Voiture autonome vs Humain : IBM voudrait savoir qui s’en sort le mieux en cas de problème


IBM a obtenu un brevet sur la voiture autonome. Le dispositif imaginé par la société vise à déterminer qui du conducteur ou de l’IA s’en sortirait le mieux en cas de pépin.

Si elles reçoivent régulièrement l’attention des médias depuis plusieurs années, force est de constater que les véhicules autonomes ne sont pas encore en mesure de se déplacer vraiment toutes seules. Dans le meilleur des cas, les modèles actuels offrent une autonomie conditionnelle : en clair, la gestion du parcours est partagée entre le conducteur et le système de bord en fonction de la situation.

À bord d’une Tesla par exemple, l’automobiliste active la conduite assistée et participe à certaines phases : il faut mettre le clignotant pour que la voiture entame le dépassement du véhicule situé à l’avant, par exemple. Par contre, le système de bord peut seul maintenir le cap, décélérer en cas de besoin et conserver une bonne distance de sécurité, grâce à une observation continue de l’environnement immédiat.

Dans les faits, le conducteur occupe un rôle encore central. Il doit garder les mains sur le volant et doit être en mesure de prendre la suite à tout moment si le système de bord lui demande de le faire. Mais l’automobiliste est-il à ce moment-là apte à reprendre le contrôle de la voiture ? Ou bien ferait-il vraiment mieux que le système de bord face à une situation donnée ?

C’est en ayant en tête cette problématique que la société américaine IBM a rédigé un brevet que le bureau américain en charge des titres de propriété industrielle et des marques de commerce a validé au mois de mars. Déposé le 25 septembre 2015, il décrit une méthode comparant automatiquement qui du système de bord ou du conducteur a la meilleure compétence face à une situation.

Le système comparer qui du conducteur ou du système embarqué est le mieux placé pour gérer l’anomalie.

« Par exemple, si une voiture autonome fait face à une anomalie opérationnelle, comme un système de freinage défectueux, un phare brûlé, une visibilité insuffisante et / ou des conditions de circulation médiocres, le système peut comparer qui du conducteur humain ou du système de conduite embarqué est le mieux placé pour gérer l’anomalie », explique IBM.

Ainsi, si la comparaison détermine que le système de bord est en meilleure posture pour gérer l’anomalie, alors le véhicule est placé ou maintenu en conduite autonome, selon s’il l’était déjà ou non. Sinon, la direction de la voiture est confiée à celui ou celle qui est derrière le volant. Pour cela, le dispositif général imaginé par IBM s’appuie sur de l’apprentissage automatique (machine learning).

Sécurité routière

L’entreprise explique que ses chercheurs, des neuro-scientifiques en informatique, ont conçu « un modèle cognitif et une technique qui emploie des capteurs et de l’intelligence artificielle pour déterminer dynamiquement les potentiels problèmes de sécurité ainsi que pour contrôler si les véhicules sont dirigés de manière autonome ou par un être humain ».

Selon IBM, cette vérification face à un incident constitue « une mesure de sécurité qui peut contribuer à la prévention d’accident ». L’entreprise américaine ne conçoit pas de voitures autonomes mais l’on suppose sans peine qu’elle serait ravie d’accorder des licences aux constructeurs automobiles prêts à sortir leur porte-monnaie pour améliorer un peu plus le niveau de sécurité de ces automobiles d’un nouveau genre.

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Les degrés d’autonomie d’une voiture.

Ces réflexions sur l’opportunité de confier le volant au conducteur ou au système de bord de la voiture autonome ne sont pas neuves. Des constructeurs comme Toyota et Audi sont déjà en train de plancher sur des dispositifs qui prennent en compte des événements inattendus, en cas de comportement anormal, de danger sur la route ou de pépin de santé du conducteur.

L’ère des voitures vraiment autonomes n’étant pas encore arrivée, un tel brevet pourra sans problème trouver sa place dans une circulation mélangeant des véhicules qui sont conduites normalement et des automobiles dont le contrôle est partagé entre une IA et un conducteur. Mais à plus long terme, lorsque le niveau de maîtrise de la conduite autonome sera irréprochable ou presque, l’idée d’IBM n’aura plus guère d’intérêt.

Voiture autonome, autopilote, assistance à la conduite : quelles différences ?

Auteur : Julien Lausson – Source : www.numerama.com

Un bio-physicien prétend avoir inventé une bouteille de vin qui ne goutte pas


Une bouteille de vin qui ne goutte pas ? Les maladroits seront ravis.

Nous autres Françaises et Français apprenons le geste rapide, discret et efficace pour éviter qu’une bouteille de vin ne coule en même temps que la lecture et l’écriture. Mais dans le reste du monde et lors de nos soirées trop arrosées, il semble que les flacons de verre qui renferment l’ivresse rouge, blanche ou rosée posent un problème physique qui n’a pas été résolu jusqu’à aujourd’hui : les bouteilles de vin gouttent.

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Tout peut changer grâce à une rainure de 2 mm

Pour résoudre ce problème, Daniel Perlman, biophyisicien à l’université américaine de Brandeis, a utilisé tout son savoir et toutes ses connaissances pour parvenir à l’objet ultime : la bouteille de vin qui ne goutte pas. Pour cela, pendant trois ans, l’homme s’est cultivé en regardant des vidéos au ralenti de bouteilles de vin en train de déverser le fameux breuvage. Perlman en est arrivé à la conclusion que le syndrome de la bouteille qui coule arrive au moment où elle est pleine, ou presque pleine.

Sa solution est enfantine et n’implique pas un changement radical dans la confection des bouteilles : sa bouteille qui ne goutte pas est simplement équipée d’une sorte de bourrelet de 2 mm à l’extrémité qui agit comme un bec verseur et empêche, à 360 degrés, le vin de se faire la malle. « Une goutte de vin qui voudrait couler sur la bouteille est freinée dans sa course par cette rainure : elle ne peut pas la traverser. Au lieu de cela, elle tombe de la bouteille directement dans le verre. »

Avec plus de 100 brevets déposés, Perlman est un inventeur en série. Reste à voir si son idée restera dans les registres ou sera effectivement adoptée par l’industrie, rendant par la même occasion un geste parfaitement obsolète.

Auteur : Julien Cadot – Source : www.numerama.com

À 94 ans, l’inventeur de la batterie Lithium-Ion crée une technologie encore plus puissante !


À 94 ans, John Goodenough, inventeur de la batterie au Lithium-Ion a inventé une batterie encore plus puissante.

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Ce professeur de la Cockrell School of Engineering de l’Université du Texas à Austin est à la tête d’une équipe d’ingénieurs travaillant sur un nouveau système de batterie. Celle qu’ils ont créé est à l’état solide et s’avère être bien plus sûre que celles que l’on connait actuellement. Mieux encore, elle se recharge bien plus vite et dure plus longtemps que ses petites sœurs.

Cette nouvelle technologie de batterie qu’ils ont inventé pourrait aussi bien s’intégrer dans des smartphones que dans des voitures électriques ou dans des éléments de stockage d’énergie.

« Le cout, la sécurité, la densité d’énergie, les taux de charge et de décharge ainsi que le cycle de vie sont des éléments critiques pour que les voitures dépendantes des batteries soient adoptées à plus grande échelle. Nous pensons que notre découverte résout de nombreux problèmes liés aux batteries d’aujourd’hui, » a déclaré John Goodenough.

Les tests effectués par l’équipe de chercheurs a démontré que leur technologie permettait d’avoir trois fois plus de densité d’énergie que les batteries au Lithium-Ion. Ce système permettrait donc d’avoir de meilleures performances pour la même taille de batterie. Sur le même principe, leur invention permet de troquer des heures de recharge pour des minutes, tout en offrant une durée de vie plus importante.

Il n’y a donc que du positif pour cette innovation et la tendance va bon train pour les batteries. Après celle fonctionnant à l’urine, des chercheurs avaient créé une batterie aussi grande qu’une carte SD avec des performances hors du commun. Si on parle beaucoup d’IA et de robotique, il ne faut pas oublier que sans batteries notre Siècle Digital ne serait rien.

Auteur : Valentin Blanchot – Source : siecledigital.fr

Un internaute aide la Nasa à permettre aux astronautes de faire leurs besoins lors des longues missions dans l’espace


Officier de l’armée de l’air américaine, il a remporté le « Spacepoop challenge », destiné à trouver une solution à ce problème.

Comment faire ses besoins quand on est dans l’espace, pour une très longue mission, loin de la Station spatiale internationale ? C’est le problème auquel la Nasa espérait trouver une solution en lançant, en octobre 2016, le « Spacepoop challenge » pour les inventeurs amateurs. Mercredi 15 février, l’agence spatiale américaine a désigné le vainqueur de son concours en ligne : il s’agit d’un officier de l’armée de l’air américaine, qui a inventé un système permettant d’introduire et d’extraire une couche à travers un tout petit orifice dans la combinaison spatiale.

Thatcher Cardon a remporté 15 000 dollars (environ 14 000 euros) pour son invention. Médecin au sein de l’armée de l’air, il a expliqué à la radio NPR s’être inspiré de la chirurgie pour la développer : « On fait des choses incroyables en utilisant de très petites ouvertures », en cardiologie notamment, estime-t-il. « On peut remplacer des valves cardiaques à travers des cathéters. Je me suis dit qu’on devrait savoir gérer un peu de caca. »

Une minuscule ouverture pour extraire les déchets

Son invention consiste en une petite ouverture munie d’un sas de dépressurisation au niveau de l’entrejambe de la combinaison, dans laquelle on pourrait faire passer des objets. Des couches ou des bassins de lit, par exemple. Des objets réduits à la taille la plus petite possible avant d’être dépliés ou gonflés à l’intérieur de la combinaison. Et qui pourraient être extraits par cette même ouverture.

« Je n’ai jamais pensé que garder les déchets à l’intérieur de la combinaison serait une bonne idée », explique l’inventeur en herbe, qui a choisi une autre stratégie que beaucoup de ses concurrents. « Donc je me suis demandé comment les faire entrer et sortir de la combinaison facilement. »

La Nasa va maintenant devoir tester l’invention de l’heureux vainqueur, destinée à être utilisée dans des cas extrêmes où les astronautes sont isolés dans l’espace pour de longues périodes. Aujourd’hui, les astronautes en sortie spatiale portent des couches, mais les conserver plus de quelques heures pose des problèmes d’hygiène.

Source : www.francetvinfo.fr

Ces lunettes intelligentes sont capables de faire la mise au point sur ce que vous regardez


Carlos Mastrangelo occupe actuellement le poste de professeur de génie électrique et d’informatique à l’Université de l’Utah. Lorsqu’il a eu une cinquantaine d’années, il a commencé à souffrir d’un problème de vision assez courant chez les gens de son âge : la presbytie. Contrairement à la plupart de ses semblables, il a cependant décidé de ne pas le subir.

La presbytie n’est pas réellement une maladie. En réalité, ce trouble de la vision est provoqué par le vieillissement du cristallin.

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Ces lunettes pourraient améliorer la vie de pas mal de gens.

Ce dernier a en effet la fâcheuse tendance à se durcir et à se scléroser au fil du temps. Il empêche donc l’œil de faire la mise au point.

La presbytie, un trouble qui touche beaucoup de gens

La presbytie commence généralement à apparaître à partir des 40 ans et elle évolue ensuite pour atteindre son apogée autour des 60 ans. Il existe plusieurs traitements. Le plus courant consiste à utiliser des verres correcteurs, mais il existe aussi des interventions chirurgicales pour corriger définitivement le problème.

Comme des millions d’autres personnes à travers le monde, Carlos Mastrangelo a opté pour la solution la plus simple : les verres correcteurs.

Toutefois, cette dernière ne lui a pas apporté entière satisfaction. En réalité, elles lui posaient même souvent problème lorsqu’il conduisait. Notre ami n’avait en effet pas besoin de lunettes pour regarder la route, mais, sans elles, il ne pouvait pas voir l’écran du GPS.

Il s’est donc retroussé les manches et il a commencé à travailler sur une nouvelle paire de lunettes assez particulière.

Des lunettes intelligentes pour corriger la presbytie

Ces fameuses lunettes n’intègrent effectivement pas de verre, mais des lentilles liquides capables de se focaliser sur le point observé par leur porteur. Comment ? En réalité, c’est assez simple. L’appareil utilise la lumière infrarouge pour calculer la distance entre ses verres et les objets. Il lui suffit ensuite d’activer des pistons dissimulés dans sa monture pour remodeler la courbure des lentilles et les adapter au sujet observé.

D’après Carlos, ces fameuses lunettes n’auraient besoin que de 14 millisecondes pour faire la mise au point. Seul bémol, pour fonctionner, elles ont besoin d’une source d’énergie et donc d’une batterie. Le prototype développé offre pour le moment une autonomie limitée à 24 heures.

L’inventeur a présenté ces fameuses lunettes durant le dernier CES, mais il vient de publier une nouvelle étude plus complète parue dans la revue Optics Express, une étude qui détaille le fonctionnement de l’appareil.

En attendant, il a bon espoir de pouvoir lancer une version commercialisable de ses lunettes dans les années à venir. Il s’est d’ailleurs fixé comme objectif de les proposer à un prix inférieur à 1 000 $.

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Auteur : Fred – Source : www.fredzone.org

Faut-il réhabiliter Nikola Tesla ?


Qui était Nicolas Tesla ? Quelles ont été ses grandes inventions à l’époque ? Comment a t-il fait évoluer le contexte industriel électrique et changé radicalement l’industrie électrique ? Quelle a été la nature de sa relation avec le célèbre Thomas Edison ?

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Nikola Tesla

Si l’on en croit les biographies qui lui sont consacrées, il était « L’homme qui a éclairé le monde », voire carrément « l’homme qui inventa le XXème siècle ». Il est l’inventeur du courant alternatif, de l’électricité moderne, certainement des premières ondes radio, de la notion de télécommande et même d’une certaine façon de l’idée du wifi et des armes à énergie dirigées. Savant fou, perclus de TOCs, insomniaque chronique, profond humaniste, il a terminé sa vie ruiné et misérable dans une chambre d’hôtel à New York. Bref, Nikola TESLA a tout du savant maudit et un destin proprement shakespearien.

Pourquoi faut-il réhabiliter Nikola Tesla ? C’est le problème qui va occuper La Méthode scientifique dans l’heure qui vient.

Et pour effectuer cette entreprise de réhabilitation, La Méthode scientifique a le plaisir d’accueillir Ilarion Pavel, ingénieur en chef des Mines, chercheur au laboratoire de physique théorique de l’École Normale Supérieure et Gérard Borvon, enseignant en physique, vous avez publié « L’histoire de l’électricité, de l’ambre à l’électron » aux éditions Vuibert.

« L’homme qui a éclairé le monde », « L’homme qui inventa le XXème siècle », est-ce que, comme souvent dans des entreprises de réhabilitation, on ne va pas un peu trop loin dans le sens inverse ? Ou est-ce que Nikola Tesla est vraiment un génie de cette envergure, trop longtemps tombé dans l’oubli ?

Auteur : Nicolas Martin – Source : www.franceculture.fr

Plongée en 1947, dans les balbutiements du jeu vidéo


Au sortir de la guerre, Thomas T. Goldsmith et Estle Ray Mann se lancent un défi impossible : concevoir un jeu fonctionnant sur les téléviseurs. Histoire du plus vieux brevet de jeu vidéo connu.

A l’occasion de ses 70 ans, Le Monde retrace le rocambolesque destin du Cathode Ray Tube Amusement Device, ou « périphérique de divertissement pour écran à tube ». Il s’agit du plus vieux brevet de jeu vidéo connu, et sept décennies après son dépôt, le 25 janvier 1947, à l’office des brevets américains, il tient autant de l’OVNI historique que du Saint-Graal pour les historiens du jeu vidéo. (2/3)

Des deux auteurs du Cathode Ray Tube (CRT) Amusement Device, divers degrés d’informations nous sont parvenus. Estle Ray Mann, ingénieur, est cité dans plusieurs autres brevets en électronique, mais on ne sait rien de sa personnalité ni de ses motivations. Si l’on en croit le site de généalogie MyHeritage, il est décédé en 1965.

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Thomas Toliver Goldsmith (19010-2009) est né à Greenville, en Caroline du Sud.

Il en va autrement de Thomas Toliver Goldsmith, né en 1910, considéré comme une figure majeure de l’histoire de la télévision américaine. Il fut responsable de la recherche au sein de DuMont Laboratories de 1936 à 1966. Fondée en 1931, l’entreprise fut elle-même locomotrice des nouvelles technologies. Parmi ses nombreux produits, des postes de radio, des oscilloscopes, ou encore des écrans à tubes monochromes, souvent réputés pour leur qualité haut de gamme.

Né d’un courtier en assurances et d’une mère pianiste, Thomas T. Goldsmith est celui qui bat la mesure de l’innovation au sein de la jeune pousse de l’époque. « Le docteur Goldsmith était passionné par l’ingénierie et l’électronique », relate au Monde l’un des derniers hommes à l’avoir interviewé sur sa carrière, David Weinstein, auteur de The Forgotten Network : DuMont and the Birth of American Television (2004, non traduit). « Je ne dirais pas qu’il était joueur, mais il était extrêmement excité de pouvoir travailler chez DuMont comme pionnier des tout premiers postes de télévision, y compris les premiers receveurs couleur. »

Celui que les notices biographiques présentent comme « imaginatif » était autant un ingénieur émérite qu’un esprit aventurier, en contraste avec la personnalité du fondateur de la société, l’inventeur Allen DuMont. Une anecdote illustre peut-être son tempérament : lorsque les deux hommes font du bateau ensemble, tandis que DuMont regarde la télévision dans la cabine, Thomas T. Goldsmith, lui, préfère s’intéresser au gouvernail. « Tom était quelqu’un d’extrêmement créatif, très imaginatif, toujours joueur, et en un sens cela se reflète dans cette invention », témoigne William Brantley, qui l’a côtoyé à partir des années 1960 à l’université de Furnam.

Libérer les forces créatives

Nul ne sait à quelle date remontent les prémices du projet. Tout juste peut-on relever que quelque chose est dans l’air. A l’Exposition universelle de New York de 1939-1940, deux produits d’un genre encore nouveau se côtoient. D’un côté, le Nimatron, une machine à jouer au jeu de nim, un jeu mathématique ; de l’autre, les premiers téléviseurs grand public de DuMont. L’un est un jeu sans écran ; l’autre, un écran sans jeu. Les deux gamètes du jeu vidéo sont pour la première fois réunis, mais il faudra sept années – et l’armistice de 1945 – pour que germe le premier embryon.

Quelques mois encore avant de cosigner le brevet du CRT Amusement Device, Thomas T. Goldsmith et les équipes de recherche de DuMont travaillent sur des radars utilisés par l’US Army durant la Seconde guerre mondiale. Les plus grands cerveaux du pays sont alors mobilisés par la recherche militaire. William Higinbotham, le créateur du premier jeu sur oscilloscope en 1958, Tennis for Two, travaille même alors sur l’élaboration de la bombe atomique.

La fin de la guerre relâche les énergies créatives de milliers de scientifiques. Plus qu’une lubie, l’usage ludique de la technologie sert autant à trouver de nouveaux débouchés hors du militaire qu’à réenchanter une science meurtrie par son usage assassin. Thomas T. Goldsmith a 35 ans au moment de la capitulation du Japon. C’est probablement à cette période qu’épaulé d’Estle Ray Mann, il conçoit le Cathode Ray Tube Amusement Device, le premier jeu vidéo de l’histoire.

Un mur d’obstacles pratiques

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Exemple de machines DuMont Laboratories et Fairchild Camera sur lesquels Thomas Goldsmith a travaillé.

Si le jeu vidéo comme objet commercial n’existe pas encore, de nombreux projets témoignent d’un désir de la communauté scientifique de se divertir. « A l’époque, il n’y avait pas de jeu vidéo du tout, mais plein d’électroniciens jouaient avec des oscilloscopes. Certains modèles étaient même livrés avec des plans pour obtenir des effets de rebonds qui pouvaient, déjà, servir à jouer à un jeu de raquette. Tennis for Two, il a été conçu comme ça », resitue David Winter, collectionneur de vieilles consoles et gérant du site Pong-Story.com. Certains, comme Thomas T. Goldsmith et Estle Ray Mann, veulent aller plus loin, en concevant un vrai jeu commercialisable basé sur de l’électronique analogique.

La machine qu’ils construisent n’a jamais été immortalisée, mais elle n’aurait probablement pas juré dans les dyschronies de BioShock ou Fallout 4 : massive, faite de triodes, de tubes et de résistances, elle permet à l’utilisateur de déplacer le signal lumineux à l’écran pour imiter la trajectoire d’un missile. La dissymétrie est totale entre la quantité d’équipement employée et le minimalisme du résultat.

Pourtant, à la différence des nombreux montages purement expérimentaux qui lui succéderont, le CRT Amusement Device semble d’ores et déjà pensé avec une application commerciale en tête – c’est dans l’ordre des choses pour DuMont, entreprise privée qui vit de la vente de ses équipements, analyse David Weinstein.

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Publicité pour les postes de télévision DuMont, en 1946.

« Je suppose que DuMont a breveté ce jeu en pensant qu’il pourrait avoir une application pour la formation militaire, plutôt que comme divertissement grand public. Peut-être qu’ils espéraient aussi qu’une autre entreprise acquière les droits de ce brevet et le lance sur le marché militaire ou grand public. »

Mais en cette année 1947 les handicaps sont trop nombreux. Commercialement, d’abord. L’armée s’intéresse alors surtout à l’intelligence artificielle, quant aux particuliers, ils ne sont pas assez nombreux à pouvoir être intéressés : le taux d’équipement des ménages en téléviseurs reste infime. Seuls 102 000 Américains en sont équipés en 1948, soit 0,4 % de la population, selon une étude historique de 1993. Les retombées sont donc bien incertaines.

Pour ne rien arranger, les coûts de production sont importants. « Un tube cathodique coûtait cher à l’époque », rappelle David Winter, pour qui, dans le meilleur des cas, un exemplaire aurait coûté environ 80 dollars d’époque, soit l’équivalent de 900 euros aujourd’hui, juste à être fabriqué. Et probablement 20 % à 30 % de plus en prix public pour le consommateur.

« Vous auriez pu vous en servir comme radiateur »

Mais le problème le plus fatidique est probablement ailleurs : techniquement, le jeu est trop exigeant pour pouvoir fonctionner sans danger. « Je me rappelle qu’il m’a indiqué que certains effets étaient incommodes », relate William Brantley. Il évoque des obstacles majeurs pour un produit grand public, comme l’encombrement massif, la surchauffe, voire les risques de court-circuit. Et de préciser : « Je crois me souvenir qu’il utilisait du 110 volts, donc il y aurait eu des soucis de sécurité. »

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Thomas T. Goldsmith, lors d’une expérience de physique, dans les années 1960.

Ce ne sera pas le seul projet à l’époque à être avorté pour des raisons similaires. Quatre années plus tard, l’ingénieur américain Ralph Baer ne réussit pas non plus à convaincre son employeur, Loral, de développer un système de jeu sur télévision. « DuMont n’avait pas les épaules pour assumer cet investissement, mais je ne crois pas que qui que ce soit [à l’époque] reconnaissait le potentiel financier des jeux vidéo », explique David Weinstein.

La technologie n’est alors tout simplement pas encore prête, confiait l’inventeur de la première console effectivement commercialisée, Ralph Baer, dans un e-mail à l’auteur de l’article, deux ans avant sa mort, en 2012 : « Les premiers transistors au silicium remontent à 1954… toute console conçue avant aurait dû utiliser de 25 à 30 tubes pour le moindre jeu de raquette… et vous auriez pu vous servir de cette machine comme radiateur l’hiver », au vu de la chaleur produite. Débouchés microscopiques, prix prohibitif, sécurité incertaine, tout était réuni contre un tel projet, qui tombe dans les oubliettes de DuMont.

Resté des décennies dans l’oubli

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Thomas T. Goldsmith (à droite), au début des années 1950.

Dans les deux décennies qui suivent sa publication en 1948 au journal de l’office des brevets américains, le brevet « numéro 2 455 992 » ne fait l’objet d’une citation que dans un seul autre brevet, un très technique circuit de commande pour radar, en 1949, avant de disparaître complètement.

Le vénérable aïeul de Pikachu, FIFA, et consorts, est donc tout simplement passé inaperçu de son vivant. « Étonnamment, il n’a pas vraiment eu d’effet sur l’histoire du jeu vidéo », acquiesce Mark Wolf, auteur d’une encyclopédie du jeu vidéo. En plus d’être inexploité, le CRT Amusement Device tombe très rapidement dans l’oubli, au grand dam de son coinventeur. Jusqu’au début des années 2000, le Cathode Ray Tube Amusement Device est même parfaitement inconnu non seulement du grand public, mais également des historiens, et aurait probablement dû le rester. C’était sans compter un « Indiana Jones » français de la manette.

Auteur : William Audureau – Source : www.lemonde.fr