Réseaux sociaux et propriété intellectuelle


L’apparition des réseaux sociaux a permis un accès facilité et instantané à des œuvres protégées par le droit d’auteur. Cependant, la propriété intellectuelle s’y applique au même titre que dans le monde physique.

La propriété intellectuelle et Internet ont un rapport compliqué. En effet, un clic permet d’accéder sans autorisation à des millions d’œuvres protégées par le droit d’auteur.

La propriété intellectuelle est définie comme la branche du droit régissant l’ensemble des droits exclusifs sur les créations intellectuelles. La propriété intellectuelle est séparée en deux branches : la propriété littéraire et artistique et la propriété industrielle. Elle s’applique tant sur Internet qu’ailleurs.

En effet, la publication d’œuvres protégées sans l’autorisation de leur auteur est passible de contrefaçon, ainsi que l’utilisation d’une marque.

  1. Réseaux sociaux et PLA

A. Le droit d’auteur et le partage sur les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux ont introduit un bouton « partage » permettant instantanément de faire suivre à des utilisateurs des œuvres. Cependant, cette fonctionnalité se passe de tout accord de l’auteur original de l’œuvre.

Pourtant, l’article L.122-4 du Code de la propriété intellectuelle dispose que « toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit est illicite ». Aussi, il est de jurisprudence constante que la communication d’une œuvre par internet est bel et bien une représentation, sur la base de l’article L.122-2 du CPI .

L’utilisateur qui partage l’œuvre sans autorisation peut ainsi remplir les critères du contrefacteur. En effet, le consentement de l’auteur répond à un formalisme particulier, il doit en plus être exprès.

B. Les exceptions au droit d’auteur

Plusieurs exceptions au droit d’auteur peuvent néanmoins prévenir de la contrefaçon.

C’est le cas de l’exception de courte citation, codifiée à l’article L.122-5 du CPI . Celui-ci dispose qu’en plus d’être courte, la citation doit nommer l’auteur et l’œuvre d’origine, et être à titre d’information. Cependant, le partage sur un réseau social reprend intégralement l’œuvre, ainsi on sort de la « courte citation ».

Une autre exception vient de la représentation dans le cercle de famille et des amis proches. Cependant, on peut difficilement dire que les utilisateurs des réseaux sociaux constituent des « amis » ou une « famille ». Il appartiendra néanmoins au juge de le déterminer.

Enfin, si tel est véritablement le cas, l’imitation d’une œuvre dans le cadre d’une parodie, d’un pastiche ou d’une caricature peut être applicable, dès lors que cette imitation n’est pas dénigrante.

On voit cependant que l’autorisation de l’auteur reste recommandée dans la plupart des cas dans l’utilisation des œuvres sur internet et les réseaux sociaux.

II. Réseaux sociaux et propriété industrielle

A. Les réseaux sociaux, un enjeu pour les marques

Les marques utilisent les réseaux sociaux pour s’assurer une communication efficace à moindre coût.

L’article L.711-1 du CPI définit la marque comme « un signe susceptible de représentation graphique, servant à distinguer les produits ou services d’une personne physique ou morale »

Le site de l’INPI liste les marques existantes. Celles-ci sont protégées pour les classes dans lesquelles elles sont enregistrées selon la classification de Nice.

Si normalement, une exception de parodie n’existe pas en droit des marques, le Tribunal de Grande Instance de Paris, dans une ordonnance de référé du 2 août 2002, a néanmoins reconnu le droit de Greenpeace de caricaturer la marque Areva sur son site internet.

Dès lors, ce raisonnement est potentiellement transposable aux réseaux sociaux. En effet, si une marque est parodiée dans une page, et bien qu’elle soit clairement identifiable, elle ne saurait se prévaloir du droit des marques pour faire retirer la parodie ou la caricature.

Une autre relation entre réseaux sociaux et droit des marques se trouve spécifiquement sur Twitter. Celui-ci fonctionne par « hashtags » (#) pour référencer les messages. Ainsi, Twitter propose la commercialisation d’un « hashtag » en l’utilisant comme marque.

De manière générale, sur les réseaux sociaux comme ailleurs, il est recommandé de vérifier si une marque similaire n’existe pas déjà dans une catégorie.

B. Les réseaux sociaux face aux dessins et modèles

Les dessins et modèles sont des dessins en deux dimensions qui ont vocation à être le support de création en trois dimensions. Ils sont à cheval entre le droit de la propriété industrielle et le droit de la propriété littéraire et artistique. En tout cas, le Livre V du Code de la Propriété Intellectuelle lui est consacré. Ainsi, sur les réseaux sociaux, les dessins et modèles peuvent bénéficier tant de la protection inhérente à la propriété littéraire et artistique, spécifiquement des arts plastiques, que de la protection de la propriété industrielle.

C’est pourquoi il faut que le dessin est libre de droits, ou se faire céder les droits, pareillement qu’en propriété littéraire et artistique, afin de l’utiliser d’une quelconque façon. En effet, les dessins et modèles sont enregistrés, et donc protégés.

Aucune exception n’étant notable, s’assurer d’être titulaire des droits ou de la liberté de ces droits sur les dessins et modèles est indispensable à leur utilisation, et ce même sur les réseaux sociaux.

Auteur : Murielle Cahan, Avocat au Barreau de Paris – Source : www.juritravail.com

Baisse des dépôts de brevets en 2016


En 2016, les grands acteurs du secteur automobile continuent de se classer parmi les premiers déposants, indique l’Inpi-l’Institut national de la propriété industrielle. Suivent les principaux secteurs industriels où la France est en pointe : cosmétique, aéronautique, télécommunications, électronique, chimie et énergie. Parmi les principaux déposants de demandes de brevets publiées en 2016, on trouve L’Oréal, Albéa, Aptar, Sidel.

En 2016, L’Inpi a enregistré 16 200 demandes de brevets, soit -0,9% par rapport à 2015 ; 88 500 demandes de marques, soit -3,7% par rapport à 2015 ; et 6 500 demandes de dessins et modèles, soit +2% par rapport à 2015.

L’année 2016 est également marquée par des changements de stratégies de propriété industrielle, ainsi que par la présence de plus en plus marquée de la recherche publique dans le palmarès des grands déposants.

Par ailleurs, on observe une concentration toujours plus importante du nombre de demandes de brevets publiées, ce qui correspond en partie à la concentration de plus en plus importante des entreprises elles-mêmes, au cours des dernières années.

La recherche publique de plus en plus visible. Les organismes de recherche publique sont de plus en plus présents dans le palmarès des grands déposants : le CEA et le CNRS, classés respectivement 4ème et 6ème l’an dernier, conservent leur place en 2016. L’université Claude Bernard Lyon 1 gagne 2 places (passant de la 32eà la 30e place), le Centre National d’Études Spatiales en gagne 5 (passant du 35e au 30e rang, ex-aequo avec l’université Claude Bernard Lyon 1) et Aix-Marseille Université gagne 4 places (passant de la 46e à la 42e place). Par ailleurs 5 organismes de recherche publique font leur entrée dans le Top 50 cette année : ils sont donc au nombre de 10 en 2016, contre 5 l’an dernier.

Palmarès des principaux déposants auprès de l’inpi selon le nombre de demandes de brevets publiées en 2016

Auteur : e.bonus – Source : www.emballagedigest.fr

Remarque du Club Invention – Europe : Le nombre de dépôt de brevet des inventeurs indépendants (Particulier, terme utilisé par l’INPI) a aussi baissé, par le coût du Titre en Propriété Industrielle, le manque de soutien de l’état, etc. Depuis plusieurs années, au niveau association, nous avons aussi vue la baisse des adhésions, car moins d’inventeur indépendant en France. Aussi la hausse, de Titre de Propriété Intellectuelle, comme le Copyright, qui coûte moins cher et un placebo pour une création technique.

Une jurisprudence pro-contrefaçon


L’article qui suit, d’une lecture assez ardue pour un profane, est important car il commente une nouvelle décision de justice qui pourrait faire jurisprudence. Rappelons que « faire jurisprudence » est une élégante expression juridique pour désigner ce qui se passe quand un juge n’a pas envie d’appliquer la loi et préfère suivre ses goûts, ses opinions et sa compréhension du monde, suite à quoi c’est la loi qui finira par s’aligner sur ce qu’il a décidé.

Le souci est qu’en l’espèce, il s’agit une fois de plus d’une réduction des droits de propriété intellectuelle (les seuls qui réduisent d’année en année alors que ce sont les seuls qu’il faille acheter, tous les autres étant gratuits). L’avocate auteur de ces lignes dit que « la décision crispe »… Bel euphémisme.

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Extrait de « la revue des marques » :

L’incidence du non-usage d’une marque sur l’existence de la contrefaçon

La cour d’appel de Paris vient de rendre un arrêt (1) dont les termes inédits pourraient avoir des conséquences redoutables pour les titulaires de marques.

L’affaire présentait, a priori, l’apparence de la simplicité : M. X, titulaire d’une marque destinée à désigner notamment des vins, spiritueux et boissons alcooliques, a assigné en contrefaçon devant le tribunal de grande instance (TGI) de Paris une société commercialisant une liqueur sous une dénomination quasi identique, ainsi que le fabricant et le sous-traitant de celle-ci. Dans le cadre d’une autre instance, opposant le titulaire de la marque à une autre société, le TGI de Nanterre a prononcé la déchéance des droits sur la marque à compter du 13 mai 2011 pour « les boissons alcooliques, cidres, digestifs, vins spiritueux, extraits ou essences alcooliques ». en raison du défaut d’usage. Ce défaut d’usage va très largement porter à conséquence dans le cadre de l’instance en contrefaçon. En effet, le TGI puis la cour d’appel de Paris vont rejeter l’action en contrefaçon qui visait les actes commis sur la période du 8 juin 2009 au 13 mai 2011, soit une période antérieure au prononcé de la déchéance pour les faits non prescrits. Les juges de la cour d’appel vont ainsi considérer que le titulaire de la marque « ne peut arguer utilement d’une atteinte à la fonction de garantie d’origine de cette marque qui, ainsi que le tribunal de première instance l’a rappelé, vise essentiellement à garantir aux consommateurs la provenance du produit ou service fourni en le distinguant de ceux proposés par la concurrence, ce qui suppose que la marque ait été en contact avec ces consommateurs. Que pour la même raison, M. X ne peut se prévaloir d’une atteinte portée au monopole d’exploitation conféré par sa marque [ … ], considérant qu’il y a lieu, par conséquent, d’approuver le tribunal qui a jugé qu’aucune atteinte n’a pu viser la marque Saint Germain, laquelle n’a jamais exercé sur le public une quelconque fonction, et de confirmer le jugement déféré en ce qu’il a débouté M. X de l’ensemble de ses demandes ». L’action en contrefaçon est donc tenue en échec en raison de l’absence d’atteinte à la fonction de la marque résultant du défaut d’usage de celle-ci.

Comment comprendre une telle décision ?

La référence faite à l’atteinte à la fonction de la marque ne surprend pas en soi. En effet, sous l’impulsion de la jurisprudence communautaire, les juges français recherchent si les actes prétendument contrefaisants sont de nature à porter atteinte à la fonction essentielle de la marque, qui est de garantir l’identité d’origine des produits marqués. Cette notion irrigue désormais le droit des marques; tout d’abord au niveau des conditions d’acquisition du droit, puisque la condition de distinctivité, devenue une condition autonome, consiste à vérifier que le signe est apte à remplir sa fonction de garantie de l’identité d’origine des produits revêtus de la marque; puis quand il est question de vérifier l’usage sérieux permettant d’éviter la déchéance – il ne sera établi que pour autant qu’il soit conforme à la fonction essentielle de la marque – ; enfin pour apprécier l’existence d’actes de contrefaçon. Dans cette affaire, les actes dont il était fait grief avaient eu lieu pendant la période de non usage de la marque qui a conduit au prononcé de la déchéance. Le titulaire de la marque, dans l’instance en contrefaçon, indiquait que l’usage de celle-ci n’avait pas été jugé suffisant pour échapper à la déchéance. Il justifiait néanmoins de préparatifs d’exploitation durant la période en cause. Or la cour est restée insensible à l’argument, estimant que lesdits éléments ne permettaient pas de démontrer que la marque avait été mise en contact avec le public et avait ainsi exercé sa fonction … fonction à laquelle il ne pouvait donc avoir été porté atteinte. Logique. Cela revient à considérer qu’il ne peut être porté atteinte à une marque non exploitée. Mais comment articuler cette règle avec l’article L714-3 du code de la propriété intellectuelle, qui préserve la marque non exploitée pendant une période inférieure à cinq ans (la déchéance n’est en effet encourue qu’en cas de défaut d’usage pendant une période ininterrompue de cinq ans) ?

Or, si la solution de cet arrêt devait se confirmer, rien ne sert d’avoir une marque non utilisée, puisque son usage par un tiers n’encourt pas de sanction.

Sous couvert d’une approche finaliste de la contrefaçon, cette décision rajoute une condition à la caractérisation de la contrefaçon, celle de l’exploitation publique de la marque. La cour aurait pu prendre une autre voie et tenir compte du défaut d’usage de la marque ou de sa faible intensité pour apprécier le montant de l’indemnisation du fait de la contrefaçon. Un certain opportunisme semble avoir guidé les juges: il est vrai qu’il aurait été curieux de retenir l’atteinte à une marque qui va être déchue à compter d’une date donnée en raison de l’absence d’exploitation sur la période antérieure. Ceci étant, sur le plan des principes, la décision crispe pour le moins et nous paraît prendre quelques largesses avec l’approche finaliste: en effet, sont répréhensibles les actes qui portent atteinte ou sont susceptibles de porter atteinte à la fonction de garantie d’origine. Tel est le cas lorsque l’atteinte se situe à un moment d’inexploitation. Une question en particulier surgit: qu’en sera-t-il si les actes litigieux se situent pendant une période d’inexploitation de la marque sans que celle-ci conduise à la déchéance des droits? Voici donc une décision qui, si elle devait être confirmée par la cour de cassation, entraînera des conséquences majeures, tant sur le plan pratique que sur le plan des principes.

(1) CA Paris, 13 septembre 2016, RG n°15/04749

Afrique / Point de vue : Invention et Création ou Monopole et Propriété intellectuelle


Qu’en est-il en droit des propriétés intellectuelles

Les droits de propriété intellectuelle recouvrent deux volets dont l’un a trait à la propriété littéraire et artistique et l’autre, à la propriété industrielle et commerciale. Ces deux mamelles, toutes issues du même corps sont certes, des productions de l’esprit mais s’opposent en réalité de par leurs spécificités. Chacune de ces productions évolue au sein des droits dits de propriété intellectuelle, tout en gardant jalousement son domaine de prédilection à l’abri de toute ingérence.

Si le monopole grevant les inventions revient généralement du fait de la cession, à une personne physique ou morale autre que l’inventeur qui n’a droit qu’au brevet lui conférant la titularité de tous les droits, le créateur quant à lui, jouit de des droits d’auteur sur sa création, d’office protégée par la loi de ce seul fait, et mieux, même inachevée. La titularité confère de part et d’autres, une exclusivité des droits aussi bien à l’inventeur qu’au créateur. En effet, le brevet comme instrument de protection d’une invention est un titre de propriété délivré par une administration publique (l’État), qui confère à l’inventeur, la titularité des droits de propriétés sur son invention. A cet égard, on compte parmi les titres de propriété intellectuelle dont l’impact sur le développement économique des États est significatif, les brevets, les marques, les dessins et modèles industrielles, les obtentions végétales etc., car, objet de monopole.

Quant aux droits découlant des créations littéraires et artistiques, ils participent certes, au développement économique des États, mais leurs impacts demeurent plus sensibles dans l’univers des industries culturelles. En effet, la création répond également à cette logique de protection, mais à la différence que cette protection est assurée par la loi du seul fait de son existence. La création confère également des droits exclusifs à son auteur, créant ainsi une sorte de monopole à l’instar de l’invention, et dont l’incidence parait tout aussi perceptible que celle de l’invention.

Cependant, il est souvent admis que l’invention n’a pas d’objet. Elle se définie généralement comme une solution technique à un problème technique. Mais, le brevet qui le sanctionne confère à son titulaire des droits exclusifs le mettant dans une situation monopolistique. Contrairement à la création dont l’objet est l’œuvre, l’invention n’a donc pas d’objet. L’œuvre qui répond de la propriété de l’auteur, constitue également et à son tour, une sorte de monopole aux mains de ce dernier, qui, par le biais de la cession, le transfert aux exploitants qui se retrouvent ainsi, dans le marché culturel et artistique, dans une position dominante créant souvent une distorsion des règles du jeu de l’offre et de la demande. C’est le cas des groupes de pression dans le domaine culturel tels, Microsoft, Google, YouTube, etc. qui n’ont de cure que leurs intérêts financiers au détriment de la création de l’esprit et partant, des créateurs.

La création littéraire et artistique n’est-elle pas à cet égard, similaire à l’invention ? En effet, la constitution de situations monopolistiques entre les mains des cessionnaires de droits est la finalité commune à l’invention et à la création. Cependant, il est moins évident, que la création puisse pour autant, se confondre à l’invention.

Une invention comme l’a défini J. J. Mousseron, est « une solution technique à un problème technique grâce à des moyens techniques et susceptibles de répétition. »

Par ailleurs, l’invention n’a pas d’objet comme peuvent imaginer certaines personnes. Elle n’accouche pas d’une propriété au sens classique du terme, ni matérielle ni, immatérielle. Elle confère un titre de propriété représenté par le brevet qui accorde des droits exclusifs à son détenteur qui, par le jeu de la cession, transfert ceux-ci à l’entreprise ayant investi dans l’invention. Faut-il le rappeler, une invention suppose de la recherche dont le coût dépasse parfois les capacités financières de l’inventeur. L’inventeur dépose, dès la découverte de son invention, une demande de brevet, aux fins de protéger cette dernière contre les tiers contrefacteurs. Le brevet, titre administratif lui assure cette protection pendant une vingtaine (20) d’années en contrepartie de la publication de l’invention. D’où, le monopole revenant à l’investisseur ayant pris l’engagement de soutenir les charges financières des recherches devant aboutir à la réalisation de l’invention. Ce qui fait penser que si l’inventeur est titulaire de son brevet, il n’est pas généralement titulaire de l’invention.

En revanche, la propriété serait issue d’une création. Une création étant définie comme la réalisation d’une conception portant l’empreinte de la personnalité de son auteur, la propriété est le fruit issu de cette réalisation. C’est pourquoi, elle a une forme interne incarnant l’âme de l’auteur et une forme externe constituée du support contenant cette âme. La propriété confère à son auteur, au même titre que le brevet, un droit exclusif d’où, un monopole que le législateur a été contraint de restreindre par des limitations. Les limites au droit exclusif de l’auteur figurent à l’article L122-5 du Code de Propriété Intellectuelle Français (CPI), correspondant à l’article 21 de la loi Burkinabé du 22 décembre 1999. Si la durée d’exploitation de l’œuvre comprend toute la vie de l’auteur et soixante-dix (70) ans après sa mort, le monopole conféré par l’invention n’a de limite que dans la durée du brevet à savoir vingt (20) ans.

Pourtant, malgré cette durée si courte des droits d’exploitation accordés à son titulaire, le brevet d’invention relève des titres de propriétés intellectuelles ayant une forte incidence sur le marché économique des États et par extension, sur celui des communautés d’États. Aussi, devient-il dès lors intéressant, de consacrer, dans le souci de contribuer à une meilleure connaissance des droits de propriété intellectuelle, un développement succinct des notions relatives aux différents titres de propriété intellectuelle dont le brevet.

Auteur : Oumar SANON, Juriste – Source : lefaso.net

Les Morocco Awards célèbrent le centenaire de la propriété industrielle au Maroc


«Les marques marocaines transcendent les frontières » est le thème de la 7ème édition des Morocco Awards, qui a lieu du 13 au 18 mai. Organisée à l’initiative de du ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Économie numérique et l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC), la présente édition revêt un caractère particulier, parce qu’elle coïncide avec le centenaire du de la propriété industrielle au Maroc (1916-2016).

Quelque 72 marques marocaines sont en lice pour le trophée des Morocco Awards 2016. La liste des marques candidates a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée au siège de l’OMPIC à Casablanca, mardi 03 mai. Avec à sa tête M. Ahmed Nakkouch, président de R&D Maroc, le jury devra sélectionner un vainqueur dans les catégories Branding, Innovation, Marque émergente, et Marque locale. D’autres prix seront également décernés : le prix public, le prix de la marque qui se développe à l’international, et le prix de la «Marque de l’année».

«L’objectif d’une telle entreprise est de rendre hommage aux marques marocaines qui portent haut l’image du Maroc et de l’Afrique, et de montrer que les marques marocaines peuvent s’imposer sur leur marché interne ainsi qu’à l’international, en particulier en Afrique», a déclaré M. Adil El Malki, directeur général de l’OMPIC.

Et comme cette année se déroule dans une atmosphère festive (célébration du centenaire de la propriété intellectuelle au Maroc oblige), de multiples activités seront organisées en marge des Morrocco Awards. L’Office lance le «Casablanca IP Week». Il s’agit d’un forum d’échange qui rassemblera d’éminents experts de la propriété industrielle. 25 pays et une centaine de participants sont attendus pour l’événement, qui se déroule du 13 au 18 mai à Casablanca. L’IP Week sera ainsi ponctuée de nombreux ateliers juridiques et techniques, pour des échanges plus fructueux.

Dans cette même dynamique, l’OMPIC organise l’IP Mall, une exposition destinée au grand public. Cette initiative a pour visée de mettre en avant l’évolution de la propriété industrielle et de sensibiliser les jeunes sur son importance.

Rendez-vous le 13 mai pour connaître les gagnants de la 7ème édition des Morocco Awards.

Auteur : LO

Source : lnt.ma

Propriété industrielle : quand les start-up poussent les PME à revoir leur approche


PME et ETI restent en recul en matière de dépôts de brevet par rapports aux startups et grands groupes d’une part, et à leurs homologues européennes d’autre part. Retour sur les raisons de ce décalage et les pistes pour l’effacer. Par Charles Besson, CEO, Questel

Les entreprises françaises restent en retard en matière de gestion de leur propriété industrielle par rapport à leurs homologues européennes. Si les grands groupes du CAC 40 partagent les pratiques internationales en la matière du fait de leur exposition aux marchés mondiaux, les ETI et PME restent très en recul. Elles ont trop souvent tendance à ne prendre en compte que leur environnement immédiat et à sous-estimer la menace qui vient de l’étranger. En 2014, 28,7% des demandes de brevets publiées par des personnes morales françaises émanaient de PME (un peu plus de 2500 demandes de brevets déposées) ou d’ETI (un peu moins de 700 demandes de brevets déposées) – des chiffres stables depuis 2011 . Celles qui déposent des brevets le font dans un but avant tout défensif, pour protéger leur invention. Et pour le moment, très peu exploitent les informations contenues dans les portefeuilles de brevets pour faire de veille concurrentielle et/ou anticiper des évolutions de leur paysage concurrentiel.

L’amorce d’un changement

Toutefois le changement se faire sentir sous l’impulsion des start-ups. Ces jeunes entreprises, dirigées par des créateurs imprégnés de culture internationale et de renouveau des business models, ont perçu la valeur ajoutée des brevets pour développer leur activité et accélérer leur croissance. Au-delà de la protection de leur(s) invention(s), elles les utilisent pour analyser leur marché et en comprendre les évolutions potentielles, identifier les champs libres d’innovation incrémentale et anticiper de nouvelles ruptures technologiques.

Elles y trouvent ainsi des pistes pour innover encore davantage. Les brevets déposés leur servent aussi à valoriser plus et mieux leur entreprise, a fortiori si elle a le projet d’entrer en bourse et même si aucun indicateur n’a été établi sur le sujet pour le moment – mais cela ne saurait tarder. Enfin, et cela est très révélateur, le sujet est souvent pris en main (ou suivi de très près) par le dirigeant lui-même – de même que les groupes du CAC 40 impliquent leur directeur de la Propriété industrielle (PI)  au niveau du board.

A noter que cette tendance touche un grand nombre de secteurs, y compris ceux qui n’étaient pas spontanément associés aux problématiques de brevets mais où la dynamique startup est forte : la banque est aujourd’hui challengée par les Fintech au sein desquelles un nombre certain de brevets sur le paiement en ligne commence à exister – comme ceux déposés par Mastercard ; ou encore la distribution qui, pour faire face à l’inexorable montée du e-commerce, dépose des brevets sur ce qui fait la différence entre les marques – les systèmes de gestion des stocks, des livraisons, etc. – à l’image des initiatives de Wallmart et Amazon sur ses systèmes innovants de logistique.

Un soupçon de risque

Qu’en est-il des PME et ETI françaises ? La plupart sont loin d’avoir une vision offensive de la PI et rares sont celles qui analysent les brevets existants avec des outils et méthodologies de Business Intelligence et d’intelligence artificielle pour apprécier le futur de leur marché et ajuster leur R&D en conséquence.

Beaucoup de ces entreprises se sont créées dans une optique franco-française, en ciblant le marché domestique et sans craindre une concurrence qui viendrait de beaucoup plus loin, que ce soit en termes géographique ou de métier. L’organisation des PME et ETI révèle une sous-représentation des professionnels de la PI, les ressources internes étant concentrées sur des fonctions-clés et incontournables comme les ventes, la production et la finance. A cela s’ajoutent le fait que le brevet continue d’avoir mauvaise presse en France. Une entreprise dépose un brevet pour interdire un potentiel concurrent de faire exactement la même chose. Elle ne le dépose parce qu’elle s’y sent contrainte, alors qu’un brevet s’avère être un véritable outil d’inventivité. L’absence de formation à la PI des jeunes générations est aussi un frein à la diffusion de cette culture en entreprise.

L’échelle nationale ne tient plus

Or une réflexion à la seule échelle nationale ne tient plus. Les frontières des marchés économiques disparaissent au profil de la mondialisation des échanges et les innovations peuvent être créées n’importent où.

Ces PME et surtout les ETI se retrouvent aussi dépourvues face aux actions des patent trolls qui, eux, sont bien renseignés sur le marché des brevets et peuvent les attaquer alors qu’elles ne s’y attendent pas du tout.

Un zeste de PI pour une nouvelle culture d’entreprendre

Pour toutes ces raisons, il est important que la propriété industrielle s’impose comme une priorité dans toutes les entreprises françaises afin d’assurer la pérennité et la croissance des activités créées. Le changement se fait progressivement, impulsée par les jeunes pousses. Il serait sans doute également constructif pour l’avenir de sensibiliser bien plus les jeunes générations, dès le lycée – en Asie, ce sont dès l’école élémentaire que le sujet est abordé… Sans oublier l’intérêt de créer des événements dédiés et des roadshows dans les universités et grandes écoles, etc. Un vrai défi qui va de pair avec le développement de la culture économique au sein de la société.

Auteur : Charles Besson

Source : www.latribune.fr

Pas de taxe copie privée sur les imprimantes 3D


Mais si on taxait les logiciels ?

A l’occasion des débats autour du projet de loi Macron, les sénateurs ont finalement refusé qu’une imprimante 3D soit soumise à la redevance pour copie privée. Seulement, le sujet n’est pas pour autant totalement éteint.

Pour rappel, cette « rémunération » vient compenser le préjudice subi par les ayants droit, compte tenu des facultés de copies ouvertes aux personnes physiques. Ceux-ci n’ont en effet pas à racheter de nouvel exemplaire à chaque clonage de fichiers. Voilà pourquoi la quasi-totalité des supports physiques est désormais soumise à cette ponction, aspirée par Copie France, la société civile des ayants droit.

En préparation des débats en séance sur le projet de loi relatif à la croissance, l’activité et l’égalité des chances, le groupe socialiste avait déposé un amendement afin d’étendre cette redevance aux techniques d’impression 3D. Alors que le Code de la propriété littéraire et artistique n’envisage un tel prélèvement que sous le prisme des « supports », l’enjeu était de l’étendre aux nouvelles technologies d’impression.

Tout fabriquer « dans sa cuisine ou son salon ! »

« Lors de l’achat d’une machine, on paierait une redevance qui permettrait aux inventeurs ou titulaires de brevets, marques, dessins et modèles, de percevoir une rémunération ». Voilà le plan de bataille de Richard Yung, coauteur de l’amendement, qui a profité des débats pour fustiger le fait que « désormais, on peut maintenant installer chez soi des imprimantes qui coûtent entre 500 euros et 1 500 euros et permettent, grâce à l’achat, voire au piratage d’un logiciel, de fabriquer pratiquement tout objet matériel dans sa cuisine ou son salon ! »

Selon le sénateur, également président du Comité national anti-contrefaçon (CNAC), « cela pose le problème des droits de propriété industrielle : il y a reproduction d’un objet, invention, marque, dessin ou modèle, sans contrepartie pour le titulaire du droit. »

Pas de taxe sur les dessins ou les sculptures

En séance, le 17 avril, cette extension a cependant fait long feu. Le sénateur UMP François Pillet, co-rapporteur du projet de loi, a considéré que « par nature, les œuvres d’art matérielles sont exclues de l’autorisation légale de copie privée. Certes, on peut graver chez soi, à titre privé, un CD ; c’est pour cette raison qu’une taxe sur les CD existe. Mais il ne saurait y avoir de rémunération pour copie privée pour les dessins ou les sculptures ».

Autre critique, il juge cette « taxation » comme non aboutie puisque d’autres articles du Code de la propriété intellectuelle évoquent toujours l’assujettissement des supports. De plus, « un objet fabriqué par une imprimante 3D, au mépris des règles, est, en soi, une contrefaçon », laquelle ne peut être couverte par une redevance qui ne repose que sur des sources licites. Enfin, « des questions fondamentales sur la nature des œuvres matérielles se posent. Imaginez que vous vouliez faire une copie d’un bronze ou d’une sculpture en marbre de Carrare d’un grand artiste, comme Pompon : l’imprimante 3D va vous faire une copie en résine, et non en bronze. S’agit-il là du même objet ? Cela pose un problème. »

Les craintes économiques d’Emmanuel Macron

« À mon avis, la solution ne saurait être une application classique de la copie privée ». Emmanuel Macron a ainsi argumenté dans le même sens, en retenant un versant économique. Alors que « le secteur se développe », le ministre a en effet pris soin de souligner que « certains acteurs français se débrouillent très bien. Ils sont de véritables concurrents des acteurs internationaux. Je pense, entre autres, au groupe Gorgé ». En creux, l’idée de fragiliser un secteur encore balbutiant est bien malvenue : « l’enjeu est de connaître le bon critère de protection, surtout au regard de la compétition internationale, sans pour autant contraindre de manière excessive les acteurs concernés et les gêner dans leur développement industriel. La protection des œuvres culturelles est supérieure à celle qui s’applique pour les composants industriels classiques », considère-t-il.

Et si on taxait les logiciels d’impression 3D ?

Manière de botter le sujet en touche, Emmanuel Macron a donc suggéré la création d’un groupe de travail pour plancher sur le thème, en collaboration avec Bercy. « Nous devons avancer de manière patiente, mais résolue, afin de trouver le cadre adéquat dans les prochains mois ; le bon agenda serait d’ici à la fin de l’année ».

Pressé par le co-rapporteur et le ministre de l’Économie, Richard Yung a finalement bien voulu retirer son amendement au profit de ce futur chantier. Il évoque déjà une piste : plutôt que frapper les imprimantes, elle viserait à « taxer les programmes utilisés pour activer l’impression ». Du coup, « on pourrait imaginer une redevance sur les programmes informatiques. »

Auteur : Marc Rees

Source : www.nextinpact.com