Inde / Il crée des couverts comestibles pour lutter contre le plastique


Un entrepreneur indien a décidé d’agir pour limiter le rejet des 120 millions de couverts en plastique chaque année dans son pays. Comment s’y est-il pris ? En créant des couverts comestibles et biodégradables bien sûr !

Le problème du plastique est mondial, et les couverts en plastiques représentent une part non négligeable de cette pollution à grande échelle. En effet, partout dans le monde, à toute heure de la journée, des personnes utilisent ces ustensiles à usage unique. Nos habitudes de consommation sont la source d’une telle dérive.

Narayana Peesapaty est un entrepreneur indien dans l’agriculture, qui n’est autre que l’inventeur des couverts comestibles. Ces derniers se sont déjà écoulés à 1,5 million d’exemplaires en Inde depuis leur création en 2011. Cependant, l’homme désire augmenter la production et étendre la commercialisation de ses produits dans le monde, une initiative évidemment très positive.

Pour l’instant, seule la cuillère se trouvait dans le commerce, mais Narayana Peesapaty voudrait produire d’autres ustensiles :

« Notre ambition est de nous étendre bien au-delà du domaine des cuillères comestibles. Actuellement, nous avons des fabricants pour produire des baguettes, des fourchettes […] Notre projet est de nous élargir aux tasses, aux assiettes et à divers objets de la table » explique-t-il.

narayana_peesapaty_2016

Narayana Peesapaty a besoin d’un apport de 20.000 dollars et a formulé sa demande et expliqué ses objectifs sur la plateforme de financement participatif Kickstarter. À l’heure où cet article est écrit, 4201 contributeurs ont promis la somme de 129.702 dollars, dépassant de loin l’objectif initial, surtout que la campagne ne se termine que dans 17 jours.

Pas de craintes par rapport aux couverts comestibles. Ne contenant aucun OGM ni conservateurs, ils sont d’ailleurs issus de l’agriculture biologique et du commerce équitable, selon Narayana Peesapaty. Les couverts conviennent à ceux qui mangent cacher ou ont adopté un régime vegan par exemple, car il sont composés de farine de graines de millet, de riz et d’une variété de blé sélectionné pour sa capacité nutritive.

De plus, les couverts comestibles sont déclinés en une multitude de goûts et parfums comme menthe, céleri, sucre, poivre ou encore cumin. Cependant, dans le cas où le consommateur éprouverait des difficultés à avaler sa cuillère à la fin du repas après utilisation, cette dernière est évidemment biodégradable, et ce sous cinq jours. Bon appétit !

Auteur : Yohan Demeure

Source : citizenpost.fr

Open Innovation et bonne gestion de la propriété industrielle sont-elles incompatibles ?


Faciliter l’articulation entre les démarches d’Open Innovation et les dépôts de brevets demande de réinventer de nouvelles formes d’accords de collaboration, d’activation des droits de propriété industrielle. Un challenge qui repose avant tout entre les mains des juristes spécialisés dans la propriété intellectuelle. Les explications de Patrick Pierre, vice-président chez Questel.

A l’heure où l’open innovation est devenue une réalité pour les grands groupes, et de plus en plus pour les ETI et les PME, comment mieux appréhender le sujet de la gestion de la propriété industrielle (PI) entre les différents partenaires ? Force est de constater que ce sujet est bien souvent éludé par les plates-formes collaboratives d’open innovation. L’une des principales raisons évoquées est que la PI freinerait la créativité en imposant des barrières à l’imagination. En réalité, ces plates-formes ont tendance à éluder la question faute d’une maîtrise suffisante de cet outil qu’est la PI et plus encore ne savent pas comment bien encadrer les questions de propriété et d’exploitation associées à la co-création de droits. Plus difficile est leur tâche lorsque les contributeurs deviennent de plus en plus nombreux et avec des apports et des contributions si variés qu’il n’est pas simple de mesurer la part et les apports de chacun.

D’autres arguent que la propriété industrielle serait un frein à l’innovation et aux transferts de technologie. C’est oublier un peu rapidement que le brevet est un « deal » passé entre l’inventeur et la collectivité : en échange d’une diffusion à l’échelle mondiale de l’invention, le détenteur du brevet bénéficie d’un droit, limité dans le temps, d’interdire l’exploitation de son invention pour pouvoir espérer en retirer les fruits de ses investissements. Détenir un brevet permet de pouvoir décider de l’utilisation qui en sera faite, ce qui n’est pas inutile lorsque l’on ne veut pas que son idée soit détournée de l’objectif recherché. C’est à partir de la diffusion de ces inventions brevetées que se créent de très nombreuses nouvelles inventions qui viendront à, leur tour, nourrir la connaissance mondiale.

Ce type de « deal » gagnant-gagnant est très probablement à retranscrire sur les plates-formes collaboratives d’open innovation pour leur permettre de maintenir un flux d’apport d’idées et de concepts nouveaux, éviter un essoufflement de leurs activités et leur permettre de se réinventer.

Vers plus de flexibilité

Deux pistes prioritaires sont à explorer. La première consiste à améliorer la connaissance et la lecture de la PI car cela permet d’économiser beaucoup d’énergie et de temps. Pourquoi dépenser beaucoup d’argent dans des programmes de R&D, des challenges technologiques, quand la solution existe déjà ou en partie. Ou mieux encore, est peut-être déjà tombée dans le domaine public ? Les bases de brevets constituent la plus belle bibliothèque technologique au monde. Il serait dommage de ne pas la consulter. Les outils existent aujourd’hui pour en avoir une bonne lecture. La seconde piste consiste à régler, en amont, les questions d’appartenance et de jouissance de la PI. D’une façon ou d’une autre ces questions arriveront et s’amplifieront lorsque l’exploitation des droits générera des revenus et pourront entrainer des conflits constituant alors effectivement de véritables freins à l’innovation.

Il est aussi important de changer de paradigme car les principales avancées attendues ne viendront pas de l’augmentation ou de la diminution de la panoplie des outils PI existants mais de la flexibilité avec laquelle ces outils PI seront utilisés. Cette flexibilité doit être imaginée pour pouvoir encadrer des accords de collaboration aux enjeux très divers, comme la multitude des participants à la création d’une invention, le phasage éventuel de l’activation des droits de PI en fonction de l’avancement des travaux de recherche, la modulation de la portée des droits revendiqués entre la recherche fondamentale et les expérimentations terrain, la fluidification des transferts de technologie jusqu’à la création de véritables marchés où la compétition pourra alors s’exercer, etc. Le challenge est donc aujourd’hui clairement entre les mains des juristes. Ils doivent trouver rapidement les moyens de sécuriser les droits de PI sur des plates-formes d’échanges et d’open innovation.

La PI mal utilisée, mal gérée, et mal encadrée peut devenir un frein à l’open innovation et jouer clairement contre les intérêts des entreprises, des plates-formes d’open innovation et plus généralement de la collectivité. Les idées pour mieux gérer la PI ne manquent pas. Et c’est ici que les juristes ne doivent plus seulement accompagner le mouvement mais le devancer. Il leur faut être imaginatifs, si possible dans la plus grande transparence, pour que tous puissent profiter de la dynamique d’innovation. Avec pourquoi pas, à terme, la création, comme pour le brevet, d’une bibliothèque mondiale des accords de collaboration en open innovation ?

Auteur : Patrick Pierre, Senior exécutive vice-président de Questel

Source : www.industrie-techno.com

Protéger ou innover ? Du savon de Marseille et de quelques autres spécialités


Comment protéger des produits non alimentaires emblématiques d’une aire géographique ? La Commission européenne travaille sur l’extension du système d’appellation d’origine protégée et d’indication géographique protégée aux produits non agricoles. Quels en sont les enjeux ? Une telle réglementation est-elle adaptée ?

De nombreux produits artisanaux et industriels sont depuis longtemps connus par le nom géographique de leur localité de fabrication. Le savon de Marseille, le linge basque, les couteaux Laguiole, le verre de Murano ou encore les soies thaïlandaises de Chonnabot ou la vannerie colombienne guacamayas en sont des exemples parmi d’autres. Pourtant, qu’est-ce qui vous garantit que le produit que vous allez acheter demain sur les étals d’un marché est bien l’authentique ? Êtes-vous bien sûr que votre savon de Marseille acheté sur le Vieux-Port n’est pas produit en Tunisie, que vos couteaux Laguiole achetés sur un marché local d’Aveyron ne soient pas fabriqués en Inde ou encore que votre linge basque acquis dans une boutique de Saint-Jean de Luz ne soit pas tissé au Portugal ? Tant les consommateurs que les producteurs peuvent être floués. Problème : ces indications géographiques non alimentaires ne sont pas incluses actuellement dans le droit européen des appellations d’origine protégées (AOP) et des indications géographiques protégées (IGP). Ainsi, la Commission européenne travaille sur l’extension du système d’AOP et d’IGP pour les produits non agricoles.

Les AOP et IGP ont été instaurées en 1992 au sein de l’Union européenne (UE) et le règlement européen 1151/2012 indique qu’elles visent seulement les produits alimentaires et quelques autres produits agricoles non alimentaires comme les fleurs, les huiles essentielles, la laine ou le foin. Les AOP et IGP concernant les vins et spiritueux sont prévues dans une autre réglementation. À défaut d’une protection juridique par le droit de l’UE, les produits artisanaux ou industriels ne peuvent donc faire l’objet que d’une protection à l’échelle nationale, lorsque celle-ci le prévoit. Le Portugal, la République tchèque, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et l’Estonie disposent d’une IG qui vise tous les produits. La France, quant à elle, vient de se doter tout récemment d’une IG pour les produits industriels et artisanaux en vertu de sa loi sur la consommation de 2014. Ainsi, le «Savon de Marseille» est la première demande d’enregistrement qui a été déposée auprès de l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) en 2015.

Face au vide juridique européen, les producteurs ont bien souvent déposé une marque géographique, accompagnée d’un logo, pour identifier le «vrai produit» fabriqué sur sa terre natale. La pierre naturelle de Bourgogne, le couteau Solingen en Allemagne ou le marbre Botticino et le verre de Murano en Italie sont ainsi protégés par une marque collective nationale ou communautaire.

Les pays nordiques, à l’instar des pays anglo-saxons, privilégient mordicus le droit des marques pour protéger les produits de qualité emblématiques d’une aire géographique. A contrario, les pays latins préfèrent les AOP et IGP comme signe de qualité. L’UE doit alors allier deux cultures juridiques distinctes.

En outre, elle doit faire face à des tensions dans les négociations commerciales avec ses partenaires étrangers. L’Inde, la Thaïlande ou encore les pays de la Communauté andine en Amérique latine disposent d’une législation ou réglementation relative aux indications géographiques qui vise tous les produits. Les produits artisanaux ou industriels sont d’ailleurs nombreux dans certains de ces pays émergents. Par exemple, l’Inde compte plus d’une centaine d’IG pour des produits principalement artisanaux, la Thaïlande dispose de plusieurs IG concernant la soie et la Colombie a enregistré plus d’une dizaine d’appellations d’origine pour des vanneries, poteries ou textiles traditionnels. Les IG deviennent alors une monnaie d’échange : reconnaissance des dénominations européennes telles «Champagne», «Cognac» ou «Parmigiano Reggiano» sous condition de réciprocité sur celles des partenaires commerciaux, qui concernent souvent de l’artisanat traditionnel. La négociation est plus âpre lorsque l’UE n’a rien à proposer à ses partenaires pour protéger leurs indications géographiques non alimentaires sur le territoire communautaire.

C’est en réponse à ce double enjeu, c’est-à-dire à la fois protéger des produits européens emblématiques par le système d’indication géographique tout en disposant d’un arsenal juridique pour les produits étrangers souhaitant être protégés sur le marché communautaire, que l’UE travaille sur un projet d’extension de sa règlementation relative aux AOP / IGP pour les produits non agricoles. Une consultation publique a été organisée en 2014 et le Parlement européen a donné son feu vert en octobre 2015.

Mais on peut s’interroger sur la pertinence de cette démarche. Deux questions se posent, en effet.

La première concerne le lien à l’origine géographique, qui est primordial pour justifier l’enregistrement d’une AOP ou d’une IGP. Ce lien peut être constitué notamment d’une matière première spécifique, un savoir-faire particulier ou encore une forte réputation. Mais les produits artisanaux et industriels ont évolué au fil du temps : quel lien existe-t-il aujourd’hui entre le linge basque, le couteau Laguiole ou le savon de Marseille et leurs berceaux natals ? Par exemple, la porcelaine de Limoges, jadis connue pour sa blancheur et sa pureté grâce au kaolin extrait sur les terres limousines, est désormais fabriquée avec un kaolin importé car les gisements locaux sont épuisés depuis la Deuxième Guerre mondiale. L’authenticité de sa réputation est-elle alors vraiment en accord avec la réalité ? Et-osera-t-on s’avouer, qu’il s’agisse toujours d’un produit de qualité mais qui n’est plus lié à son origine ?

Deuxième question, le risque existe d’enfermer certains produits dans une définition figée. Le cas du savon de Marseille, première demande d’enregistrement d’une IG industrielle non alimentaire en France, illustre toute la complexité pour moult produits traditionnels européens au XXIe siècle. En effet, le savon de Marseille est lié à son origine par un savoir-faire spécifique. Il est historiquement fabriqué selon une recette traditionnelle à partir de 72% d’huile d’olive et de forme pentagonale, tel qu’édicté par un décret sous Napoléon. Mais certaines savonneries marseillaises incorporent désormais des parfums et le moulent sous différentes formes pour mieux répondre à la demande des consommateurs d’aujourd’hui. Les limites subtiles entre tradition et innovation constituent le cœur même du débat.

Dans ce contexte, on peut avoir quelques doutes sur la simple extension de l’AOP et l’IGP à ces produits artisanaux et industriels qui ne cessent d’évoluer. Il semble que cette seule extension ne suffise pas vraiment à répondre aux enjeux de l’innovation des produits artisanaux et industriels traditionnels et emblématiques d’une localité, qui se négocient aujourd’hui sur un marché ouvert et non dans un musée.

Auteur : Florian Rétif, Doctorant en droit de propriété intellectuelle au laboratoire CECOJI, université de Poitiers, et rattaché au CIRAD.

Source : www.telos-eu.com

Impression 3D : l’INPI rejette la redevance copie privée mais lorgne la responsabilité des hébergeurs


L’Observatoire de la propriété intellectuelle a rendu une synthèse sur la question de l’impression 3D face à la redevance copie privée. Pour lui, il est trop tôt pour envisager l’extension de la ponction à cette technologie. Mais cette antenne de l’INPI marque plus d’intérêt sur la responsabilité des intermédiaires.

Ce document est le fruit d’une vaine tentative parlementaire du sénateur socialiste Richard Yung durant le débat sur le projet de loi Macron, visant à étendre la redevance pour copie privée à l’impression 3D. Faute d’appui gouvernemental, il avait été décidé de confier la patate chaude à un groupe de travail piloté par le Comité national anti-contrefaçon, présidé par le même sénateur. Au final, le rapport a été réalisé par l’INPI à la demande et en coopération avec le CNAC.

L’INPI 2014 vs l’INPI 2016

Avec ce repli stratégique, on pouvait facilement anticiper sa réponse puisqu’en septembre 2014, l’Institut national de la propriété intellectuelle préconisait justement d’« étendre le principe de la rémunération pour copie privée aux outils de reproduction des œuvres, donc aux imprimantes 3D, scanner 3D et aux matériaux utilisés à cette fin ». Surprise, dans la synthèse tout juste publiée, le groupe de travail INPI-CNAC juge l’extension inopportune car « le marché grand public n’existe pas, du moins pas pour le moment ».

Selon l’Observatoire de la propriété intellectuelle, « l’impression 3D est avant tout une technologie à finalité industrielle », et « fabriquer soi-même des objets avec sa propre imprimante 3D représente un coût si important qu’il est plus rentable d’acheter ces objets que de les fabriquer. D’ailleurs, insiste-t-il, cela ne risque pas de changer à moyen terme dans la mesure où les fabricants d’imprimantes 3D tirent une grande partie de leurs revenus de la vente des consommables ». La conclusion tombe ainsi d’évidence : l’impression 3D relèverait « pour les consommateurs du domaine du gadget » et puisque les professionnels n’ont pas à payer la redevance, une telle modification de l’assiette est à ce jour « une réponse inadaptée, voire un message négatif pour les entreprises ». C’est peu ou prou ce qu’avait opposé Emmanuel Macron en avril 2014, lorsque l’amendement Yung fit apparition au Sénat…

La responsabilité des intermédiaires

Mais l’Institut national de la propriété industrielle a une autre cible en tête. Elle concerne cette fois, non les copies de sources licites, mais la problématique des contenus illicites. C’est la question de la responsabilité des intermédiaires techniques qui hébergent des fichiers numériques (modèles 3D) destinés à nourrir les équipements d’impression.

En septembre 2014, déjà, l’INPI avait préconisé de faire peser sur les intermédiaires « l’obligation de refuser la présence et l’impression d’objets dont la vente est réglementée et/ou dangereux [ou] portant sur des produits protégés par des droits de propriété intellectuelle et dont l’utilisation n’a pas été autorisé par les ayants droit ».

Le rapport 2016 poursuit sur cette lancée en notant avec vif intérêt les travaux sur le statut de la plateforme dans le projet de loi sur la République numérique. Ce statut accentue les obligations sur les épaules des hébergeurs, d’autant plus qu’un amendement a été adopté à l’Assemblée nationale pour contraindre les plateformes à élaborer des bonnes pratiques visant « à lutter contre la mise à disposition du public, par leur entremise, de contenus illicites », notamment par la mise en œuvre « de dispositifs techniques de reconnaissance automatisée » des contenus.

Deux soucis cependant : cette réforme s’inscrit dans le droit de la consommation, se pose du coup « la question de savoir si dans l’esprit du législateur les contenus illicites que les plateformes devront détecter recouvrent les objets couverts par des droits de propriété intellectuelle. L’insertion de cette disposition dans le code la consommation laisse supposer que cela ne sera pas le cas ». Deuxièmement, le sujet a fait l’objet de critiques de la part de Bruxelles, qui apprécie sans doute peu que la France fasse cavalier seul sur un chantier que la Commission envisage d’ouvrir dans toute l’Union.

Plus accessoirement, l’INPI demande aux ayants droit de mener une réflexion afin de mettre en place une offre légale dans ce secteur. Il suggère également la création d’un institut supérieur de l’impression 3D, pour fédérer les travaux dans les différentes filières intéressées.

Auteur : Marc Rees

Source : www.nextinpact.com

Propriété industrielle : quand les start-up poussent les PME à revoir leur approche


PME et ETI restent en recul en matière de dépôts de brevet par rapports aux startups et grands groupes d’une part, et à leurs homologues européennes d’autre part. Retour sur les raisons de ce décalage et les pistes pour l’effacer. Par Charles Besson, CEO, Questel

Les entreprises françaises restent en retard en matière de gestion de leur propriété industrielle par rapport à leurs homologues européennes. Si les grands groupes du CAC 40 partagent les pratiques internationales en la matière du fait de leur exposition aux marchés mondiaux, les ETI et PME restent très en recul. Elles ont trop souvent tendance à ne prendre en compte que leur environnement immédiat et à sous-estimer la menace qui vient de l’étranger. En 2014, 28,7% des demandes de brevets publiées par des personnes morales françaises émanaient de PME (un peu plus de 2500 demandes de brevets déposées) ou d’ETI (un peu moins de 700 demandes de brevets déposées) – des chiffres stables depuis 2011 . Celles qui déposent des brevets le font dans un but avant tout défensif, pour protéger leur invention. Et pour le moment, très peu exploitent les informations contenues dans les portefeuilles de brevets pour faire de veille concurrentielle et/ou anticiper des évolutions de leur paysage concurrentiel.

L’amorce d’un changement

Toutefois le changement se faire sentir sous l’impulsion des start-ups. Ces jeunes entreprises, dirigées par des créateurs imprégnés de culture internationale et de renouveau des business models, ont perçu la valeur ajoutée des brevets pour développer leur activité et accélérer leur croissance. Au-delà de la protection de leur(s) invention(s), elles les utilisent pour analyser leur marché et en comprendre les évolutions potentielles, identifier les champs libres d’innovation incrémentale et anticiper de nouvelles ruptures technologiques.

Elles y trouvent ainsi des pistes pour innover encore davantage. Les brevets déposés leur servent aussi à valoriser plus et mieux leur entreprise, a fortiori si elle a le projet d’entrer en bourse et même si aucun indicateur n’a été établi sur le sujet pour le moment – mais cela ne saurait tarder. Enfin, et cela est très révélateur, le sujet est souvent pris en main (ou suivi de très près) par le dirigeant lui-même – de même que les groupes du CAC 40 impliquent leur directeur de la Propriété industrielle (PI)  au niveau du board.

A noter que cette tendance touche un grand nombre de secteurs, y compris ceux qui n’étaient pas spontanément associés aux problématiques de brevets mais où la dynamique startup est forte : la banque est aujourd’hui challengée par les Fintech au sein desquelles un nombre certain de brevets sur le paiement en ligne commence à exister – comme ceux déposés par Mastercard ; ou encore la distribution qui, pour faire face à l’inexorable montée du e-commerce, dépose des brevets sur ce qui fait la différence entre les marques – les systèmes de gestion des stocks, des livraisons, etc. – à l’image des initiatives de Wallmart et Amazon sur ses systèmes innovants de logistique.

Un soupçon de risque

Qu’en est-il des PME et ETI françaises ? La plupart sont loin d’avoir une vision offensive de la PI et rares sont celles qui analysent les brevets existants avec des outils et méthodologies de Business Intelligence et d’intelligence artificielle pour apprécier le futur de leur marché et ajuster leur R&D en conséquence.

Beaucoup de ces entreprises se sont créées dans une optique franco-française, en ciblant le marché domestique et sans craindre une concurrence qui viendrait de beaucoup plus loin, que ce soit en termes géographique ou de métier. L’organisation des PME et ETI révèle une sous-représentation des professionnels de la PI, les ressources internes étant concentrées sur des fonctions-clés et incontournables comme les ventes, la production et la finance. A cela s’ajoutent le fait que le brevet continue d’avoir mauvaise presse en France. Une entreprise dépose un brevet pour interdire un potentiel concurrent de faire exactement la même chose. Elle ne le dépose parce qu’elle s’y sent contrainte, alors qu’un brevet s’avère être un véritable outil d’inventivité. L’absence de formation à la PI des jeunes générations est aussi un frein à la diffusion de cette culture en entreprise.

L’échelle nationale ne tient plus

Or une réflexion à la seule échelle nationale ne tient plus. Les frontières des marchés économiques disparaissent au profil de la mondialisation des échanges et les innovations peuvent être créées n’importent où.

Ces PME et surtout les ETI se retrouvent aussi dépourvues face aux actions des patent trolls qui, eux, sont bien renseignés sur le marché des brevets et peuvent les attaquer alors qu’elles ne s’y attendent pas du tout.

Un zeste de PI pour une nouvelle culture d’entreprendre

Pour toutes ces raisons, il est important que la propriété industrielle s’impose comme une priorité dans toutes les entreprises françaises afin d’assurer la pérennité et la croissance des activités créées. Le changement se fait progressivement, impulsée par les jeunes pousses. Il serait sans doute également constructif pour l’avenir de sensibiliser bien plus les jeunes générations, dès le lycée – en Asie, ce sont dès l’école élémentaire que le sujet est abordé… Sans oublier l’intérêt de créer des événements dédiés et des roadshows dans les universités et grandes écoles, etc. Un vrai défi qui va de pair avec le développement de la culture économique au sein de la société.

Auteur : Charles Besson

Source : www.latribune.fr

Un Ruthénois cherche des partenaires pour son invention


Économie – Il a breveté une bâche pour la protection des biens

abdelkrim_lazizi_2016

Pour le moment, Abdelkrim a fait fabriquer une bâche d’un mètre cube (150 € environ à la vente) mais de nombreuses autres possibilités sont envisagées.

Très touché par les témoignages de sinistrés victimes des nombreuses inondations qui ont touché l’Hexagone ces dernières années, Abdelkrim Lazizi a eu l’idée, en 2012, d’inventer une bâche destinée à protéger les éléments lourds contre les risques de montée des eaux. Ses connaissances en physique et en mathématiques ont fait le reste et trois ans après, en août 2015, son produit a été breveté par l’Institut national de la propriété industrielle (INPI).

Concrètement, cette bâche se pose sur l’objet à protéger. Lorsqu’elle est en place, il suffit de serrer les sangles du bas et les élastiques des côtés afin de l’adapter au plus près de l’objet, puis de la rigidifier en la gonflant grâce à une valve. «Ainsi, l’eau ne peut plus pénétrer par en dessous, le bien est protégé par l’air situé dans sa propre masse. Plus l’élément est lourd, plus il supportera de hauteur d’eau», explique Abdelkrim.

Si cette bâche peut servir à protéger des meubles de valeur ou des appareils ménagers chez les particuliers, elle pourrait s’avérer très utile pour les industriels en préservant, par exemple, des stocks de produits toxiques ou des machines industrielles. Autre fonction imaginée par l’inventeur, la protection des voitures. «Ces derniers temps, on a vu de nombreux exemples de parkings inondés, provoquant même des catastrophes humaines. Une bâche adaptée, recouvrant le véhicule et sanglée à sa base puis gonflée jusqu’à rigidité complète, permettrait de protéger le véhicule et de rassurer son propriétaire», souligne-t-il, ajoutant que dans ce cas précis, la voiture devra être équipée d’anneaux d’accrochage de part et d’autre de la place de stationnement permettant d’y passer la sangle.

Lancer la fabrication

Son brevet obtenu, Abdelkrim a maintenant envie d’aller plus loin. «J’ai écrit à de nombreuses organisations responsables comme les mairies de Nice ou de Toulouse, ou le SDIS 31, et tous ont semblé intéressés par mon projet. J’ai fait fabriquer une bâche d’un mètre cube afin de faire connaître le produit et essayer d’obtenir des commandes pour pouvoir lancer la fabrication», espère Abdelkrim qui, pour le moment, cherche donc à convaincre de futurs partenaires persuadés, comme lui, de l’utilité de son invention. Ils peuvent le joindre au 06 37 26 34 73 ou par E-mail : abdelkrimlazizi@gmail.com.

Auteur : Sylvie Ferrer

Source : www.ladepeche.fr

Camping : une invention qui change la vie


Quand le camping sauvage devient facile… Cette tente d’un inventeur britannique, mi cabane dans les arbres, mi hamac, va vous changer la vie !

tree_tente_a_la_montagne_2015

La « tree tent » à la montagne

Le bivouac, ce n’est pas toujours simple. Il faut trouver un sol adapté – pas trop de cailloux, ni de pente – bien isoler sa tente des fourmis, araignées et autres insectes – des fois qu’ils arriveraient à passer dans un minuscule trou – et être paré contre les pluies diluviennes – dans un pays humide, l’inondation est si vite arrivée. Un inventeur britannique et amoureux de la nature, Alex Shirley-Smith, s’est penché sur la question. Sa tente révolutionne le camping sauvage. Entre cabane dans les arbres et hamac, la tree tent fait rêver les grands enfants et les apprentis aventuriers !

Pour l’installer (ou plutôt l’accrocher), il suffit de trouver non pas deux arbres, mais trois arbres à une distance raisonnable. Vous pouvez l’élever de quelques centimètres ou d’un mètre, ou pourquoi pas bien plus haut… Une fois mise en place, une échelle de corde se déroule sous la tente. Ainsi, on peut monter et descendre dans son « chez soi portable » à longueur de journée. La vue est toujours plus belle en haut des arbres, on n’est pas dérangé par un animal curieux, et le tout est respectueux de l’environnement.

Un concept accrocheur

Le modèle Stingray, petit dernier de la société Tentsile, offre de la place pour trois personnes. Pour une grande famille, il est possible d’empiler plusieurs tentes, de les accrocher aux mêmes arbres les unes au-dessus des autres. A noter que ce logement insolite est protégé de la pluie et des insectes. Le concept « tente des arbres » connaît un beau succès puisqu’il y a une liste d’attente d’environ 3 semaines pour son achat, et ce n’est pas vraiment étonnant. Coût du rêve : environ 582 euros pour le modèle haut de gamme.

Auteur : Olivia Merlen

Source : www.easyvoyage.com