gouvernement égyptien a commandé 20.000 maisons « imprimées », et les premières voitures ainsi créées arrivent à des prix défiant toute concurrence. La révolution industrielle, depuis longtemps pressentie, de l’impression 3D devient concrète et elle est économique, écologique, mais elle va être aussi couteuse en termes d’emplois.

On les voit trop souvent comme des gadgets, bonnes à fabriquer des figurines en plastiques, mais les imprimantes 3D peuvent aujourd’hui faire des dizaines de mètres de long, et imprimer des immeubles de plusieurs étages. La société WinSun en Chine se veut pionnière. Elle avait l’an passé présenté une imprimante capable de construire 10 maisons  standardisées en 24 heures, pour un coût à l’unité de 3500€ (hors terrain, finitions et fondations). C’est ce projet qui a séduit le gouvernement égyptien cette année, qui en a commandé pas moins de 20.000. Cela fait partie d’un vaste plan des dirigeants égyptiens visant à résorber les bidons villes du pays en promettant 1 million de maisons à bas coût d’ici 2020. Les logements seront imprimés sur place, « l’encre » est un ciment constitué du sable local et à 60 % d’anciens matériaux de construction recyclés. Une fois imprimé, il met 24 heures à sécher.

L’ambition est grande. 2 milliards d’humains vivent dans des bidons-villes et la nouvelle industrie de l’imprimante 3D entend bien s’occuper de ce problème.

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Une villa de 1100m² « imprimée » en un mois

Mais l’impression 3D ne s’arrête pas qu’à l’entrée de gamme. WinSun a ainsi créé cette année un immeuble de 5 étages, mais aussi cette jolie villa de 1100m². Selon le Guardian, l’imprimante qui a permis cet exploit fait 150 mètres de long, 10 de large, pour près de 7 mètres de haut. Il a fallu un mois et 8 personnes pour réaliser cette belle bâtisse. Avec des méthodes traditionnelles, la construction aurait monopolisé une trentaine de personnes sur trois mois. Avec un prix inférieur à 150.000 euros, les coûts aussi sont sérieusement diminués.

Une voiture imprimée à 1600 euros

Nouvel exploit de l’industrie chinoise, une petite voiture électrique a été réalisée en impression 3D pour 11 000 yuans, soit environ 1 600 euros. L’entreprise Sanya Sihai a présenté cette première version de cette petite voiture urbaine fonctionnant sur batteries électriques, pouvant transporter deux passagers. La voiture n’est pas produite, pour l’instant, selon des processus industriels, il a donc fallu, en plus des 5 jours d’impression, un mois pour penser la conception et l’assemblage. Si elle est électrique, elle reste pour l’heure peu écologique, puisque principalement imprimée sur une base de plastiques issue de l’industrie pétrolière. Mais pour un peu plus d’argent, « l’encre » utilisée peut très bien être du bois recyclé ou des fibres végétales.

L’impression 3D, telle qu’elle se dessine dans l’industrie, peut ainsi avoir un véritable bénéfice écologique. Si évidemment la volonté humaine suit. Les pâtes, qui servent d’encre d’impression, peuvent se révéler un débouché énorme en termes de recyclage de plastiques, bois, et autres matériaux de construction. Et même sans une production organisée à échelle industrielle, l’économie réalisée est énorme, puisque le coût de construction est divisé au moins par deux. Problème, la main d’œuvre nécessaire pour l’impression 3D est très réduite, jusqu’à -80% selon les secteurs.

Il devient urgent de prendre en compte ces chamboulements à venir en matière d’emploi. En plus de l’automatisation permise par la robotisation, numérisation et les algorithmes, l’impression 3D doit nous obliger à repenser le salariat, une nouvelle répartition du travail et des richesses.

Auteur : Pierric Marissal

Source : www.humanite.fr

Grâce à cette invention, vous n’aurez plus jamais besoin de papier !


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Innovation étonnante : le Phree est un stylo nouvelle génération qui va changer votre vie. La preuve !

Une innovation tout droit venue d’Israël pourrait bien révolutionner notre façon de communiquer : Phree est un stylo 2.0 étonnant. Grâce à ce stylo numérique, vous allez pouvoir écrire et communiquer d’une façon virtuelle vers tous les objets connectés en Bluetooth (téléphone, tablette, ordinateur, télévision, etc).

Le principe est simple : il vous suffit désormais de gribouiller sur n’importe quelle surface – du rebord d’une fenêtre au creux de votre main – et ce que vous avez écrit est envoyé sur le support informatique que vous aurez choisi. Les inventeurs de cet objet incroyable ont décidé d’aller plus loin encore en ajoutant des options sur ce stylos-stylet d’un nouveau genre : un petit clavier en haut et sur le côté a été mis en place, pour permettre aux utilisateurs non seulement de recevoir des appels et des SMS, mais aussi d’y répondre !

Auteur : Emmanuelle Ringot

Source : www.marieclaire.fr

Le label marocain à l’assaut de l’international


Notation de la stratégie de développement, de la politique marketing, du degré d’innovation et de la qualité du produit

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Le concours des marques marocaines, organisé par l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC) à Casablanca, a primé, la marque de conserves de poisson Mario. En effet, dans sa 6ème édition des Morocco Awards, le Premier Prix de la catégorie « Marque qui se développe à l’international » a été décerné à Mario.

«En lice parmi 67 entreprises candidates, Mario a été récompensée par un jury de professionnels sur la base de nombreux critères de notation en rapport avec sa stratégie de développement, sa politique marketing, le degré d’innovation et la qualité du produit, notamment à travers l’obtention du certificat ISO 14001 relative à la protection de l’environnement», a fait savoir dans un communiqué le Groupe Anouar Invest, un holding marocain de premier plan.

Et de souligner que la politique de qualité et d’innovation permet à Mario de rester en permanence en adéquation avec la structure, l’organisation et les exigences des marchés internationaux, en l’occurrence en matière de normes de qualité, d’hygiène et de sécurité alimentaires qui conditionnent l’accès à ces marchés.

Ce faisant, est-il signalé de même source, cette stratégie à l’international a permis la multiplication du chiffre d’affaires à l’export par dix en quatre ans depuis 2010 et positionne Mario en tant que marque émergente réalisant des évolutions plus importantes que la moyenne du marché sur de nombreux pays.

Aussi, Mario fait savoir qu’en termes d’innovation, elle développe chaque année de nouvelles variantes et de nouvelles gammes plus innovantes qui enrichissent l’expérience gustative des consommateurs.

Pour mémoire, Mario, propriété de Silver Food, qui appartient au Groupe Anouar Invest, a mis au point une stratégie marketing qui s’inscrit dans le cadre d’une vision de construction de marque à l’international. Aujourd’hui, précise-t-on, la marque connaît un réel succès à l’export et est maintenant distribuée dans plusieurs pays dans le monde à l’instar de l’Europe (Espagne, Italie), du Moyen-Orient (Jordanie, Liban, Egypte, Koweït, Syrie et Irak) et de nombreux pays d’Afrique.

C’est dire en effet, comme l’avait annoncé l’année dernière le DG de l’OMPIC, Adil El Maliki qu’un autre critère a été retenu pour cette sixième édition qui est l’écosystème de la marque, à savoir l’environnement de l’entreprise et la présence de sous-systèmes indispensables aux donneurs d’ordre.

Toujours est-il, ce sont pas moins de 400 personnes qui ont assisté à la cérémonie de Morocco Awards, dont Moulay Hafid Alalamy, ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Économie numérique. Quant au jury de cette édition, il a été présidé par Ahmed Rahhou, PDG de CIH Bank, qui a examiné les 67 candidatures. De même, la sélection s’est faite selon des critères de notation qui ont trait à la stratégie de développement de la marque, la politique marketing, le degré d’innovation et la qualité du produit ou du service.

Pour rappel, à l’issue des délibérations, la marque de thé Sultan s’est vu remettre le Trophée du « branding », tandis que le Trophée de la « marque de demain » est revenu à Marwa. El Kef, pour sa part, s’est adjugé le « Trophée de l’innovation », alors que la coopérative Al Joud a remporté celui de la « marque locale ». De son côté, la chaîne Medi1 TV a remporté le « Prix du public ».

Il est à souligner en outre que pour la première fois, un Prix de la « marque de l’année » a été attribué à l’opérateur de télécommunications Inwi, qui s’est distingué par ses performances en matière de branding, ses innovations aussi bien techniques que marketing et la multiplicité de ses actions citoyennes en particulier en direction des jeunes.

Auteur : Majda Farah

Source : www.libe.ma

Après l’industrie, les robots se multiplient dans l’univers des services


Des entrepôts des distributeurs aux maisons de retraite, les robots sont déjà une réalité. Une tendance qui va se renforcer avec la voiture sans chauffeur et d’autres innovations concrètes.

Depuis Jules Verne – pour ne pas parler du cheval de Troie – jusqu’à la série suédoise « Real Humans » et ses androïdes employés de services parfois très intimes, le robot est un objet de fantasme. Les études sont nombreuses pour prédire le grand remplacement des employés – après les ouvriers des usines – par des automates. Selon Gartner, la société de conseil high-tech américaine, un tiers des emplois pourraient être occupés par des robots dans dix ans. Et presque la moitié dans 20 ans.

Alors fantasme ou réalité ? Sans jouer les Cassandre, force est de constater que les robots quittent les ateliers industriels et apparaissent dans de plus en plus d’activités de service. Les services, un secteur de main-d’œuvre par excellence.

Des articles sans les journalistes

C’était il y a quelques semaines, lors du premier tour des élections départementales. Pour la première fois en France, un robot a écrit près de 36.000 articles courts, sur Lemonde.fr. Le site du quotidien a testé ce procédé avec Data2Content, une agence de robots rédacteurs de la société Syllabs. Les textes étaient préécrits et automatiquement remplis avec les résultats de chaque canton. Aux États-Unis, le système fonctionne déjà chez plusieurs médias, notamment lors de compétitions sportives.

A l’avenir, le système pourrait encore se perfectionner grâce aux logiciels d’intelligence artificielle et à l’analyse plus poussée des données. C’est ainsi que l’on a assisté récemment au premier « scoop » déclenché par un robot. La société Selerity a publié les résultats financiers du premier trimestre de Twitter, fin avril, car ses robots ont détecté l’erreur de l’entreprise américaine, qui les avait mis en ligne par mégarde sur son site investisseurs.

S’il est encore trop tôt pour parler de déferlante, la multiplication des exemples et des initiatives dessine ce qui ressemble à une tendance. Dans la logistique, tous les distributeurs français sont en train de réorganiser en profondeur leurs entrepôts. Et de les automatiser. Objectif ; 5 % à 10 % d’économies sur les coûts d’éclatement, qui seront réinjectés dans la guerre des prix. Leclerc, en Alsace, a déjà construit un site entièrement automatisé équipé de transtockeurs géants. Les autres enseignes étudient des solutions plus souples, comme celles de la start-up Balyo, qui automatise des traditionnels Fenwick. Pour 50.000 euros environ, on remplace un conducteur. Le belge Delhaize a déjà adopté la technologie.

Prudence sociale

Toujours dans le secteur de la distribution, les caisses automatiques et le scanning de chariots pleins existent depuis des lustres. Seule la prudence sociale des enseignes les empêche aujourd’hui de supprimer des dizaines de milliers de postes de caissières. Bientôt, des robots permettront aussi de repérer les produits manquants en rayon et d’aider au réapprovisionnement.

Après les chariots élévateurs, ce sont les nettoyeuses industrielles qui pourront être automatisées. Et déjà, des dizaines de milliers d’aspirateurs, dont certains passent aussi la serpillière, sont vendus chaque année par iRobot et ses concurrents. Le cauchemar des femmes de ménage.

Des chariots qui roulent tout seuls

L’automatisation n’est pas une nouveauté pour les entrepôts. Mais jusqu’à présent, elle supposait des investissements massifs dans de grands transtockeurs, ainsi que l’a fait Leclerc dans la région Alsace. Grâce à des solutions comme celles de Balyo, on peut rendre autonome un chariot élévateur pour un coût qui ne dépasse pas 50.000 euros. Un chariot Fenwick, le constructeur avec lequel la jeune pousse a passé un accord stratégique. Concrètement, le robot Balyo permet au chariot de se repérer dans l’espace, de reconnaître son environnement grâce à un Lidar, un système de télédétection par laser. Plus besoin d’installer des réflecteurs au quatre coins du bâtiment. Utilisée par Delhaize en Belgique ou Carrefour en Espagne, cette technologie permet de diminuer les coûts logistiques, ce que recherche aujourd’hui tous les distributeurs. Elle peut aisément fonctionner aussi sur les nettoyeuses industrielles qui lavent le sol des entrepôts et des magasins.

Si Balyo n’a réalisé que 3,2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2014, ses ventes connaissent des progressions à trois chiffres, signe de l’engouement des entreprises pour la robotique, pour peu qu’elle apporte des solutions simples. Car les tâches à valeur ajoutée, y compris dans les entrepôts, demeurent encore l’apanage des hommes.

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Des robots « invisibles »

Plus sophistiqué, Nao le petit robot androïde d’Aldebaran, aujourd’hui propriété du japonais Softbank, pénètre les maisons de retraite. Des robots sont aussi en train d’arriver dans les vignes et les champs français. Des robots tracteurs pour un désherbage écologique « comme à la main » effectué autrefois par des saisonniers. Sur quatre roues également, les voitures sans conducteur de Google ou les projets de Safran et Valeo. Une perspective qui fait rêver Travis Kalanick, le patron d’Uber.

Fonction ludique en maison de retraite

D’abord avec une fonction ludique ou de médiateur. C’est le créneau de la jeune société belge QBMT, qui adapté le robot Nao d’Aldebaran et l’a baptisé Zora. « Passionnés de robotique et travaillant dans les pays arabes, nous pensions destiner Nao qui parle 19 langues à des fonctions d’accueil dans la restauration ou l’hôtellerie », explique Fabrice Goffin cofondateur de QBMT en 2013. Tout bascule lorsqu’un médecin belge les contacte en leur demandant d’adapter le petit robot à la prise en charge d’enfants hospitalisés.

Très rapidement, ce sont aussi les maisons de retraite, en Belgique et aux Pays-Bas, qui sont déclarées intéressées. Elles ont déjà acheté 86 exemplaires de Zora et QBMT compte en diffuser 450 cette année dans toute l’Europe. Le prix : 15.000 euros ou 270 euros par mois sur cinq ans. Zora aide les personnes âgées à faire de la gymnastique en mimant les gestes. Et, surprise, un lien particulier se noue entre les personnes âgées et la machine.

Dans l’univers des services, il faut souligner également la montée en puissance des robots « invisibles », comme les services d’accueil vocaux automatisés, de l’américain Nuance notamment, qui commencent à être utilisés dans les centres d’appels. Sans compter, dans le même ordre d’idées, la digitilisation de nombreuses fonctions. L’investissement de 60 millions que va réaliser Air France-KLM dans de nouvelles bornes interactives et des dépose-bagage automatiques (en 45 secondes) en est une illustration.

Autant d’exemples concrets qui ne relèvent pas de la science-fiction. L’automation menace toutes sortes de fonctions. « Je ne crois pas que cela soit entré dans l’esprit des gens « , indiquait récemment Bill Gates au « Wall Street Journal « .

iRobot, le champion des aspirateurs

Comme quoi, l’armée mène vraiment à tout. Lancé en 1990 par une bande d’ingénieurs du MIT, iRobot fait ses armes en usinant des engins d’exploration pour la Nasa et de déminage pour les GI. Depuis, la start-up de Boston a trouvé terrain moins hostile : votre maison. Aujourd’hui, 90 % de l’activité d’iRobot provient de la vente de robots aspirateurs, serpillières, laveurs de piscine ou nettoyeurs de gouttière.

Cotée au Nasdaq depuis 2005, l’entreprise affiche 557 millions de dollars de recettes en 2014 (pour un résultat net de 38 millions et 500 salariés). Selon ses estimations, iRobot détient un petit 15 % du marché mondial de la robotique de service, qu’il estime à 7 milliards de dollars annuels. Depuis 2002, iRobot a écoulé plus de 13 millions de robots de service. Et plus de 5.000 robots pour les forces militaires ou civiles depuis sa création.

Auteur : PHILIPPE BERTRAND

Source : www.lesechos.fr