Castres-Mazamet : le FabLab Innofab monte en puissance


InnoFab-LOGO

Le FabLab de Castres-Mazamet développe ses moyens d’action au service des créateurs, inventeurs, ou entrepreneurs, particuliers ou professionnels… en bref, de tous ceux qui ont besoin d’aide et d’outils tels qu’impression 3D et technologies émergentes pour donner du corps à leurs idées et devenir des « makers », fabricants de leur propre projet.

En mai, Innofab a musclé sa capacité d’accompagnement avec l’arrivée d’Alexandre Massoutier, tout nouveau FabManager, qui apporte à la structure son expérience d’ingénieur logiciels et de développeur web.

Facilitateur et accompagnateur de créativité, ouvert à toutes les problématiques, il animera deux nouvelles formules qui s’adressent à un large public : les ateliers « Do it together » et les ateliers « Réparo & Bricolo ».

Do it together : résoudre à plusieurs une problématique commune

On connait le « Do it Yourself – fabriquez-le vous-même », qui est la ligne directrice des FabLab. A Castres-Mazamet, Innofab y ajoute la notion du « Do it Together », qui consiste à rassembler les compétences de chacun pour travailler à plusieurs sur un projet proposé par un « maker ». Dans le cadre des ateliers qui se tiendront entre le 13 mai et le 27 juillet, les adhérents du FabLab se pencheront sur un projet d’inventeur qui sera traité de A à Z : diagnostic, recherche de solutions, fabrication des pièces, assemblage, phase de test… Les participants pourront s’appuyer sur Arduino et Rasperry, les technologies d’électronique programmable embarquées, ainsi que sur la modélisation et l’impression 3D pour la fabrication des pièces. Dix sessions sont programmées, pour autant de sujets abordés.

Réparo & Bricolo : réparation à la carte

Autre nouvelle formule, l’atelier Réparo & Bricolo s’adresse, comme son nom l’indique, aux problématiques les plus diverses : une poignée de porte cassée, un circuit électronique en panne, un ordinateur qui rame…  Innofab vous aide à imaginer une solution et vous accompagne dans sa mise en œuvre. Là encore, modélisation et impression 3D seront d’un précieux concours pour recréer si nécessaire les éléments défectueux. Et selon le principe du FabLab, vous resterez le premier acteur de la réalisation, gagnant progressivement en compétence et en autonomie. Les sessions ont lieu tous les mercredis de 14h à 17h, sur inscription préalable.

Apprendre la modélisation 3D

A ces initiatives, proposées dès le printemps, s’ajoutera prochainement une formation à la modélisation et à l’impression 3D. Comprenant initiation et perfectionnement, elle permettra à tous d’apprendre à utiliser un logiciel de dessin 3D pour modéliser et imprimer divers objets, avec un niveau croissant de complexité.

IUT Paul Sabatier – Avenue Georges-Pompidou – 81104Castres cedex.

Pour tous renseignements :  Alexandre Massoutier, E-mail : fabmanager@innofab.fr – tél. : 06 77 45 94 43 – Site Web : www.innofab.fr

Source : www.lasemainedecastres.fr

Deux Français parmi les meilleurs inventeurs européens de l’année


L’équivalent européen de l’Inpi vient de dévoiler les noms des quinze finalistes du concours du meilleur inventeur d’Europe 2017, parmi lesquels deux Français. Cinq d’entre eux seulement seront primés.

L’Office européen des brevets, l’équivalent de notre INPI national, a dévoilé ce mercredi le nom des quinze finalistes parmi les 400 participants à son 12e prix de l’inventeur européen. Pour gagner ce concours, il faut avoir développé une invention qui améliore la vie quotidienne, mais pas uniquement. Il faut que cette innovation ait déjà un impact économique « remarquable ». C’est-à-dire qu’elle contribue à la croissance économique et à la création d’emplois en Europe, souligne l’organisme européen qui détient le monopole des brevets en trois langues depuis 40 ans.

Prochaine étape, le 15 juin, le jury de l’OEB récompensera cinq gagnants, un pour chaque catégorie : Industrie, PME, Recherche, Pays non membres de l’OEB et Œuvre d’une vie. Le public pourra également désigner son inventeur préféré en votant en ligne. Voici quelques traits saillants de la sélection 2017.

> Des inventeurs majoritairement allemands et italiens

Le jury a choisi quinze finalistes, dont certains travaillent en équipe. La sélection comprend ainsi 23 chercheurs. Aucun Grec, aucun Portugais, aucun Polonais ne figure parmi les nominés. Les pays les plus représentés dans la sélection sont : L’Allemagne et l’Italie (quatre chercheurs), les Pays-Bas (trois chercheurs), la France (deux chercheurs), la Suède, l’Autriche, la Belgique, l’Espagne, le Royaume-Uni et la Suisse (un chercheur). Et aussi des pays non-membres de l’UE, dont les ressortissants concourent dans la catégorie hors OEB, à savoir deux Américains et un Marocain.

Sylviane_Muller_2017

> Deux Français dans la sélection

Deux Français figurent dans cette sélection. Sylviane Muller, une chercheuse au CNRS en immunologie, qui a développé un traitement contre le lupus, le Lupuzor. Un médicament révolutionnaire parce que contrairement aux traitements existants, il n’affaiblit pas le système immunitaire des malades pour lutter contre le virus. Cinq millions de personnes dans le monde sont atteintes.

Le second Français est Laurent Lestarquit, un ingénieur qui, avec son équipe européenne, a travaillé sur le système de navigation du satellite européen Galileo, pour le doter d’une précision sans équivalent, et lui permettre de communiquer avec tous les autres grands systèmes satellitaires, comme le GPS américain et le Glonass russe.

L’année dernière, c’est un Français, Thierry Mandon, qui avait été primé dans la catégorie Recherche, la plus prestigieuse, pour ses inventions contre la maladie de Parkinson. Et une franco-britannique, Hélène Lee, et son kit de diagnostic médical à bas coût, avait été récompensée par le public.

Elmar_Mock_2017

> L’inventeur de la Swatch parmi les finalistes

Le Suisse Elmar Mock est le co-inventeur de la montre la plus vendue au monde, la Swatch. Mais s’il est nominé dans la catégorie « Œuvre d’une vie », ce n’est pas seulement pour avoir révolutionné l’industrie de la trotteuse. Cet inventeur-entrepreneur a fondé en 1986 un think tank d’inventeurs, Creaholic, dont les multiples innovations dépassent largement le périmètre de l’industrie horlogère et dont les clients sont des géants industriels comme Ikea, Nestlé, Bosh ou BMW. Les projets scientifiques qu’il a menés ou auxquels il a participé ont donné lieu au dépôt de 178 familles de brevets, pour des inventions variées: de la technologie de soudage de plastiques par ultra-sons à un système de nettoyage des mains économe en eau et en savon.

> Beaucoup d’inventions dans le domaine médical

Les projets mis en lumière dans la sélection de l’OEB appartiennent à des secteurs très variés. Mais le jury semble avoir un attrait tout particulier pour le médical, particulièrement représenté avec huit projets sur quinze. Il y a donc l’anti-lupus de la chercheuse française, mais aussi une alternative à la dialyse pour les maladies rénales développée par une équipe italienne, un test anti-paludisme automatisé, des nouveaux médicaments anti-cancéreux d’un chercheur allemand, des vaccins italiens qui sont devenus un standard à travers le monde, des organes artificiels pour tester des médicaments, une nouvelle technologie d’imagerie médicale, un procédé d’allongement de durée de vie des organes pour la transplantation ou encore des antibiotiques marocains plus performants grâce aux huiles essentielles.

Auteur : Nina Godart – Source : bfmbusiness.bfmtv.com

Madagascar / L’Omapi encourage l’innovation


L’innovation a été mise à l’honneur durant la journée mondiale de la propriété intellectuelle. L’occasion aussi de promouvoir le système pour protéger la potentialité malgache.

Les jeunes sont les principales cibles de l’Office malgache de la  propriété industrielle à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la propriété intellectuelle hier. Une porte ouverte a été organisée par cet établissement public chargé d’administrer la propriété industrielle à Madagascar dans ses locaux à Ambanidia. L’innovation et la création ont été choisies comme thèmes afin de sensibiliser les étudiants du second cycle et les universitaires. « Notre objectif est de conscientiser chacun, surtout les jeunes, de l’importance de l’innovation dans la vie quotidienne et du rôle du système de propriété intellectuelle dans le soutien et la promotion de l’innovation », affirme Christian Claude Ravoa­raharison, directeur général de l’Omapi.

Des industries ont exposé durant cette journée et ont témoigné à propos des avantages que leur procure le système de la protection intellectuelle, « Cela fait 35 ans que la compagnie Vidzar s’est implantée à Madagascar. Nous avons actuellement près de cinquante cinq produits et nous avons placé auprès de l’Omapi plus d’une centaine de dépôts de marques. Cela nous apporte non seulement plus de notoriété par rapport à la concurrence mais nous permet également  de développer des idées et de renforcer la création ainsi que l’innovation afin d’attirer des investissements. C’est à travers le lancement des nouveaux produits que la compagnie compte actuellement près de deux mille emplois », témoigne Marie Monique Raba­koliarisioa, directeur des opérations Dzama.

Bilan encourageant

Beaucoup s’intéressent désormais à la protection de la propriété intellectuelle. Les données de l’Omapi avancent que près de  mille deux cent dépôts de marques ont été enregistrés en  2016 contre neuf cent cinquante en 2015. Ce qui fait une hausse de 23%. En ce qui concerne les brevets, le rapport de cet établissement montre que trente neuf brevets ont été enregistrés en 2016 contre dix neuf brevets en 2015. « L’année dernière, on a constaté que six parmi les trente neuf demandes de brevet étaient des inventions malgaches. Pour nous, c’est déjà une grande étape de franchie et nous espérons que cela continuera toujours dans ce sens car cela permet de renforcer le potentiel malgache », détaille le directeur général de l’Omapi.

Pour qu’une invention puisse être brevetée à Madagascar, elle  doit comporter une caractéristique nouvelle qui ne fait pas partie du fonds de connaissances existant dans le domaine technique considéré, autrement dit, l’invention n’a pas fait l’objet d’une divulgation nulle part et par quelque moyen que ce soit (écrit ou oral) qui soit susceptible d’application industrielle. Son objet peut être réalisé et produit dans l’industrie au sens large du terme, ce qui inclut l’agriculture, la pêche, l’artisanat, etc. Les inventeurs ou les entreprises sont exposés à plusieurs risques comme  la contrefaçon et les pratiques déloyales, sans cette protection.

Auteur : Sandra Miora Hafalianavalona – Source : www.lexpressmada.com

DHL invente le Cubicycle


Le vélo et ses dérivés pourrait apporter une réponse à la problématique du « dernier kilomètre », célèbre chez tous les experts de la logistique. Il s’agit de la distance comprise entre le domicile des clients à livrer et les centres de distribution des transporteurs. Les VPCistes, qu’ils soient de nouveaux entrants ou des acteurs historiques, ont à livrer une clientèle majoritairement urbaine, voire située dans les hypercentres. D’où l’intérêt du vélo, un outil efficace, rapide et non polluant. Sans compter que de plus en plus de grandes villes limitent drastiquement l’accès des véhicules fonctionnant au pétrole (péage urbain, Low Emission Zone…).

Les coursiers à vélo jouent déjà un rôle important mais avec l’augmentation de la demande, le volume à emporter sur chaque vélo augmente lui aussi. Un besoin auquel un cycliste et son vélo classique ne peuvent répondre. D’où le rôle croissant des « vélos cargo » dans ce fameux dernier kilomètre grâce à une capacité d’emport bien plus intéressante.

DHL, l’une des principales sociétés de livraison mondiales, possède depuis longtemps biporteurs et triporteurs. Elle vient d’étoffer sa flotte avec un nouveau modèle, le Cubicycle. D’un coté, un quadricycle à assistance électrique, proche en position d’un vélo couché, avec un pédalier monté sur bôme et une large plate-forme à l’arrière. De l’autre, des caisses métalliques spécialement conçues pour être transportées par le Cubicycle. Le vélo tire d’ailleurs son nom de leur capacité d’emport : 1 mètre-cube pour une charge utile de 125 kg.

dhl-cubicycle

La différence de capacité avec les autres vélo-cargos utilisés couramment dans les villes néerlandaises est donc importante. Encore plus avec le sac à dos qu’utilisent certains livreurs en combinaison avec un vélo standard. De plus, ces dimensions ont été astucieusement choisies puisqu’elles correspondent à la taille d’une palette d’expédition standard (à savoir 80 x 120 x 100 cm), ce qui facilite la compatibilité avec d’autres moyens de transport. Ainsi, le conteneur peut être livré en camion jusqu’à un emplacement proche du centre-ville et sera transféré sur le vélo qui prendra le relais. De plus, une remorque spécifique a été créée : elle s’accroche à un camion et permet de transporter 4 cubicycles.

Ce projet que DHL a commencé à réaliser dès 2015 en phase expérimentale est désormais en phase pilote dans deux villes européennes, Francfort (Allemagne) et Utrecht (Pays-Bas).

Un coursier Cubicycle couvre en moyenne 50km par jour.

DHL Express Europe a déjà, aux dires de son CEO John Pearson, remplacé 60% de sa flotte de camionnette de livraison par des vélos cargo. Il ajoute que « les vélos permettent d’éviter la congestion du trafic et ainsi de faire deux fois plus d’arrêts par heure qu’un véhicule de livraison. Le coût total au cours de leur durée de vie est inférieur à la moitié du prix d’une fourgonnette. Et surtout, ils génèrent des émissions (CO2 et polluants) nulles ».

La Chine lance une campagne pour sensibiliser le public à la protection des DPI


La Chine a lancé jeudi une campagne d’une semaine pour sensibiliser le public à la protection des droits de propriété intellectuelle (DPI).

Durant cette campagne organisée conjointement par 23 agences jusqu’au 26 avril, Journée mondiale de la propriété intellectuelle, des événements se dérouleront à travers le pays, dont des conférences de presse, des forums, des présentations et la publication d’un livre blanc sur la protection judiciaire des DPI.

Lors de la cérémonie de lancement, le conseiller d’État chinois Wang Yong a déclaré que la Chine avait besoin d’une bonne protection des DPI pour encourager l’innovation. M. Wang a également appelé à une meilleure coopération internationale en matière de DPI, afin de créer un environnement inclusif et ouvert pour l’innovation.

La Chine est devenue la plus grande source de demandes de brevets, de marques et de modèles industriels, a déclaré Francis Gurry, directeur général de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI).

Le nombre de demandes chinoises de brevets internationaux déposées dans le cadre du Traité de coopération en matière de brevets de l’OMPI a dépassé 43.000 l’année dernière, soit une hausse de 44,7%, selon le Bureau national de la propriété intellectuelle.

Les autorités chargées des DPI ont traité plus de 80.000 affaires ayant trait aux brevets, aux marques et aux droits d’auteur, a indiqué Shen Changyu, directeur du bureau.

Au cours du premier trimestre de l’année, plus de deux millions de publications piratées ont été saisies, selon un communiqué publié conjointement jeudi par le Bureau national de lutte contre les publications pornographiques et illégales et l’Administration nationale des droits d’auteur.

Source : Agence de presse Xinhua

France Brevets tire la sonnette d’alarme


Selon France Brevets, les startups qui détiennent des brevets ont trois fois plus de chances de réussir que les autres. Mais la France accuse un net retard par rapport à la Silicon Valley, Israël, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Un retard qu’il faut combler si les pépites de la French Tech les plus innovantes veulent garder une chance de devenir à leur tour des géants.

Les brevets, une question de survie pour les startups françaises dans un contexte de course mondiale à l’innovation ? Oui, affirme France Brevets. Aux côtés de la French Tech, ce fonds public spécialisé dans la propriété intellectuelle, créé en 2011 et doté de 100 millions d’euros, dénonce « un problème de protection intellectuelle en France » et milite pour un « changement profond des mentalités ». Sa cible : les entrepreneurs, qui ne s’en préoccupent pas assez ou trop tard, et les investisseurs, trop prompts à dépenser le moins possible, quitte à ignorer les enjeux autour des brevets.

Les startups françaises s’inquiètent des brevets trop tard

Dans sa dernière étude, publiée le 19 avril, France Brevets estime que les startups qui détiennent un portefeuille de brevets ont trois fois plus de chances de réussir à 10 ans que les autres, surtout dans les secteurs du logiciel et des biotechs, les plus concernés par le sujet. « En protégeant la technologie, les brevets apportent un avantage compétitif qui valorise les startups et les aide à lever des fonds lorsqu’elles entrent dans la fameuse vallée de la mort », explique Didier Patry, le directeur général de France Brevets. Les brevets leur permettent aussi de mieux exporter et de mieux s’internationaliser, notamment aux États-Unis :

« Pour pénétrer le marché américain, il faut être soutenu par un fonds américain. Mais si les startups ne disposent pas de la propriété intellectuelle de leurs innovations, alors les investisseurs ne sont pas séduits. La tech étant très concurrentielle, une startup avec des brevets dispose d’un avantage supplémentaire », poursuit Didier Patry.

Problème : les startups françaises sont en retard. Alors que la moyenne mondiale est de 20%, seules 15% des startups françaises détiennent au moins un brevet dans leur phase d’amorçage. Loin derrière l’Allemagne (23%), les États-Unis (22%) et la Chine (22%). Or, la procédure est très coûteuse (de 5000-10.000 euros pour les inventions les plus « simples » à plus de 50.000 euros pour les plus complexes) et très longue (quatre ans en moyenne, parfois beaucoup plus) avant d’obtenir son brevet. Par conséquent, il faut s’en préoccuper le plus tôt possible, estime France Brevets.

« L’amorçage est la meilleure période car une protection complète de la technologie impose de déposer la demande de brevet avant de révéler l’invention à la presse ou au public. Si on rate cette fenêtre, il faut alors se rabattre sur la protection de nouvelles versions du prototype, voire accepter que certains pans ne soient pas protégés », ajoute Didier Patry.

Sortir de la logique de court terme des entrepreneurs et des investisseurs

Les raisons de ce retard sont à chercher à la fois du côté des entrepreneurs et des investisseurs. Au début de l’aventure de la création d’entreprise, les premiers ne voient pas les brevets comme une priorité, mais comme une charge. Ils sont davantage préoccupés par le lancement commercial et le recrutement de collaborateurs, et préfèrent remettre cet investissement en capital et en temps à plus tard.

Les investisseurs ne les encouragent pas à sortir de cette logique de court-terme. Eux-mêmes préoccupés par leur retour sur investissement, « ils ne prévoient pas d’argent, ou pas assez, pour les besoins de propriété intellectuelle », ajoute Yann Dietrich, le directeur de la stratégie chez France Brevets. Une grosse différence avec les États-Unis, où les fonds sont très attentifs à ce sujet dès la phase d’amorçage.

La troisième raison est culturelle. « L’idée de la libre circulation des idées fait partie de la culture française et se retrouve même renforcée par le numérique, note Didier Patry. Le phénomène startup existe en France, mais l’enjeu est désormais de ne pas rater l’étape d’après, celle où les startups grossissent et deviennent des PME ou des licornes »

La Fabrique à brevets, un programme d’accompagnement destiné aux startups

La France rattrape toutefois en partie son retard par la suite. Après l’amorçage, 52% des startups hexagonales déposent des brevets, davantage qu’aux États-Unis (50%) et au-dessus de la moyenne mondiale (46%). Mais elles en déposent un volume plus faible, et leurs brevets sont souvent moins cités par d’autres brevets, ce qui témoigne de leur impact moindre par rapport aux brevets américains, japonais, britanniques et chinois. « Il faut allouer du temps très tôt aux dépôts de brevets, même si la valeur est à long terme, car les brevets déposés plus tôt, dont une portée plus large », indique Yann Dietrich.

Pour aider les startups, France Brevets a lancé il y a plus de deux ans un programme d’accompagnement sur-mesure, baptisé La Fabrique à brevets. Une vingtaine de startups, dont, récemment, le champion des objets connectés Netatmo, en bénéficient.

Source : latribune.fr

L’OVNI du lundi, épisode 2


On ne remerciera jamais assez Nespresso.

Pas pour nous avoir généreusement prodigué leur bienfaisante « éducation client » : nous autres rustauds qui mettions bêtement du café moulu dans une machine expresso pour obtenir un très bon café, nous savons désormais qu’il faut mettre des capsules chères et polluantes dans machines chères et fragiles pour obtenir le même très bon café. Car il y a une différence : la même qu’entre un bon chasseur et un mauvais chasseur (googlez « inconnus sketch chasseurs » le cas échéant).

Mais pour leur effet d’entraînement sur la créativité mondiale, rien moins. Car, grâce à Nespresso, celui qui n’a aucun talent pour l’invention prend une machine au hasard, remplace le consommable par une capsule et il a créé une machine innovante. Ou du moins une machine chère avec des capsules chères, ce qui est déjà une forme d’innovation, non ?

On va voir si vous avez compris avec un exemple pratique. Vous connaissez la machine à pain. C’est une machine de plus à acheter et à nettoyer, ça prend de la place et le pain n’est pas bon. Oui mais il y a un défaut : ça utilise de la farine et la farine ce n’est pas cher. Comment y remédier ? Réponse deux lignes plus bas.

**** L‘OVNI du lundi, épisode 2 : La capsule de pain ****

Easy Bread est une machine à pain à capsule. Ce qui lui permet d’annoncer « Cuire du pain frais n’a jamais été aussi simple! ». C’est vrai qu’il suffit de sortir la capsule de son suremballage, de la secouer 2 ou 3 fois, de la placer à l’envers dans la machine, de sortir le réservoir d’eau de l’appareil, de le remplir, de le remettre en place, de régler le degré de cuisson, d’appuyer sur le bouton Start, d’attendre 2h10 que ça cuise, d’ouvrir le tiroir pour que ça refroidisse un peu, d’attendre quelques minutes, de démouler le pain et… avant d’avoir pu dire ouf, vous avez du pain ! Le site web nous avait prévenus : « Avec la machine à pain Easy Bread, la cuisson de pain frais est très simple et apporte un réel gain du [sic] temps ».

capsule

Quand on pense qu’il y a des benêts qui perdent 8 minutes à faire l’aller-retour à la boulangerie pour une baguette bien croustillante à 80 centimes, on sent bien qu’on n’est pas nés égaux. Nous, on a juste utilisé une capsule à 2€ l’unité (bon, si vous voulez du sans gluten, ce sera 5€ pour vous mais ne commencez pas à chipoter, vous…) et on a attendu deux heures dix. Évidemment, ça se mérite : la machine ne se vend que par correspondance, elle coûte 99,95€ mais c’est carrément cadeau : elle était proposée entre 180 et 200 euros à son lancement, ça prouve bien qu’il est avantageux d’acheter une machine dont personne ne veut, non ?

Les grincheux diront qu’un emballage fait à partir de pétrole, ajouté à un suremballage en carton c’est moins écolo que le sac en papier de la boulangère. Ils vont même vous dire que chaque capsule vendue 2 à 5€ se résume pour l’essentiel à 360g de farine. Pffff… ils oublient qu’il y a du levain et du sel : ils n’ont jamais entendu le sketch de Fernand Reynaud, ceux-là. Ils ne comprennent pas que c’est le prix à payer pour se simplifier la vie : c’est pratique, ces capsules qui se conservent longtemps, non? Enfin, longtemps à condition que ce ne soit pas près de la chaleur (pas plus de 35°). Ni dans le froid (pas dans le réfrigérateur). Ni dans un endroit humide (la FAQ a dit « endroit sec », vous n’envisagiez quand même pas de mettre votre pain dans la cuisine ? Vous êtes bizarres, parfois.). On a quand même le droit de préférer le goût d’un parallélépipède à celui d’une baguette: regardez la jolie photo !

oh le bon pain

En plus, le site web vous permet de savoir comment vous embellir encore plus la vie avec cet appareil. D’abord en « portant toujours des gants de four » (dixit) car l’appareil « est très chaud au cours de l’opération ». Des parois brûlantes, ça c’est du divertissement familial, pas comme ces friteuses à parois froides qui menacent l’emploi des urgentistes ! Ensuite, en vous organisant un minimum. C’est quand même pas compliqué : si vous voulez changer de pain au cours d’un repas, il suffit de l’avoir planifié et de commander sur internet vos capsules qui vous arriveront sous 3 jours (ouvrés !). Pour manger du pain mardi, vous le commandez le jeudi précédent. Et enfin, en instaurant un peu de discipline : on ne se précipite pas tous en même temps sur le pain. S’il y a deux pains à cuire, vous attendez que la machine refroidisse pendant 30 minutes, puis vous cuisez votre deuxième pain pendant 2h10. Rien d’insurmontable, d’autant qu’on peut ramener ces 30 minutes à 15 minutes car la FAQ pleine de bons conseils dit : « Pour accélérer le processus de refroidissement, nous recommandons d’ouvrir le porte-capsule au dessus et le tiroir à cuire pour une ventilation maximale. » Astucieux car je rappelle que le tiroir est brûlant. Si votre crétin de neveu s’est mis à table sans porter ses gants à four, il aura ce qu’il mérite. De plus, l’aller-retour aux urgences vous occupera au lieu d’attendre bêtement 2h35 au total entre deux fournées.

En revanche, ne soyez pas mesquins, on ne vous vendra pas les capsules à l’unité, c’est par boîte de 5, c’est obligatoire. Ben oui, c’est ce qui justifie le suremballage en carton dont j’ai parlé plus haut, vous suivez ? Et puis 5, c’est pas énorme. D’ailleurs vous aurez des frais d’expédition à payer si vous commandez moins de 25 capsules. Parce que, zut, la bonté a ses limites. Allez, on sort la carte bleue ==> www.easybread.fr

Comme quoi on ne remerciera jamais assez Nespresso.