Un internaute aide la Nasa à permettre aux astronautes de faire leurs besoins lors des longues missions dans l’espace


Officier de l’armée de l’air américaine, il a remporté le « Spacepoop challenge », destiné à trouver une solution à ce problème.

Comment faire ses besoins quand on est dans l’espace, pour une très longue mission, loin de la Station spatiale internationale ? C’est le problème auquel la Nasa espérait trouver une solution en lançant, en octobre 2016, le « Spacepoop challenge » pour les inventeurs amateurs. Mercredi 15 février, l’agence spatiale américaine a désigné le vainqueur de son concours en ligne : il s’agit d’un officier de l’armée de l’air américaine, qui a inventé un système permettant d’introduire et d’extraire une couche à travers un tout petit orifice dans la combinaison spatiale.

Thatcher Cardon a remporté 15 000 dollars (environ 14 000 euros) pour son invention. Médecin au sein de l’armée de l’air, il a expliqué à la radio NPR s’être inspiré de la chirurgie pour la développer : « On fait des choses incroyables en utilisant de très petites ouvertures », en cardiologie notamment, estime-t-il. « On peut remplacer des valves cardiaques à travers des cathéters. Je me suis dit qu’on devrait savoir gérer un peu de caca. »

Une minuscule ouverture pour extraire les déchets

Son invention consiste en une petite ouverture munie d’un sas de dépressurisation au niveau de l’entrejambe de la combinaison, dans laquelle on pourrait faire passer des objets. Des couches ou des bassins de lit, par exemple. Des objets réduits à la taille la plus petite possible avant d’être dépliés ou gonflés à l’intérieur de la combinaison. Et qui pourraient être extraits par cette même ouverture.

« Je n’ai jamais pensé que garder les déchets à l’intérieur de la combinaison serait une bonne idée », explique l’inventeur en herbe, qui a choisi une autre stratégie que beaucoup de ses concurrents. « Donc je me suis demandé comment les faire entrer et sortir de la combinaison facilement. »

La Nasa va maintenant devoir tester l’invention de l’heureux vainqueur, destinée à être utilisée dans des cas extrêmes où les astronautes sont isolés dans l’espace pour de longues périodes. Aujourd’hui, les astronautes en sortie spatiale portent des couches, mais les conserver plus de quelques heures pose des problèmes d’hygiène.

Source : www.francetvinfo.fr

16 février 1932 : le brevet du presse-purée est déposé par le futur fondateur de Moulinex


En France, le presse-purée est inventé à Bagnolet, Seine-Saint-Denis (93).

L’invention du presse-légumes date en France de 1932… et en Belgique de… 1928. Il est possible que des idées soient dans l’air et qu’elles naissent à peu près à la même période dans deux pays voisins.

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Presse-purée pour faire une purée lisse sans grumeaux

En France

16 février 1932 : le brevet du presse-purée est déposé par son inventeur, Jean Mantelet, petit industriel à Bagnolet en Seine-Saint-Denis, Ile-de-France, après avoir voulu rendre service à sa femme. Son appareil à manivelle obtient un prix au concours Lépine avant de connaître le succès. Il crée l’entreprise Moulin Légumes. Il motorise les appareils à manivelle et lance d’autres appareils électroménagers dont le moulin à café électrique sous la marque « Moulin X » qui devient Moulinex. A l’étroit à Bagnolet, il délocalise l’entreprise à Alençon en Normandie.

La production s’arrête deux ans pendant la guerre de 1942 à 1944 et elle reprend en équipant l’armée américaine. La production atteint 30.000 appareils par jour en 1951. En 1952, Moulinex vend une centaine de millions d’appareils électroménagers dans le monde.  Jean Mantelet fonde une école d’enseignement technique en 1961 pour former ses propres techniciens. Côté en bourse en 1969, Moulinex est le fabricant n°1 du petit électroménager en France et contrôlant 85 % du marché dans les années 1970. 80.000 appareils sont fabriqués par jour par environ 11.400 salariés en 1976, répartis dans 12 usines en France et aussi 11 sites à l’étranger. En 1988, Jean Mantelet cède 28 % du capital aux employés. Il disparaît en 1991. En 2001, Moulinex dépose le bilan. La marque a été rachetée par SEB.

En Belgique

Jean Mantelet n’est pas le seul à avoir inventé un presse-légumes. Dans son édition du lundi 28 janvier 1991, le journal belge Le Soir rappelle, quelques jours après le décès de Jean Mantelet, que le brevet d’invention d’une « passoire d’action rapide pour légumes et autres comestibles » date d’un arrêté ministériel belge du 31 mars 1928 :

« Le presse-purée était commercialisé en Belgique depuis 1928, grâce à Victor Simon, décédé en 1972, et Mantelet ne gagna un procès français qu’en apportant quelques modifications de détail au « passe-vite » des Établissements Simon et Denis, qui subsistèrent jusqu’à ce que, en 1978, ces établissements d’ustensiles ménagers, dont le siège était sis aux 5-6, avenue du Centenaire, à Carnières, furent déclarés en faillite » écrivait le quotidien belge.

Sources : Alençon de A à Z, Le Soir et www.paristribune.info.

Les innovations technologiques en forte hausse


L’information – communication est le secteur le plus innovant. Devant l’industrie.

Entre 2012 et 2014, près d’une entreprise sur deux a innové en France. Ce chiffre, qui englobe tout type d’innovations (produits, processus, mais aussi modes d’organisation) est issue d’une étude de l’Insee publiée ce mercredi et concerne les sociétés de plus de 10 salariés du secteur marchand non agricole. Si les innovations non technologiques (sur les modes d’organisation et les stratégies de vente) restent les plus fréquentes (38 % des sociétés les ont pratiquées), la progression des innovations technologiques entre 2010-2012 et 2012-2014 est en forte progression. La part des sociétés qui ont inventés de nouveaux produits ou processus est passée de 37 % à 41 %. Alors que la part de celles qui se sont contentées d’innovations non technologiques a cru de 1 point seulement, passant de 42 à 43 %.

Sur la période 2012-2014, une entreprise sur huit a lancé un nouveau produit qui n’existait pas sur le marché. Quant à l’innovation sur les procédés de fabrication ou de production (considérée comme innovation technologique également), elle a concerné 21 % des sociétés. L’industrie fait partie des secteurs les plus innovants, mais c’est toutefois la communication et l’information qui arrivent en tête, aussi bien sur l’introduction de nouveaux produits que sur de nouvelles techniques de marketing ou d’organisation.

Au-delà du secteur d’activité, la capacité à exporter est aussi un facteur déterminant de l’innovation. Ainsi, 25 % des entreprises exportatrices ont introduit des produits nouveaux sur le marché, contre 6 % seulement pour les autres. Et ce ci est vrai pour tout type d’innovation, technologique ou non. Les entreprises soumises à la concurrence internationale sont en effet amenées à innover plus souvent pour rester compétitives par rapport à leurs concurrents étrangers. A secteur et taille identiques, qu’elles appartiennent à un groupe ou non, les entreprises exportatrices innovent 2,5 fois plus souvent que les autres. De même les sociétés appartenant à un groupe ont 1,3 fois plus de chances d’être innovantes que les indépendantes. Souvent parce qu’elles ont plus facilement accès à des subventions publiques en étant intégrées à un groupe.

D’ailleurs, parmi les entreprises qui ont lancé de nouveaux produits ou inventé de nouveaux processus de fabrication, 37 % ont bénéficié d’un soutien public financier. Le dispositif le plus courant est le Crédit impôt recherche, mais d’autres exonérations fiscales ou sociales sont utilisées par les entreprises, tel que le crédit impôt innovation, lancé par le gouvernement Ayrault, ou encore le statut de Jeune entreprise innovante (JEI).

L’étude de l’Insee montre enfin que l’innovation est souvent le fruit d’un partenariat. Pour innover technologiquement, près d’un tiers des sociétés ont développé des coopérations, le plus souvent avec leurs fournisseurs (d’où l’importance de s’inscrire dans une filière structurée), mais aussi avec des entreprises appartenant au même groupe. Les coopérations avec des organismes de recherche (7 % des cas) ou des universités (9 % des cas) sont paradoxalement moins fréquentes.

Auteur : Marie Bellan – Source : www.lesechos.fr

Propriété intellectuelle : Les dessous pas chics.


La Propriété Intellectuelle (PI) est un vaste sujet d’actualité qui nécessite une attention particulière. En effet, force est de constater que ses subtilités échappent fréquemment au grand public et même aux professionnels qui confondent souvent les notions de «propriété industrielle» et de «propriété littéraire et artistique».

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Ces deux notions sont pourtant bien différentes et leur solution de protection le sont tout autant. Il est donc important de rappeler les généralités suivantes.

La «propriété industrielle» fait référence au droit accordant et protégeant un monopole temporaire d’exploitation sur un territoire.

Elle protège notamment les inventions et les marques. La «propriété industrielle» concerne généralement les entreprises et professionnels.

En France pour obtenir un titre de «propriété industrielle», il faut nécessairement passer par l’INPI qui est en relation avec l’OMPI (Organisation Mondiale de la PI).

Ces droits sont limités dans le temps : 20 ans pour un brevet (lié à une invention technique), et une durée de 10 ans renouvelable pour une marque.

La «propriété littéraire et artistique» quant à elle vise les œuvres littéraires, musicales, graphiques, plastiques, les photos, les logiciels…. Elle concerne donc l’immense marché lié à Internet et au patrimoine immatériel. La création de ces œuvres, si elles sont originales, en fait de leurs créateurs les propriétaires.

C’est ce qu’on appelle le droit d’auteur, qui est dorénavant reconnu dans plus de 170 pays. Cependant, avant de communiquer sur sa création, l’auteur a le plus grand intérêt à apporter une preuve irréfutable qu’il en détient l’antériorité.

La solution ad’hoc pour obtenir cette preuve est le site MaPreuve.com qui permet immédiatement à l’auteur d’apporter une preuve juridique d’intégrité et d’antériorité à sa création. MaPreuve.com, qui s’adresse à la fois aux particuliers et aux personnes morales, accepte toute taille et tout format de fichier.

Les deux familles de la PI étant juridiquement différentes, les entreprises et les concepteurs doivent donc bien en comprendre les spécificités afin de sélectionner la solution de protection adaptée à leurs besoins.

Auteur : Arnauld Dubois, Expert en confiance numérique – Source : www.info-utiles.fr

Taqi al-Din, l’inventeur de la pompe à eau à 6 cylindres


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Taqi al-Din Mohammed ibn Ma’ruf al-Shami al-Asadi est un scientifique turc du Xe siècle qui a écrit de nombreux ouvrages traitant d’astronomie, d’astrologie, de mécaniques optiques et d’horloges mécaniques.

Celui qui est considéré comme l’un des grands inventeurs de pompes à eau de la civilisation ottomane-islamique a laissé derrière lui un ouvrage intitulé Kitâb al-Turuq al-saniyya fi al-alat al-ruhaniyya (livre des méthodes accomplies au sujet des machines de l’esprit). Ce livre qui s’inscrit dans la tradition mécanique arabe, décrit le fonctionnement d’un moteur à vapeur rudimentaire.

Plus de dix siècles plus tard les grandes marques de mécanique automobile s’inspirent de ses écrits pour inventer des voitures toujours plus puissantes les unes que les autres.

Le constructeur d’automobiles de luxe de sport allemand Porsche s’est directement inspiré de la description d’une horloge astronomique appelée «Huq -al – kamar» (la boite de la lune), des horloges hydrauliques, des instruments à sifflements perpétuels et des pompes hydrauliques pour construire sa nouvelle voiture la porche 911.

La 911 est l’automobile mythique de la marque qui signe l’identité de Porsche depuis 1963. Elle doit la puissance de son moteur 6 cylindres à l’invention de la pompe à 6 cylindres monobloc de Taqi al-Din.

Les éléments de cette pompe son révolutionnaires : six leviers sont mobiles autour d’un axe parallèle à l’axe de la roue hydraulique. L’une des deux extrémités de chaque levier est fixée à la boule du piston qui lui fait face , tandis que l’autre extrémité affleure une cheville. A chaque trou latéral est fixé un long tuyau. Les six tuyaux ainsi obtenus sont raccordés a un gros tuyau qui donne accès à un bassin vide .

Le fonctionnement est aussi très ingénieux : lorsque la roue hydraulique tourne, les chevilles pincent respectivement les leviers qui font soulever l’un après l’autre les pistons dans les cylindres afin que l’eau puisse être aspirée. Puis une fois que la cheville quitte l’extrémité du levier, le piston retombe dans le cylindre, sous l’action du poids de la boule, et l’eau est refoulée par l’ouverture latérale dans les tuyaux extérieures puis dans le gros tuyau.

Taqi al-Din fait partie de ces savants musulmans oubliés de l’Histoire dont l’occident reconnaît le génie pour mettre en pratique ces fabuleuses théories devenues les technologies d’aujourd’hui.

Source : www.ajib.fr

Lettre d’information Transtech – Février 2017


Invention à l’honneur

Système de protection de moteurs hors-bord – Jean-Michel Martinet –

Passionné de bateaux et mécanicien réparateur de matériel nautique de profession, Jean-Michel Martinet a inventé le dispositif Opposite-Wave qui vise à protéger durablement et efficacement les moteurs de bateaux hors-bord.

Description du projet . . .

Opposite-Wave permet de protéger les parties immergées d’un moteur hors-bord en les isolant de l’eau de mer. Conçu pour une manipulation facile et sans danger le dispositif s’installe et se démonte en 5 minutes en toute sécurité. Toutes les pièces flottent et sont pourvues de pastilles fluorescentes afin de récupérer aisément le produit même de nuit.

Le système est équipé d’une puce électronique antivol. Opposite-Wave comprend une pompe (12 volts) permettant de rincer le moteur à l’eau douce après chaque sortie en mer et d’enlever le surplus d’eau afin que le moteur reste au sec. Il n’est donc plus nécessaire d’utiliser des produits acides, chlorés et toxiques, ayant des effets néfastes sur l’écosystème, pour nettoyer son moteur.

Opposite-Wave est une invention française brevetée respectueuse de la mer et de l’environnement.

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Lauréat du concours Tremplins I’NOV PRO 2016 – Catégorie: Sports & Loisirs

Situation du projet . . .

• Le prototype a été retravaillé avec de nouveaux matériaux, plus légers, qui ont permis de réduire considérablement le poids du dispositif.
• Recherche d’investisseurs pour la réalisation des différents moules en vue de pouvoir lancer la fabrication par la suite.

Les mots de l’inventeur . . .

« Pour augmenter la sécurité dans les chenaux et économiser de la place, de nombreux ports de plaisance imposent que les moteurs restent dans l’eau toute l’année, ce qui les abîme considérablement. Passionné de bateaux, c’est pour trouver une solution permettant de répondre à cette obligation tout en protégeant les moteurs et l’écosystème que j’ai inventé Opposite-Wave ».

La formation  » Devenez autonome en management de projet innovant « 

Proposée par le CRED, il s’agit d’une formation-action appliquée aux projets des participants. Elle s’adresse aux porteurs de projets en entreprises, en laboratoires de recherche, ou dans l’administration … et se déroule en 7 jours sur un trimestre.

Il reste encore quelques places pour la session de printemps 2017 qui se déroulera les 9, 10 et 31 mars – 21 avril – 12 mai – 2 et 6 juin.

Pour vous inscrire ou obtenir plus d’informations, contactez : Amélie Perret ou Laurence Messager au 05.56.84.58.81 ou à cred-contact@iut.u-bordeaux.fr

Retour sur le reportage de France 3 consacré à Transtech

Mercredi 1er février, France 3 a diffusé un sujet consacré à TRANSTECH dans l’édition locale du 19/20. Julie Baraké, co-directrice de TRANSTECH, était également en direct sur le plateau pour répondre aux questions du journaliste et présenter l’action de TRANSTECH sur le territoire.

Vous pouvez voir ou revoir ce programme ici :

Le 45ème Salon International des Inventions de Genève se tiendra du 29 mars au 2 avril à Palexpo

Un salon annuel unique au monde qui réunit plus de 700 exposants venant de 40 pays avec 1 000 inventions et produits nouveaux présentés par des entreprises, des inventeurs, des universités, des instituts, organismes privés ou d’état ; 57 000 visiteurs des 5 continents dont une moitié de professionnels qui viennent « parler affaires »; 650 journalistes, les radios et télévisions de 30 pays.

Reconnu comme le plus important marché d’innovations au monde, ce salon est le lieu idéal pour promouvoir les inventions. Il bénéficie du haut patronage du gouvernement Suisse, de l’État et de la Ville de Genève, ainsi que de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle, OMPI.

Un jury international, composé de 82 spécialistes, décerne de nombreux prix et distinctions, témoignage de qualité et d’authenticité de grande importance pour les exposants. Le Président de la FNAFI, Bernard GUTFRIND, y remettra le prix « FNAFI ».

INSCRIPTION JUSQU’AU 20 FÉVRIER

Bénéficiez d’une réduction de 20% sur le total des frais d’inscription ainsi que sur toute publicité dans le catalogue, en indiquant que vous venez de la part de TRANSTECH. Pour plus d’informations contactez-nous au 05.56.51.39.18 ou à contact@inventifs-transtech.fr

Retrouvez toutes les informations du salon de Genève sur : www.inventions-geneva.ch

Pour plus d’informations, veuillez adresser votre demande à expo@inventions-geneva.ch

TRANSTECH Aquitaine

40 Avenue de la Somme – 33700 MERIGNAC

E-mail : contact@transtech.asso.fr

Tél. : 05 56 51 39 18

Face aux entrepreneurs: l’inventeur de Meetic se raconte


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Marc Simoncini, dans son bureau à Paris.

Succès, échecs, doutes, convictions… Conversation à bâtons rompus dans le bureau de Marc Simoncini, fondateur de Meetic, aujourd’hui à la tête du lunetier Sensee.

Pour le grand public, Marc Simoncini c’est le fondateur de Meetic, le célèbre site Internet de rencontres, véritable success story française. Pourtant, son aventure entrepreneuriale ne se limite pas à cette réussite. Loin de là. Il y a un avant Meetic, un pendant et un après. C’est ce long parcours, ponctué de prises de risques et de remises en question, qui l’a fait entrer dans la catégorie des « serial entrepreneurs », catégorie numérique.

Nouveau défi

Depuis 2011, il s’attaque au marché de l’optique en ligne. Son groupe, Sensee, vend lunettes et lentilles sur Internet et dans 3 boutiques, bientôt 4. Leur fabrication est 100 % française, à Oyonnax (Ain). Là encore, Marc Simoncini a vu juste. Le groupe de 60 personnes a triplé son chiffre d’affaires. Attention : il ne se voit pas comme patron. Son job, c’est d’avoir des idées innovantes. « Si vous pensez qu’entreprendre vous rend heureux, faites-le. » Ce conseil, qu’il a dernièrement partagé sur Twitter, en dit long. A force, l’entrepreneur s’est aussi mué en véritable expert, au point de devenir un investisseur de poids.

Son appétit d’entreprendre, il l’a partagé avec Andréa, Marc, Stéphanie, trois fondateurs de start-up, et Myriam, une banquière branchée innovation, qu’il a reçus chez Jaïna Capital, son fonds d’investissement, à Paris (VIII e), avec un enthousiasme communicatif.

« A 22 ans, je ne savais pas ce qu’étaient un devis, un bilan… »

Stéphanie Florentin. Vous vous êtes lancé très tôt. Quels sont les avantages et les inconvénients d’entreprendre jeune ?

M.S. Plus on démarre tôt, plus on a le temps d’apprendre. Quand j’ai monté ma première boîte à 22 ans, je n’avais rien à perdre. Mais c’était la catastrophe car je ne savais pas ce qu’étaient un devis, un bilan. En général, la première start-up, ça ne marche pas.

Andréa Jacquemin. Vous avez entrepris dans plusieurs secteurs. Pourquoi des branches si différentes ?

M.S. Quand on pense qu’on a réussi quelque part, on croit qu’on peut réussir partout. Par exemple, j’ai investi dans l’industrie lourde, avec des dameuses de 10 t, des ateliers, des usines, des moteurs. Ça n’a pas marché. Mais j’ai appris. Entrepreneur n’est pas un métier en soi. Avoir des idées, du courage, sont des qualités pour entreprendre mais qui ne garantissent pas le succès. C’est passionnant d’essayer.

Marc Stanciu. Pensez-vous que le marché de la rencontre en ligne est saturé ?

M.S. Il est saturé par Meetic ! C’est difficile pour moi de parler de cela car j’y ai passé 10 ans de ma vie. Je n’ai pas vu grand-chose de nouveau avec une vraie chance de devenir très gros depuis Meetic, Match, Tinder. C’est l’un des métiers où l’on dit : le plus gros gagne.

« En France, aucun problème pour financer une start-up »

Myriam Beque. Comment avez-vous fait pour trouver vos premiers financements ?

M.S. Les banques ont été les premières à m’aider. Mais ma grosse erreur, c’était que j’avais horreur des dettes. J’attendais d’avoir 1 million pour acheter des ordinateurs et développer mon activité. Pendant ce temps-là, les concurrents, eux, se faisaient prêter 10 millions pour en acheter dix.

Andréa Jacquemin. En France, manque-t-on d’argent pour accompagner la création puis le développement de start-up ?

M.S. Dans le numérique, le secteur que je connais le mieux, il n’y a aucun problème pour financer une start-up. Si on ne la finance pas, c’est qu’elle n’est pas finançable. Au début, beaucoup passent par la « love money » (NDLR : levée de fonds auprès des proches). Quand l’activité démarre, vous n’êtes pas rentable mais avez encore besoin d’argent. C’est ce dernier bout de la chaîne, le plus risqué, qui est mal assuré. C’est pourquoi Xaviel Niel (Free), Jacques-Antoine Granjon (Vente-privee), Pierre Kosciuzko-Morizet (PriceMinister) et moi, via mon fonds d’investissements Jaïna Capital, avons comblé une partie du financement. En revanche, si vous avez un projet mondial très coûteux, mieux vaut aller aux États-Unis.

« Pour Meetic, j’ai travaillé comme jamais »

Myriam Beque. Quels ont été la plus grande difficulté, le plus gros doute ou échec que vous ayez rencontrés ?

M.S. J’ai monté ma première boîte en 1985. Elle a déposé le bilan en 1989 et j’ai aussitôt remonté la seconde. C’était un portail Internet que j’ai vendu à Vivendi en 2000. Pendant ce temps, j’ai tous les jours douté. Le doute, la difficulté, la résilience sont des caractéristiques fortes de l’entrepreneur.

Stéphanie Florentin. Si vous pouviez changer quelque chose dans votre parcours, ce serait quoi ?

M.S. Quand j’ai vendu ma boîte, je me croyais riche jusqu’à la fin de mes jours. J’étais payé avec des actions Vivendi qui valaient une fortune. Des banquiers m’ont conseillé de les garder et d’emprunter à côté. Sauf que l’action qui valait 70 est tombée à 3. J’ai tout perdu… C’était la plus grosse erreur. Mais je n’avais plus le choix. J’ai créé Meetic et j’ai travaillé comme jamais pour la faire grandir et rembourser mes dettes. Je ne regrette rien.

Andréa Jacquemin. Quelle serait la future bonne idée ?

M.S. L’un de mes critères est d’essayer de ne pas investir dans un métier où Facebook, Google, pourraient aller. C’est le cas pour la rencontre. Idem pour les lunettes. Maintenant, la bonne idée pour moi, c’est de créer un grand projet à but non lucratif.

Auteurs : Virginie de Kerautem, Cyril Peter et Jean-Louis Picot – Source : www.leparisien.fr