« L’innovation, ce n’est pas l’invention ! »


Comment un chercheur devient-il un entrepreneur ? Rencontre avec Guy Stremsdoerfer, fondateur de Jet Metal, l’une des plus performantes jeunes pousses technologiques françaises.

De la recherche universitaire à la création d’une start-up, le chemin de la réussite et de l’innovation est jalonné de préjugés et d’échecs. À l’occasion d’un colloque sur l’innovation, aux Entretiens Jacques-Cartier qui se sont tenus à Lyon en novembre dernier, Guy Stremsdoerfer, chercheur, inventeur et entrepreneur, livre un témoignage édifiant sur la genèse de son entreprise, Jet Metal Technologies.

« Avant d’être un succès, Jet Metal a été un échec, mais comme le disait Socrate, la chute n’est pas un échec. L’échec, c’est de rester là où on est tombé ». Docteur-ingénieur en chimie analytique, Guy Stremsdoerfer travaille comme professeur et chercheur à l’École Centrale de Lyon, une prestigieuse université française. Dans les années 90, il développe une technologie innovante de métallisation des matériaux : la pulvérisation dynamique. « Mon idée était nouvelle, mais pas révolutionnaire, explique-t-il, comme universitaire, je creusais mon sillon, je déposais des brevets et me faisais évaluer par mes pairs. J’évoluais dans un microcosme confortable, mais qui s’avérait étroit et de plus, pas très rémunérateur… » Au lieu de se contenter de publier ses travaux dans des revues universitaires, il décide donc de s’adresser à des magazines industriels. « Je reçois alors de nombreuses questions de professionnels qui me demandent de répondre à des besoins précis, pour toutes sortes de produits. La chance, c’est de créer des occasions d’affaires, dit-on. En me faisant sortir de mon microcosme et en m’obligeant à travailler dans des temps qui n’avaient plus rien à voir avec celui de la recherche universitaire, ces nouvelles sollicitations ont entraîné pour moi des possibilités d’innovation. » Il commence à trouver des solutions techniques, « relativement simples ». Mais il se heurte aux préjugés de son milieu de chercheurs. « Il faut comprendre qu’en France, dans le milieu universitaire de l’époque, l’innovation était politiquement incorrecte! Ce n’est heureusement plus le cas. Mais mes organismes de tutelle refusent de prendre un brevet sur mon invention. En 1997, je le fais donc sur mes propres ressources. On me dit ensuite qu’il est important de transférer cette technologie au monde industriel. Pendant dix ans, j’essaye, mais cela ne marche pas. Je n’avais pas compris que l’invention, ce n’est pas l’innovation. Pour passer de l’un à l’autre, il faut penser différemment. Or, je raisonnais comme un chercheur, pas comme un entrepreneur. J’étais dans un labo hyperperformant et je cherchais le truc que personne n’a trouvé, mais… qui n’intéresse justement personne ! »

Guy Stremsdoerfer finit par réaliser que les entreprises n’ont pas besoin de développer une technologie, mais qu’elles veulent l’utiliser, tout simplement! « On me demandait une faisabilité industrielle pour métalliser, par exemple, un flacon de parfum, pas un procédé de métallisation », dit-il. Le chercheur comprend qu’il doit apprendre de cet échec et passer à une autre étape.

La suite logique est donc la création d’une start-up industrielle. En 2007, Jet Metal Technologie est lancé, avec environ 60 000 € et deux étudiants. Un an plus tard, première validation industrielle du procédé dans le domaine de la décoration et première recherche de financement pour le développement de l’entreprise. La start-up est sur ses rails. Son modèle d’affaires? « Celui de Nescafé, dit-il, on vend des unités de production, – c’est l’équivalent de la cafetière, pas trop cher –, mais surtout on vend les consommables, les capsules, et c’est ça qui rapporte. Sur une unité, on met environ 70 millions de pièces et cela marche 24 h par jour. » Cinq ans et quelques collectes de fonds plus tard, la start-up passe de 4 à 30 employés, d’un petit labo d’université à Lyon de 40 m2 à 300 m2 de labos et 2 500 m2 de locaux. Jet Metal exploite aujourd’hui une vingtaine de lignes de production sur trois continents, de la France à la Pologne, de Shanghai à Sao Paulo, et son chiffre d’affaires s’élève à environ 6 millions d’euros.

Mais l’entreprise continue à entretenir une culture de l’innovation. « On ne pouvait pas garder le modèle d’affaires « à la Nescafé » sans évoluer, explique le professeur. Il faut continuer à créer de nouveaux procédés pour de nouveaux produits, que ce soit dans le secteur automobile, aéronautique, électronique, médical ou textile. Et donc continuer à répondre aux questions d’industriels comme : « Est-ce qu’on pourrait imaginer des couvertures de survie avec un revêtement antibactérien, pour limiter la propagation d’Ebola ? » On ne sait pas faire, à priori, mais on va chercher et trouver… » Jet Metal est aujourd’hui classée parmi les 50 meilleures start-ups technologiques en France.

Auteur : Laurence Pivot

Source : www.revuegestion.ca

Algérie / Le prix national de l’invention attribué à trois inventeurs et à l’entreprise Meditool de Batna


Le ministère de l’Industrie et des Mines a honoré, mercredi soir à Alger, trois (3) inventeurs et une PME innovante pour leurs travaux couvrant divers domaines dont l’agriculture, la santé et la technologie, et qui peuvent avoir un impact sur l’industrie.

Ces distinctions qui s’inscrivent dans le cadre de la célébration de la journée nationale de l’innovation ont été attribuées par une commission d’évaluation constituée de scientifiques et d’inventeurs et qui a retenu trois (3) inventions suivant des critères dont la possibilité de leur application industrielle et l’impact socioéconomique sur l’environnement.

Le premier prix national de l’invention a été décerné à Abdelkader Chenguel, chercheur à l’Agence nationale de valorisation des résultats de la recherche et du développement technologique (Anvredet) pour son dispositif de culture sans sol (hydroponique) de fourrage vert.

Cette invention permet de produire du fourrage vert sous serre intelligente et avec un rendement meilleur sur toute l’année quelles que soient les contraintes climatiques, à la différence du fourrage conventionnel qui est produit à raison de deux récoltes par an uniquement.

« Cette reconnaissance de la communauté scientifique me touche, c’est fabuleux d’arriver à cette consécration après 7 ans de dur labeur d’autant plus que maintes fois j’ai voulu y renoncer « , déclare M. Chenguel.

Le 2ème prix a été attribué au Dr Noui Walid pour son système de perfusion automatique qui remplace le système de perfusion traditionnel manuel.

Cette machine vise à aider les infirmiers et diminuer la charge de travail et aussi, sécuriser l’administration des médicaments pour le malade en doses précises, selon les prescriptions médicales.

« C’est une récompense d’un effort de quatre ans (…) l’invention est toujours sous forme de prototype artisanale et mon plus grand souhait est d’aller vers l’industrialisation pour que tous les malades puissent en bénéficier », a indiqué ce pédiatre.

Quant au 3ème prix, il est revenu à Mohammed Yacine Debili, pour avoir mis au point un matériau composite formé d’aluminium et de cuivre et qui permet de séparer les deux éléments en deux métaux distincts et non en alliage.

« C’est une reconnaissance et un encouragement qui récompense beaucoup d’efforts », a dit ce docteur en physique des matériaux qui explique que son application est utile dans l’électronique et la téléphonie.

Pour ce qui est du prix national de l’innovation, il a été attribué à l’entreprise Meditool (Batna) pour sa sondeuse et carotteuse géotechnique qui peut atteindre jusqu’à 1.200 m de profondeur et utilisée dans l’étude des sols.

S’exprimant à cette occasion, le Directeur général de la PME au ministère de l’Industrie et des mines, Abdelghani Moubarak a souligné que « les pouvoirs publics ne ménagent aucun effort pour appuyer l’entreprenariat et l’innovation à travers la mise au point de politiques appropriées, adossées à des dispositifs d’appui à la création et au développement des entreprises ainsi qu’à la recherche et le développement technologique ».

Il a relevé le dispositif dédié au développement de l’innovation et des mécanismes, dont les différentes agences, centres techniques, centres de facilitation et pépinières d’entreprises, et qui devra être conforté par un dispositif dédié au développement de l’innovation et par des mécanismes de financement adéquats à l’instar des fonds d’amorçage, dans le cadre de la nouvelle loi sur les PME.

Auteur : APS

Source : www.maghrebemergent.com

Lettre d’information Transtech – Décembre 2016


Invention à l’honneur

Bûche et allume – Feux à base de marc de café recyclé – Valérie Grammont –

En observant sa grand-mère qui rencontrait des difficultés à faire du feu lors d’un hiver rigoureux, Valérie GRAMMONT a l’idée de développer une bûche qui faciliterait la vie des amoureux du feu de cheminée. Elle recherche alors des déchets à recycler et découvre que le marc de café est un excellent combustible (son pouvoir de combustion est 67% supérieur à celui du bois). Avec l’équivalent de 2 Tours Montparnasse de marc de café qui fini enfoui ou incinéré chaque année en France, le gisement est colossal.

De l’idée au produit

Valérie travaille alors au développement de son idée et c’est ainsi qu’elle lance en 2014 la bûche 100% végétale sans produit pétrolier Smart&GREEN® : la 1ère bûche sans bois à base de marc de café recyclé !

Prête à l’emploi, elle offre deux heures de pleine flamme et chauffe autant que 4 bûches de bois. Elle remplace à elle seule l’allume-feu, le petit bois et le bois. Pour l’allumer rien de plus simple, il suffit de présenter un briquet ou une allumette à chacune de ses extrémités !

Depuis la gamme s’est enrichie d’un allume-bûche qui, outre sa fonction d’allume-feu du bois, remplace également le petit bois. Pratique et efficace il permet de procéder à l’allumage en quelques secondes et offre 30 minutes de combustion avec une flamme de 15 cm.

État du projet

Fabriqués en France, en région Champagne-Ardenne, ces produits sont présents dans plus de 950 points de vente. Ils ont permis de recycler le marc de 3 millions de café et de créer 3 emplois temps plein annuel, ce dont Valérie Grammont est très fière.

Et aussi …

La bûche a été primée Médaille d’Or au Concours Lépine 2014 et l’allume-bûches est Lauréat du Concours Système U Innovations 2016 catégorie Bazar.

La bûche à base de marc de café a fait l’objet d’une parution dans la Revue Inventifs 2015.

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100% végétal

3 millions nombre de cafés dont le marc a déjà été recyclé

Campagne de financement réussie pour Still English !

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Lauréate du concours I’NOV PRO 2014, pour sa méthode innovante d’apprentissage de l’anglais : Still English, Sophie Martinez s’est lancée en octobre dernier dans une campagne de financement participatif sur ULULE afin de développer son activité.

Après 45 jours de campagne, l’objectif de 9.000 € était atteint !

Félicitations à Sophie Martinez et bonne continuation dans le développement de Still English, sa méthode dynamique et ludique d’apprentissage de la langue anglaise pour tous publics (dès 8 ans) et pour tous niveaux (débutant à avancé).

15 % de remise sur la boutique Inventifs …

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Concours I-LAB 2017

Le 12 décembre 2016, ouverture d’inscriptions à la 19ème édition du concours I-LAB

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I-LAB, le Concours national d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes porté par le ministère chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, en partenariat avec Bpifrance, a pour objectif de détecter et de soutenir les meilleurs projets de création d’entreprises innovantes, en offrant une aide financière et un accompagnement adapté. Il est ouvert à tous les porteurs de projets dont «la preuve du concept» est établie, à condition que l’entreprise issue de leur projet soit créée sur le territoire français.

Un jury national, composé d’industriels et de personnalités compétentes dans les domaines de la création et du financement des entreprises innovantes, de la valorisation de la recherche et du transfert technologique, sélectionnera les Lauréats.

Informations et inscriptions sur : www.bpifrance.fr/Toutes-nos-solutions/Aidesconcours-et-labels/Concours-innovation/i-LAB-2017-creation-d-entreprise-innovante

TRANSTECH Aquitaine

40 Avenue de la Somme – 33700 MERIGNAC

E-mail : contact@transtech.asso.fr

Tél. : 05 56 51 39 18

Le compte PME innovation ouvert à tous les business angels… ou presque


L’examen du CPI à l’Assemblée dans le cadre du Budget rectificatif a corrigé certains défauts pointés par les start-up et investisseurs, mais pas tous. On fait le point.

Les députés auraient pu, dans la nuit du 5 au 6 décembre, revoir totalement les contours du compte PME innovation (CPI), dans le sens voulu par l’écosystème des start-up et des business angels. Ils en ont raté l’occasion, même s’il y a eu des avancées.

Pour rappel, les personnes apportant des titres sur un CPI pour les réinvestir dans des PME de moins de sept ans, des PME innovantes de moins de dix ans, ou des fonds fermés d’entrepreneurs, doivent, selon ce nouveau dispositif, bénéficier d’un report d’imposition de plus-values de cession, jusqu’à la sortie des liquidités du compte. Pour limiter le risque pris, les moins-values éventuelles dues à des investissements malheureux s’imputent sur la plus-value en report, limitant de fait l’impôt à payer.

Le CPI ouvert à tous les business angels, mais…

Si le principe de la mesure n’est pas discuté, le diable se cache dans les détails. Ainsi, le fait que le compte soit accessible uniquement aux salariés ou dirigeants possédant au moins 10% de leur société, ou aux actionnaires détenant plus de 25% « du capital, a fait l’objet de fortes critiques. Un amendement adopté lundi permettra à un fondateur minoritaire d’accéder au CPI même s’il ne répond pas aux critères précités, à condition que les parts qu’il possède constituent au moins 50% de la valeur de son patrimoine.

Par ailleurs (contrairement à ce que nous avions écrit hier, de façon erronée), la limitation de l’accessibilité du CPI aux « actionnaires détenant plus de 25% du capital » a été annulée, contre l’avis du gouvernement. Un amendement a été adopté, qui ouvre plus largement le dispositif aux business angels, plus précisément aux « signataires ou membres d’une structure signataire d’un pacte d’actionnaires ou d’associés et faisant partie, directement ou indirectement, d’un groupe d’actionnaires ou d’associés dont des représentants accompagnent la société ou participent à un organe de gouvernance ou à un organe consultatif d’orientation de la stratégie de la société avec un droit d’information renforcé ».

« Nous ne sommes pas satisfaits de cette formulation, pointe Jean-David Chamboredon, président du fonds Isai et co-président de France Digitale. La condition évoquée pourrait mettre certains business angels dans une position fragile vis-à-vis de l’administration fiscale. Les pactes d’actionnaires que les petites sociétés ont signé à leur démarrage sont de nature variée, ils n’ont pas tous la même définition de ce qu’est un investisseur. Tous ne prévoient pas, par exemple, que chacun d’entre eux soit représenté au comité stratégique. » Ouvrir tout simplement le CPI à tous les actionnaires de la première heure, ferait courir moins de risque, estime-t-il.

Toujours pas de franchise temporaire d’ISF

Autre pierre d’achoppement: le fait qu’aucun sursis d’impôt sur la fortune sur les liquidités détenues entre la cession des titres et le réinvestissement, ne soit pour l’instant au programme. Un amendement avait été déposé en ce sens, mais il n’aura pas été adopté. France Digitale milite pour une franchise d’ISF de deux ans.

L’examen parlementaire du projet de loi de finances rectificative pour 2016 n’en est toutefois qu’à sa première lecture à l’Assemblée. Le CPI a encore de fortes chances d’être remanié.

Auteur : Marianne Rey

Source : lentreprise.lexpress.fr

83 milliards d’euros et 790 000 emplois perdus chaque année dans l’UE à cause de la contrefaçon et du piratage


  • 7,4 % des ventes sont perdues dans neuf secteurs en raison de la présence de contrefaçons sur le marché.
  • Les vêtements, les jouets, les articles de sport, les articles de bijouterie-joaillerie, la maroquinerie et la musique figurent parmi les secteurs touchés.
  • Le manque à gagner pour les recettes publiques résultant de la contrefaçon et du piratage est estimé à 14,3 milliards d’euros.

À la veille des fêtes de fin d’année, des millions de clients dans l’ensemble de l’UE 28 achètent des cadeaux de Noël pour leur famille et leurs amis.

Toutefois, l’incidence économique négative des produits piratés et contrefaits dure toute l’année.

Une série d’études réalisées par l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), par l’intermédiaire de l’Observatoire européen des atteintes aux droits de propriété intellectuelle, estime à plus de 48 milliards d’euros — soit 7,4 % de l’ensemble des ventes — les pertes engendrées chaque année dans neuf secteurs, en raison de la présence de produits contrefaits sur le marché. Chaque année, 35 milliards d’euros de plus sont perdus dans l’Union européenne en raison des effets indirects de la contrefaçon et du piratage dans ces secteurs. En effet, les fabricants achètent moins de produits et services chez leurs fournisseurs, ce qui entraîne des répercussions négatives dans d’autres domaines.

Les neuf secteurs affectés sont : les cosmétiques et les soins personnels; les vêtements, chaussures et accessoires; les articles de sport; les jouets et les jeux; les articles de bijouterie-joaillerie et les montres; la maroquinerie; la musique enregistrée; les boissons alcooliques et le vin; et les produits pharmaceutiques.

Ces pertes de ventes se traduisent par la perte directe ou l’absence de création de près de 500 000 emplois dans ces secteurs de l’UE, dans la mesure où les fabricants et, dans certains cas, les distributeurs légitimes de produits correspondants emploient moins de personnes qu’ils ne le feraient en l’absence de contrefaçon et de piratage.

Si l’on tient compte des répercussions de la contrefaçon sur d’autres secteurs, 290 000 emplois supplémentaires sont perdus dans l’économie de l’Union.

Les études ont été réalisées entre mars 2015 et septembre 2016 par l’EUIPO, afin de dresser un tableau plus complet du coût économique de la contrefaçon et du piratage dans l’UE.

Cette série d’études analyse également l’effet des contrefaçons sur les finances publiques. Au total, la perte annuelle de recettes publiques résultant de la contrefaçon et du piratage dans ces neuf secteurs est estimée à 14,3 milliards d’euros, sous forme de diminution des recettes fiscales, de la TVA et des droits d’accises.

Le directeur exécutif de l’EUIPO, M. António Campinos, a déclaré :

Nous espérons que les résultats de notre série d’études aideront les consommateurs à faire des choix plus éclairés. Cela est d’autant plus important à cette époque de l’année, où les consommateurs et les citoyens font leurs courses de Noël et choisissent des cadeaux pour leurs êtres chers. Nos rapports et analyses nous permettent de constater les effets économiques de la contrefaçon et du piratage sur les ventes et les emplois. La situation varie d’un État membre à l’autre, mais la situation générale que notre série d’études met en évidence est très claire: la contrefaçon et le piratage ont une incidence négative sur l’économie de l’UE et sur la création d’emplois.

France : on estime que plus de 9,4 milliards d’euros sont perdus chaque année à cause de la contrefaçon, avec une perte directe de plus de six milliards d’euros dans les secteurs recensés, ce qui représente 6,6 % de leurs ventes. Cela se traduit par une perte de 69 600 emplois, dont 38 500 directement perdus dans ces secteurs.

La France est le deuxième pays le plus touché si nous considérons la perte TOTALE (directe et indirecte) des ventes due à la contrefaçon et le troisième pays le plus touché par la perte de ventes directe. En ce qui concerne la perte d’emplois, elle est le cinquième pays le plus touché par la contrefaçon. Par secteurs, la France est le pays dont la perte de ventes est la plus élevée pour les articles de sport et le deuxième pour les cosmétiques et les articles de bijouterie-joaillerie.

Italie : on estime que plus de 12,9 milliards d’euros sont perdus chaque année à cause de la contrefaçon, avec une perte directe de plus de 8,1 milliards d’euros dans les secteurs recensés, ce qui représente 7,5 % de leurs ventes. Cela se traduit par une perte de 107 700 emplois, dont 68 300 directement perdus dans ces secteurs.

L’Italie est le pays le plus touché en pertes absolues de ventes et d’emplois, au regard de tous les secteurs et de tous les effets directs et indirects. Elle est le premier pays en termes de perte de ventes de vêtements, de médicaments, de sacs à main et d’articles de bijouterie-joaillerie, se classant également en première position dans les deux derniers secteurs pour la perte d’emplois.

Royaume-Uni : on estime que plus de 7,5 milliards d’euros sont perdus chaque année à cause de la contrefaçon, avec une perte directe de plus de 5,4 milliards d’euros dans les secteurs recensés, ce qui représente 6,7 % de leurs ventes. Cela se traduit par une perte de 80 500 emplois, dont 50 800 directement perdus dans ces secteurs.

Le Royaume-Uni est le quatrième pays le plus touché par la perte d’emplois due à la contrefaçon et le cinquième par la perte de ventes en valeur absolue, au regard de tous les secteurs. Il est le pays le plus touché par le piratage des œuvres musicales, notamment en raison de la taille du marché de la musique et de celle du marché numérique, le deuxième par la perte de ventes dans le secteur des jeux et le troisième dans le secteur des vêtements et des chaussures.

Allemagne : on estime que plus de 9,1 milliards d’euros sont perdus chaque année à cause de la contrefaçon, avec une perte directe de plus de 6,1 milliards d’euros dans les secteurs recensés, ce qui représente 5,6 % de leurs ventes. Cela se traduit par une perte de 84 400 emplois, dont 60 000 directement perdus dans ces secteurs.

L’Allemagne est le troisième pays le plus touché par les pertes totales de ventes et d’emplois dues à la contrefaçon, ce qui reflète son importance en tant que pays producteur. Toutefois, elle est également le cinquième pays le moins touché au regard de la perte d’emplois dans les secteurs concernés et le sixième pour la perte des ventes, avec un seul secteur où les effets relatifs sont supérieurs à la moyenne de l’UE, la maroquinerie Elle est le pays le plus touché par les pertes de ventes directes dues à la contrefaçon au sein de l’UE dans deux secteurs: les médicaments et les jeux.

Espagne : on estime que plus de 8,8 milliards d’euros sont perdus chaque année à cause de la contrefaçon, avec une perte directe de plus de 7,1 milliards d’euros dans les secteurs recensés, ce qui représente 11,6 % de leurs ventes. Cela se traduit par une perte de 98 500 emplois, dont 67 200 directement perdus dans ces secteurs.

L’Espagne est le deuxième pays le plus touché par la perte totale de ventes et d’emplois et le troisième avec des pertes relatives plus élevées d’emplois dans les secteurs touchés. Elle est le pays de l’UE enregistrant les pertes de ventes les plus importantes dans les secteurs des cosmétiques et des boissons alcooliques et du vin ainsi que les pertes d’emplois les plus élevées dans ces secteurs et dans celui des vêtements et chaussures.

Cette série d’études se poursuivra tout au long de l’année 2017, avec des rapports sur les effets économiques de la contrefaçon et du piratage dans les secteurs des smartphones et des pesticides, ainsi que dans d’autres secteurs économiques considérés vulnérables aux atteintes aux droits de propriété intellectuelle.

À PROPOS DE L’EUIPO

L’EUIPO est une agence décentralisée de l’UE, implantée à Alicante (Espagne). Il gère l’enregistrement des marques de l’Union européenne (MUE) ainsi que les dessins ou modèles communautaires enregistrés (DMC), qui assurent la protection de la propriété intellectuelle dans les 28 États membres de l’Union, et il coopère avec les offices nationaux et régionaux de la propriété intellectuelle dans l’UE. Jusqu’au 23 mars 2016, l’EUIPO était connu sous le nom d’Office de l’harmonisation dans le marché intérieur (OHMI).

L’Observatoire européen des atteintes aux droits de propriété intellectuelle a été créé en 2009 dans le but de soutenir la protection et l’application des droits de propriété intellectuelle et de contribuer à lutter contre le risque grandissant d’atteintes aux droits de PI en Europe. Il a été transféré à l’EUIPO le 5 juin par le règlement (UE) nº 386/2012 du Parlement européen et du Conseil.

Émile, le paysan normand, a inventé la salade Florette


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« Savoir oser », répète Émile Ryckeboer. Le paysan de la Manche est l’inventeur des légumes en sachet, prêts à l’emploi.

Émile Ryckeboer, l’inventeur des légumes en sachet, se raconte dans un livre qui vient de paraître aux éditions Orep. Ce paysan de la Manche a su anticiper les modes de consommation de ses contemporains. Il a monté des affaires jusqu’aux États-Unis et en Australie.

« J’ai recouvert, hier, mes betteraves et mes salades contre le gel. » Dans son potager à Saint-Martin-de-Fontenay, près de Caen, Émile Ryckeboer n’a pas perdu la main. Ce retraité de 83 ans en connaît un rayon sur les légumes. Il y a une trentaine d’années, alors paysan à Geffosses (Manche), il a été le premier à vendre des légumes en sachet, prêts à consommer. La salade Florette, c’est lui. « Mes contemporains ne voulaient plus consacrer autant de temps à la préparation de leurs repas », rappelle-t-il dans son livre (1).

« Au début, personne n’y croyait. » Pensez donc : dépenser des « sous » pour ne plus avoir à éplucher les carottes, les pommes de terre… « J’ai commencé par des légumes pour la soupe, dans des sachets en polyéthylène de 500 grammes, conservés à 5 °C. »

Leader européen

Aujourd’hui, Florette est le leader européen des légumes en sachet. L’entreprise, filiale de la puissante coopérative Agrial, compte seize usines en Europe, dont cinq en France. Celle de Lessay (Manche), qu’Émile Ryckeboer a ouverte en 1987, produit plus de 15 000 tonnes de sachets et barquettes. Les 450 salariés découpent, rincent et conditionnent salades et légumes, apportés par 180 producteurs locaux. « Je voulais créer de l’emploi. L’argent n’a pas été le but de ma vie », confie-t-il.

Issu des Flandres belges, Émile Ryckeboer est arrivé en Normandie en 1948. « On était huit enfants qui balbutiaient le français. Mes parents avaient trouvé 130 ha de landes, à Pirou, dans la Manche, qu’il a fallu défricher. » En 1960, Émile s’installe sur des terres à Geffosses, au pays de la carotte de Créances. Il vend des blancs de poireau en bouquet. Puis les premiers sachets de légumes. Il réussit à valoriser le « vert » des poireaux et des carottes mal calibrées…

« Le magasin Monoprix de Coutances m’a accordé une place dans les rayons. Ils ont testé mes innovations. » Le matériel est fabriqué « maison ». Au début, la condensation dans les sacs empêche de voir les légumes. L’utilisation d’une essoreuse, opérant comme une centrifugeuse, règle le problème.

Émile Ryckeboer monte ensuite une chaîne de fabrication pour les salades. Une des premières ensacheuses automatiques arrive d’Angleterre. « Elle servait à emballer les bonbons. Les feuilles de salade se collaient sur la tôle en inox lisse et ne pouvaient avancer. » Il remplace l’inox par de la tôle gaufrée. Le film plastique ne défile pas ? Des guirlandes de Noël sont placées au-dessus du film… « Elles captaient l’électricité statique qui empêchait le film d’avancer. »

Explication musclée avec Coffe

La production se met enfin en route. Après le frais (premièregamme), la conserve (deuxième gamme) et le surgelé (troisième gamme), Émile invente la quatrième gamme : les fruits et légumes frais lavés, découpés et emballés se conservant à 4 °C durant plusieurs jours. Après le Salon de l’agriculture en 1984, les industriels, comme Bonduelle ou Andros, cherchent à s’associer pour construire une usine. Il reste fidèle à la Manche. « Je tenais à ce que le producteur de légumes soit bien payé. Qu’il sache, au moment de semer, combien il allait vendre sa production. »

L’arrivée dans les rayons de la salade en sachet suscite parfois l’hostilité des professionnels du légume. Et aussi de… Jean-Pierre Coffe. « Ce paysan n’a pas assez de cochons pour bouffer ses salades, il les donne à manger aux Parisiens… », avait-il déclaré à la télé.Résultat ? Une explication musclée entre le paysan normand et l’animateur de radiotélévision, dans ses bureaux du 15e arrondissement à Paris. Coffe avait rectifié le lendemain sur RTL.

Victime du succès, le paysan bricoleur devient industriel. En 1985, il cède 51 % de ses parts à la Casam, une des trois coopératives qui formeront Agrial. Les légumes vendus sous la marque Maringote puis Légum’express sont, en 1986, rebaptisés Florette, en référence au film Jean de Florette. Six mois plus tard, une usine voit le jour à Lessay, avec 350 salariés. Mais au début des années 1990, à 57 ans, Émile Ryckeboer se sépare de la Casam.

Il part vendre son savoir-faire aux États-Unis, en Australie et en Irlande. Il se met à l’anglais, écrit un manuel complet pour transférer la technologie.Des usines poussent à Los Angeles, Philadelphie et Cincinnati. Il touche « quelques centimes de dollar sur chaque vente… »

Jamais à court d’idées, il réinvente la purée. Une purée fraîche, de légumes, prête à l’emploi, à réchauffer au micro-ondes. Sans conservateur ni colorant. Nouveau succès. Il revend la société Créaline, à Agrial, en 2009. Créaline, Florette, deux fleurons aujourd’hui de la coopérative. « Émile Ryckeboer fait partie de notre histoire, avoue Ludovic Spiers, directeur général d’Agrial. Il a eu la conviction acharnée qu’il fallait vendre aux consommateurs plus que de simples légumes. Sans lui, la quatrième gamme ne serait peut-être pas produite en Normandie. »

(1) Émile Ryckeboer, paysan pionnier, Orep éditions, 224 pages, 19,50 €.

Auteur : Guillaume LE DU

Source : www.ouest-france.fr

Un jeu de société pour mieux connaître votre région


« Le jeu du pays de Caen » est en vente depuis trois semaines. L’occasion de découvrir les petites histoires de Cintheaux, Boulon, Grainville-Langannerie, Saint-Germain-le-Vasson, Gouvix… Explications avec le créateur, Grégory Bordier.

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Grégory Bordier est l’inventeur de ce jeu de société.

Apprendre en s’amusant, c’était l’objectif de Grégory Bordier quand il a lancé l’idée du « Jeu du pays de Caen ». « Cela permet de découvrir l’ensemble du territoire. On connaît parfois des endroits qui se trouvent à 400 ou 500 kilomètres mais pas forcément ce qu’il y a chez soi. Le jeu de société permet de le faire de façon ludique. On peut passer une bonne soirée en famille ou entre amis et même aller sur le terrain pour vérifier ce qu’on a appris ».

Originaire de Bretagne où il a déjà édité une dizaine de jeux de ce style, il s’essaye pour la première fois à la Normandie. « J’ai de la famille à Caen. On m’a conseillé de le faire ici. J’ai choisi le pays de Caen car avec le Calvados, je n’aurais pas pu rentrer dans le détail. Là c’est un territoire cohérent, à taille humaine. C’est sans doute la première fois qu’un jeu de société parle de Saint-Germain-le-Vasson ».

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De nombreuses communes situées au Nord du pays de Falaise sont concernées par ce jeu.

Le principe est simple : muni d’un pion et d’un dé, chaque joueur se balade sur le plateau, d’Estrées-la-Campagne à Cintheaux en passant par Barbery, Saint-Sylvain, Moulines ou Gouvix. Des questions, des charades ou des devinettes abordent l’histoire, la géographie, le sport, le patrimoine, etc. Les enfants de 7 à 14 ans ont leurs propres questions afin de jouer en famille. « Cela reste un jeu, il faut que ce soit ludique, pas seulement pour les professeurs d’histoire et les passionnés de patrimoine » souligne Grégory Bordier.

100 % made in France

Il lui a fallu plusieurs mois pour concevoir le questionnaire. « Beaucoup de questions ont été piochées dans des livres. Ma femme est libraire en Bretagne et elle a un fonds normand important. Et puis je suis allé sur le terrain pour avoir des informations ». C’est par exemple lors d’une visite à Boulon qu’une question sur « la bête du Cinglais » est née. Un véritable travail d’artisan. « Je ne fais qu’un jeu par an en général. J’étais libraire et c’est devenu mon métier depuis 8 ans. J’édite moi-même car ça reste des petits tirages. Les jeux sont fabriqués en France. Parler d’Urville en faisant du made in China, ça ne serait pas cohérent ». Les trois premières semaines d’exploitation semblent lui donner raison. « Le départ est bon. Le jeu est sorti à 2000 exemplaires, il n’en reste que 550 ». Alors si vous voulez le trouver sous le sapin le 25 décembre au matin, dépêchez-vous !

Pratique : « le jeu du pays de Caen », 34,90€. Pour découvrir les lieux de vente, vous pouvez consulter le site www.lejeudupaysdecaen.com ou appeler au 06.08.49.02.97.

Auteur : Pascal Lecoq

Source : www.lesnouvellesdefalaise.fr