La roue à rayon variable se prépare un bel avenir


Un designer de Vallières-les-Grandes a imaginé et développé une roue capable de doubler de taille à volonté : une curiosité aux applications inattendues !

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Vincent Fourdrinier ne se contente pas de créer des objets virtuels : il leur donne vie grâce à une imprimante 3D qui lui a permis notamment de tester la faisabilité de sa roue à diamètre variable.

Les historiens se disputent sur la question de savoir qui a inventé la roue. Rien de tel pour la roue à diamètre variable. Son créateur est bien connu : il se nomme Vincent Fourdrinier et en a déposé le brevet international. Ce jeune designer travaille chez lui à Vallières-les-Grandes. Mais son marché se trouve dans le monde entier, partout où des industriels cherchent à se démarquer de la concurrence en améliorant l’aspect, mais aussi la fonctionnalité de leurs produits. Deux exigences qui se retrouvent dans le nom de sa société : « Beautiful and Usable » (Beau et utile).

Primée au dernier concours Lépine, la roue qui grandit se compose d’un moyeu pourvu en guise de rayons de segments mobiles coulissant à l’intérieur de leur logement en étoile. Les éléments de la bande de roulement utilisent, pour leur part, un principe comparable à celui du sommier à lattes extensible. Le système, éventuellement motorisable, permet de multiplier par deux le diamètre et la circonférence de la roue en lui conservant sa forme circulaire et, surtout, sa robustesse initiale. Cette caractéristique vaut à l’invention de Vincent Fourdrinier de surclasser tous les dispositifs antérieurs.

Peut-être sur Mars

« Il m’a fallu deux ans de recherche, d’essais et de fabrication de prototypes pour finaliser le projet », calcule-t-il : une obstination justifiée par les multiples applications parfois inattendues, que lui ont permis d’identifier ses démarches prospectives. Elles vont de l’industrie automobile à l’exploration spatiale en passant par les engins militaires chenillés. C’est d’ailleurs dans ce dernier domaine que les contacts sont les plus avancés. Dotée de ressorts et de crampons, la roue extensible jouera le rôle d’un amortisseur pour absorber les tensions brutales subies par les chenilles lorsqu’elles passent sur un obstacle. « Elle peut aussi servir de variateur de vitesse pour exploiter au mieux le régime d’un moteur électrique », explique l’inventeur qui développe une application en ce sens à la demande de deux équipementiers européens. Mais la plus étonnante concerne la NASA, qui envisage de l’utiliser sur un robot minier destiné à l’exploitation de matériaux sur la planète Mars !

Les perspectives commerciales ouvertes par la roue à diamètre variable incitent Vincent Fourdrinier à se doter de moyens supplémentaires. L’année qui s’ouvre sera l’occasion de construire un atelier d’une centaine de mètres carrés où il pourra installer ses matériels informatiques et son imprimante 3 D (grâce à laquelle il a créé ses prototypes) en libérant le salon du domicile familial… L’extension lui permettra aussi d’embaucher un, voire deux collaborateurs. Beautiful, usable, and promising !

Repères

Les clients internationaux constituent toujours le principal fonds de commerce de B & U qui compte dans ses clients de grands noms de l’horlogerie, des arts de la table, du mobilier, de l’architecture, de la téléphonie, etc.

Vincent Fourdrinier s’est attaché par ailleurs à proposer (à des conditions préférentielles) ses compétences aux PME du département. Plusieurs d’entre elles ont déjà utilisé ses services : un fabricant de lunettes pour enfants, un constructeur de cabines de douches, un créateur d’outillages professionnels, un opérateur de sécurité à distance…

B & U est membre de « Loir-et-Cher Tech », réseau de start-up spécialisées dans l’économie numérique.

Site Web : beautifulandusable.com

Auteur : Jean-Louis Boissonneau – Source : www.lanouvellerepublique.fr

Des dessins ou modèles exceptionnels reçoivent le prix DesignEuropa 2016


Des dessins ou modèles exceptionnels reçoivent le prix DesignEuropa 2016

• Le «panneau Flap» de Caimi Brevetti reçoit le prix dans la catégorie «Petites et jeunes entreprises».
• La poussette de jogging «Thule Urban Glide»triomphe dans la catégorie «Industrie».
• Le créateur légendaire Giorgetto Giugiaro se voit décerner le prix «Réalisations de toute une vie».

Deux dessins ou modèles exceptionnels ont été révélés en tant que lauréats des prix DesignEuropa lors de la cérémonie à Milan, qui s’est tenue aujourd’hui.

Le «panneau phono-absorbant Flap», fabriqué par Caimi Brevetti et créé par Alberto et Francesco Meda, remporte le prix «Petites et jeunes entreprises».

Le prix «Industrie» a été décerné à la poussette de jogging «Thule Urban Glide», fabriquée par Thule AG et créée par Thule avec l’assistance du studio de création Veryday.

Le prix «Réalisations de toute une vie», qui honore une contribution exceptionnelle à la création apportée tout au long d’une vie professionnelle, a été décerné au créateur italien légendaire Giorgetto Giugiaro.

Les prix DesignEuropa, organisés par l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), une agence décentralisée de l’UE, récompensent l’excellence en matière de dessins ou modèles et de gestion de ces derniers parmi les titulaires de dessins ou modèles communautaires enregistrés (DMC). Le DMC est un droit de propriété intellectuelle à caractère unitaire administré par l’EUIPO et valable dans l’ensemble de l’UE-28.

Le sous-secrétaire d’État italien Antonio Gentile et la ministre britannique de la propriété intellectuelle, la baronne Neville-Rolfe, se sont joints à des créateurs renommés et à des leaders de l’industrie lors de la remise des prix DesignEuropa, qui s’est tenue au UniCredit Pavilion, pour une cérémonie qui a souligné l’importance du dessin ou modèle pour l’économie de l’Union.

Selon une étude réalisée par l’EUIPO et l’Office européen des brevets, les industries qui utilisent intensivement les dessins ou modèles ont contribué pour plus de 243 milliards d’euros à la balance du commerce extérieur de l’Union en 2013. Les entreprises à forte intensité de dessins ou modèles ont généré 18 % du PIB de l’UE et créé 38,7 millions d’emplois.

M. António Campinos, directeur exécutif de l’EUIPO, a déclaré :

«Nos finalistes et notre lauréat du prix “Réalisations de toute une vie” démontrent le pouvoir de la création en tant que moteur de croissance économique et de création d’emplois. Avec les centaines de milliers d’entreprises à forte intensité de dessins et modèles, ils contribuent à la croissance de notre économie et soutiennent des millions d’emplois. N’oublions cependant pas que le dessin ou modèle dans l’UE est lié à la tradition ainsi qu’à l’innovation. Les grandes créations font partie de notre histoire européenne ainsi que de notre futur».

Le président du jury des prix DesignEuropa, Robin Edman, a déclaré :

«Cette édition des prix DesignEuropa est peut-être la première, mais le niveau des candidatures que nous avons reçues était extrêmement élevé. Choisir les finalistes a été une tâche ardue mais, dans les catégories “Petites et jeunes entreprises” et “Industrie”, deux d’entre eux se sont particulièrement distingués. Le «Flap» et le «Thule Urban Glide» sont de dignes lauréats dans un domaine très concurrentiel, et notre lauréat du prix “Réalisations de toute une vie”, Giorgetto Giugiaro, est une véritable légende dans le domaine de la création».

Le dessin ou modèle lauréat dans la catégorie «Industrie» est le suivant :

Poussette de jogging «Thule Urban Glide» (titulaire du DMC et fabricant : Thule IP AB, créateurs : en interne, avec l’assistance du studio de création VeryDay)

Les créateurs de chez Thule ont travaillé avec le studio de création suédois VeryDay pour intégrer le langage conceptuel de Thule à la poussette de jogging «Thule Urban Glide» avant sa mise sur le marché en 2013. Les membres du jury ont souligné l’originalité du modèle, la qualité technique de sa construction, son aspect pratique, sa sensibilité sociale et son adaptabilité à différents modes de vie.

Le modèle lauréat dans la catégorie «Petites et jeunes entreprises» est le suivant :

«Panneau phono-absorbant Flap» (titulaire du DMC et fabricant : Caimi Brevetti, créateurs : Alberto et Francesco Meda)

Le «Flap» a été conçu par le duo père et fils formé par Alberto et Francesco Meda, pour Caimi Brevetti. Les membres du jury ont apprécié la combinaison d’éléments visuels et tactiles du produit, et la manière dont il fait le lien entre la conception industrielle et l’architecture d’intérieur. Le jury a également souligné «l’utilisation sophistiquée et intelligente du système de DMC» à travers sa stratégie de gestion de la PI.

Le lauréat du prix «Réalisations de toute une vie» : Giorgetto Giugiaro

Le premier prix DesignEuropa dans la catégorie «Réalisations de toute une vie» sera décerné à Giorgetto Giugiaro. M. Giugiaro est connu dans le monde entier comme l’un des créateurs les plus réputés de l’histoire de l’automobile.

Il est directement responsable de la création de plus de 300 modèles de production de série et plus de 200 prototypes de recherche pour de nombreux fabricants. Environ 60 millions de véhicules en circulation dans le monde, produits par les plus grands fabricants, sont le fruit de sa créativité.

Ses créations comprennent la Golf de Volkswagen, la Lotus Esprit, la Fiat Panda et la Maserati 3200 GT. Tout au long de sa vie professionnelle, il a collaboré avec presque toutes les grandes sociétés automobiles du monde entier. Par son leadership et son dévouement à son art, il a inspiré des générations de jeunes créateurs.

À PROPOS DES PRIX DESIGNEUROPA

Les prix DesignEuropa, organisés par l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), en partenariat avec l’Office italien des brevets et des marques (UIBM), célèbrent l’excellence en matière de dessins ou modèles et en matière de gestion de ceux-ci parmi les titulaires de dessins ou modèles communautaires (DMC) enregistrés, que ce soit des titulaires de droits individuels, ou des entreprises de petite ou de grande taille. Le dessin ou modèle communautaire (DMC) enregistré est un droit de propriété intellectuelle à caractère unitaire, valable dans les 28 États membres de l’UE et géré par l’EUIPO.

À PROPOS DE L’EUIPO

L’EUIPO, l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle, est une agence décentralisée de l’UE établie à Alicante, en Espagne. Il gère l’enregistrement des marques de l’Union européenne (MUE) ainsi que les dessins ou modèles communautaires enregistrés (DMC), qui assurent la protection de la propriété intellectuelle dans les 28 États membres de l’Union, et il coopère avec les offices nationaux et régionaux de la propriété intellectuelle dans l’UE. Jusqu’au 23 mars 2016, l’EUIPO était connu sous le nom d’Office de l’harmonisation dans le marché intérieur (OHMI).

L’invention d’un jeune diplômé pour cuisiner et faire la vaisselle avec un seul bras valide


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Le jeune homme a mis près d’un an à concevoir son invention, en apparence simple mais dont chaque détail a été soigneusement étudié.

Loren Lim, jeune diplômé singapourien en design industriel, a mis au point un ustensile modulable permettant aux personnes ne disposant que d’un bras valide de cuisiner et faire la vaisselle de manière simple et pratique.

L’oncle de Loren Lim, jeune diplômé en design industriel à la National University de Singapour et désormais assistant de recherche, a perdu l’usage de son bras à la suite d’un accident vasculaire cérébral. Cet oncle – désormais décédé – aimait beaucoup cuisiner pour sa famille, mais rencontrait des difficultés à le faire avec son seul bras valide.

Selon The Straits Times, c’est ce qui a donné l’idée à Loren Lim de mettre au point son «Oneware» : un ustensile modulable, destiné à être positionné au dessus d’un évier ou sur un plan de travail. «Oneware» permet aux personnes handicapées ou blessées au niveau d’un bras de découper des aliments et de faire la vaisselle de manière simple et pratique. Un espace est même prévu pour un petit sac poubelle.

Une innovation déjà récompensée deux fois

L’invention de Loren Lim a déjà remporté le James Dyson Award de Singapour et est actuellement en compétition avec 19 autres projets pour le James Dyson Award au niveau mondial – les résultats seront connus fin octobre. Loren Lim est également le lauréat de l’Ikea Singapore Young Designer Award de l’année 2016.

«Oneware» nécessite quelques perfectionnements et n’est donc pas encore disponible à la vente, mais son inventeur est en discussion avec des fabricants pour voir comment la production de son produit pourrait être moins chère et où il pourrait être distribué.

Auteur : Aude Bariéty

Source : etudiant.lefigaro.fr

Concours FAB LIFE 2016 : derniers jours !


Plus que quelques jours pour participer à Fab Life 2016.

Le concours des « Papas Bricoleurs » s’appelle désormais « Fab Life », car il est désormais ouvert à tous.

Il y a quelques autres changements. En particulier, il y a maintenant au sein du jury certains lauréats phares de l’édition 2015 ainsi que des ergothérapeutes, ce qui rendra le concours plus interactif et concret.

Mais surtout, au niveau des participants, ce concours qui était initialement tourné vers les parents d’enfants handicapés s’adresse désormais plus largement à tous ceux qui inventent des solutions pour favoriser l’autonomie et l’épanouissement des personnes handicapées ou à besoins particuliers, que ce soit en tant que parent, proche ou même simple voisin. Chacun peut donc avoir une bonne raison de participer.

L’état d’esprit de ce concours est, dans la lignée du concept indien « d’innovation frugale », de trouver des solutions innovantes pour répondre à un besoin donné de la manière la plus simple et efficace, avec un minimum de moyens. Pour que les idées des uns soient (aussi) réalisables par les autres.

Cette 19e édition est donc ouverte cette année aux amateurs de DIY, aux Makers, aux Fab Labs, aux ingénieurs et aux experts de l’impression 3D ou du prototypage.

Chaque candidat peut déposer son dossier – incluant des photos et un croquis – jusqu’au 31 août 2016 sur le site www.concoursfablife.org. Le cas échéant, une assistance est disponible au 04 72 84 26 86. Le jury élira les 20 meilleurs dossiers qui seront ensuite soumis au vote du public en ligne à partir du 1er octobre 2016. Ce vote du public prendra fin le 15 novembre 2016 et la remise des prix aura lieu début décembre 2016.

Fab Life sera aussi l’occasion pour les participants de se rencontrer pour échanger expériences, pratiques, idées et savoirs lors d’ateliers et de journées dédiées comme ça a été le cas par exemple lors des 9e Abylimpics fin mars à Bordeaux.

Bonne chance à tous !

Auteur : JMD

A Pont-de-l’Arche (Eure), il invente un WC aquarium


Fabrice Cruette est à l’origine de cette étonnante invention. Son aquarium est auto-nettoyé puisqu’il constitue la chasse des toilettes. Ce professeur de math n’en est pas à sa première invention. L’inventeur recherche aujourd’hui des partenaires pour assurer des étapes de la production. Rencontre.

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Le WC aquarium ouvert. Ces toilettes sont même connectées.

Fabrice Cruette, 40 ans, est professeur de mathématiques dans un collège de Pont-de-l’Arche (Eure).  Passionné de bricolage et d’invention depuis son enfance, il a commencé à faire de l’électricité en CM1 puis de l’électronique en CM2. Sa première invention était un interphone pour pouvoir discuter avec son frère d’une chambre à l’autre. Puis, il l’a fait évoluer pour ajouter un système d’alarme. Bref, le jeune garçon ne s’arrête jamais. A l’époque, il récupère les vieux composants de la télé de ses parents pour ses inventions.

Désormais possesseur d’un BTS électronique et d’un diplôme d’ingénieur, ses compétences se sont accrues. Il a été ingénieur pendant 6 ans puis a tenu un café le Kaféléon à Pont de l’Arche, mais désormais il est professeur de mathématiques.

Il trouve l’inspiration dans son quotidien et de ses besoins. Les solutions deviennent ses inventions. Il a déjà déposé une petite dizaine de brevets.

Il a déjà déposé 7 ou 8 brevets pour ses propres inventions.

Un WC aquarium pour faire plaisir à ses filles

Les enfants voulaient un bocal avec des poissons, Masi leur père souhaitait éviter la corvée de nettoyage de l’aquarium. Ainsi est né le projet de WC aquarium. Il travaille sur le concept et son site internet associé depuis un an. Le concept  de chasse d’eau sans joint (et donc sans fuite) a reçu la médaille de bronze au concours Lépine 2015.

Le fonctionnement est simple : la chasse d’eau pompe une partie de l’eau de l’aquarium. Grâce à un système de double fond, cela nettoie les impuretés de l’eau des poissons. L’eau passe ensuite dans les toilettes et sert de chasse d’eau classique.  Ensuite, l’aquarium qui est raccordé au réseau d’eau de la maison se remplit de nouveau comme une chasse d’eau classique. C’est donc un aquarium auto nettoyant. Fabrice Cruette explique avoir laissé son aquarium sans aucune intervention pendant quatre mois afin de vérifier l’évolution du prototype.

Un WC connecté

Les toilettes aquarium sont équipées d’un système de distribution automatique de nourriture (qu’il n’a pas inventé). Il offre une autonomie de 15 jours. Elles  offrent aussi du wi-fi et du bluetooth, un branchement pour brancher une tablette ou recharger un téléphone.

Le WC, en forme de nautile, offre encore un lave mains, un sèche mains et une poubelle. L’objectif est que ce « meuble » conçu soit autonome, un objet esthétique, sans fil. Fabrice Cruette travaille actuellement sur des améliorations à venir comme  adoucir la fermeture motorisée de l’abattant des toilettes, développer une application pour smartphone pour que le WC soit pilotable depuis une simple application mobile.

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Le prototype une fois fermé

Auteurs : Marc Moiroud-Musillo et Emmanuelle Partouche

Source : france3-regions.francetvinfo.fr/haute-normandie/

Trop d’innovation, pas assez d’invention


Que n’a-t-on entendu sur l’innovation ! On la définit souvent comme une idée, si possible en rupture, élaborée pour ou par des clients, qui rencontre un marché et permet à l’entreprise de se développer. Cela paraît si simple ! Il y a pour cela pléthore de méthodes de gestion, d’accompagnement et d’attention aux clients. Cependant, si nous sommes nombreux à commenter ce « comment », étrangement la genèse de l’idée initiale, l’acte de création, c’est-à-dire l’« invention », le « que faire », est souvent oublié.

Or il n’y a pas d’innovation sans invention. L’innovation consiste à socialiser les inventions, c’est-à-dire ce qui est « nouveau ». Les technologies numériques ont initié de nouvelles manières de faire les choses, par des contributions distribuées (« tous innovateurs »). Celles-ci se concentrent souvent sur la transformation ou l’adaptation numérique de procédés connus.

A l’inverse, les inventions, créations et découvertes se nourrissent des visions singulières, exploratoires et créatives des scientifiques, mais aussi de celles, intuitives et sensibles, des artistes. Aujourd’hui, en France, c’est spécifiquement ce déficit de nouveauté, d’inconnu et donc de risque qu’il nous faut combler pour alimenter les chaînes d’innovation. Un déficit inversement proportionnel à ce qu’ont été nos inventeurs de la fin du XIXe siècle.

Loin du créateur omniscient à l’image de Léonard de Vinci, les inventeurs de demain seront transdisciplinaires, c’est-à-dire qu’ils transcenderont les expertises par des collaborations nouvelles. La force d’une intention, à l’instar de la création, c’est savoir ce que l’on veut, même si on ne sait pas où l’on va ! Nous avons besoin de talents divers et singuliers qui alimenteront les ressources de cette économie de la proposition : scientifiques-entrepreneurs, inventeurs-innovateurs, créateurs ou « self manufacturers » comme les nomme Eric Von Hippel. En résumé, passer de la transformation à des propositions réellement innovantes. C’est notre défi, être à nouveau inventif pour pouvoir innover…

Auteur : Jean-Louis Frechin est président de l’agence NoDesign.

Source : www.lesechos.fr

Concevoir un objet connecté : 9 règles d’or pour faire aboutir son projet


Pour développer un appareil intelligent abouti, les entreprises doivent choisir le bon réseau et opter pour une source d’énergie adaptée.

Créer un objet connecté n’est pas une mince affaire, même pour une entreprise qui a trouvé un business model autour de l’Internet des objets et qui a vérifié que son appareil correspond bien à la demande de ses futurs utilisateurs. Voici neuf conseils à suivre pour les néophytes qui veulent faire aboutir leur projet.

Avoir un ingénieur parmi ses fondateurs

Disposer d’une culture industrielle est un gros plus pour les PME et les start-up qui se lancent dans l’IoT. « Withings, Netatmo… Toutes les entreprises qui ont réussi dans le secteur ont un ou plusieurs ingénieurs parmi leurs membres fondateurs », souligne Camille Vaziaga, déléguée générale du think tank Renaissance Numérique, qui a co-signé le livre blanc « Les Nouveaux eldorados de l’économie connectée ».

L’idéal : que l’un des dirigeants de la société soit ingénieur en conception industrielle

L’idéal est que l’un des dirigeants de la société soit ingénieur en conception industrielle. « Ils allient les compétences mécaniques, thermiques et électroniques nécessaires à la conception complexe de ces appareils », complète Luc Bretones, vice-président du G9+, un think tank spécialisé dans le numérique, qui a piloté l’écriture du livre blanc. Ces personnalités agissent comme des aimants, elles attirent des ingénieurs plus spécialisés pour compléter la grappe de compétences de la société.

Choisir un réseau approprié

Utiliser le bon réseau pour faire circuler l’information est fondamental. « Les entreprises peuvent se demander avec quel autre appareil leur objet connecté devra communiquer et choisir leur technologie en fonction », suggère Camille Vaziaga. Les réseaux filaires, Wifi ou encore les bandes étroites déployées par Sigfox ou l’alliance LoRa ont tous leurs avantages et leurs inconvénients.

10-vins a développé la D-Vine, une machine qui aère et met à la bonne température le vin contenu dans une fiole de 10 cl, vendu par l’entreprise nantaise. « Nous avons choisi la RFID pour que l’appareil détecte que le flacon de vin est en place. C’est la technologie utilisée dans les cartes de paiement sans contact. Mais nous n’avions pas anticipé que les ondes radio se comportent différemment quand elles sont à proximité de métaux ou de liquides. C’est un vrai problème », explique Thibaut Jarrousse, le patron.

Si le flacon n’était pas placé dans une certaine position, l’appareil ne le détectait pas dans 100% des cas. Les entrepreneurs ont résolu le problème grâce à un tour de passe-passe : ils ont apposé des points à des endroits précis sur les fioles de vin pour expliquer aux utilisateurs comment les positionner et qu’elles soient reconnues à tous les coups.

Trouver une source d’énergie adaptée

Rares sont les objets connectés branchés perpétuellement au secteur. Pour les entreprises, la question de l’alimentation en énergie de leurs produits et leur consommation effective est essentielle. Un appareil qui ne se réveille qu’une fois par jour pour envoyer quelques données n’a pas les mêmes besoins qu’une montre connectée.

« La source d’énergie choisie est la contrainte qui pèse le plus sur le design des objets intelligents, c’est une vraie source d’encombrement physique », prévient Arnaud-François Fausse, directeur de la branche IoT du cabinet de conseil Octo Technology, qui a en parallèle créé son entreprise Zerfos.systems, pour concevoir des objets connectés BtoB.

Son dernier projet en date : une manette intelligente pour des distributeurs de produits chimiques en entreprise. Elle est capable d’enregistrer le nombre de fois où elle a été activée, si la dose de produit a été entièrement ou partiellement prélevée… « J’ai exploré la piste d’un générateur mécanique fonctionnant comme une dynamo mais j’ai finalement opté pour une simple pile, moins encombrante », retrace-t-il.

Design : faire simple

L’utilisateur doit comprendre en un coup d’œil comment fonctionne l’appareil. Cela passe par un design simple. « Les produits lancés par des entreprises à succès, comme le thermostat intelligent de l’américain Nest, ne font qu’une chose mais la font simplement », pointe le vice-président du G9+ Luc Bretones. Pour lui, le mode d’emploi est quasiment à bannir. Le piège à éviter : lancer un appareil qui veut faire trop de choses et dont l’utilisation n’est pas claire pour le client.

Prévoir le temps nécessaire à l’homologation

La fonction du thermostat intelligent de Nest est évidente pour ses utilisateurs

Lorsqu’ils conçoivent un produit, les entrepreneurs doivent penser aux normes. 10-vins a collaboré avec deux partenaires spécialisés dans l’homologation, qui ont réalisé une batterie de tests. « Nous avons travaillé sur cette étape pendant 6 mois. C’était compliqué car notre produit ne rentrait dans aucune case. Ce n’est pas un frigidaire ou un grille-pain. Nous avons effectué un important travail de recherche avec nos partenaires pour cette homologation qui combine les normes de différentes catégories de produits », raconte Thibaut Jarrousse.

Protéger sa propriété intellectuelle

Lorsqu’on se lance dans le hardware, il faut protéger son produit dès le départ, dans tous les marchés que l’on veut toucher. La D-Vine est par exemple couverte par deux brevets mondiaux car ses créateurs visent l’international. « Le bureau des brevets vérifie que personne dans le monde n’a eu la même idée que vous, c’est un point important », souligne le dirigeant de 10-vins. Et de poursuivre : « Les brevets rassurent les investisseurs potentiels, car ils découragent les sociétés qui voudraient vous copier ».

Se rendre dans un FabLab pour prototyper

Les FabLabs se multiplient. « Prototyper dans ces espaces équipés d’imprimantes 3D permet à des start-up et à des PME ne disposant pas d’une réserve infinie de financements de mutualiser les coûts », argumente Luc Bretones. Les FabLabs sont souvent dotés de techniciens, qui assistent les entreprises dans la conception de leurs appareils. La Cité des objets connectés d’Angers (Maine-et-Loire) met par exemple à disposition de ses utilisateurs des spécialistes de l’électronique.

Ces compétences leurs permettent d’accélérer le prototypage, souvent long dans le hardware car pour intégrer toutes les contraintes liées à la fabrication d’un objet connecté (design, batterie, normes…), les entreprises doivent concevoir plusieurs prototypes. « Nous avons travaillé sur 15 versions différentes de la D-Vine », illustre Thibaut Jarrousse.

Penser à l’industrialisation en amont

Pour fabriquer un produit en série, il faut que toutes les pièces puissent être moulées et que le montage soit facile. La start-up clermontoise Kalkin a développé un traceur GPS connecté pour les skieurs, le SloKi. « Notre appareil, que nous avons prototypé à l’aide d’une imprimante 3D, avait une structure en nid d’abeilles, impossible à mouler en usine. Nous avons dû le redessiner », raconte le président de l’entreprise, Pierre-Jean Mathivet.

Fournisseurs : s’appuyer sur ses partenaires

« Il faut demander à ses potentiels fournisseurs des échantillons des pièces qu’ils fabriquent, pour être certain de la qualité de leur travail, sinon, il faut aller voir ailleurs », insiste Arnaud-François Fausse, d’Octo Technology.

Les 30 industriels avec lesquels 10-vins a travaillé sont pour beaucoup installés en France. Cela a permis aux entrepreneurs de passer les voir fréquemment. « Nous avons tissé des liens de confiance avec nos partenaires tout au long de la conception du produit. Ils nous ont conseillé des fournisseurs fiables », explique le patron.

« Pour de grandes séries de plus de 10 000 ou 20 000 exemplaires, il vaut mieux aller en Asie », souligne toutefois Luc Bretones. Mais les PME et start-up ne peuvent se lancer seules dans cette aventure sans rien connaître de cet univers. « Les entreprises qui ont tissé des partenariats avec de grands groupes peuvent profiter de leur carnet d’adresses sur place », poursuit-il.

Dans le cadre de son programme orienté objets connectés, Orange a par exemple tissé des liens avec la jeune pousse Prizm, qui a créé un appareil capable de diffuser de la musique sur-mesure. L’opérateur a ainsi aidé la start-up à trouver ses fournisseurs en Chine.

Auteur : Lélia De Matharel

Source : www.journaldunet.com