L’inventeur de Rivella est décédé


Le fondateur de Rivella et inventeur de cette boisson, Robert Barth, est décédé jeudi à l’âge de 85 ans. Il a créé il y a 55 ans une marque mythique, qui fait toujours partie du quotidien des Suisses, a indiqué l’entreprise.

Il y a six ans, Robert Barth a cédé la présidence du conseil d’administration du groupe Rivella à son fils aîné Alexander Barth, qui, avec sa sœur Christine, a repris le flambeau à la tête de l’entreprise.

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Il avait créé l’une des boissons les plus populaires en Suisse

Des activités multiples

Entre 1977 et 1983, Robert Barth a été membre et président du conseil de fondation de l’Aide sportive suisse. Entre 1979 et 1994, il a également présidé le Conseil d’administration de Bad Schinznach SA. Premier suisse à avoir cet honneur, il a aussi été président de Rotary International en 1993 et 1994. Enfin, en 2002, il a reçu le titre de citoyen d’honneur de Rothrist (AG).

Avec le décès de Robert Barth, «nous perdons un pionnier suisse de la période de l’après-guerre qui a toujours su mettre en œuvre ses visions grâce à une soif de création intarissable, à son humour et sa joie de vivre, à un sens aigu de l’autocritique, le tout combiné à une assurance certaine», a souligné l’entreprise.

Source : www.tsr.ch

Les universités américaines veulent innover


Les universités américaines développent des usines à start-up internes et se laissent courtiser par les firmes de capital-risque.

C’est un fait : les universités américaines sont devenues expertes dans l’art de valoriser, notamment sur le plan financier, leurs efforts en matière de recherche scientifique et d’innovation. Selon une étude réalisée par l’Association of University Technology Managers, les deux cents principales universités américaines ont tiré 1,4 milliard de dollars de revenus des technologies qu’elles ont licenciées en 2005. D’autres critères permettent de mesurer l’efficacité avec laquelle l’innovation scientifique d’origine académique trouve sa place dans la vie quotidienne. Pour la seule année 2005, 527 produits commercialisés sont issus de cette recherche universitaire et 628 spin-off ont été créées la même année pour mettre sur le marché ces nouvelles technologies. A l’image de HydroGlobe, issue du Stevens Institute of Technology (SIT), qui a mis au point des nanoparticules permettant de filtrer l’eau potable afin d’en extraire différents métaux, comme le plomb. La start-up a depuis été rachetée par un spécialiste du traitement de l’eau, Graver Water Systems, qui utilise cette technologie dans les pays en voie de développement.

Transfert de technologie

Au total, les universités et laboratoires académiques du pays ont reçu plus de 42 milliards de dollars de financement pour leur recherche en 2005 (50 % de plus qu’en 2000) – dont les deux tiers du gouvernement fédéral. Mais si celui-ci est encouragé à augmenter ses financements pour développer un modèle qui marche, ce modèle ne s’est pas construit tout seul ni par hasard. En réalité, c’est le résultat direct d’une loi votée il y a plus de vingt-cinq ans, le Bayh-Dole Act, qui a établi que désormais les universités seraient propriétaires de leurs découvertes. Cette loi avait donc pour but d’encourager la recherche effectuée en milieu académique en permettant aussi bien aux scientifiques qu’aux universités elles-mêmes de générer des revenus avec l’utilisation sous licence de leurs découvertes. Or cette loi a une justification historique : en 1980, l’innovation technologique venait du Japon (notamment l’électronique de loisir et les automobiles) ou de l’Allemagne. « La nouvelle législation a réveillé le «génie» américain », ne craint pas d’affirmer aujourd’hui le sénateur Birch Bayh, à l’origine de celle-ci. Il souligne qu’aujourd’hui l’Inde et la Chine font la même chose pour leurs propres universités. C’est bien sûr la Silicon Valley qui a tiré le meilleur parti de cette fameuse loi, puisque aussi bien la station de travail, le routeur Internet ou encore les moteurs de recherche en ligne – pour ne citer que des exemples liés à l’informatique – ont été imaginés dans les universités californiennes publiques (Berkeley) ou privées (Stanford). Celles-ci ont désormais les départements de transfert de technologie les plus rentables du pays : l’année dernière, Stanford a vendu ses actions Google (obtenues pour une bouchée de pain lorsque les deux inventeurs du moteur de recherche développaient leur innovation au sein du campus) pour 336 millions de dollars…

Toujours plus loin

Et de tels succès poussent chaque université à aller plus loin encore. Ainsi, l’année dernière, le Stevens Institute of Technology, installé à Berkeley, en face de San Francisco, a ouvert un nouveau centre destiné à favoriser l’esprit d’initiative des étudiants et les aider à créer dans les meilleures conditions possibles les start-up qui valoriseront commercialement leur innovation. « Les meilleures universités du XXIe siècle ne seront pas seulement celles qui ont les meilleurs savants ou étudiants, mais celles qui savent le mieux transférer l’innovation technologique vers la vie quotidienne au bénéfice de tous », assure Max Nikias, principal de l’université de Berkeley. D’autres centres sont un peu partout en cours de création dans les grandes universités américaines.

Une évolution qui n’a pas échappé aux firmes de capital-risque dont la raison d’être est précisément de financer ce type d’innovation. Régulièrement, l’université Stanford organise des manifestations où sont invités les représentants des plus influents de ces sociétés. Face à eux, des étudiants – triés sur le volet – ont quelques minutes pour présenter leurs innovations et convaincre ces investisseurs de commencer à les financer sans tarder. « Et il n’y a pas besoin d’insister beaucoup pour qu’ils viennent. En fait, il y a même une liste d’attente », assure Melissa Chan, qui a organisé le dernier événement de ce genre, début mars.

Dans la Silicon Valley, l’engouement pour participer au nouveau cycle d’innovation lancé depuis dix-huit mois environ est tel qu’une autre variante de ce rapprochement université – capital-risque apparaît. Ainsi, à Plug & Play, un incubateur privé de start-up technologiques qui compte plus d’une centaine d’entreprises présentes, les responsables du lieu n’ont pas hésité à ouvrir un espace réservé aux universités. Là ont été sélectionnés des projets scientifiques, non seulement issus d’universités californiennes, mais de tous les Etats-Unis. Le MIT, à Boston, a lui aussi un de ses « spin-off » dans l’incubateur de Sunnyvale. Sur place, les principales firmes de capital-risque de la région ont elles-mêmes un bureau, qui permet à leurs investisseurs d’être physiquement présents pour échanger en permanence avec les créateurs d’entreprise. Et être aux premières loges pour les financer dès qu’elles sont prêtes. « Il y a toujours une prime pour ceux qui savent détecter les premiers les projets à fort potentiel », indique Saeed Amidi, directeur général de Plug & Play, également investisseur.

Pour autant, malgré – ou peut-être à cause – de l’efficacité de ce modèle, certains redoutent qu’il ne s’emballe et finisse par produire des dérives. Ainsi, la proposition du groupe pétrolier BP d’accorder 500 millions de dollars à un groupe d’universités, dont Berkeley est le chef de file, pour qu’elles effectuent des recherches sur de nouveaux carburants plus propres fait grincer quelques dents. Certains chercheurs, y compris à Berkeley, soulignent le risque que l’abondance de fonds privés finisse par dicter certains choix, au détriment de domaines scientifiques pour lesquels les bénéfices en termes de retour sur investissements apparaissent moins évidents.

Auteur : MICHEL KTITAREFF

Source : www.lesechos.fr

Invention Ecologique : Centrale Athermique Autonome


Protégée par Brevet n° 3968 (050104) –  INAPI – Alger. – Instance de Publication au BOPI – prévue dans le courant 2007.

Nouveau Procédé Technologique qui permet d’entretenir un mouvement par F.G.A.

La force motrice ainsi crée engendre la rotation d’un alternateur pour produire du courant.

« L’impossibilité de l’existence d’un mouvement entretenu ou perpétuel capable de fonctionner sans dépense d’énergie, découle des lois de la Thermodynamique ».

Cette nouvelle Technologie qu’est l’ATHERMODYNAMIQUE  nous permet de produire un travail sans dégagement et sans absorption de chaleur par effet joule.

[ On peut représenter cette FORCE NÉGATIVE comme une implosion magnétique libérant une certaine énergie négative cinétique de l’extérieur vers l’intérieur entre des charges de signes différents pour remplir en une accélération qui dépend de leur charge influente, un espace vide représentant leur distance initiale. ]

Ce nouveau procédé technologique qui sans infirmer ni réfuter les lois de la Thermodynamique, apporte à l’humanité le salut énergétique tant attendu ? Il permet à l’homme d’abolir à tout jamais les Centrale Electriques Nucléaires et mettre fin à leur menace d’au jour le jour sur la planète.

La Centrale Athermique Autonome tire son énergie de la Matière (les courants Ampériens ou courants électriques fermés) et ce, grâce à ses étages de traitement et d’utilisation de ses principaux éléments  « DYNAMIQUES et ENERGETIQUES  ».

TÉMOIGNAGE SCIENTIFIQUE : Les courants ampériens doivent circuler indéfiniment SANS DISSIPER D’énergie, SANS DÉGAGEMENT de chaleur par effet joule.

Mon Invention est dédiée à l’humanité tout entière

Cherche Partenaire (État – Entreprises Privées – Industriels…) – Contrat par HUISSIER de Justice –

INVENTEUR : BELARBI Miloud

Cité HLM Bat B n°38 Mers El Kébir (31310) Oran – Algérie.

Téléphone/Fax : (+213) 041 339532 Tél. Portable : (+213)050 024723

E-mail : belarbi_miloud@yahoo.fr

Un ingénieur marocain de Santiago met au point un appareil de péage autoroutier


Un ingénieur marocain de Santiago, capitale du Chili, a mis au point un appareil à débiter automatiquement du compte de l’automobiliste les droits de péage sur les autoroutes urbaines au passage du véhicule.

Le « Free Flow », à fixer sur le pare-choc de voiture, fournit à la station de péage toutes les données nécessaires sur le véhicule et son propriétaire et débite le droit de péage automatiquement, ce qui dispense l’automobiliste de l’obligation d’attendre son tour pour régler le ticket. En marge des journées culturelles marocaines au Chili, organisées à Santiago du 14 au 26 mars courant, l’inventeur, Salaheddine Yacoubi, a présenté le gadget qui, a-t-il expliqué, permet en particulier de raccourcir les longues files d’attente aux gares de péage.

Cet appareil est beaucoup plus évolué que le système apparu en Europe durant les années 90 et qui avait l’inconvénient d’imposer à l’automobiliste de rétrograder de 100 à 20 Km/H pour permettre à l’appareillage de la gare de péage de procéder à l’identification du propriétaire et des données nécessaires au prélèvement du droit de péage.

A Santiago, ville de six millions d’habitants, plus d’un million d’automobilistes sont déjà abonnées de ce service qui fonctionne sur le réseau de l' »Autopista central », société dont le chiffre d’affaire a été de 85 millions de dollars en 2006 et peut atteindre cette année 100 millions de dollars.

Yacoubi, originaire de Tanger, envisage de faire évoluer son système, estimant que les autoroutes urbaines des villes de 5 à 10 millions d’habitants auront toutes besoins de systèmes qui contribuent à la fluidité du trafic autoroutier.

L’inventeur avait fait des études en France où il avait mis son gadget au point, avant d’aller le développer en Australie, puis le mettre en service au Chili, pays qui a réalisé 2.200 Km d’autoroutes en dix ans.

Auteur : MAP

Source : www.wanadoo.ma

DROPKEE, le distributeur automatique de dentifrice, shampooing, gel de rasage…


Le confort à portée de main

Découvrez en exclus un distributeur simplement innovant.

DROPKEE (Brevet et marque déposés)

Un DROPKEE est un KIT distributeur autonome, utilisable d’une seule main et destiné à distribuer des produits fluides ou semi fluides tels que le shampooing, le gel douche, le gel de rasage ou le gel dentifrice, le gel coiffant…

Le système DROPKEE allie à la fois la facilité d’un usage ludique, rapide, simple et sans effort avec un accès à tous (il est toujours opérationnel et à portée de main) et participe au respect de l’hygiène.

Dropkee

Le système DROPKEE

Utile pour tous : depuis la personne handicapée au niveau des bras et/ou des mains jusqu’au sportif de haut niveau, le DROPKEE est tout simplement un serviteur pratique de la vie quotidienne.

Il est fabriqué dans un matériau naturel, recyclable, non polluant pour la planète.

Inventeur : Mr Emmanuel BOULLIER

Tél : 06 18 84 90 66

Site Web : dropkee.xooit.com

Un vélo à boîte auto !


Caché dans le pédalier, un ordinateur change de rapport quand il le juge nécessaire. L’objectif n’est pas d’aller plus vite ni de grimper mieux mais de séduire le vélocipédiste urbain.

Pédalez un peu trop vite et, après quelques grincements métalliques, un rapport plus grand emmènera la bicyclette à vitesse plus élevée. Qu’une côte survienne, ralentissant le pédalage et un rapport plus petit facilitera la montée. Le secret – bien gardé, semble-t-il – réside entre les pédales de cet engin conçu par le japonais Shimano, grand fabricant d’accessoires pour vélos (et de matériel de pêche), inventeur dans les années 1980 du moyeu à cassette, aujourd’hui très répandu.

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Éclaté du pédalier. Le calculateur est à l’intérieur et mesure en permanence la vitesse de rotation, montant les rapports quand elle augmente, les réduisant quand elle diminue.

Pédalage constant

Alimenté par une dynamo, un circuit électronique détermine lui-même le rapport idéal en fonction de la vitesse de pédalage. Il faut quelques tours de roues plus rapides ou plus lents pour que le calculateur comprenne qu’il se passe quelque chose. Il pousse alors la chaîne dans un sens ou dans l’autre. Le principe conduit donc à un pédalage à peu près constant, du moins tant que l’on ne s’attaque pas à une pente raide et que l’on ne cherche pas à battre un record de vitesse dans une descente.

La gamme de rapports n’a d’ailleurs rien à voir avec celle d’un Moutain Bike ou même d’un vélo de route. Selon Shimano et également selon ceux qui ont essayé le système, il s’agit avant tout d’un vélo de ville, à proscrire en montagne. Ce système baptisé Coasting (roue libre) équipe désormais une gamme de quelques bicyclettes, vendues entre 450 et 700 dollars aux États-Unis. On attend l’importation en France.

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L’un des vélos présentés par Shimano et équipés de cette boîte de vitesse automatique.

Auteur : Jean-Luc Goudet

Source : www.futura-sciences.com

Mondialisation : l’explosion planétaire de tous les trafics


Expert influent en économie internationale, Moisés Naím explique l’ampleur du crime mondialisé, l’apparition d’États voyous et de véritables «trous noirs» géopolitiques.

Rédacteur en chef de Foreign Policy (1), l’une des revues américaines les plus influentes en relations internationales, Moisés Naím était au dernier Forum économique et mondial de Davos pour sensibiliser les dirigeants aux enjeux du commerce illicite. Dans son dernier essai, Le Livre noir de l’économie mondiale. Contrebandiers, trafiquants et faussaires (2), il brosse un état des lieux inquiétant sur l’essor fulgurant des trafics à l’échelle planétaire. Pour ce spécialiste de l’économie internationale, ancien ministre de l’Industrie et du Commerce au Venezuela et ex-directeur exécutif de la Banque mondiale, les démocraties occidentales doivent lutter avec plus d’acharnement contre ces nouveaux trafiquants de la mondialisation.

Quels sont les principaux trafics de l’économie internationale ?

C’est la face cachée de la mondialisation. Depuis le début des années 90, le commerce illicite n’a pas cessé de prospérer. Le crime transforme même le système international. Cinq secteurs connaissent un essor fulgurant : la vente d’armes légères et les réseaux de prolifération nucléaire, le business florissant de la drogue, le boom du trafic d’êtres humains, le blanchiment de l’argent sale et le pillage de la propriété intellectuelle (contrefaçon de marques textiles et de médicaments, copies illégales de DVD et de CD, piraterie informatique…). L’ampleur de ces activités est immense. Par exemple, le montant du blanchiment d’argent représente entre 2 et 5% du PIB mondial, soit de 800 à 2 000 milliards de dollars. Certains l’estiment même jusqu’à 10% du PIB mondial. Les contrefaçons de marques touchent de plein fouet nos économies. Les États-Unis situent entre 200 et 250 milliards de dollars leurs pertes annuelles dues aux contrefaçons. L’Union européenne estime qu’environ 100 000 emplois disparaissent chaque année. Dernier chiffre. Prenez l’esclavage, l’une des facettes les plus sombres du trafic d’êtres humains : chaque année dans le monde, 4 millions d’individus, des femmes et des enfants principalement, en sont victimes et rapportent entre 7 et 10 milliards de dollars aux organisateurs !

Comment ont évolué ces commerces illicites ?

Les trafics ont toujours existé, de l’apparition de la contrebande au début de l’humanité jusqu’au pillage informatique aujourd’hui. Durant les années 90, les trafiquants sont devenus plus internationaux, plus riches et politiquement plus influents que jamais. Ce qui s’est passé, c’est une puissante mutation du commerce illicite avec la révolution des transports, des communications, des hautes technologies, de l’accélération de la mondialisation et de l’effacement progressif des frontières. Tout est matière à trafic aujourd’hui, pourvu que ça rapporte gros : les organes humains pour les transplantations, l’ivoire, les espèces en danger (têtes et peaux d’animaux, plantes rares), les déchets dangereux (résidus chimiques, cendres, composants électroniques), les objets d’art (chefs-d’œuvre, antiquités)…

Comment s’organisent ces réseaux ?

Les réseaux sont déconnectés, horizontaux, décentralisés. Il n’y a plus de hiérarchie. Les responsables ne sont pas soutenus par un État et sont passés maîtres dans l’art d’utiliser les technologies modernes (cartes téléphoniques, internet, cartes bancaires…). Ces nouveaux outils ont facilité le business de réseaux illicites nomades et très mobiles. Il n’y a plus de centralisation, comme à l’époque des mafias. Il n’y a plus de boss et d’exécutants sous la forme d’une pyramide. Maintenant, les trafiquants sont capables d’alliances temporaires et d’interactions dans les secteurs les plus lucratifs. Ils sont des spécialistes de la logistique et touchent à tout. Dans les pays en développement et dans ceux qui sortent du communisme, les réseaux criminels sont de véritables puissances politiques. Ils contrôlent les partis, possèdent les médias les plus importants ou sont les mécènes d’organisations non gouvernementales.

De plus, la révolution internet et la disparition progressive des frontières dans un monde globalisé semblent avoir profité aux trafiquants.

Internet est en effet un des facteurs de développement du commerce illicite. C’est un outil puissant et redoutable au service des trafiquants. Il a favorisé la rapidité et l’efficacité des trafics et élargi leurs possibilités. Il a permis une puissante mutation : communiquer partout et simultanément. Autre facteur d’explosion des trafics : l’effacement progressif des frontières. Elles sont devenues plus poreuses avec la mondialisation, ouvrant de nouveaux champs d’action pour les contrebandiers.

Quels sont les réseaux de trafiquants les plus actifs et connus des services de police ?

Le réseau clandestin d’Abdul Qadeer Khan, l’architecte du programme nucléaire pakistanais et le «père» de la bombe islamique, est l’un des plus connus en matière de trafic d’armes nucléaires. Le docteur Khan exporte toujours des centrifugeuses et d’autres éléments à travers le monde, notamment en Iran et en Corée du Nord. Au Pérou, Vladimir Montesinos, l’ancien chef des services de sécurité de la présidence et de l’antiterrorisme au Pérou, était à la tête d’un important réseau international de prolifération d’armes, de drogues et de blanchiment. Il purge aujourd’hui sa peine en prison. Rolandas Paksas, l’ancien président de Lituanie, était également impliqué avec les réseaux criminels russes.

Vous parlez de «trous noirs géopolitiques» où les réseaux illicites prospèrent. Pouvez-vous expliquer en quoi cela consiste et donner des exemples ?

En astrophysique, les trous noirs sont des zones dans l’univers où les lois traditionnelles de la physique ne s’appliquent pas. J’utilise cette métaphore de «trous noirs» en géopolitique moderne pour les lieux du monde où les lois traditionnelles ne s’appliquent pas, où l’autorité n’est pas dans les mains du gouvernement, où le monopole de la force physique ne dépend pas du gouvernement, où l’activité économique est trustée par des criminels. Par exemple, la République moldave de Transnistrie, la jungle dans les montagnes de Bolivie, le Triangle d’or aux confins de la Thaïlande, du Laos et de la Birmanie ou encore la zone des trois frontières (Brésil, Argentine, Paraguay) sont des trous noirs géopolitiques. On les trouve aussi au cœur de l’Europe, que ce soit à la City de Londres, l’une des meilleures places de blanchiment d’argent au monde, ou sur la Costa del Sol, en Espagne, devenue le lieu de villégiature et de business des malfaiteurs. Les trous noirs géopolitiques ne sont pas seulement identifiés à un territoire. Ils correspondent parfois aux frontières d’un État. Des «États faillis» ou des «États voyous» peuvent se transformer en trous noirs géopolitiques. Aujourd’hui, il y a des parties du monde que vous ne pouvez pas comprendre si vous n’incluez pas les trafics. Vous ne pouvez pas comprendre ce qui se passe en Chine, par exemple, si vous ne savez pas que 8% de l’économie chinoise dépend de la production de copies de DVD ou encore des migrations économiques…

Quelles sont les solutions pour tenter de lutter contre cette criminalité ?

A mon avis, la plus importante des prescriptions est de reconnaître l’importance du problème. Or, aujourd’hui, la société n’a pas encore pris conscience de l’ampleur du défi. Le terrorisme international reste la priorité de nombreux gouvernements, États-Unis en tête. Si vous comparez les conséquences du terrorisme et celles du trafic sur la société, le trafic est plus important. Chaque année, il y a des dizaines de millions de personnes impliquées. Chaque année, il y a des milliards de dollars générés par la production et la vente de drogue. Chaque année, il y des centaines de guerres en Afrique ou ailleurs alimentées par le trafic d’armes légères. Des secteurs entiers ont été transformés par la contrefaçon : l’industrie de la mode, de la musique, etc. En proportion des personnes touchées, l’impact des trafics est beaucoup plus important que celui du terrorisme. Pourtant, il ne retient pas autant l’attention que le terrorisme. Nous sommes les témoins de l’explosion de la criminalisation de la politique et de la politisation du crime. Partout, la politique s’immisce dans les affaires criminelles et des politiciens sont impliqués dans des trafics. Il faut traiter ce problème au niveau international et lancer un vrai débat. Mon livre tente d’y contribuer.

(1) Foreign Policy compte plusieurs éditions à travers le monde. Son édition française a été lancée en octobre 2006 par François Roche et Dimitri Friedman. Cette revue a aussi vocation à organiser des conférences avec des personnalités influentes du monde politique, économique, etc. Plus d’infos sur www.foreign-policy.fr

(2) Grasset, 395 p., 19,90 euros.

Auteur : JULIEN NESSI

Source : www.lefigaro.fr