Suisse / Produire du nouveau ? Arts – Techniques – Sciences en Europe (1400-1900)


Qu’elle soit inscrite dans une réflexion sur la « création », l’« invention », la « découverte » ou l’« innovation », la nouveauté participe des transformations des sociétés. Ce colloque s’intéressera tout à la fois aux discours et aux pratiques de la nouveauté dans les arts, les techniques et les sciences du xve au xixe siècle en Europe. Il s’agira de questionner la pertinence de ces catégories et d’identifier les différentes manières dont les sociétés envisagées ont tenté de penser et de produire de la nouveauté. La période moderne, nourrie des idéaux de la Renaissance, a joué un rôle essentiel dans la description, l’analyse et l’historicisation des processus de la nouveauté, en codifiant et en illustrant ses procédés et ses résultats. Ce mouvement d’ouverture et de diffusion des connaissances fut au cœur même des entreprises académiques, des sociabilités savantes et des publications lettrées. L’écran des textes dissimule toutefois la richesse des pratiques et les innovations d’atelier que l’on ne peut réellement reconstruire qu’à travers l’étude conjointe des archives, des objets et des œuvres, laquelle met souvent en échec une lecture naïve et littérale des traités.

Cette complexité dialectique des relations entre théories et pratiques est notamment l’objet de l’histoire sociale et culturelle, qui met l’accent sur les contextes, les aspects matériels, les réseaux et les rapports sociaux au sein desquels prend place et se construit l’idée de nouveauté. Dès la Renaissance, la production du nouveau est polymorphe. Ses formes, ses pratiques et ses lieux de savoirs se démultiplient. À la rationalisation de l’invention dans l’imprimé, telles les réductions en art, répond la variété des pratiques artistiques, techniques et savantes dont la circulation ne cesse de s’amplifier. Mais les nouveautés dépendent aussi des contextes juridico-politiques : les États, les municipalités et les corporations mettent en place des dispositifs de protection et d’incitation (patentes, privilèges, financements, honneurs, naturalisation, charges, pensions, etc.) pour encourager les inventeurs et pour attirer des artisans qualifiés de l’étranger. Toutefois, les mécanismes de production, les cadres contextuels et l’ampleur des effets du nouveau sur les sociétés diffèrent évidemment au long de la période, ainsi que selon les aires géographiques.

Pour autant, existe-t-il des processus d’innovation propres à ce que nous appelons aujourd’hui, en les distinguant, les « arts », les « techniques » et les « sciences » ? Un peintre, un ingénieur et un savant « inventent »-ils différemment, à une époque où les frontières sont ténues, comme l’indique bien l’utilisation des termes d’« arts » et d’« artiste » jusqu’au XIXe siècle ? Les assujettissements sociaux et économiques – commandes et marchés, contraintes de temps et d’argent, enjeux de pouvoir – fonctionnent-ils de manière analogue dans ces contextes différents ? À travers des études de cas et des études comparées, il s’agira de penser dans sa diversité et ses ambiguïtés la production du nouveau en contexte. Faut-il penser que le nouveau est le produit de combinaisons inédites issues de matériaux déjà existants ? Que retenir du mythe du génie inventif et de l’inventeur héroïque qui voudrait que les novateurs – artistes, artisans, savants, industriels, chercheurs – n’innovent véritablement qu’en faisant table rase ?

À l’heure où les historiens recherchent les conditions d’un discours intégrant les apports de l’histoire intellectuelle, économique, culturelle, de l’histoire et de la sociologie des sciences, des arts et des techniques, de l’histoire des pratiques, de l’histoire matérielle et de l’épistémologie, il est légitime de se demander quels sont les facteurs d’intégration et de dispersion du nouveau. Afin d’explorer la question du nouveau, ce colloque s’adresse aux historiens et chercheurs en sciences sociales s’intéressant aux arts, aux techniques et aux sciences.

Les communications et les discussions auront lieu en français ou en anglais.

Un bref résumé de la communication envisagée, accompagné d’un court curriculum vitae, sera envoyé, avant le 15 mars 2017, par e-mail à : jerome.baudry@unige.ch

Responsable :

Jérôme Baudry (Université de Genève),
Jan Blanc (Université de Genève),
Liliane Hilaire-Pérez, (Université Paris-Diderot et EHESS),
Marc Ratcliff (Université de Genève),
Sylvain Wenger (Société des Arts de Genève).

Adresse :

– Genève / Suisse

Auteur : Romain Bionda  (source : Jan Blanc) – Source : www.fabula.org

Le sucre en morceaux: une invention faite grâce… à une femme


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L’histoire de l’invention du sucre en morceaux est un exemple de galanterie.

En 1829, les frères Tomas et Frantisek Grebner ont fondé leur première manufacture dans la partie est de l’Empire d’Autriche (Bohême méridionale). Jusqu’en 1839, la manufacture s’est développée, pourtant, plus tard, elle a connu des problèmes financiers.

Le Suisse Jakub Kryštof Rad, invité en tant que gérant de crise de Vienne, a pris les choses en mains : il a augmenté la production et a installé un nouvel équipement. M. Rad a également ouvert des boutiques d’entreprise où on pouvait acheter du sucre produit à Dačice dans plusieurs grandes villes (Vienne, Prague, Lvov, Brno, Pest). Puis, en 1841, suite au conseil de sa femme, Jakub Rad a diversifié la production et a ouvert un atelier produisant des fruits confits, des bonbons et du chocolat qui étaient envoyés aux pâtisseries dans plusieurs villes de l’Empire d’Autriche.

À l’époque, il était courant d’acheter en magasin des pains de sucre, des blocs de sucre de 80 à 90 cm de haut et de 35 cm de diamètre. Les ménagères étaient obligées de suspendre les blocs à l’aide de pinces à aliments. Il fallait avoir de la force physique et une certaine habileté. Un jour, en 1841, la femme de Jakub, Juliana, a acheté du sucre comme cela se faisait à l’époque mais s’est sérieusement coupée. Quand son mari est rentré, elle lui a présenté son doigt pansé et s’est exclamée, indignée :

« Voilà ce que font ces pains de sucre maudits ! La prochaine fois, je pourrais me couper le doigt ! Pourquoi vous ne pouvez pas les faire plus petits ? ! ». Cependant, Juliana s’est vite calmée et a oublié cet incident. Son doigt a guéri, mais trois mois plus tard, Jakub Rad est rentré à la maison en tenant dans ses mains une petite boîte avec un ruban.

« C’est ce que tu voulais avoir », a-t-il dit à sa femme en lui présentant le cadeau. L’ayant ouvert, Juliana a vu à l’intérieur de la boîte 350 morceaux de sucre blanc et roux. Deux ans plus tard, le 23 janvier 1843, Jakub Rad a obtenu un brevet sur le processus de production des morceaux de sucre par le biais de méthode de pressage de la poudre. À l’automne, la manufacture en Bohême a commencé à produire ce sucre en cubes sous la dénomination de « sucre à thé ». En 1870, la dernière étape nécessaire au triomphe du sucre en morceaux a été réalisée lorsque l’inventeur, ingénieur et industriel Eugen Langen a développé la technologie effective de sa production de masse.

Source : fr.sputniknews.com

Comment mener la danse de l’innovation ?


Les entreprises peuvent-elles innover plus rapidement que les startup ? Le monde de l’innovation a une approche très Darwinienne: seuls ceux qui sauront s’adapter survivront. En d’autres termes, vous devez créer la rupture sous peine de devoir la subir.

Même si cela peut paraître très brutal, c’est bel et bien l’environnement dans lequel nous vivons aujourd’hui. Et les enjeux sont majeurs car, du jour au lendemain et sans prévenir, un nouveau joueur peut débarquer de nulle part et venir challenger votre position de leader. Toutefois, arriver à mener la danse de la rupture n’est pas une mince affaire. Mais cela peut se résumer en 5 verbes: comprendre, analyser, observer, adapter et transformer.

Comprendre

La rupture n’est pas qu’un mot à la mode. Il caractérise bel et bien l’environnement dans lequel nous vivons. Et attendre que l’innovation de rupture arrive pour réagir n’est pas une solution d’avenir. Les principales causes de rupture sont généralement liées aux phénomènes sociétaux (mondialisation, législation, etc.) et aux technologies de pointe (internet, impression 3D, etc.). Chaque rupture engendre une nouvelle niche sur le marché et la possibilité d’en tirer un succès, à condition d’aligner une stratégie efficace.

Analyser

Pour mener la danse de la rupture, l’entreprise établie doit commencer par transformer son organisation interne afin d’accélérer l’exécution. Avoir une idée d’innovation de rupture, c’est un bon début. Mais tant qu’elle n’est pas concrétisée, elle ne sert à rien. En tenant compte que l’atout le plus important pour une entreprise (ses employés) représente un écosystème délicat et extrêmement réactif, l’équipe dirigeante doit tout mettre en œuvre pour encourager la créativité et l’agilité de ses employés. Avec un environnement interne au beau fixe, l’exécution et l’innovation de rupture seront facilitées.

La prochaine étape vers la danse de la rupture est d’analyser la santé de votre département R&D. S’il n’existe pas, mettez-en un en place ! La R&D est l’une des sources en rupture potentielle la plus facile à exploiter. Et si vous identifiez des problèmes dans votre processus de développement, il faut les résoudre en priorité.

Observer

Se fier uniquement à votre R&D peut paraître suffisant. Cependant, étant donné que vous devez réagir le plus rapidement possible à un environnement en constante évolution, cela deviendra rapidement une voie qui ne sera pas assez efficace, et surtout qui manque de focalisation « client ». Je vous conseille donc d’aller voir ailleurs. Le concept d’innovation ouverte, par exemple, suggère que l’innovation peut être découverte avec l’aide de sources externes, comme vos employés « non techniques », d’autres leaders de l’industrie, voire vos propres clients.

Recevoir constamment des feedbacks, promouvoir la pensée collective, ou même créer une stratégie d’innovation mutuelle avec certains de vos concurrents, peut vous rapprocher plus rapidement de la rupture.

Adapter

Si nous observons le marché d’aujourd’hui, la majorité des créateurs de rupture sont des startup. Alors pourquoi ne pas simplement réutiliser leurs méthodes ? Le principal avantage des startup est leur approche «Fail Faster, Succeed Sooner» . Elles arrivent à délivrer des solutions plus rapidement que la plupart des entreprises établies parce qu’elles possèdent les caractéristiques suivantes: une obligation de croissance rapide, une structure agile et une confiance dans la prise de décision. Une entreprise établie aura beaucoup plus de difficulté à faire la même chose en raison de la taille et la complexité de sa structure.

Mais difficile ne veut pas dire impossible. Alors prenez le meilleur des startup et adaptez-le à votre entreprise pour créer la prochaine rupture de votre marché. D’ailleurs, mes prochains articles seront consacrés à ce que j’ai appris du monde des startup.

Transformer

L’innovation de rupture ne peut exister dans un environnement 100% formel. La plupart du temps, les startup s’appuient sur une libre circulation de l’information, de la transparence, de l’audace dans les décisions, et surtout, une grande responsabilisation de ses employés. Par opposition aux environnements d’entreprise conventionnels basés sur un concept fermé, des frontières bien établies entre les départements, et des descriptions de fonction figées. La libre circulation de l’information permet aux gens d’avoir de nouvelles idées, d’apprendre plus rapidement, tandis que les règles figées tendent à ralentir considérablement ce processus de pollinisation. Cela ne signifie pas pour autant que les entreprises établies doivent sacrifier toute discipline et ordre. Mais il est essentiel d’arriver à injecter une certaine dose de «chaos d’innovation» et d’arriver à le faire vivre au sein d’un cadre bien défini.

Afin de mener la danse de la rupture, vous aurez compris que l’entreprise établie doit apprendre à accélérer efficacement son exécution, et à s’ouvrir au monde extérieur. Garder un œil sur les potentiels créateurs de rupture, et en même temps, arriver à créer votre propre rupture en interne est loin d’être facile. Mais le marché d’aujourd’hui est impatient, avec l’apparition de nombreux nouveaux joueurs prêts à en découdre. Alors créez la rupture sous peine de devoir la subir.

Auteur : Mathieu Menet, Innovation Catalyst & Manager chez LEMO SA

Source : www.bilan.ch

Il révolutionne la poutse


Un Vaudois a élaboré une machine pour fabriquer son propre détergent écolo. De l’eau, du sel et de l’électricité pour un résultat aussi efficace que l’eau de Javel.

«C’est l’équivalent d’un coup de Taser pour les bactéries», explique son inventeur, le Vaudois Willy Pomathios. En plus de nettoyer, sa lotion, que l’on peut fabriquer chez soi grâce à la machine Aquama, est aussi désinfectante. Publicité et puissance du lobby du détergent obligent, on a tendance à penser que rien n’est plus efficace que la chimie pour dissoudre les taches tenaces en cuisine et décrasser le fond de ses toilettes.

Willy Pomathios veut prouver au monde le contraire. L’ancien cadre en hôtellerie a inventé une sorte de blender qui transforme un simple mélange d’eau et de sel en détergent hautement réactif grâce à l’action de l’électricité. «Sur le principe, je n’ai rien inventé: l’hydrolyse existe depuis 200 ans, explique le jeune entrepreneur. Mais nous avons réussi à stabiliser le produit et à faire en sorte que chacun puisse le fabriquer chez soi.»

Objectif premier: réduire l’impact sur l’environnement des produits de nettoyage, dont la grande majorité est encore issue de la pétrochimie. «En 2013, l’industrie des détergents et de la désinfection a émis 48 mégatonnes de solutions chimiques dans le monde, sans compter la Chine dont les données sont totalement opaques. Je veux réduire ce chiffre de moitié d’ici à 2030», explique Willy Pomathios. Tensioactifs, solvants, agents dégraissants ou moussants, phosphates, enzymes ou bactéricides, les composés chimiques de synthèse polluent aussi bien les sols que l’air et les cours d’eau. Pas idéal pour la faune et la flore, et de surcroît toxique pour les utilisateurs. En particulier pour les personnes travaillant dans l’entretien, qui manipulent ces produits quotidiennement.

39 centimes le litre

«La femme de ménage de ma voisine n’arrivait plus à respirer tellement le produit de nettoyage qu’elle utilisait dans la salle de bains lui irritait les poumons. Avec notre détergent écolo, il n’y a aucun problème de ce type : on peut même s’en pschitter dans la bouche sans risque !» s’enthousiasme Willy Pomathios, joignant le geste à la parole. Et pour ceux que l’argument écologique ou sanitaire ne convainc pas, il y a toujours l’aspect économique : fabriquer son produit de nettoyage maison revient à 39 centimes le litre – sans compter l’amortissement de l’appareil, de quelques centaines de francs. La machine elle-même n’est pas irréprochable sur le plan écologique : composée en partie de plastique, elle est fabriquée en Corée du Sud. Mais l’entrepreneur espère ramener la production sur le sol suisse d’ici à deux ou trois ans. Et réussir le pari de la fabriquer en matériaux 100% biodégradables, peut-être même compostables. La version industrielle de la machine à détergent écolo est déjà utilisée par de grandes entreprises comme EasyJet, les HUG et l’aéroport de Cointrin. Pour l’installer dans sa cuisine, il faudra attendre le 25 novembre, date du lancement officiel de la version «mini» pour l’usage privé. Juste à temps pour le sapin…

Auteur : Alexandra Brutsch

Source : www.lematin.ch

Cette Italienne à qui le groupe suisse Nespresso doit tout


Éric Fabre est l’ingénieur suisse qui a créé la machine Nespresso. Une idée qu’il a eue pour répondre aux taquineries de sa femme.

Certaines belles histoires tiennent à peu de choses. Si le Suisse Éric Favre n’avait pas épousé une Italienne, nous n’aurions peut-être jamais bu de Nespresso. L’homme qui a conçu il y a quatre décennies les capsules de café individuelles a confié à l’AFP qu’il se savait depuis toujours destiné à devenir un inventeur. Mais ce sont les taquineries de sa femme Anna-Maria qui lui ont donné l’idée qui devait révolutionner la consommation de café à domicile.

Ingénieur aérospatial, Éric Favre rejoint le département de conditionnement de Nestlé en 1975 pour apprendre de l’intérieur le fonctionnement d’une multinationale avant de voler de ses propres ailes. À cette époque, Anna-Maria n’arrête pas de se moquer de son mari suisse en reprochant à son pays de ne rien connaître au café. « Je voulais prouver à ma femme que j’avais la capacité de faire le meilleur des espressos », raconte Éric Favre, 69 ans, lors d’une visite de ses bureaux à Saint-Barthélémy, localité proche de Lausanne (Suisse), qui abritent également un petit musée dédié à son invention.

Anna-Maria l’espionne

Il se rend alors à Rome pour trouver le meilleur cru de café et fréquente le très populaire Caffe Sant’Eustachio, aujourd’hui cité dans les guides comme servant le meilleur espresso de la Ville éternelle. Utilisant Anna-Maria comme « espionne », il étudie la façon dont est préparée la boisson nationale italienne. Favre dit qu’il a découvert qu’une des clés de la qualité de ce café venait du fait que le barman « pompait » l’eau chaude par intervalles, et non pas en continu, à travers la mouture, permettant ainsi une oxygénation.

L’idée d’une machine prévoyant une aération maximale de l’eau passant à travers une capsule individuelle de café était née. L’inventeur développe un prototype de machine à espresso, un assemblage de tubes et de cylindres qui semble sorti tout droit de « Retour vers le futur ».

Mais chez Nestlé, le projet est loin de faire l’unanimité. Nescafé, le célèbre café instantané que commercialise le groupe, est à l’époque en plein essor et les responsables de Nestlé ne voient pas la nécessité d’investir dans des machines à espresso coûteuses, persuadés que le café instantané en poudre resterait la boisson préférée des consommateurs à domicile.

Source clé de revenus pour Nestlé

L’inventeur suit malgré tout son idée. Envoyé en 1983 en mission à l’usine Nescafé au Japon, il présente au directeur local les mérites de son projet, en espérant un meilleur accueil que celui de ses supérieurs en Suisse. Nespresso est finalement lancé en 1986, avec Éric Favre au poste de directeur général. Mais la filiale rencontre des difficultés et l’inventeur doit quitter Nestlé en 1991.

Depuis trente ans, la machine à espresso individuelle est une source clé de revenus pour le géant mondial de l’alimentaire. La société ne donne plus de résultats financiers séparés pour Nespresso, mais selon l’agence Bloomberg, ses ventes en 2015 étaient estimées à 4,5 milliards de dollars. Toutefois, le groupe doit relever plusieurs défis: les concurrents rognent ses parts de marché et les défenseurs de l’environnement dénoncent les déchets générés par les emballages de ses capsules.

Après son départ de Nestlé, Éric Favre a lancé avec succès plusieurs sociétés de capsules pour espresso, dont Monodor, qui contiennent plus de café et génèrent moins de déchets.

Une concurrence féroce

Pendant ce temps, la popularité de Nespresso a explosé, mais plusieurs de ses brevets clés sont tombés en 2011, ce qui constitue « une menace majeure » pour sa croissance future, estime Virginia Lee, analyste en chef de la firme Euromonitor International. La concurrence, qui vient aussi de fabricants de capsules compatibles avec les machines Nespresso, « se développe rapidement et cannibalise la part de Nespresso dans les capsules de café grâce à des prix moins élevés et une plus large distribution », écrit-elle dans un rapport publié cette année.

En Europe occidentale par exemple, la part de marché de Nestlé sur les capsules est tombée de 41% en 2011 à 37% en 2015, selon Euromonitor.

Éric Favre l’avait prédit il y a cinq ans. Il estimait alors que pour rester leader, la société devait maintenir un niveau de qualité rigoureux. Malgré les circonstances quelque peu désagréables de son départ de Nestlé, l’inventeur se dit toujours prêt à aider son ancien employeur. Il raconte avec fierté que l’actuel directeur de Nespresso, Jean-Marc Duvoisin, est venu à Saint-Barthélemy il y a deux mois. « Juste pour entendre cette histoire », dit-il.

Auteur : D. L. avec AFP

Vous ne rentrerez plus pieds nus


Un designer valaisan a inventé un gadget qui permet de réparer en quelques secondes une tong cassée. Une création dont le baptême du feu aura lieu à la Maison Suisse de Rio.

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Le répare-tongs de Matthieu Monnard, en format carte de crédit, se glisse dans le porte-monnaie, au cas où…

Qui a eu cette idée folle, un jour d’inventer le… répare-tongs? A première vue, il faut l’avouer, l’invention laisse perplexe. Ces chaussures vendues quelques francs sur les plages du monde entier méritent-elles d’être réparées? «Le problème est que, évidemment, elle ne se casse jamais quand on est à la maison, commente Matthieu Monnard, l’inventeur dudit objet. La lanière lâche toujours quand on est en balade, à un concert ou en pleine ville.» Un problème rencontré plusieurs fois par le Valaisan ou ses amis. Au point qu’en 2014, sur le point de terminer ses études de designer industriel, il décide de plancher sur cet épineux souci, en marge de son travail de diplôme. «Je suis d’abord allé vérifier sur le Net, mais rien de spécifique n’existait. En revanche, énormément de vidéos, notamment postées au Brésil, montraient des astuces pour bricoler une réparation provisoire avec un élastique, une ficelle. J’ai compris qu’il y avait un marché.»

Excellent support publicitaire

Présenté en 2015 sur la plate-forme de financement participatif kickstarter, le répare-tongs part aujourd’hui à la recherche de son public. Un chemin qui passera par le pays de la tong: le Brésil. Il y a quelques mois, Matthieu Monnard a été invité par Swiss-nex, le réseau qui présente la Suisse scientifique et technologique dans le monde, à donner une conférence sur le thème «D’où viennent les idées?» dans les murs du consulat, à Rio. Des membres de Présence Suisse étaient présents et ont été immédiatement séduits par son invention. Des répare-tongs estampillés Maison Suisse seront donc distribués à Rio. «C’est l’idée de départ de l’invention. C’est un gadget trop bon marché pour être vendu. Mais c’est un excellent support publicitaire pour une entreprise qui voudrait se démarquer.» Et son inventeur en est sûr, même dans une Suisse au climat un rien moins tropical que Rio, le répare-tongs a de l’avenir.

Auteur : Melina Schröter

Source : www.lematin.ch

Au salon des inventions de Genève, l’imagination est sans limite


L’imagination des inventeurs dans le monde est sans limite, comme le prouvent le divan modulable pour des relations intimes ou ces chaussures spéciales pour bambins qui permet de retrouver leurs parents, présentés au 44ème salon international des inventions de Genève.

C’est un inventeur sud-coréen qui a eu l’idée d’apposer un code datamatrix (code QR) sur la chaussure, sur lequel les parents téléchargent leurs coordonnées afin d’être contactés au cas où l’enfant s’est égaré.

« La chaussure QR est le moyen d’empêcher que nos enfants se perdent », explique la jeune Sud-Coréenne qui présente l’invention sur le stand. « Ce n’est pas cher, c’est rapide et facile à utiliser », ajoute-t-elle.

Gérard Sermier, chef du service de presse du Salon des inventions, qui se tient jusqu’au 17 avril, reconnaît qu’avec internet, on peut aujourd’hui tout trouver sur la toile. « Mais ici, vous rencontrez dans un seul lieu les inventeurs du monde entier, et vous pouvez parlez directement avec eux », déclare-t-il à l’AFP .

Chaque année, entre 50.000 et 60.000 visiteurs se pressent pour découvrir les dernières inventions, et parmi eux, près de la moitié vient pour faire des affaires. « Ce sont des professionnels, des investisseurs intéressés par l’achat d’un brevet, ou des industriels à la recherche de nouveaux produits », ajoute-t-il.

– Un divan spécial relations intimes –

Les ventes de brevets représentent plusieurs dizaines de millions d’euros pendant le salon.

Un inventeur roumain, qui a exposé à Genève, est devenu millionnaire en quelques années, grâce à son scanner capable de détecter des marchandises de contrebande, des stupéfiants ou des armes cachés à l’intérieur d’un avion. Cet inventeur a eu le Grand Prix du Salon en 2013 et une usine est en cours de construction pour fabriquer le scanner en Suisse, à Saint-Imier.

Selon les organisateurs, le Salon a encore de belles années devant lui, car « la moitié des objets et des techniques que nous utiliserons d’ici 10 ans est encore à inventer », relève M. Sermier.

Les inventions présentées à Genève sont toutes protégées par un brevet, décerné dans leur pays d’origine. Les inventeurs ne peuvent présenter leurs découvertes qu’une seule fois dans ce salon, où plus de la moitié des exposants vient d’Asie et du Moyen-Orient.

« De nombreux pays de ces régions sélectionnent les inventeurs qui veulent venir à Genève et financent leur voyage », précise M. Sermier.

Les Européens sont moins nombreux, en raison de la cherté du franc suisse, qui rend le déplacement en Suisse très onéreux en l’absence de subventions.

Un inventeur français présente cependant un système très ingénieux de protection des cervicales, pour les personnes se faisant faire des shampoings à domicile.

Un inventeur allemand présente pour sa part une brosse à vaisselle « magique », sans poils et antibactérienne.

Toujours dans la cuisine, un thaïlandais présente un outil qui fait un nœud bien serré aux sacs à ordures, tout près du bord, ce qui permet de les remplir au maximum.

Pour le réconfort après les efforts, un inventeur italien a imaginé le divan « Desire », modulable à souhait, pour plus de confort durant les relations intimes. Selon sa présentatrice, ce divan pourrait intéresser les personnes souffrant du dos ou de handicaps.

Il est équipé de poignées et de supports amovibles, « pour diminuer » l’effort physique durant les rapports sexuels. L’objet est tellement encombrant que son inventeur recommande de le placer dans un espace spécialement dédié, appelé « love-room ».

Cette année 695 exposants provenant de 40 pays, sont présents à Genève, des chiffres en baisse par rapport à 2015, qui avait compté 752 exposants en provenance de 48 nations.

Source : AFP