DHL invente le Cubicycle


Le vélo et ses dérivés pourrait apporter une réponse à la problématique du « dernier kilomètre », célèbre chez tous les experts de la logistique. Il s’agit de la distance comprise entre le domicile des clients à livrer et les centres de distribution des transporteurs. Les VPCistes, qu’ils soient de nouveaux entrants ou des acteurs historiques, ont à livrer une clientèle majoritairement urbaine, voire située dans les hypercentres. D’où l’intérêt du vélo, un outil efficace, rapide et non polluant. Sans compter que de plus en plus de grandes villes limitent drastiquement l’accès des véhicules fonctionnant au pétrole (péage urbain, Low Emission Zone…).

Les coursiers à vélo jouent déjà un rôle important mais avec l’augmentation de la demande, le volume à emporter sur chaque vélo augmente lui aussi. Un besoin auquel un cycliste et son vélo classique ne peuvent répondre. D’où le rôle croissant des « vélos cargo » dans ce fameux dernier kilomètre grâce à une capacité d’emport bien plus intéressante.

DHL, l’une des principales sociétés de livraison mondiales, possède depuis longtemps biporteurs et triporteurs. Elle vient d’étoffer sa flotte avec un nouveau modèle, le Cubicycle. D’un coté, un quadricycle à assistance électrique, proche en position d’un vélo couché, avec un pédalier monté sur bôme et une large plate-forme à l’arrière. De l’autre, des caisses métalliques spécialement conçues pour être transportées par le Cubicycle. Le vélo tire d’ailleurs son nom de leur capacité d’emport : 1 mètre-cube pour une charge utile de 125 kg.

dhl-cubicycle

La différence de capacité avec les autres vélo-cargos utilisés couramment dans les villes néerlandaises est donc importante. Encore plus avec le sac à dos qu’utilisent certains livreurs en combinaison avec un vélo standard. De plus, ces dimensions ont été astucieusement choisies puisqu’elles correspondent à la taille d’une palette d’expédition standard (à savoir 80 x 120 x 100 cm), ce qui facilite la compatibilité avec d’autres moyens de transport. Ainsi, le conteneur peut être livré en camion jusqu’à un emplacement proche du centre-ville et sera transféré sur le vélo qui prendra le relais. De plus, une remorque spécifique a été créée : elle s’accroche à un camion et permet de transporter 4 cubicycles.

Ce projet que DHL a commencé à réaliser dès 2015 en phase expérimentale est désormais en phase pilote dans deux villes européennes, Francfort (Allemagne) et Utrecht (Pays-Bas).

Un coursier Cubicycle couvre en moyenne 50km par jour.

DHL Express Europe a déjà, aux dires de son CEO John Pearson, remplacé 60% de sa flotte de camionnette de livraison par des vélos cargo. Il ajoute que « les vélos permettent d’éviter la congestion du trafic et ainsi de faire deux fois plus d’arrêts par heure qu’un véhicule de livraison. Le coût total au cours de leur durée de vie est inférieur à la moitié du prix d’une fourgonnette. Et surtout, ils génèrent des émissions (CO2 et polluants) nulles ».

La Chine lance une campagne pour sensibiliser le public à la protection des DPI


La Chine a lancé jeudi une campagne d’une semaine pour sensibiliser le public à la protection des droits de propriété intellectuelle (DPI).

Durant cette campagne organisée conjointement par 23 agences jusqu’au 26 avril, Journée mondiale de la propriété intellectuelle, des événements se dérouleront à travers le pays, dont des conférences de presse, des forums, des présentations et la publication d’un livre blanc sur la protection judiciaire des DPI.

Lors de la cérémonie de lancement, le conseiller d’État chinois Wang Yong a déclaré que la Chine avait besoin d’une bonne protection des DPI pour encourager l’innovation. M. Wang a également appelé à une meilleure coopération internationale en matière de DPI, afin de créer un environnement inclusif et ouvert pour l’innovation.

La Chine est devenue la plus grande source de demandes de brevets, de marques et de modèles industriels, a déclaré Francis Gurry, directeur général de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI).

Le nombre de demandes chinoises de brevets internationaux déposées dans le cadre du Traité de coopération en matière de brevets de l’OMPI a dépassé 43.000 l’année dernière, soit une hausse de 44,7%, selon le Bureau national de la propriété intellectuelle.

Les autorités chargées des DPI ont traité plus de 80.000 affaires ayant trait aux brevets, aux marques et aux droits d’auteur, a indiqué Shen Changyu, directeur du bureau.

Au cours du premier trimestre de l’année, plus de deux millions de publications piratées ont été saisies, selon un communiqué publié conjointement jeudi par le Bureau national de lutte contre les publications pornographiques et illégales et l’Administration nationale des droits d’auteur.

Source : Agence de presse Xinhua

France Brevets tire la sonnette d’alarme


Selon France Brevets, les startups qui détiennent des brevets ont trois fois plus de chances de réussir que les autres. Mais la France accuse un net retard par rapport à la Silicon Valley, Israël, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Un retard qu’il faut combler si les pépites de la French Tech les plus innovantes veulent garder une chance de devenir à leur tour des géants.

Les brevets, une question de survie pour les startups françaises dans un contexte de course mondiale à l’innovation ? Oui, affirme France Brevets. Aux côtés de la French Tech, ce fonds public spécialisé dans la propriété intellectuelle, créé en 2011 et doté de 100 millions d’euros, dénonce « un problème de protection intellectuelle en France » et milite pour un « changement profond des mentalités ». Sa cible : les entrepreneurs, qui ne s’en préoccupent pas assez ou trop tard, et les investisseurs, trop prompts à dépenser le moins possible, quitte à ignorer les enjeux autour des brevets.

Les startups françaises s’inquiètent des brevets trop tard

Dans sa dernière étude, publiée le 19 avril, France Brevets estime que les startups qui détiennent un portefeuille de brevets ont trois fois plus de chances de réussir à 10 ans que les autres, surtout dans les secteurs du logiciel et des biotechs, les plus concernés par le sujet. « En protégeant la technologie, les brevets apportent un avantage compétitif qui valorise les startups et les aide à lever des fonds lorsqu’elles entrent dans la fameuse vallée de la mort », explique Didier Patry, le directeur général de France Brevets. Les brevets leur permettent aussi de mieux exporter et de mieux s’internationaliser, notamment aux États-Unis :

« Pour pénétrer le marché américain, il faut être soutenu par un fonds américain. Mais si les startups ne disposent pas de la propriété intellectuelle de leurs innovations, alors les investisseurs ne sont pas séduits. La tech étant très concurrentielle, une startup avec des brevets dispose d’un avantage supplémentaire », poursuit Didier Patry.

Problème : les startups françaises sont en retard. Alors que la moyenne mondiale est de 20%, seules 15% des startups françaises détiennent au moins un brevet dans leur phase d’amorçage. Loin derrière l’Allemagne (23%), les États-Unis (22%) et la Chine (22%). Or, la procédure est très coûteuse (de 5000-10.000 euros pour les inventions les plus « simples » à plus de 50.000 euros pour les plus complexes) et très longue (quatre ans en moyenne, parfois beaucoup plus) avant d’obtenir son brevet. Par conséquent, il faut s’en préoccuper le plus tôt possible, estime France Brevets.

« L’amorçage est la meilleure période car une protection complète de la technologie impose de déposer la demande de brevet avant de révéler l’invention à la presse ou au public. Si on rate cette fenêtre, il faut alors se rabattre sur la protection de nouvelles versions du prototype, voire accepter que certains pans ne soient pas protégés », ajoute Didier Patry.

Sortir de la logique de court terme des entrepreneurs et des investisseurs

Les raisons de ce retard sont à chercher à la fois du côté des entrepreneurs et des investisseurs. Au début de l’aventure de la création d’entreprise, les premiers ne voient pas les brevets comme une priorité, mais comme une charge. Ils sont davantage préoccupés par le lancement commercial et le recrutement de collaborateurs, et préfèrent remettre cet investissement en capital et en temps à plus tard.

Les investisseurs ne les encouragent pas à sortir de cette logique de court-terme. Eux-mêmes préoccupés par leur retour sur investissement, « ils ne prévoient pas d’argent, ou pas assez, pour les besoins de propriété intellectuelle », ajoute Yann Dietrich, le directeur de la stratégie chez France Brevets. Une grosse différence avec les États-Unis, où les fonds sont très attentifs à ce sujet dès la phase d’amorçage.

La troisième raison est culturelle. « L’idée de la libre circulation des idées fait partie de la culture française et se retrouve même renforcée par le numérique, note Didier Patry. Le phénomène startup existe en France, mais l’enjeu est désormais de ne pas rater l’étape d’après, celle où les startups grossissent et deviennent des PME ou des licornes »

La Fabrique à brevets, un programme d’accompagnement destiné aux startups

La France rattrape toutefois en partie son retard par la suite. Après l’amorçage, 52% des startups hexagonales déposent des brevets, davantage qu’aux États-Unis (50%) et au-dessus de la moyenne mondiale (46%). Mais elles en déposent un volume plus faible, et leurs brevets sont souvent moins cités par d’autres brevets, ce qui témoigne de leur impact moindre par rapport aux brevets américains, japonais, britanniques et chinois. « Il faut allouer du temps très tôt aux dépôts de brevets, même si la valeur est à long terme, car les brevets déposés plus tôt, dont une portée plus large », indique Yann Dietrich.

Pour aider les startups, France Brevets a lancé il y a plus de deux ans un programme d’accompagnement sur-mesure, baptisé La Fabrique à brevets. Une vingtaine de startups, dont, récemment, le champion des objets connectés Netatmo, en bénéficient.

Source : latribune.fr

L’OVNI du lundi, épisode 2


On ne remerciera jamais assez Nespresso.

Pas pour nous avoir généreusement prodigué leur bienfaisante « éducation client » : nous autres rustauds qui mettions bêtement du café moulu dans une machine expresso pour obtenir un très bon café, nous savons désormais qu’il faut mettre des capsules chères et polluantes dans machines chères et fragiles pour obtenir le même très bon café. Car il y a une différence : la même qu’entre un bon chasseur et un mauvais chasseur (googlez « inconnus sketch chasseurs » le cas échéant).

Mais pour leur effet d’entraînement sur la créativité mondiale, rien moins. Car, grâce à Nespresso, celui qui n’a aucun talent pour l’invention prend une machine au hasard, remplace le consommable par une capsule et il a créé une machine innovante. Ou du moins une machine chère avec des capsules chères, ce qui est déjà une forme d’innovation, non ?

On va voir si vous avez compris avec un exemple pratique. Vous connaissez la machine à pain. C’est une machine de plus à acheter et à nettoyer, ça prend de la place et le pain n’est pas bon. Oui mais il y a un défaut : ça utilise de la farine et la farine ce n’est pas cher. Comment y remédier ? Réponse deux lignes plus bas.

**** L‘OVNI du lundi, épisode 2 : La capsule de pain ****

Easy Bread est une machine à pain à capsule. Ce qui lui permet d’annoncer « Cuire du pain frais n’a jamais été aussi simple! ». C’est vrai qu’il suffit de sortir la capsule de son suremballage, de la secouer 2 ou 3 fois, de la placer à l’envers dans la machine, de sortir le réservoir d’eau de l’appareil, de le remplir, de le remettre en place, de régler le degré de cuisson, d’appuyer sur le bouton Start, d’attendre 2h10 que ça cuise, d’ouvrir le tiroir pour que ça refroidisse un peu, d’attendre quelques minutes, de démouler le pain et… avant d’avoir pu dire ouf, vous avez du pain ! Le site web nous avait prévenus : « Avec la machine à pain Easy Bread, la cuisson de pain frais est très simple et apporte un réel gain du [sic] temps ».

capsule

Quand on pense qu’il y a des benêts qui perdent 8 minutes à faire l’aller-retour à la boulangerie pour une baguette bien croustillante à 80 centimes, on sent bien qu’on n’est pas nés égaux. Nous, on a juste utilisé une capsule à 2€ l’unité (bon, si vous voulez du sans gluten, ce sera 5€ pour vous mais ne commencez pas à chipoter, vous…) et on a attendu deux heures dix. Évidemment, ça se mérite : la machine ne se vend que par correspondance, elle coûte 99,95€ mais c’est carrément cadeau : elle était proposée entre 180 et 200 euros à son lancement, ça prouve bien qu’il est avantageux d’acheter une machine dont personne ne veut, non ?

Les grincheux diront qu’un emballage fait à partir de pétrole, ajouté à un suremballage en carton c’est moins écolo que le sac en papier de la boulangère. Ils vont même vous dire que chaque capsule vendue 2 à 5€ se résume pour l’essentiel à 360g de farine. Pffff… ils oublient qu’il y a du levain et du sel : ils n’ont jamais entendu le sketch de Fernand Reynaud, ceux-là. Ils ne comprennent pas que c’est le prix à payer pour se simplifier la vie : c’est pratique, ces capsules qui se conservent longtemps, non? Enfin, longtemps à condition que ce ne soit pas près de la chaleur (pas plus de 35°). Ni dans le froid (pas dans le réfrigérateur). Ni dans un endroit humide (la FAQ a dit « endroit sec », vous n’envisagiez quand même pas de mettre votre pain dans la cuisine ? Vous êtes bizarres, parfois.). On a quand même le droit de préférer le goût d’un parallélépipède à celui d’une baguette: regardez la jolie photo !

oh le bon pain

En plus, le site web vous permet de savoir comment vous embellir encore plus la vie avec cet appareil. D’abord en « portant toujours des gants de four » (dixit) car l’appareil « est très chaud au cours de l’opération ». Des parois brûlantes, ça c’est du divertissement familial, pas comme ces friteuses à parois froides qui menacent l’emploi des urgentistes ! Ensuite, en vous organisant un minimum. C’est quand même pas compliqué : si vous voulez changer de pain au cours d’un repas, il suffit de l’avoir planifié et de commander sur internet vos capsules qui vous arriveront sous 3 jours (ouvrés !). Pour manger du pain mardi, vous le commandez le jeudi précédent. Et enfin, en instaurant un peu de discipline : on ne se précipite pas tous en même temps sur le pain. S’il y a deux pains à cuire, vous attendez que la machine refroidisse pendant 30 minutes, puis vous cuisez votre deuxième pain pendant 2h10. Rien d’insurmontable, d’autant qu’on peut ramener ces 30 minutes à 15 minutes car la FAQ pleine de bons conseils dit : « Pour accélérer le processus de refroidissement, nous recommandons d’ouvrir le porte-capsule au dessus et le tiroir à cuire pour une ventilation maximale. » Astucieux car je rappelle que le tiroir est brûlant. Si votre crétin de neveu s’est mis à table sans porter ses gants à four, il aura ce qu’il mérite. De plus, l’aller-retour aux urgences vous occupera au lieu d’attendre bêtement 2h35 au total entre deux fournées.

En revanche, ne soyez pas mesquins, on ne vous vendra pas les capsules à l’unité, c’est par boîte de 5, c’est obligatoire. Ben oui, c’est ce qui justifie le suremballage en carton dont j’ai parlé plus haut, vous suivez ? Et puis 5, c’est pas énorme. D’ailleurs vous aurez des frais d’expédition à payer si vous commandez moins de 25 capsules. Parce que, zut, la bonté a ses limites. Allez, on sort la carte bleue ==> www.easybread.fr

Comme quoi on ne remerciera jamais assez Nespresso.

Comment Netatmo protège ses innovations avec France Brevets


La start-up de l’internet des objets Netatmo a fait appel à France Brevets pour mieux faire valoir sa propriété intellectuelle. Un enjeu clé dans un contexte de concurrence internationale féroce.

La propriété intellectuelle ? Ce n’est pas forcément la priorité des jeunes start-up, lancées dans une chasse effrénée aux investisseurs, aux prototypes, aux clients. Et pourtant. Innover pour au final se faire « voler » son invention par un concurrent, cela a de quoi énerver.  C’est un peu ce qui est arrivé à la start-up française de l’internet des objets Netatmo. « Nous avions une super invention au cœur de notre caméra Presence, se souvient le fondateur Fred Potter. Nous étions obligés de soumettre le texte avant que le produit ne soit commercialisé et nous avons déposé rapidement un texte de mauvaise qualité d’une portée réduite. Ce qui nous a empêchés de faire valoir notre propriété intellectuelle avec toute la force que l’on voulait. C’est frustrant« .

Les start-up ont-elles vraiment le choix ? Pas facile d’accéder à des spécialistes des brevets de haut niveau quand on a peu de moyens et seulement une poignée d’inventions à protéger. C’est en partie pour cela qu’a été créée la société publique France Brevets par l’État et la Caisse des dépôts en 2011. Cet organisme fournit des moyens humains et financiers aux entreprises innovantes pour « blinder » leur dépôt de brevets. Netatmo est le vingtième partenaire de la société, aux côtés d’autres entreprises et d’instituts de recherche. Pas moins de 150 brevets ont été déposés via cette « fabrique de brevets ».

Une démarche défensive et offensive

Les équipes de Netatmo et de France Brevets se réunissent une fois par trimestre pour passer en revue les nouveautés qui pourraient faire l’objet de dépôts de brevets. « Nous formons ensuite des binômes inventeur/ingénieur brevets pour rédiger les textes de brevets », explique Fred Potter. Ceux-ci sont de bien meilleure qualité que ceux rédigés par Netatmo seul. « Ce partage des ressources nous permet d’avoir du personnel de bien meilleure qualité, et donc des brevets bien plus solides », se félicite Fred Potter. France Brevets peut mobiliser des directeurs brevets, des experts techniques, des conseillers en propriété intellectuelle…

Sept brevets ont été déposés via ce processus et d’autres sont dans les tuyaux. C’est France Brevets qui prend en charge les frais de dépôts et de procédure ; il se rémunère plus tard en prélevant un pourcentage sur les redevances collectées pour l’utilisation des brevets. L’organisme aide donc l’entreprise à faire respecter ses brevets une fois déposés.

Plus de brevets et de meilleure qualité

Pour Guillaume Ménage, Directeur Licensing et nouveaux marchés chez France Brevets, il est essentiel d’intervenir plus en amont pour mieux protéger les innovations françaises. « On sait que le sujet de la propriété intellectuelle n’est pas la préoccupation numéro 1 des entrepreneurs… Mais plus on s’y prend tard, plus il est difficile de protéger ses innovations », insiste-t-il.  « Les fonds d’investissement intègrent de plus en plus la question de la propriété intellectuelle à leurs analyses« . Une étude de l’institut des Mines de Paris démontre d’ailleurs que les brevets renforcent la probabilité de succès des start-up, de l’ordre de 30%.

« Les brevets sont un investissement, pas une dépense », tranche Fred Potter, qui souligne que plus le succès augmente, plus les « patent trolls » se font pressants. Pour pérenniser le succès de la French Tech, le besoin est urgent d’augmenter le nombre et la qualité des brevets déposés en France, dans tous les secteurs.

Auteur : Sylvain Arnulf – Source : www.usine-digitale.fr

Réseaux sociaux et propriété intellectuelle


L’apparition des réseaux sociaux a permis un accès facilité et instantané à des œuvres protégées par le droit d’auteur. Cependant, la propriété intellectuelle s’y applique au même titre que dans le monde physique.

La propriété intellectuelle et Internet ont un rapport compliqué. En effet, un clic permet d’accéder sans autorisation à des millions d’œuvres protégées par le droit d’auteur.

La propriété intellectuelle est définie comme la branche du droit régissant l’ensemble des droits exclusifs sur les créations intellectuelles. La propriété intellectuelle est séparée en deux branches : la propriété littéraire et artistique et la propriété industrielle. Elle s’applique tant sur Internet qu’ailleurs.

En effet, la publication d’œuvres protégées sans l’autorisation de leur auteur est passible de contrefaçon, ainsi que l’utilisation d’une marque.

  1. Réseaux sociaux et PLA

A. Le droit d’auteur et le partage sur les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux ont introduit un bouton « partage » permettant instantanément de faire suivre à des utilisateurs des œuvres. Cependant, cette fonctionnalité se passe de tout accord de l’auteur original de l’œuvre.

Pourtant, l’article L.122-4 du Code de la propriété intellectuelle dispose que « toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit est illicite ». Aussi, il est de jurisprudence constante que la communication d’une œuvre par internet est bel et bien une représentation, sur la base de l’article L.122-2 du CPI .

L’utilisateur qui partage l’œuvre sans autorisation peut ainsi remplir les critères du contrefacteur. En effet, le consentement de l’auteur répond à un formalisme particulier, il doit en plus être exprès.

B. Les exceptions au droit d’auteur

Plusieurs exceptions au droit d’auteur peuvent néanmoins prévenir de la contrefaçon.

C’est le cas de l’exception de courte citation, codifiée à l’article L.122-5 du CPI . Celui-ci dispose qu’en plus d’être courte, la citation doit nommer l’auteur et l’œuvre d’origine, et être à titre d’information. Cependant, le partage sur un réseau social reprend intégralement l’œuvre, ainsi on sort de la « courte citation ».

Une autre exception vient de la représentation dans le cercle de famille et des amis proches. Cependant, on peut difficilement dire que les utilisateurs des réseaux sociaux constituent des « amis » ou une « famille ». Il appartiendra néanmoins au juge de le déterminer.

Enfin, si tel est véritablement le cas, l’imitation d’une œuvre dans le cadre d’une parodie, d’un pastiche ou d’une caricature peut être applicable, dès lors que cette imitation n’est pas dénigrante.

On voit cependant que l’autorisation de l’auteur reste recommandée dans la plupart des cas dans l’utilisation des œuvres sur internet et les réseaux sociaux.

II. Réseaux sociaux et propriété industrielle

A. Les réseaux sociaux, un enjeu pour les marques

Les marques utilisent les réseaux sociaux pour s’assurer une communication efficace à moindre coût.

L’article L.711-1 du CPI définit la marque comme « un signe susceptible de représentation graphique, servant à distinguer les produits ou services d’une personne physique ou morale »

Le site de l’INPI liste les marques existantes. Celles-ci sont protégées pour les classes dans lesquelles elles sont enregistrées selon la classification de Nice.

Si normalement, une exception de parodie n’existe pas en droit des marques, le Tribunal de Grande Instance de Paris, dans une ordonnance de référé du 2 août 2002, a néanmoins reconnu le droit de Greenpeace de caricaturer la marque Areva sur son site internet.

Dès lors, ce raisonnement est potentiellement transposable aux réseaux sociaux. En effet, si une marque est parodiée dans une page, et bien qu’elle soit clairement identifiable, elle ne saurait se prévaloir du droit des marques pour faire retirer la parodie ou la caricature.

Une autre relation entre réseaux sociaux et droit des marques se trouve spécifiquement sur Twitter. Celui-ci fonctionne par « hashtags » (#) pour référencer les messages. Ainsi, Twitter propose la commercialisation d’un « hashtag » en l’utilisant comme marque.

De manière générale, sur les réseaux sociaux comme ailleurs, il est recommandé de vérifier si une marque similaire n’existe pas déjà dans une catégorie.

B. Les réseaux sociaux face aux dessins et modèles

Les dessins et modèles sont des dessins en deux dimensions qui ont vocation à être le support de création en trois dimensions. Ils sont à cheval entre le droit de la propriété industrielle et le droit de la propriété littéraire et artistique. En tout cas, le Livre V du Code de la Propriété Intellectuelle lui est consacré. Ainsi, sur les réseaux sociaux, les dessins et modèles peuvent bénéficier tant de la protection inhérente à la propriété littéraire et artistique, spécifiquement des arts plastiques, que de la protection de la propriété industrielle.

C’est pourquoi il faut que le dessin est libre de droits, ou se faire céder les droits, pareillement qu’en propriété littéraire et artistique, afin de l’utiliser d’une quelconque façon. En effet, les dessins et modèles sont enregistrés, et donc protégés.

Aucune exception n’étant notable, s’assurer d’être titulaire des droits ou de la liberté de ces droits sur les dessins et modèles est indispensable à leur utilisation, et ce même sur les réseaux sociaux.

Auteur : Murielle Cahan, Avocat au Barreau de Paris – Source : www.juritravail.com

Et si on cessait de jeter nos piles alcalines à tour de bras


Ces 600 millions de piles achetées chaque année en France coûtent en plus cher à la fabrication. Pourquoi les jeter alors qu’on peut les recharger ?

Piles_alcalines_2017

Et si on cessait de jeter nos piles alcalines à tour de bras…

A l’heure des injonctions à recycler, les piles alcalines 1,5 V ont le vent en poupe. Les ventes continuent de grimper. Les jouets, les transistors, les pèse-personnes, les balances de cuisine, les montres, de nombreux objets utilisent encore à foison ces piles à usage unique. Or les fabricants nous enjoignent de ne pas les recharger à cause d’un risque de coulure ou d’explosion. La seule chose qu’on nous demande c’est d’envoyer à la poubelle ces piles.

Ce que les industriels ne disent pas c’est qu’il existe un moyen de recycler ces piles

Un brevet a même été déposé par leur co inventeur, l’ingénieur autrichien Karl Kordesh en 1960. Plus tard, dans les années 80 et 90 , le même M. Kordesh et ses collègues ont mis au point des piles plus robustes, destinées à être rechargées. Attention, on parle toujours de piles alcalines jetables et non de piles rechargeables Nickel Hydrure métallique qu’on ne peut que conseiller d’adopter car elles sont vraiment durables. Plusieurs brevets, dont certains tombés dans le domaine public, ont été exhumés par le collectif paléo-énergétique.

L’idée des français du collectif est de concevoir une nouvelle boite régénératrice en open source

Après un financement participatif réussi, les jeunes français à l’origine de la Regen Box peaufinent le design de leur boite. D’ici quelques semaines, elle sera distribuée à 100 béta testeurs, des bénévoles qui ont soutenu le projet et qui sont avides de bidouiller le système. Le kit une fois monté pourra alors être modifié, amélioré dans un élan collectif et participatif. Ensuite on agrégera le savoir pour figer la meilleure « recette » de la Regen box ou si vous préférez la meilleure façon de l’utiliser.

Les piles réutilisables jusqu’à 10 fois ?

C’est ce que diront les testeurs. Car apparemment, ça change suivant la marque de la pile, sa qualité de fabrication, son état de vieillissement, la température à laquelle on procède à la recharge. Et aussi, la technique de recharge : fréquence, ampérage et vitesse, chaque critère peut avoir un impact.

La régénération doit impérativement se faire à vitesse lente. A priori 10 heures, branchée par clé USB sur un ordinateur ou un téléphone portable. Dans la pile, on inverse le processus chimique habituel (les électrons vont d’un pole à l’autre de la pile) par micro impulsions. Comme dans la fable de La Fontaine, c’est la tortue qui gagne dans cette histoire. Vouloir aller trop vite tue les cycles de charge et risque de provoquer des coulures, d’autant que la qualité des joints dans les piles a baissé ces dernières décennies.

Quand ce sera au point, qui vendra le rechargeur ? Est-ce qu’on le trouvera dans un magasin ou est-ce qu’on achètera un tuto selon la grande tendance du « Do it yourself » ? Tout ça n’est pas totalement bouclé. Ce qui est sûr c’est qu’il y a des endroits dans le monde où on est avide de pouvoir bénéficier de cette ré invention : l’Afrique notamment où toutes les régions ne sont pas électrifiées mais où les piles sont chères.

► POUR ALLER PLUS LOIN | consulter le site du collectif paléo énergétique et le site de Regen Box

Auteur : Sophie Becherel – Source : www.franceinter.fr