Faut-il aller à Viva Tech ?


Viva Tech ambitionne d’être l’équivalent à l’échelle de l’Europe de ce qu’est le CES de Las Vegas pour les Etats-Unis. Force est de constater que la mayonnaise prend puisqu’il atteint déjà les 2.000 exposants alors qu’il n’est est qu’à sa troisième édition. Les organisateurs attendent au moins 80.000 visiteurs soit quasiment le double de l’édition 2016.

On a visité pour vous hier, voici ce qu’on en a retenu.

Au niveau « pipole », pas d’ambiguïté, le salon co-organisé par Publicis et Les Echos attire les carnets d’adresses les plus fournis de Paris. Au point de se sentir sur une autre planète : un modeste inventeur indépendant comme votre serviteur peut sursauter quand il se retrouve nez-à-nez avec Bernard Arnault sur le stand d’un exposant mais les autres visiteurs du salon semblent trouver ça banal… Que le discours inaugural soit tenu par le président de la république (et pas en coup de vent : pendant trois quarts d’heure) paraît presque naturel, comme d’avoir dans la salle les patrons de Microsoft, Uber, Google, IBM et de hauts dignitaires africains.

Mais ce qui intéresse les inventeurs est de savoir si la France fait jeu égal avec le CES. Globalement, la réponse est oui.

Peu de technos révolutionnaires au sens strict mais il est manifeste que tout ce qui est présenté a bien gagné en maturité industriellement et économiquement. Ainsi, les application de l’ IA (intelligence artificielle) fonctionnent réellement, les objets connectés sont – majoritairement – d’une certaine utilité, les gyropodes passent du stade d’objet de curiosité à celui d’outil de productivité. La robotique, omniprésente, donne elle aussi un peu moins dans le spectaculaire pour se focaliser sur les applications concrètes dont la cobotique (i.e. le travail collaboratif entre l’ouvrier et un robot qui le décharge de ce qui est pénible) ou l’exosquelette.

Même mouvement global vers la maturité au niveau des entreprises en émergence. Par exemple notre chouchou SeaBubble, dont nous vous avons parlé plusieurs fois sur invention-europe, était présent comme lors des précédentes éditions et on mesure chaque année le chemin parcouru. Au niveau du look – ce qui est déterminant sur un tel marché – ils ont réussi à faire encore plus beau que l’an dernier où le progrès était déjà notable. Marcel Dassault disait qu’un avion volait mieux s’il était beau et le fan de voile qui vous écrit est convaincu que c’est vrai aussi sur l’eau. Commercialement, les tracasseries administratives qui retardent sans cesse la mise en service sur la Seine (cf. articles précédents) n’ont pas entamé leur énergie et ils s’ouvrent de multiples marchés à l’étranger en attendant de pouvoir exercer « même dans leur pays ».

Une fois n’est pas coutume, nous allons aussi tirer un coup de chapeau aux grandes entreprises qui sortent de leur tour d’ivoire et se mettent toutes à l’ Open Innovation, c’est-à-dire à ces inventions venues de l’extérieur qu’elles traitaient, naguère, avec le plus grand mépris. Tout a changé à une vitesse sidérante et beaucoup de grands groupes hébergeaient sur leur stand une vraie ruche de startups. EDF va encore plus loin : l’électricien leur a carrément laissé les clefs puisqu’il les laisse occuper la totalité du stand qu’il a loué ! Jamais les porteurs de projet talentueux n’ont eu autant d’opportunités de s’appuyer sur la force de frappe d’un grand groupe qu’en 2018; charge à eux d’être réellement talentueux et pas seulement d’en être convaincus…

Un signal positif aussi venant des collectivités locales qui ne se contentent pas de plaquettes et de belles affiches mais préfèrent mettre en vedette des innovateurs implantés localement, preuve qu’on peut très bien inventer et créer en tout point du territoire. Les institutions ne sont pas en reste avec un grand stand bien visible réservé par la DGSE, d’ordinaire bien plus discrète mais qui très logiquement espère trouver ici un certain nombre de recrues douées en cryptographie et en cryptanalyse. Et enfin, le beau stand de l’INPI où les conseillers et examinateurs se relaient pour renseigner tous ceux qui veulent protéger leur création : allez les voir, ils sont là pour vous.

Et puis il y a aussi cette idée impalpable qui semble flotter dans l’air que la France va arrêter de s’auto-dénigrer et de déprimer pour enfin exploiter son gisement créatif. Exactement comme la loi de Moore est à la fois la conséquence et la cause du phénomène qu’elle décrit, le fait de déclarer que notre capacité à inventer va retrouver la 1ère place n’a rien de neutre. Une anecdote m’a frappé : après le discours conquérant et décomplexé d’Emmanuel Macron, l’oratrice qui suivait a déclaré « En prenant le micro, je comprends quel effet ça fait de chanter après les Rolling Stones ». Le détail qui tue est que cette oratrice est la patronne d’IBM au niveau mondial. Inventeurs français, c’est le moment !

La question « faut-il y aller? » ne se pose pas concernant les 2 premiers jours où le billet d’entrée est à un tarif stratosphérique puisqu’il est dédié aux professionnels. Mais s’agissant du 3ème et dernier jour (samedi 26 mai), il semble que oui. Mais on vous conseille de préparer votre visite à l’avance pour enchaîner efficacement les démonstration et animations prévues sur les stands. Consultez pour ça les horaires sur https://vivatechnology.com/program/ . Aller dans un salon aussi foisonnant sans avoir préparé son planning serait décevant. Dernier point : un nombre non négligeable d’exposants parle mieux anglais que français, il vaut mieux le savoir à l’avance.

Bonne visite !

2 commentaires sur “Faut-il aller à Viva Tech ?

  1. Bonjour les amis, Quel dommage je ne peux m’y rendre je suis dans la famille. J’aurai aimé y aller car en plus je cherche à développer mon invention…..j’ai trouvé un fabricant…. Enfin…bon….on fait avec….lol À bientôt Cordialement Jacky Mary

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