Comment rémunérer les inventions des salariés


Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à mettre en place des systèmes de rémunération pour doper la créativité de leurs équipes.

Pour innover, le plus efficace est de stimuler les inventeurs. A ce titre, les entreprises ont bien compris l’intérêt qu’elles ont à se servir de la rémunération comme d’un puissant levier auprès de leurs salariés. Selon une récente enquête de l’Institut national de la propriété industrielle (Inpi), 64 % des plus de 400 sociétés interrogées utilisent un tel dispositif pour favoriser le développement de leur portefeuille de brevets. Logiquement, « il existe une corrélation entre l’utilisation de la propriété intellectuelle et la mise en place d’un système de rémunération des inventions des salariés, comme en témoignent les 68,5 % d’entreprises répondant qui confirment déposer chaque année, en moyenne, plus de 10 demandes de brevet », souligne l’Inpi.

Dans le détail, les entreprises se montrent particulièrement innovantes : 60 % d’entre elles ont mis en place un système de primes forfaitaires versées en plusieurs fois aux salariés, à des moments clefs de la vie de l’invention. Une société sur quatre a même conçu un mécanisme de rémunération qui comprend, à la fois, le versement de primes forfaitaires et une rétribution qui tient compte de l’exploitation de l’invention.

Du côté des réfractaires à de tels systèmes, on souligne que « cette pratique ne fait pas partie de la culture d’entreprise ou qu’elle est déjà intégrée au salaire des inventeurs », précise l’Institut. Néanmoins, ils ne sont plus majoritaires : 58,2 % des sociétés interrogées affirment organiser des réunions de sensibilisation à la rémunération des inventions avec leurs salariés.

À noter

Pour une invention, un salarié reçoit en moyenne un montant forfaitaire de 2.200 euros.

Auteur : Vincent Bouquet

Source : business.lesechos.fr

L’étrange histoire du chloroforme


Le chloroforme n’a pas toujours été un gimmick de polar : il fut longtemps considéré comme un remède miraculeux qui délivrait les gens de la souffrance.

Édimbourg, novembre 1847. Vu de l’extérieur, ce rassemblement de professionnels de la santé pouvait paraître suspect. Certains médecins étaient vautrés, inconscients, dans leurs sièges. D’autres titubaient dans les couloirs, ivres et hilares, reniflant de temps à autre les vapeurs émanant des chiffons qu’ils tenaient près de leur visage. L’un d’eux était en état d’hypervigilance. Ses yeux roulaient frénétiquement dans leurs orbites à la recherche du moindre signe de danger.

Au milieu de tous ces énergumènes se tenait un homme parfaitement sobre, James Young Simpson. L’obstétricien était ravi. Il avait organisé la rencontre pour annoncer une découverte extraordinaire. Quelques semaines plus tôt, il était tombé sur un composé chimique jusqu’ici inconnu de la médecine : le trichlorométhane, ou chloroforme. Ce sédatif étourdissant plongeait le sujet dans un sommeil quasi-immédiat, sans les effets secondaires inquiétants de l’éther.

Simpson les assurait que le chloroforme apporterait enfin aux patients l’anesthésie indispensable lors des procédures douloureuses durant lesquelles ils hurlaient habituellement à la mort. Une cuillère à café de liquide versée lentement dans un mouchoir et inhalée asphyxierait temporairement l’esprit des patients, les mettant à l’abri.

Jusqu’à ce que Simpson commence sa démonstration, un silence sceptique régnait dans l’assemblée. Mais c’était exactement comme il l’avait dit. Par la suite, le chloroforme allait devenir l’élixir de sommeil favori du monde entier. On le trouverait aussi bien dans la chambre de naissance de la reine Victoria que sur les champs de bataille. Mais il serait également vivement critiqué, car quelques gouttes de trop suffisaient pour basculer de la dose thérapeutique à la dose mortelle. Criminels et victimes se l’approprieraient à des fins détournées, l’inscrivant dans l’imaginaire collectif comme un moyen efficace de voler, violer ou tuer.

Mais tout cela n’arriverait que plus tard. Pour l’heure, Simpson promenait son regard sur les médecins qui marmonnaient et ronflaient autour de lui. Il avait toutes les raisons de croire qu’il venait de bouleverser le monde de la médecine dans le bon sens du terme. Il songea un instant qu’il serait amusant de faire tomber les gens comme des mouches dans une soirée.

Alcool et chlorure de chaux

Bien que leurs noms soient associés, Simpson n’est pas l’inventeur du chloroforme. C’est le chimiste américain Samuel Guthie qui, alors qu’il cherchait à concevoir un pesticide plus puissant, fut le premier à mélanger l’alcool et le chlorure de chaux en 1831, découvrant ainsi le composé. En l’espace de quelques mois, deux autres chimistes avaient fait des découvertes similaires en France et en Allemagne. On connaissait le liquide sous le nom de «doux whisky». Il était ingéré pour ses effets enivrants et tranquillisants sur le système nerveux. Mais ce n’est qu’après que Simpson essaya différents produits chimiques en quête d’une alternative à l’éther que le chloroforme fut adopté par les médecins pour apaiser la souffrance.

«Beaucoup de docteurs pensaient que la souffrance était une bonne chose, mais Simpson n’était pas d’accord», raconte l’historienne Linda Startmann. «L’éther présentait des inconvénients. Son odeur était nauséabonde et les patients se débattaient pour y échapper.»

Lorsqu’il était étudiant, Simpson avait été témoin d’une opération de la poitrine pratiquée sans sédatif. Le patient agonisait. Il en avait gardé une rancune tenace contre l’éther, qu’on utilisait depuis 1842. C’était une substance inflammable, un inconvénient de taille pour les procédures chirurgicales éclairées au gaz. Elle avait aussi tendance à exciter certains patients: l’un d’eux avait sorti ses intestins de ses propres mains pendant une intervention.

Régulièrement, Simpson s’asseyait dans sa salle à manger. Avec l’aide de ses assistants, il passait en revue toutes les alternatives auxquelles il pouvait penser. «À l’époque, ils avaient recours à l’auto-administration», dit Startmann. «C’est quoi ? C’est dangereux ? Laisse-moi essayer!» Après une bouffée de chloroforme, Simpson fut convaincu qu’il avait signé l’arrêt de mort de  l’éther. Sans administration rigoureuse pour le ralentir, comme c’est le cas aujourd’hui, Simpson agit en hâte. Il engagea un chimiste pour former un groupe de test.

En novembre 1847, il versa une demi-cuillère à café dans un chiffon qu’il pressa sur le visage d’une femme qui était sur le point d’accoucher. Ses yeux roulèrent dans leurs orbites et son enfant sortit sans encombres. Lorsqu’elle se réveilla, elle était paniquée. Elle ne pouvait pas croire que c’était son bébé: elle ne se souvenait pas l’avoir accouché.

Simpson était fou d’excitation. Il réunit ses pairs et la rumeur des propriétés magiques du chloroforme ne tarda pas à se répandre. (Le protoxyde d’azote, que peu de praticiens utilisaient à l’époque, n’avait pas de défenseur comme Simpson. C’est la raison pour laquelle la demande était limitée.) Simpson écrivit une brochure vantant les vertus du chloroforme. Il ne pouvait tolérer que les salles d’opération se transforment en boucherie, aussi le défendit-il chaque fois qu’il en eut la possibilité.

Popularisé par la guerre de Sécession

Le chloroforme était efficace et peu cher. Les médecins n’eurent pas besoin de plus d’arguments pour commencer à l’utiliser, contrairement aux patients. À l’époque, le concept de sédation était tout nouveau. Pour certains, le fait d’être endormi était plus effrayant que d’affronter la souffrance de l’opération. La nervosité des patients provoquait de l’hyperventilation pendant son application.

«Le problème, c’est qu’il n’y avait aucun moyen de savoir quelle quantité d’anesthésiant ils recevaient en respirant de cette façon», dit Stratmann. «S’ils paniquaient, qu’ils retenaient leur respiration puis inspiraient profondément, ils inhalaient une bouffée ultra-concentrée.» S’ensuivaient parfois des arrêts cardiaques et des décès.

Le chloroforme souleva d’autres questions, avant tout car la substance était mal comprise: certains croyaient par exemple qu’il s’agissait d’un dépresseur respiratoire. Cependant, ces inquiétudes furent mises de côté face à la demande créée par la guerre de Sécession. La violence des combats exigeait une anesthésie rapide sur le champ de bataille. Des 80.000 opérations recensées par le syndicat des médecins, seules 254 d’entre elles furent pratiquées sans anesthésiant. On en utilisait de toutes sortes, mais il s’agissait la plupart du temps de chloroforme ou d’un mélange d’éther et de chloroforme, pour atténuer les risques de chacun.

Les craintes liées au sommeil artificiel furent vite éclipsées par la douleur fulgurante d’une jambe blessée par un éclat d’obus. Le patient inhalait et les vapeurs engourdissaient d’abord ses sens. Il cessait de bouger, ses sensations s’évanouissaient et il n’était finalement plus conscient des scalpels qui creusaient sa chair. En bref, c’était exactement ce dont ils avaient besoin.

Si l’on met de côté les arrêts cardiaques occasionnels, le chloroforme était un médicament miraculeux. Les derniers doutes du grand public furent balayés en 1853 quand la reine Victoria mit son enfant au monde sans rien sentir.

Auteur : Jake Rossen

Source : www.slate.fr

Le moteur à explosion du XXIème siècle est né !


Moins gourmand, plus autonome et plus fiable : tel est le moteur à explosion imaginé par Aquarius Engines, une firme israélienne. Sa principale évolution ? Un piston unique se déplaçant latéralement. Génial.

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Conçu en Israël, le nouveau moteur à explosion, avec son piston unique à poussée latérale constitue une vraie révolution.

Et si l’avenir de l’industrie automobile ne résidait pas dans le moteur électrique qui, en dépit de progrès indéniables, n’en reste pas moins problématique à cause de ses batteries, mais bien dans le moteur… à combustion, que nous connaissons depuis un siècle? Sûr que pour l’écologiste qui sommeille (ou qui est déjà réveillé) en vous, la question ressemble à une provocation. Avec un pétrole moins cher, pensez-vous peut-être, le lobby de l’industrie automobile se sent de nouveau pousser des ailes et espère pouvoir nous imposer pendant des décennies encore son bon vieux moteur polluant. Sauf qu’il ne s’agit pas de cela du tout. Ce moteur à explosion de nouvelle génération marque une vraie révolution. Il est nettement moins gourmand, plus autonome et plus fiable, selon Aquarius Engines, la firme israélienne qui l’a conçu.

Yaakoby, CTO and Inventor, Fridman, Chief Marketing Officer, Gonik, Head of Business Development and Gorfung, Chief Executive Officer from Israeli start-up Aquarius Engines pose for a picture next to a prototype of their combustion engine at their offices

Les inventeurs Shaul Yaakoby (à dr.) et Gal Fridman (au centre), la responsable du marketing Maya Gonik (à g.), et Ariel Gorfung (debout), patron de l’entreprise israélienne Aquarius Engines, présentent leur fameux moteur.

Selon cette entreprise israélienne, ce moteur ultra-performant pourrait réduire la consommation de carburant de façon spectaculaire et contribuer à une révolution de l’industrie automobile. Bien entendu, il ne tient pas compte de l’évolution du moteur électrique. Et pour cause: il fonctionnera toujours à l’essence, mais avec une consommation sans comparaison avec celle des moteurs courants actuels.

D’abord son coût. La firme Aquarius Engines affirme que son moteur ne coûtera pas plus de 100 francs pour une autonomie, avec un seul plein, de 1600 km, soit le double de l’offre actuelle. Le secret est dans sa conception même, très différente du moteur à explosion ordinaire. Composé de moins de 20 pièces, le moteur d’Aquarius s’appuie non plus sur de multiples pistons à poussée verticale, mais sur un seul piston à poussée latérale. Cette simple innovation changerait tout. Ainsi à en croire la société d’ingénierie allemande FEV, qui a effectué des tests, un tel moteur se révèlerait deux fois plus efficace qu’un moteur traditionnel.

Son inventeur, Gal Fridman, co-fondateur d’Aquarius Engines, y mettrait sa main à couper: « Ce moteur a les plus faibles émissions (de CO2) et le meilleur rapport puissance-poids. »

Les arguments de la firme basée à Tel-Aviv ne sont en tout cas pas tombés dans l’oreille de sourds. De nombreux constructeurs automobiles sont déjà en discussion avec Aquarius Engines, par exemple le Français Peugeot.

Évidemment, l’introduction d’un tel moteur en remplacement de celui que nous avons toujours connu impliquerait d’énormes coûts pour transformer les chaînes de montage. Personne ne semble pour l’instant prêt à faire le grand saut, mais l’avenir de l’automobile se joue vraisemblablement en partie maintenant.

Source : www.illustre.ch

Babacar Thiam, architecte : Concepteur d’une corbeille triangulaire de conditionnement des déchets


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Au Sénégal, les industriels et les services n’accordent pas encore une attention aux innovations et inventions de leurs compatriotes. La corbeille triangulaire indéformable de l’architecte Babacar Thiam risque de tomber dans l’oubli. Pourtant, cette création a obtenu un brevet de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi). Plus adaptée au milieu urbain, elle est segmentée en trois compartiments servant à conditionner plusieurs types de déchets.

La frontière est ténue entre l’architecture et l’invention. Et lorsqu’on est architecte, on peut facilement franchir cette ligne. L’architecture est l’un des métiers où le rêve est une règle. Cette attitude professionnelle mène souvent à la création d’œuvres qui sortent de l’ordinaire. L’architecte Babacar Thiam n’a pas prouvé le contraire.

Dans son atelier, sis à la Cité Karack, sa corbeille triangulaire compartimentée, une création brevetée, est bien visible. Elle a trois parties et peut facilement être accrochée aux angles sans être déformée. Elle est aussi munie d’un tiroir que l’usager coulisse pour la vider. Les trois flancs latéraux ne sont pas des grilles. Les couleurs et la forme valorisent cette corbeille qui s’intègre parfaitement dans le milieu urbain. « C’est une corbeille adaptée en ville parce qu’on peut facilement l’utiliser.

En outre, elle ne prend pas de l’espace. L’usager n’a pas besoin d’effort pour la vider, il suffit juste de retirer le tiroir pour évacuer les déchets », vante Babacar Thiam.

L’originalité de cette corbeille a été attestée par l’Organisation africaine pour la propriété industrielle (Oapi). En dépit de ce certificat, cette création est encore à l’échelle de prototype. L’architecte s’est pourtant donné du temps pour la présenter aux autorités et aux services impliqués dans la gestion des déchets. Aujourd’hui, la probabilité que cette innovation tombe dans l’oubli est plus que réelle. « Nous avons vu récemment qu’on a importé des corbeilles de l’étranger.

Or, nous avions fait le tour de quelques services pour présenter cette corbeille. Nous ne comprenons pas certains responsables de services. Il est temps que les Sénégalais fassent confiance à leurs compatriotes qui sont dans l’innovation et l’invention », défend l’architecte. Cette poubelle a été fabriquée avec des matériaux locaux. L’expérience a démontré que les formes des poubelles et des corbeilles peuvent pousser à un usage détourné par les usagers. Les poubelles en plastique servent de fûts dans beaucoup de ménages. Celle de l’architecte, avec ses aérations, offre une marge réduite à d’autres finalités que le conditionnement des déchets.

Franchir les obstacles

Mais les autorités ne sont pas les seuls responsables des contraintes dans l’univers de la créativité au Sénégal. L’architecte met au banc des accusés les inventeurs qui ne se font pas souvent confiance et les Sénégalais qui ne cultivent pas le consommer local. « L’absence de moyens financiers ne doit pas être un obstacle à l’innovation, à l’invention. Je pense que tout innovateur, inventeur doit se battre pour fabriquer le premier prototype », note Babacar Thiam.

Ces obstacles à la créativité ont poussé l’architecte à agir en faveur des innovateurs et des inventeurs. M. Thiam est l’un des rares mécènes ayant investi le secteur des innovations. Son coup de pouce a aidé des inventeurs à concrétiser leurs idées. L’architecte porte plusieurs projets. Parfois, il assiste les porteurs de projet du début de la conception du prototype à la vulgarisation. « Dans leur tête, leurs idées sont claires. Maintenant il reste à les concrétiser. Certains ne peuvent pas aller sans ce coup de pouce », estime-t-il.

L’innovation, l’invention est une activité secondaire pour Babacar Thiam. Son terrain de prédilection, c’est l’architecture. Il ne se contente pas de faire des designs en se servant des technologies plus à la mode comme l’impression 3D. Il enseigne cette discipline dans des écoles de la place. « Ma formation de base, c’est l’architecture. C’est un métier qui oblige à toucher à tout », brosse l’architecte qui est aussi à ses heures perdues urbaniste, designer, infographe, maquettiste et analyste. Il a été formé à l’École d’architecture de Versailles, à Paris, avant de passer dans des cabinets de renom comme Renaissance et Jean-Luc Martin.

L’auteur de l’ouvrage « Index du Coran » aime le jazz et adore jouer au piano. C’est aussi un passionné des sciences, de la mécanique, de l’informatique, de l’électronique et de la peinture.

Source : xalimasn.com

Auguste Rateau, maître de la construction mécanique


Portrait de l’homme des turbo-machines, Auguste Rateau, dont la vie offre une étonnante suite de réussites industrielles.

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Auguste Rateau

Avec un nom pareil, il n’est pas étonnant qu’Auguste Rateau (Royan, 13 octobre 1863 – Neuilly-sur-Seine, 13 janvier 1930) ne soit plus connu que d’un petit groupe de spécialistes. Pourtant en dépit de son patronyme, sa vie offre une étonnante suite de réussites, sinon amoureuses, du moins industrielles. Il a été l’homme des turbo-machines comme Fourneyron avait été l’homme des turbines.

« Rateau, mais c’est un inventeur jusqu’aux bouts des ongles ! » disait un de ses amis. « Expérimentateur habile, observateur sage, créateur de génie »1, il était considéré comme le maître de la construction mécanique française.  À ses yeux, théorie et pratique étaient inséparables. L’invention n’avait de signification que par ses applications industrielles.

Il a combiné de façon originale la figure du scientifique et celle de l’industriel. Nombreux sont les ingénieurs des mines qui ont joué un rôle de direction dans l’industrie, mais peu nombreux sont ceux qui ont été de vrais patrons, créateurs de leur entreprise.

Petit-fils de maçon, fils de tailleur de pierre devenu modeste entrepreneur de travaux publics, Auguste Rateau fait ses études au collège de Cognac. Ayant obtenu une bourse d’études pour les classes préparatoires du lycée Saint-Louis (1879), il s’y montre un brillant élève. S’intéressant déjà aux questions de mécanique, il réussit du premier coup Polytechnique dont il sort major (1883). S’il choisit le corps des Mines, il se montre inégalement intéressé par les diverses matières au programme.

Après un bref séjour à Rodez, Auguste Rateau est nommé professeur à l’École des mines de Saint-Étienne (1888).

Le professeur de l’École des Mines de Saint-Étienne

Installé sur un bassin minier, l’École de Saint-Étienne joue un rôle prépondérant dans la formation des ingénieurs exploitants. Il va passer dix années fécondes dans cette école dont les gloires s’appellent Boussingault, Fourneyron ou Fayol.

Rateau marque profondément ses élèves. Parlant sans notes, son exposé n’en était que plus vivant. Dans les cours théoriques, il souligne toujours les applications pratiques. Un de ses anciens élèves rappelle son grand principe : « Les mathématiques doivent toujours guider l’esprit de recherche pour obtenir la précision et éviter l’erreur ». Les cours techniques de machines et d’électricité industrielle qu’il donne reflètent « souvent le résultat de ses méditations et de ses recherches. »

Il y pose les bases de sa théorie des turbo-machines. Ingénieur des mines, il a le souci de perfectionner les machines qui servent à l’exploitation houillère. Il aimait à rappeler le rôle qu’avait joué les professeurs de Saint-Étienne dans la théorie des turbines et des ventilateurs : Burdin et son élève Fourneyron pour les turbines, Murgue pour la ventilation des mines. « Nous pensons avoir, de notre côté, amené la théorie des turbines à un grand degré de simplicité et de précision. » Mais Rateau s’intéresse aussi aux questions d’aérodynamique, à l’aviation balbutiante, intérêt qui devait avoir des conséquences pratiques pendant le Grande guerre.

En 1920, il devait déclarer : « J’ai été professeur de science pure et de science appliquée. Entré jeune dans l’enseignement, j’ai suivi les errements habituels. À cette heure, ayant vu bien des choses à l’étranger, visité plusieurs écoles d’enseignement technique et leurs laboratoires, en Amérique, en Angleterre, en Allemagne, et beaucoup réfléchi à leur sujet, je puis dire que si je reprenais l’enseignement, je le présenterais tout autrement avec la conviction que les élèves en auraient plus de bénéfice. »2

La société pour l’exploitation des brevets Rateau

Souhaitant se consacrer entièrement à sa carrière d’inventeur, Auguste Rateau prend un congé sans solde en 1898. Son Traité des turbo-machines étant considéré comme le livre de chevet sur la question, il fonde à Paris un bureau d’études pour exploiter ses idées. Il présente ses premières réalisations à l’Exposition universelle de 1900. Il finance ses travaux grâce à ses fonctions comme ingénieur-conseil de la maison Sautter-Harlé.

C’est notamment dans les ateliers Sautter-Harlé, qu’est construite la première turbine à vapeur multicellulaire. La société pour l’exploitation des brevets Rateau grandit et il appelle pour la diriger un autre polytechnicien, Paul Chaleil (1903).

Chez Rateau, la pensée n’est pas « divisée entre le connaître et le construire ». Comme le souligne E. Jouguet, il « choisit avec une grande justesse de vue des hypothèses excessivement naturelles et satisfaisantes, et la vérification expérimentale par les conséquences garantit la valeur de ses conceptions »3. Il a ainsi toujours donné la priorité à l’expérience sur l’outil mathématique, n’hésitant pas à simplifier les hypothèses.

Rateau lui-même précise ses conceptions dans une notice à l’occasion de sa candidature à l’Académie des Sciences : «La mécanique étant essentiellement expérimentale comme la physique dont elle n’est qu’une des branches, je me suis toujours attaché à vérifier par des expériences appropriées les théories établies et les formules qui en résultent. »

Auguste Rateau professeur et administrateur

Auguste Rateau revient un temps à l’enseignement en occupant la chaire d’électricité industrielle à l’École des Mines de Paris (1902-1908). S’il y crée le laboratoire d’électricité, il ne se montre guère assidu aux cours. Cette période n’aura donc pas la fécondité de son enseignement stéphanois.

Il s’associe, par ailleurs, à d’autres sociétés pour la production de ses appareils. La Société générale de constructions mécaniques va réaliser, dans son usine de La Courneuve, les turbines terrestres. Les Ateliers et chantiers de Bretagne se chargent des turbines marines.

Il avait eu l’idée d’utiliser la vapeur d’échappement des machines à échappement libre en la régularisant au moyen d’un accumulateur régénérateur de vapeur, fonctionnant comme condenseur pour la machine primaire et comme chaudière pour la turbine.

Ses turbines pour la marine vont se révéler sans égales et équiper les contre-torpilleurs de la marine française.

Mais ses fonctions d’administrateur de sociétés le forcent à quitter définitivement le Corps des Mines en 1911.

Il décide, dès lors, de lancer sa société dans la fabrication, à Muizen (Belgique) puis au Pré-Saint-Gervais, au nord-est de Paris.

Auguste Rateau et l’effort de guerre

Quand éclate la guerre de 1914, il est d’abord mobilisé à la Manufacture d’armes de guerre de Saint-Étienne. Puis, en 1915, il compte parmi les industriels consultés lorsque le gouvernement s’efforce d’intensifier la fabrication des munitions. On lui confie même à ce sujet une mission en Angleterre. Finalement, en 1916, ayant rappelé des armées le personnel qui lui était nécessaire, il remet en marche les usines de sa société, reprenant les fabrications pouvant être utiles à la guerre. Il reconvertit ainsi une partie de l’activité développant la fabrication de projectiles de 75. Celle-ci dure jusqu’à l’armistice.

Mais pour un homme comme Auguste Rateau, ce travail en grande série dans une usine modèle ne suffisait pas à ses capacités. Il met rapidement au service de la Défense nationale ses dons d’inventeur.

Il étudie ainsi à cette époque le turbo-compresseur d’avions pour permettre le vol à couple constant à toutes les altitudes. Rateau a l’idée d’adapter une turbine sur l’échappement des gaz brûlés du moteur. Cette turbine commande un ventilateur centrifuge comprimant l’air fourni au moteur. De la sorte, le moteur ne change pas de régime et continue à fournir le même travail en altitude que lorsqu’il se trouve dans les régions basses de l’atmosphère. L’avion peut ainsi s’élever à 5000 mètres d’altitude et gagner des vitesses inconnues auparavant.

Chargé spécialement de mission pour le ministère de l’Armement, il s’intéresse aussi aux freins de bouche des canons pour limiter le recul. Il rédige un mémoire sur le sujet considéré par les spécialistes comme son «  chef d’œuvre ».

Le patron de la Courneuve

Après guerre, le meilleur de son temps est consacré à sa société et c’est au milieu de ses collaborateurs qu’il termine sa carrière. Il aime à se retrouver parmi eux. La nouvelle usine de La Logette à la Courneuve, construite en 1919, utilise d’abord les machines récupérées de l’ancien établissement de Muizen. En 1926, le site est fortement agrandi : de nouveaux ateliers, des bureaux, des bassins d’eau pour les turbines, des halls pour la fonderie de fonte. À la mort de Rateau, la société possède trois usines de construction et des agences nombreuses en France et à l’étranger. Elle occupe environ 2.500 personnes.

Des constructeurs importants, notamment américains, achètent d’ailleurs la licence de ses inventions

On conçoit, dit Léon Guillet, « ce que pouvaient être, pour ce génie créateur, ces usines où, chaque jour, il voyait se matérialiser ses pensées et ses calculs, naître le fruit de ses rêves et de ses découvertes ».

Et son directeur, Chaleil, peint, à ses obsèques, une image idéalisée. Celle du « patron circulant au milieu des machines en travail, causant familièrement avec tous, s’enquérant des difficultés comme des réussites et sans cesse apportant les réflexions de sa lumineuse intelligence et partout le témoignage de cette très simple affection qui gagnait tous les cœurs ». Il  rappelle « le plaisir qu’il éprouvait dans ces visites et le peu d’insistance qu’il fallait mettre, malgré ses grandes occupations, pour le retenir à la plate-forme, à la fonderie, aux ateliers ou aux études »4.

Une renommée nationale et internationale

Travailleur acharné et puissant animateur, esprit incisif et caustique, il participe à de nombreuses sociétés savantes et techniques. Il siège, par exemple, au conseil de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale ou au Comité de la Revue de la Métallurgie. Auguste Rateau est également président de section à la Société des Ingénieurs civils de France, président de la Société française de navigation aérienne, vice-président de la commission permanente de standardisation du Ministère du Commerce et de l’Industrie.

À la disparition de cette commission, il joue un rôle essentiel dans le Comité supérieur de normalisation. Auguste Rateau préside d’ailleurs l’Association française de normalisation (AFNOR) au sein de l’International Standard Association (ISA). En effet, la normalisation est à ses yeux d’une grande importance technique et économique.

Il ne se contente pas de siéger mais s’y montre actif, vigoureux, précis. Il est le second à entrer à la nouvelle division des applications de la science à l’industrie créé par l’Académie des Sciences en décembre 1918. « Combien étaient particulièrement goûtés les exposés si nombreux et si vivants qu’il fit à nos séances, avec cette clarté et cette chaleur qui le caractérisaient  » note Léon Guillet5. L’entrée à l’Institut officialise sa stature de savant.

Son prestige international se mesure aux doctorats honorifiques reçus de nombreuses universités : Université de Wisconsin, Université technique de Charlottenburg, Université de Birmingham, Université de Louvain. Il était membre d’honneur des Mechanicals Engineers des États-Unis, de la Société des Ingénieurs et architectes de Vienne, de la Société des Anciens Élèves de l’École de Liège entre autres.

Les dernières années d’Auguste Rateau

Sa santé décline dans les années 20 mais sans ralentir son activité ni sa créativité. Émile Jouguet écrit : « À le voir toujours ainsi semblable à lui-même, malgré la souffrance physique, ses admirateurs et ses amis ne pouvaient s’imaginer que cette grande lumière fût si près de s’éteindre. Pourtant, à la suite d’un abcès pernicieux qui se déclara en décembre 1929, plusieurs interventions chirurgicales douloureuses, qu’il supporta avec un grand courage, ne purent enrayer le développement rapide du mal qui le minait et qui l’emporta le 13 janvier 1930

Comme le souligne la revue de la Métallurgie à son décès : « Il était de ceux qui concentrent, unissent et bâtissent et non de ceux qui dispersent, divisent et détruisent. »

Ses obsèques sont célébrées au temple réformé de l’Oratoire au milieu d’une foule considérable, avant l’inhumation au cimetière de Passy.

Son entreprise lui survit notamment sous la présidence de son gendre René Margot. L’usine de la Courneuve devait ensuite passer sous le contrôle du groupe Alstom. Les turbines fonctionnant actuellement dans les centrales thermiques, classiques et nucléaires, utilisent toujours la turbine Rateau.

sources :

  • Émile Jouguet « Auguste Rateau » in Annales des Mines, 13ème série, tome 2, 1932.
  • Léon Guillet, « Auguste Rateau (1863-1930) » in Revue de la métallurgie n° 2, février 1930, p. 108-110
  • Amédée Fayol « Auguste Rateau et les turbo-machines » in La Nature, 1948, 76e année, p. 93
  • Danièle Fraboulet, « Auguste Rateau (1863-1930) » in Dictionnaire historique des patrons français, Flammarion 2010, p. 578-580
  1. Revue de la métallurgie n° 2, février 1930, p. 109
  2. cité in Bulletin de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, 1933, p. 277
  3. Émile Jouguet, notice Auguste Rateau, Annales des Mines, 13ème série, tome 2, 1932
  4. Émile Jouguet, notice Auguste Rateau, Annales des Mines, 13ème série, tome 2, 1932
  5. Revue de la métallurgie n° 2, février 1930, p. 109

Auteur : Gérard-Michel Thermeau

Source : www.contrepoints.org

1869 : Un Agenais réussit la première photo couleur


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Voici la première photo couleur au monde, une nature morte.

L’association des amis de Louis Ducos du Hauron se mobilise pour redonner toute la place qu’il mérite à celui qui a inventé la photo en couleur. Conférence samedi, site internet complet l’année prochaine.

Nicéphore Niépce, inventeur de la photographie a son musée à Chalons-sur-Saône mais l’histoire n’a pas forcément retenu le nom de Louis Ducos du Hauron. C’est pour rendre hommage au père de la photographie en couleur qu’une poignée de passionnés s’est lancée dans une opération de «réhabilitation». Depuis un an, René Dreuil s’est ainsi plongé dans la vie et l’œuvre de l’Agenais pour devenir incollable sur ce parcours hors normes. Il a lu les traités de photographie, il a également épluché la nombreuse correspondance que le savant entretenait à l’époque. L’association mettra bientôt en ligne un site internet entièrement dédié à celui qui fut un incontestable découvreur. Mais qui a quand même joué de malchance et dont le nom est passé aux oubliettes de l’histoire.

Un précurseur

En 1868, Louis Ducos du Hauron dépose son brevet qui résout le problème de la photo couleur. Il sera reçu l’année suivante à la Société française de Photographie. La France du Second Empire se modernise mais rêve encore en noir et blanc. Niépce a inventé la photographie en 1826, Daguerre donne son nom au premier appareil photo, le daguerréotype en 1837.

Pendant ce temps, à Agen, dans sa maison de la rue Lamouroux, Louis Ducos du Hauron se passionne pour la recherche. Il ne travaille pas beaucoup, mis à part quelques cours de piano qu’il donne ici et là et vit aux crochets de son frère, magistrat. qu’il suivra d’ailleurs au gré de ses affectations. Il a du temps pour lui et s’est mis en tête de résoudre la grande énigme de la photographie en couleur. Il passe alors des heures et des heures, de longues journées à imaginer, tester, noter… C’est un scientifique, il ne laisse rien au hasard et dépose un premier brevet en 1864 dans lequel il évoque le cinéma. Trente ans avant l’invention des frères Lumière, il pose des solutions techniques, décrit des effets spéciaux qui seront utilisés plus tard par Méliès. A-t-il tourné lui-même, ce qui serait alors le premier film ? C’est le grand mystère. Il ne reste aucune trace.

Quatre ans plus tard il dépose un nouveau brevet, sur la photographie en couleurs cette fois.

«Ces concepts innovants sont à l‘origine de toutes les techniques qui verront le jour en matière de photo couleur et d’impression couleur. Et ces concepts sont encore et toujours d’actualité avec les technologies numériques», souligne, admiratif René Dreuil. Il sait de quoi il parle, étant lui-même ancien photographe du «Petit Bleu» à Agen.

Rendez-vous

Joël Petitjean, plus grand spécialiste de Louis Ducos du Hauron (notre photo) donnera samedi prochain une conférence à Agen pour raconter l’œuvre immense et incontournable. Docteur en histoire de l’art, professeur en histoire de la photographie et chargé de mission au musée Niépce, il lèvera le voile sur une découverte majeure réalisée il y a quelques années. Et réaffirmera la position de Louis Ducos du Hauron (1837-1920) en inventeur majeur. Initialement prévue au centre culturel d’Agen, cette conférence aura lieu salle des Illustres toujours à Agen, à 15h. Un signe du destin ?

Lourdes, Alger, premiers paysages en couleurs

Avant et après avoir déposé son brevet, il testera lui-même son invention. Il faut imaginer ce que photographier voulait dire à cette époque. Pas d’appareil en bandoulière, pas encore de sujet en mouvement, et encore moins de selfie. Louis Ducos du Hauron, qui est aussi passionné de peinture va immortaliser des paysages.

On retrouve ainsi les premières photos prises à Agen. Il photographiera également Lourdes, Carcassonne et beaucoup Alger puisqu’il accompagne son frère, muté de l’autre côté de la Méditerranée pendant plus de dix ans.

Génial inventeur, il sera en revanche peu payé en retour. Peut-être d’avoir eu raison avant tout le monde, peut-être aussi de ne pas avoir soigné les processus industriels malgré plusieurs tentatives. Honoré par ses pairs, il tombera assez vite dans l’oubli. Il se reviendra à Agen en 1914, y mourra en 1920 dans un quasi-anonymat. Une plaque sur sa maison rue Lamouroux honore sa mémoire. Un hommage lui fut rendu en 1948, une exposition en 1976, quelques minces initiatives. L’idée de l’association conclut René Dreuil est de perpétuer sa mémoire. «Le personnage mérite largement d’entrer au Panthéon des illustres Agenais», sourit-il.

Auteur : Sébastien Dubos

Source : www.ladepeche.fr

GRAVE AFFAIRE DE PLAGIAT ET DE CONTREFAÇON / Un inventeur algérien plagié


Neuf ans après le dépôt à l’Institut national français de la propriété intellectuelle (Inpi), du jeu de lettres et de stratégie «Le Phénix» (ou El Anka) par son inventeur algérien Abdallah Chabani, un amateur français, en l’occurrence Yves Lesclavec, s’en «empare» et crée, sans pudeur aucune, un clone de ce jeu algérien qu’il dénomme «Takemo».

Spolié de son bien le plus précieux, pour lequel il a investi beaucoup de temps et d’argent, Chabani, qui est venu conter sa mésaventure auprès de L’Expression, s’estime «dépossédé injustement». Il a déposé une plainte contre Lesclavec près le tribunal de grande instance de Paris qui a déterminé que le contrefacteur s’est inspiré du jeu de l’Algérien et l’inculpe officiellement de contrefaçon d’une «œuvre protégée de l’esprit».

Il faut savoir que cette invention a été primée d’une médaille de bronze au concours Lépine de Paris et d’une médaille d’argent au Salon international des inventions de Genève. Ce jeu implique les joueurs malgré eux dans l’esprit du jeu d’échecs pour les verser de plain-pied dans la stratégie du jeu «GO» chinois trois fois millénaire, pratiqué par les moines bouddhistes.

Dans un écrit présenté à notre journal, Chabani qualifie cette dépossession de «vol caractérisé, de hold-up, de flibusterie (…)» indigne de la justice française réputée pour respecter l’État de droit et les droits de l’homme. Chabani fait appel aux Algériens pour «relever le défi face à leur dignité bafouée parce que le jeu spolié charrie un large impact civilisationnel de l’image de marque de l’Algérie au titre d’une invention profitable à la culture, l’éducation et aux loisirs dans le monde».

Nombre de personnalités nationales et internationales, intellectuelles, journalistes, écrivains, avocats de renom, associations… ont réagi contre cette arnaque indigne, qui ne dit pas son nom, en qualifiant cet acte de refus, formulé par les instances juridiques françaises et européennes, de foncièrement «raciste» prononcé en faveur d’un Français de souche contre un «bicot» prénommé Abdallah.

Auteur : Abdelkrim AMARNI

Source : www.lexpressiondz.com