L’OVNI du lundi, épisode 2


On ne remerciera jamais assez Nespresso.

Pas pour nous avoir généreusement prodigué leur bienfaisante « éducation client » : nous autres rustauds qui mettions bêtement du café moulu dans une machine expresso pour obtenir un très bon café, nous savons désormais qu’il faut mettre des capsules chères et polluantes dans machines chères et fragiles pour obtenir le même très bon café. Car il y a une différence : la même qu’entre un bon chasseur et un mauvais chasseur (googlez « inconnus sketch chasseurs » le cas échéant).

Mais pour leur effet d’entraînement sur la créativité mondiale, rien moins. Car, grâce à Nespresso, celui qui n’a aucun talent pour l’invention prend une machine au hasard, remplace le consommable par une capsule et il a créé une machine innovante. Ou du moins une machine chère avec des capsules chères, ce qui est déjà une forme d’innovation, non ?

On va voir si vous avez compris avec un exemple pratique. Vous connaissez la machine à pain. C’est une machine de plus à acheter et à nettoyer, ça prend de la place et le pain n’est pas bon. Oui mais il y a un défaut : ça utilise de la farine et la farine ce n’est pas cher. Comment y remédier ? Réponse deux lignes plus bas.

**** L‘OVNI du lundi, épisode 2 : La capsule de pain ****

Easy Bread est une machine à pain à capsule. Ce qui lui permet d’annoncer « Cuire du pain frais n’a jamais été aussi simple! ». C’est vrai qu’il suffit de sortir la capsule de son suremballage, de la secouer 2 ou 3 fois, de la placer à l’envers dans la machine, de sortir le réservoir d’eau de l’appareil, de le remplir, de le remettre en place, de régler le degré de cuisson, d’appuyer sur le bouton Start, d’attendre 2h10 que ça cuise, d’ouvrir le tiroir pour que ça refroidisse un peu, d’attendre quelques minutes, de démouler le pain et… avant d’avoir pu dire ouf, vous avez du pain ! Le site web nous avait prévenus : « Avec la machine à pain Easy Bread, la cuisson de pain frais est très simple et apporte un réel gain du [sic] temps ».

capsule

Quand on pense qu’il y a des benêts qui perdent 8 minutes à faire l’aller-retour à la boulangerie pour une baguette bien croustillante à 80 centimes, on sent bien qu’on n’est pas nés égaux. Nous, on a juste utilisé une capsule à 2€ l’unité (bon, si vous voulez du sans gluten, ce sera 5€ pour vous mais ne commencez pas à chipoter, vous…) et on a attendu deux heures dix. Évidemment, ça se mérite : la machine ne se vend que par correspondance, elle coûte 99,95€ mais c’est carrément cadeau : elle était proposée entre 180 et 200 euros à son lancement, ça prouve bien qu’il est avantageux d’acheter une machine dont personne ne veut, non ?

Les grincheux diront qu’un emballage fait à partir de pétrole, ajouté à un suremballage en carton c’est moins écolo que le sac en papier de la boulangère. Ils vont même vous dire que chaque capsule vendue 2 à 5€ se résume pour l’essentiel à 360g de farine. Pffff… ils oublient qu’il y a du levain et du sel : ils n’ont jamais entendu le sketch de Fernand Reynaud, ceux-là. Ils ne comprennent pas que c’est le prix à payer pour se simplifier la vie : c’est pratique, ces capsules qui se conservent longtemps, non? Enfin, longtemps à condition que ce ne soit pas près de la chaleur (pas plus de 35°). Ni dans le froid (pas dans le réfrigérateur). Ni dans un endroit humide (la FAQ a dit « endroit sec », vous n’envisagiez quand même pas de mettre votre pain dans la cuisine ? Vous êtes bizarres, parfois.). On a quand même le droit de préférer le goût d’un parallélépipède à celui d’une baguette: regardez la jolie photo !

oh le bon pain

En plus, le site web vous permet de savoir comment vous embellir encore plus la vie avec cet appareil. D’abord en « portant toujours des gants de four » (dixit) car l’appareil « est très chaud au cours de l’opération ». Des parois brûlantes, ça c’est du divertissement familial, pas comme ces friteuses à parois froides qui menacent l’emploi des urgentistes ! Ensuite, en vous organisant un minimum. C’est quand même pas compliqué : si vous voulez changer de pain au cours d’un repas, il suffit de l’avoir planifié et de commander sur internet vos capsules qui vous arriveront sous 3 jours (ouvrés !). Pour manger du pain mardi, vous le commandez le jeudi précédent. Et enfin, en instaurant un peu de discipline : on ne se précipite pas tous en même temps sur le pain. S’il y a deux pains à cuire, vous attendez que la machine refroidisse pendant 30 minutes, puis vous cuisez votre deuxième pain pendant 2h10. Rien d’insurmontable, d’autant qu’on peut ramener ces 30 minutes à 15 minutes car la FAQ pleine de bons conseils dit : « Pour accélérer le processus de refroidissement, nous recommandons d’ouvrir le porte-capsule au dessus et le tiroir à cuire pour une ventilation maximale. » Astucieux car je rappelle que le tiroir est brûlant. Si votre crétin de neveu s’est mis à table sans porter ses gants à four, il aura ce qu’il mérite. De plus, l’aller-retour aux urgences vous occupera au lieu d’attendre bêtement 2h35 au total entre deux fournées.

En revanche, ne soyez pas mesquins, on ne vous vendra pas les capsules à l’unité, c’est par boîte de 5, c’est obligatoire. Ben oui, c’est ce qui justifie le suremballage en carton dont j’ai parlé plus haut, vous suivez ? Et puis 5, c’est pas énorme. D’ailleurs vous aurez des frais d’expédition à payer si vous commandez moins de 25 capsules. Parce que, zut, la bonté a ses limites. Allez, on sort la carte bleue ==> www.easybread.fr

Comme quoi on ne remerciera jamais assez Nespresso.

L’OVNI du lundi, épisode 1


Nouveauté sur notre blog : l’OVNI du lundi

Nous vous donnons rendez-vous désormais chaque dimanche à minuit (autrement dit, chaque lundi à 0h) pour vous présenter des innovations franchement « atypiques ». Des solutions carrément surprenantes à des problèmes qui, parfois, sont eux-mêmes assez originaux. Vous verrez passer du pur saugrenu mais aussi, parfois, des idées qui au final sont plus efficaces qu’elles n’en avaient l’air. Nous souhaitons que ce rendez-vous hebdomadaire vous apporte un divertissement salutaire avant de redémarrer la semaine. Et puis, rien n’est plus inspirant que ce qui sort du commun, non ?

****         L‘OVNI du lundi, épisode 1 : Le « PQ » physionomiste         ****

En Chine, beaucoup de toilettes publiques étaient traditionnellement dépourvues de papier-toilette : chacun apportait le sien. Mais certains lieux très fréquentés par des étrangers ont dû s’adapter aux mœurs exotiques en installant des distributeurs en libre service. Un problème est alors apparu : beaucoup de ces distributeurs sont régulièrement pillés par des personnes faisant des provisions de ce produit de première nécessité. C’était le cas dans l’un des principaux sites touristiques de Pékin, le Temple du Ciel, très fréquenté également par des retraités qui y viennent pour leurs danses et exercices matinaux. Et accessoirement pour emporter des sacs entiers de papier-toilette.

Le Temple du Ciel a réagi en installant des distributeurs automatiques de papier-toilette dotés d’un système de reconnaissance faciale.

Que la visite des lieux soit ou non placée sous le signe de l’urgence (!), la procédure est implacable et c’est une voix synthétique qui le rappelle : « Bienvenue ! Merci de vous placer dans la zone de reconnaissance faciale ». Il s’agit alors de se placer à l’intérieur d’un carré jaune tracé au sol pour que son visage soit bien en vue d’un scanner. On attend que ledit visage apparaisse au centre d’un écran accroché au mur et, après quelques secondes, la machine distribuera 60 centimètres de papier, pas un de plus. Pas question de tricher : le distributeur a gardé le visage en mémoire et ne donnera plus la moindre feuille de papier à cette personne avant neuf minutes. Bien qu’impitoyable, le refus émis par le robot distributeur sera poli : « Merci de réessayer plus tard ».

chine

« Nous avons réfléchi à plusieurs options : empreintes digitales, scanner infrarouge ou reconnaissance faciale. Nous avons choisi la dernière option pour des raisons hygiéniques », explique le fabricant de la machine. Celle-ci coûte plus de 6.000 yuans soit environ 800 euros. Mais les faits sont là : la consommation de papier-toilette a baissé. La direction du parc annonce une consommation réduite de 70%. Et si ces résultats devaient se révéler à la longue plus probants que ceux des précédents appels au civisme de chacun, ces appareils pourraient être amenés à se développer.

Il reste que scanner son visage pour aller aux toilettes entraîne objectivement quelques contraintes. D’abord un temps de scan annoncé à trois secondes par le fabricant mais qui serait en fait plus proche des trente secondes. De quoi contrarier ceux qui arrivent en ces lieux sans une seconde à perdre. Et ensuite l’octroi d’une portion de papier jugée nettement insuffisante par certains utilisateurs. La direction du Temple du Ciel s’est montrée à leur écoute : à l’instar des caisses automatiques dans les supermarchés où une caissière est présente pour venir en aide en cas de dysfonctionnement, des salariés du parc resteront près des distributeurs pour réagir aux pannes ou pour venir en aide aux visiteurs qui se retrouveraient « dans un cas quelconque ayant un caractère urgent ».

(Photo : WANG Zhao)

Après les google cars, les google bikes


Google ne reverrait-il pas ses ambitions à la baisse suite aux déboires de ses voitures autonomes (« Google cars ») impliquées dans plusieurs accidents ? C’est la question qu’on pourrait se poser à la vue du nouveau projet futuriste de Google, les « Google bikes ». Oui, de simples vélos, du moins en apparence.

Car en fait, ce serait une lourde erreur : la technologie incorporée dans ces humbles bicyclettes est en réalité très évoluée et même, au bout du compte, plus évoluée encore que celle des voitures autonomes. Ces vélos embarquent la même quantité d’intelligence (et même un peu plus) dans un volume divisé par 20 et un poids divisé par 50 !

La vidéo ci-dessous le montre clairement : les « Google bikes » ont exactement l’apparence de vélos ordinaires. Mais l’apparence seulement… Quel vélo ordinaire permettrait-il à deux enfants en bas âge de circuler seuls en ville ? Et sans toucher le guidon, bien sûr… La science fiction des années 50 prédisait des rues remplies de voitures volantes à l’horizon 2000. Eh bien, ce sera en l’an 2020 et ce sera avec des vélos conduits « sans les mains, maman ». Y gagne-t-on ? Difficile à dire mais pour la planète, ça ne fait aucun doute.

Voici la vidéo de « teasing » publiée par Google :

Impressionnant, il faut l’admettre. Mais Google n’a toujours pas de réponse à la question de la responsabilité en cas d’accident. Le constat amiable sera-t-il remplacé par des experts en informatique qui décompileront la carte mémoire de chacun des deux vélos accidentés ? Cette question juridique, parmi bien d’autres, devrait trouver sa réponse dans le rapport qui sera remis au gouvernement sur ce sujet dans un an jour pour jour.

Dispositif de freinage de sécurité pour véhicules


L’objet de l’invention consiste en la réalisation d’un dispositif permettant d’assurer l’arrêt d’un véhicule lancé à grande vitesse en réduisant dans des proportions considérables les distances de freinage normales.

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Il a pour but d’assurer en même temps qu’une manœuvre de sauvetage en augmentant la puissance de ralentissement en vue d’un obstacle qui aurait été inévitable, la sécurité des passagers qui ne subissent plus les effets de la force d’inertie.

Il se caractérise par les moyens mis en œuvre pris aussi bien dans leur ensemble que séparément, et plus particulièrement par la disposition dans l’axe arrière du châssis du véhicule d’un fût ou canon de projection d’un pieu d’ancrage dans le sol, relié par câble à un tambour dérouleur-freineur lui-même fixé sur le châssis de façon que la force de rétention du lien fixé au sol vienne s’ajouter à la puissance freinage afin d’immobiliser le véhicule sur une distance réduite sans le déséquilibrer, le tout suivant le même principe que le freinage par « sandow » immobilisant les avions ou autres sur des espaces réduits tout en annulant la force d’inertie transmise aux passagers.

Sur les dessins annexés donnés à titre d’exemple non limitatif d’une des formes de réalisation de l’objet de l’invention.

En tout état de cause si une collision se produit, la puissance de choc sera atténuée dans des proportions telles que les conséquences seront toujours moins graves.

De plus, le câble étant au ras du sol, et le pieu généralement enfoncé jusqu’à la garde n’occasionnera aucune entrave ni danger pour les autres véhicules qui pourront toujours éviter le véhicule arrêté et passer sur le câble placé à terre.

Cette manœuvre de sauvetage utilisable dans les cas les plus difficiles où l’accident est inévitable permettra d’atténuer les risques des conducteurs et les collisions toujours très graves.

L’inventeur est prêt à céder sa création à tout industriel sérieux pour un prix particulièrement étudié, à condition que la transaction ait lieu ce jour-même.

Auteur : JMD

Commentaire de Pierre46 : « Gaston Lagaffe » ne ferait pas mieux !

Un autodidacte au service des campeurs


Un autodidacte qui met au point un produit qu’aucun ingénieur n’avait imaginé, c’est déjà peu banal. Mais qu’il s’initie, pour y parvenir, aux délices (!) de « l’analyse spectrale de puissance », c’est encore plus original. C’est pourtant la belle histoire d’un jeune Bellifontain de 23 ans qui n’avait aucune notion de programmation informatique et encore moins de photométrie (science de la lumière, NDLR) mais qui, par passion pour le camping, n’a pas hésité à s’initier à ces différentes techniques au point d’en devenir un expert et de révolutionner la façon dont on concevait la cuisson nomade.

Les jours du fameux bleuet sont comptés.

Tout est parti d’une boutade entre copains de randonnée: les compagnons de ballade de notre inventeur le raillaient régulièrement sur sa manie de faire appel à son IPad pour résoudre tous les menus problèmes de la randonnée. « Qu’il s’agisse d’indiquer à mes potes l’altitude où nous étions, le meilleur moment pour chausser les crampons au niveau météo ou la distance qui nous séparait du gîte, je faisais toujours appel à ma tablette pour avoir réponse à tout ».

Jusqu’au jour, inévitable, où l’un de ses acolytes mit au défi Jérémie Pisces de répondre avec son IPad à leur principale envie du moment : boire un café bien chaud en arrivant au gîte. « Il fait tout mais est-ce qu’il fait le café, c’est pas très original comme façon de se moquer mais je me suis à décidé à le prendre comme un défi : ringardiser définitivement le fameux bleuet ».

Jérémie Pisces, à peine rentré de randonnée, s’attaque au problème, dévore des quantités de livres dans la bibliothèque municipale et aboutit à une conclusion : on peut le faire ! Il nous explique : « C’est bien plus simple qu’on le croit : ce qui chauffe une casserole sur une plaque chauffante, c’est l’infrarouge et uniquement l’infrarouge. Toutes les plaques du commerce rayonnent bien d’autres choses que de l’infrarouge et c’est d’ailleurs pour ça qu’elles sont visibles à l’œil nu ». Intarissable sur le sujet, il continue : « Si les plaques chauffantes du commerce consomment autant, c’est parce qu’elles émettent toutes les longueurs d’ondes possibles au lieu de n’émettre que de l’infrarouge. C’est exactement le même problème, en sens inverse, que celui des ampoules à incandescence qui, au lieu de n’émettre que de la lumière visible, émettaient beaucoup d’infrarouge totalement inutile ».

A écouter Jérémie Pisces, on peine à croire qu’il était de son propre aveu le dernier de sa classe en physique! Au risque de perdre des lecteurs, suivons-le encore un peu dans ses explications : « Finalement, ma seule idée – mais j’ai été le premier à l’avoir – a été de me dire qu’avec la précision extraordinaire des écrans modernes, on pouvait peut-être arrêter ce gaspillage et concevoir des plaques chauffantes hyper-efficaces ».

La suite n’intéressera que les férus d’informatique : Jérémie Pisces met à profit les 16,7 millions de couleurs que permet le codage des images en 24 bits pour cibler une couleur extrêmement précise : comme le montre l’image de droite, toute la puissance lumineuse est réservé exclusivement à cette couleur aux dépens des 16.699.999 autres. « En clair, je focalise donc sur la seule longueur d’onde de 900 nanomètres toute l’énergie qui était auparavant éparpillée sur une largeur de bande cent fois plus importante. L’efficacité que j’obtiens n’a rien d’un miracle ! ». Puisqu’il le dit… Nous lui faisons confiance et publions sur l’image de gauche le « spectre » que rayonne une plaque de cuisson habituelle. On comprend bien, en effet, ce qu’il entend par « éparpillement » : l’énergie est totalement dispersée.

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La première application (on s’en doutait !) est pour les campeurs et les voyageurs : que ce soit au sommet du Mont Blanc ou dans une rame bondée du TGV, l’application « Hot IPad » (10 euros sur Applestore et sur Googlestore) permet de réchauffer ou même de faire cuire (bien que ce soit plus long) votre déjeuner. Naturellement, la consommation d’énergie reste relativement importante et il est préférable d’avoir une batterie parfaitement chargée en début de cuisson. Mais réchauffer – et cuire ! – un plat en totale autonomie sans recourir aux traditionnelles cartouches « camping gaz » est une vraie révolution.

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Et cela nous amène à la nouvelle application dont rêve Jérémie Pisces : abolir totalement l’usage du gaz, non seulement en randonnée mais aussi en ville. « On ne peut pas parler de transition énergétique et laisser un foyer sur trois chauffer son diner avec un carburant fossile. En proposant des modèle plus grand, au format des plaques de cuisson habituelles, j’espère rendre écologique la totalité des cuisines de ce pays… ou pourquoi pas du monde d’ailleurs ». Suit un éclat de rire généreux et communicatif. Jérémie Pisces, malgré tous les livres qu’il a ingurgité, adore rire et n’est pas parti pour s’en priver de sitôt.

Auteur : JMD

Coup de massue en vue pour tous les détenteurs de brevets.


Les inventeurs français trouvaient déjà excessif le coût de la rédaction, de la traduction et du maintien en vigueur des brevets par rapport aux frais dont s’acquittent leurs homologues américains. Ils ne vont pas du tout apprécier les nouvelles règles du jeu mises en place par le gouvernement.

Pendant que les feux de l’actualité étaient entièrement concentrés sur les élections municipales, personne n’a prêté attention à cette modification du Code de la Propriété Intellectuelle ainsi que des statuts de l’INPI (Institut National de la Propriété Intellectuelle) mais ce changement des modalités de paiement des annuités de brevets est en rupture complète avec ce qui s’est toujours pratiqué, en France comme à l’étranger.

L’INPI est l’organisme chargé pour le compte de l’État Français d’attribuer les titres de propriété intellectuelle : brevets, modèles déposés, marques. L’INPI souffre depuis des décennies d’un terrible déséquilibre démographique qui vient d’atteindre un niveau ingérable. La Caisse d’Assurance Complémentaire des Anciens de l’INPI, chargée de compléter les pensions des retraités de l’INPI, présente un déficit abyssal (150.000€ par employé en activité) que l’État va devoir résorber sous 12 mois maximum s’il ne veut pas à nouveau être épinglé par la Cour des Comptes. Ce sont ainsi 37.200 retraités dont la pension pourrait être bientôt amputée si rien n’est fait, chose d’autant plus douloureuse que ce complément est net d’impôt.

Face à cet urgent problème de trésorerie que même l’Etat ne veut plus couvrir, l’INPI vient d’être autorisé à une mesure extrême qui est, il faut bien le dire, totalement inédite dans un état de droit. Tous les détenteurs de brevets, au lieu de payer les frais de maintien en vigueur de leur titre année après année, vont devoir régler la totalité de ce qu’il leur restait à payer. Et ce paiement devra être effectif au plus tard 12 mois après l’entrée en vigueur de la réforme.

Ainsi, avant la réforme, les frais annuels étaient de 36 € pour chacune des quatre premières années, augmentaient progressivement pour aboutir à une dernière annuité de 760 € pour la 20ème (et dernière) année. Celui qui devait payer sa 19ème annuité en 2014 devra donc payer, en plus du montant initialement prévu (690 € dans le cas de la 19ème année), les 760 € de la 20ème année, soit au total 1 450 €. Mais celui qui vient tout juste de se voir accorder son brevet devra payer en bloc les 19 années à venir, soit un total de 5 608 €.

Le gouvernement est conscient de l’importance de ce montant mais rappelle que la plupart des brevets est détenue par de très grosses multinationales, souvent étrangères de surcroît. Concernant les PME et les inventeurs individuels, bien moins riches, il a annoncé qu’il offrirait « de larges possibilités pour étaler le paiement sur 8 mois » des sommes demandées sans détailler plus avant ces possibilités. Il a également annoncé qu’il accorderait une réduction de 5% aux inventeurs indépendants pouvant justifier de revenus inférieurs à 37% du SMIC et qui ne sont pas propriétaires de leur logement principal, aux ressortissants des DOM-TOM, à ceux souffrant d’une maladie longue durée reconnue par la CPAM, aux personnes souffrant d’une invalidité à plus de 80%, aux pupilles de la nation, aux enfants ou petits-enfants de cheminots et enfin aux victimes de violences conjugales ayant donné lieu à une mesure d’éloignement du conjoint.

Source : lecalendrier.fr

Auteur : JMD

Commentaire de Pierre46 : Cette nouvelle m’est apparu si invraisemblable pour beaucoup de raisons qu’il me vient tout à coup à l’idée que c’est un Poisson d’Avril . C’est bien ça ?? …il me semble qu’il ne peut pas en être autrement et dans ce cas il n’y a rien à ajouter ….heureusement ! Bien joué jmd !