Cinq inventions de Léonard de Vinci qui auraient pu révolutionner l’histoire de la technologie


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Croquis de Léonard de Vinci d’une arbalète géante.

Léonard de Vinci est l’un des artistes les plus célèbres de l’histoire. Son génie ne se limitait cependant pas à l’art ; Léonard de Vinci était aussi un inventeur brillant dans les domaines de l’ingénierie civile, la chimie, l’hydrodynamique, l’optique, l’ingénierie mécanique, la pyrotechnique, l’anatomie et la physique.

Il a envisagé  de nombreuses inventions bien avant que la technologie ne les créent réellement. Nombre de ses conceptions allant de l’hélicoptère aux véhicules blindés, calculateurs, combinaisons de plongée et aux robots ne sont jamais arrivées au bout, de son vivant.  Si elles avaient été construites à son époque elles auraient pu révolutionner l’histoire de la technologie, mais il est clair que le monde n’était pas prêt pour Vinci.

Léonard de Vinci est né le 15 avril 1452 du notaire Piero de Vinci et de la paysanne Caterina à Vinci dans la région de Florence, en Italie. Léonard reçut son éducation dans le studio du célèbre peintre florentin Verrocchio. Dans sa jeunesse, beaucoup de sa vie active fut consacrée au service de Ludovico il Moro à Milan. Il a plus tard travaillé à Rome, à Bologne et à Venise, et il passa ses dernières années au service de François 1er en France dans la maison que ce dernier lui avait offert. Léonard fut de son vivant un peintre renommé. Parmi ses œuvres la Mona Lisa est son portrait le plus célèbre, et sa peinture murale de La Cène est la peinture religieuse la plus reproduite de tous les temps. Néanmoins, Léonard consacra au cours de sa vie bien plus d’heures à ses inventions, enregistra plus de 13 000 pages de notes et de croquis, dont une grande partie était inconnue avant sa mort le 2 mai 1519.

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Buste de Léonard de Vinci à l’âge mûr.

La machine volante

L’une des inventions les plus fameuses de Vinci est la machine volante, bien qu’elle consistait en fait en différents modèles, principalement basés sur le vol des chauves-souris, des cerfs-volants et des oiseaux. Ses dessins reflètent ses capacités d’observation et d’imagination, aussi bien que son désir profond de pouvoir s’envoler comme un oiseau.

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Croquis d’une machine volante envisagée par de Vinci.

L’un des dessins de Vinci consiste en un cadre en bois d’une envergure dépassant 10 mètres. Les « ailes » devaient être couvertes de soie fine pour créer une membrane légère mais robuste, comme les ailes d’une chauve-souris. Le pilote devait se plaquer contre un tableau au centre. Pour déplacer les ailes, le pilote devait tourner une manivelle déplaçant une série de nœuds et de poulies, amenant les ailes à battre. Les ailes étaient également modelées pour tourner alors qu’elles battent, démontrant l’inspiration venant de la nature chez Vinci.

Une légende rapporte que Léonard de Vinci aurait essayé la machine volante avec l’un de ses apprentis, et que l’apprenti serait tombé et se serait cassé la jambe. Il n’y a cependant pas de preuve d’un tel essai, et les experts indiquent que tandis que la machine volante aurait pu volé une fois dans les airs, une personne n’aurait jamais pu créer assez de puissance pour amener l’engin à décoller du sol.

« Le monde devrait attendre encore près de 400 ans pour qu’une machine puisse vraiment voler », indique LiveScience. « Ce n’est qu’en 1903 que les frères Wilbur et Orvilles Wright effectuèrent le premier vol réussi d’un avion motorisé. »

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L’un des croquis de machine volante de Vinci montre une ressemblance proche aux ailes d’une chauve-souris.

Le véhicule blindé

Beaucoup des inventions de Vinci tournaient autour de l’armurerie et des machines de guerre, probablement du fait qu’il recevait ses fonds du duc de Milan, responsable de la défense de Milan contre les Français. L’un des dessins de Vinci représente un véhicule blindé équipé d’armes et capable de se déplacer dans toutes les directions, que beaucoup ont qualifié de précurseur du char moderne.

« Le véhicule de Vinci a de nombreux canons légers arrangés sur une plate-forme circulaire avec des roues, lui permettant un déplacement à 360 degrés », écrit Da Vinci Inventions. « La plate-forme est couverte par une large plaque protectrice (à la manière d’une carapace de tortue), renforcée avec des plaquettes en métal, qui étaient inclinées afin de mieux dévier le feu ennemi. Il y a une tourelle de vision sur le dessus pour coordonner le feu des canons et le pilotage du véhicule. Le déplacement de la machine serait alimenté par huit hommes à l’intérieur du char qui tourneraient constamment des manivelles pour alimenter les roues. »

« Comme sa machine volante, la voiture blindée de Vinci n’a jamais été construite. Et ce n’est que 400 ans plus tard, durant la Première Guerre Mondiale, que les chars blindés sont devenus une composante des champs de bataille européens. »

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Modèle du véhicule blindé de Vinci basé sur ses croquis.

La mitrailleuse

Une autre des armes de guerre de Vinci était le pistolet à 33 canons, qui était destiné à dépasser le problème du temps de recharge trop long des canons de l’époque. Sa conception tient en trois rangées de 11 canons chacun, tous connectés à une seule plate-forme tournante. Les canons pouvaient être chargés en même temps et tirer en roulement, éliminant le délai.

« Le modèle de l’engin à 33 canons de Léonard de Vinci est généralement vu comme la base de la mitrailleuse moderne », indique Da Vinci Inventions, « Une arme n’ayant pas vraiment été développée pour un usage commercial avant le XIXe siècle. »

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Croquis du modèle du fusil à canons multiples de Vinci.

La combinaison de plongée

Alors que Léonard de Vinci travaillait à Venise, il a conçu le modèle d’une combinaison de plongée primitive, destinée à être utilisée pour détruire les vaisseaux ennemis entrant dans les eaux vénitiennes. La combinaison devait être faite en  cuir de porc traité avec de l’huile de poisson pour qu’elle soit hydrophobe. Le casque a une paire de lunettes en verre incrustée et un tube en bambou pour respirer avec des joints en cuir de porc attachés à l’arrière, connecté à un flotteur en liège et en bois. Recevant de l’air de la surface, la combinaison était conçue pour conserver de l’air dans une poche intérieure.

Une réplique a été construite pour un documentaire de la BBC se basant sur les dessins et les notes de Vinci. Lorsque les plongeurs ont essayé la combinaison, ils l’ont trouvé être un précurseur réussi à la combinaison de plongée moderne, le flotteur en liège agissant comme une chambre d’air comprimé lorsqu’il est submergé.

Ce ne sera que quelques 500 ans plus tard que le célèbre inventeur Jacques Cousteau et l’ingénieur Émile Gagnan ont inventé la combinaison de plongée moderne.

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Réplique de la combinaison de plongée de Vinci.

Le robot humanoïde

L’étude de l’anatomie humaine de Léonard de Vinci l’a mené à la conception de l’un des premiers robots humanoïdes connus de l’histoire. Ce robot, habillé dans une armure médiévale allemano-italienne, aurait été conçu vers 1495 et présentation à une fête organisée par le duc de Milan. Il a été redécouvert sous la forme de croquis dans les années 1950.

Le chevalier robotique peut se tenir debout, s’asseoir, lever sa visière, ouvrir et fermer la bouche, et manœuvrer indépendamment ses bras. Le système robotique entier était dirigé par une série de poulies, de câbles, d’engrenages internes et de manivelles à main.

En 2002, le spécialiste en robotique Mark Rosheim a construit un modèle fonctionnel du chevalier robotique de Vinci. Il s’est montré être pleinement opérationnel, comme Léonard de Vinci l’avait prédit.

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Modèle d’un robot basé sur les dessins de Léonard de Vinci.

Léonard n’a pas eu d’éducation formelle en latin, en mathématiques et en science et n’a jamais été à l’université. Cela veut dire que ses inventions ont été largement ignorées par les universitaires et les riches mécènes, et son génie est resté enfermé dans de simples croquis de ses carnets. Lorsque ces journaux ont été découverts, des analyses ont révélé que l’approche de la science de Léonard de Vinci consistait en une observation intense et en un enregistrement détaillé, ses outils d’investigation étant principalement ses yeux. De Vinci était un type de scientifique fondamentalement différent pour son temps, intégrant les arts dans sa théorisation et dans son hypothèse, amenant une approche intégrée et holistique unique de la science.

Courtoisie d’Ancient Origins : Five da Vinci inventions that could have revolutionized the history of technology

Auteur : April Holloway, Ancient Origins – Source : www.epochtimes.fr

Inventé en 1907, cet orchestre mécanique et automatique contient… 8 violons !


La compagnie Ludwig Hupfeld AG a été fondée en 1904 par Ludwig Hupfel, un créateur d’instruments de musique converti en entrepreneur. En pleine période d’industrialisation, elle s’est illustrée en inventant ce qui peut être considéré comme les premiers instruments musicaux mécaniques et automatiques.

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Parmi ceux-là, il y a le Hupfeld Phonoliszt-Violina, une pièce de collection très rare que possède notamment le musée dédié à l’inventeur, situé à Leipzig en Allemagne. Il est composé de huit violons placés en cercle à la verticale, entourés d’un archet circulaire.

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Selon la programmation indiquée sur une feuille de papier, des petits soufflets viennent simuler l’action des doigts d’un violoniste sur les cordes des violons. Le tout délivre alors un air mélodieux, surtout pour les amoureux de musique classique.

On vous propose de découvrir la vidéo de cet immense engin musical, vieil ancêtre des radioblasters et autre lecteurs MP3, inventé en 1907 :

Auteur : Jérémy B. – Source : www.demotivateur.fr

Entrepreneur, inventeur, Eugène Porion fit rimer industrie et agriculture


Il reste de la distillerie Porion, à Wardrecques, une bâtisse, seul témoin d’un passé d’un siècle où l’entreprise employait 250 personnes. Et où Eugène Porion démontrait qu’un patron peut être humain.

Distillerie_PorionC’est le seul vestige de la distillerie Porion qui eut près de 250 employés à la fin du XIX e siècle.

À Pont-Asquin, il y eut autrefois une distillerie. De cette époque ne subsiste qu’un bâtiment, qui abrita les bureaux de la Tuilerie, racheté par les Cartonneries de Gondardennes qui ont investi le site. Eugène Porion n’a que 26 ans quand il y fonde, le long du canal, un établissement agricole destiné à traiter le sucre de betterave. Deux ans plus tard, le jeune arquois met à profit son savoir, acquis à Saint-Omer, puis Boulogne et Bruxelles, pour donner de l’impulsion à son usine. Il la transforme en distillerie. Pour ce faire, il crée une fabrique de potasse brute qu’il fera évoluer en raffinerie.

C’est une aubaine pour le village et la région, donnant du travail à près de 250 personnes. L’entrepreneur imagine un évaporateur industriel, breveté en 1865 et qui prend son nom. Il invente également une méthode de fermentation, qui réduit considérablement l’apport de levure.

« Bon père de famille »

1870 voit arriver une distillerie de grains. La production annuelle est alors de 30 000 hectolitres mais grimpe à 50 000, seize ans plus tard. Eugène Porion s’intéresse à la transformation des résidus, imagine un procédé d’extraction d’huile, des résidus de la distillation de grains. Une industrie nouvelle qui lui fournit de nouveaux produits, ce qui lui permet d’accroître son emprise sur, notamment, le marché des engrais. L’usine wardrecquoise obtient de nombreux prix dans les concours agricoles, par ailleurs, ses travaux permettent d’améliorer la qualité du blé. L’industrie est alors le prolongement de l’agriculture.

Monsieur Porion était considéré comme un patron humain, aimant ses ouvriers qui le lui rendaient bien. Beaucoup d’entre eux, sur ses conseils, grâce à sa politique « de bon père de famille », vont devenir propriétaires de leur logement. Président de la société d’agriculture de Saint-Omer, il n’eut de cesse de la développer. Sa mort, en 1889 après une courte maladie, fut un coup de tonnerre. La distillerie continua son activité jusqu’en 1905, date de sa liquidation.

Auteur : Bruno Delannoy – Source : www.lavoixdunord.fr

Bergerac / Mort du co-inventeur de la confiture Bonne Maman


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Pierre Roche-Bayard, ici en 2009 devant le collège Henri IV de Bergerac

Pierre Roche-Bayard, 83 ans, avait imaginé le « packaging » de la marque de confiture du groupe Andros

Ex-directeur général et commercial du groupe Andros, le Bergeracois Pierre Roche-Bayard est décédé samedi matin à l’âge de 83 ans. Aux côté du fondateur Jean Gervozon, il aura contribué à la formidable ascension de la PME familiale de Biars-sur-Cère (46), en participant notamment au lancement de la marque de confitures Bonne Maman, en 1971.

Pierre Roche-Bayard en avait imaginé le fameux couvercle à carreaux, « comme les rideaux de la ferme familiale », dit son neveu Marc Léturgie, et rédigé de sa plus belle plume « bonne maman » sur fond blanc : « C’est lui qui l’a écrit avec son porte-plume de lycéen, l’original est encore chez lui ».

Un coup marketing hors-pair : la marque « Bonne Maman » est un leader incontesté du marché français des confitures, dont elle détient 35% selon le magazine de consommation LSA.

Retiré à Bergerac depuis la fin des années 90, Pierre Roche-Bayard avait notamment repris un petit domaine viticole familial de l’appellation Pécharmant et intégré diverses associations, de l’USB Rugby aux anciens élèves du collège Henri IV en passant par les Amis de Cyrano.

Auteur : D. B. – Source : www.sudouest.fr

16 février 1932 : le brevet du presse-purée est déposé par le futur fondateur de Moulinex


En France, le presse-purée est inventé à Bagnolet, Seine-Saint-Denis (93).

L’invention du presse-légumes date en France de 1932… et en Belgique de… 1928. Il est possible que des idées soient dans l’air et qu’elles naissent à peu près à la même période dans deux pays voisins.

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Presse-purée pour faire une purée lisse sans grumeaux

En France

16 février 1932 : le brevet du presse-purée est déposé par son inventeur, Jean Mantelet, petit industriel à Bagnolet en Seine-Saint-Denis, Ile-de-France, après avoir voulu rendre service à sa femme. Son appareil à manivelle obtient un prix au concours Lépine avant de connaître le succès. Il crée l’entreprise Moulin Légumes. Il motorise les appareils à manivelle et lance d’autres appareils électroménagers dont le moulin à café électrique sous la marque « Moulin X » qui devient Moulinex. A l’étroit à Bagnolet, il délocalise l’entreprise à Alençon en Normandie.

La production s’arrête deux ans pendant la guerre de 1942 à 1944 et elle reprend en équipant l’armée américaine. La production atteint 30.000 appareils par jour en 1951. En 1952, Moulinex vend une centaine de millions d’appareils électroménagers dans le monde.  Jean Mantelet fonde une école d’enseignement technique en 1961 pour former ses propres techniciens. Côté en bourse en 1969, Moulinex est le fabricant n°1 du petit électroménager en France et contrôlant 85 % du marché dans les années 1970. 80.000 appareils sont fabriqués par jour par environ 11.400 salariés en 1976, répartis dans 12 usines en France et aussi 11 sites à l’étranger. En 1988, Jean Mantelet cède 28 % du capital aux employés. Il disparaît en 1991. En 2001, Moulinex dépose le bilan. La marque a été rachetée par SEB.

En Belgique

Jean Mantelet n’est pas le seul à avoir inventé un presse-légumes. Dans son édition du lundi 28 janvier 1991, le journal belge Le Soir rappelle, quelques jours après le décès de Jean Mantelet, que le brevet d’invention d’une « passoire d’action rapide pour légumes et autres comestibles » date d’un arrêté ministériel belge du 31 mars 1928 :

« Le presse-purée était commercialisé en Belgique depuis 1928, grâce à Victor Simon, décédé en 1972, et Mantelet ne gagna un procès français qu’en apportant quelques modifications de détail au « passe-vite » des Établissements Simon et Denis, qui subsistèrent jusqu’à ce que, en 1978, ces établissements d’ustensiles ménagers, dont le siège était sis aux 5-6, avenue du Centenaire, à Carnières, furent déclarés en faillite » écrivait le quotidien belge.

Sources : Alençon de A à Z, Le Soir et www.paristribune.info.

Taqi al-Din, l’inventeur de la pompe à eau à 6 cylindres


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Taqi al-Din Mohammed ibn Ma’ruf al-Shami al-Asadi est un scientifique turc du Xe siècle qui a écrit de nombreux ouvrages traitant d’astronomie, d’astrologie, de mécaniques optiques et d’horloges mécaniques.

Celui qui est considéré comme l’un des grands inventeurs de pompes à eau de la civilisation ottomane-islamique a laissé derrière lui un ouvrage intitulé Kitâb al-Turuq al-saniyya fi al-alat al-ruhaniyya (livre des méthodes accomplies au sujet des machines de l’esprit). Ce livre qui s’inscrit dans la tradition mécanique arabe, décrit le fonctionnement d’un moteur à vapeur rudimentaire.

Plus de dix siècles plus tard les grandes marques de mécanique automobile s’inspirent de ses écrits pour inventer des voitures toujours plus puissantes les unes que les autres.

Le constructeur d’automobiles de luxe de sport allemand Porsche s’est directement inspiré de la description d’une horloge astronomique appelée «Huq -al – kamar» (la boite de la lune), des horloges hydrauliques, des instruments à sifflements perpétuels et des pompes hydrauliques pour construire sa nouvelle voiture la porche 911.

La 911 est l’automobile mythique de la marque qui signe l’identité de Porsche depuis 1963. Elle doit la puissance de son moteur 6 cylindres à l’invention de la pompe à 6 cylindres monobloc de Taqi al-Din.

Les éléments de cette pompe son révolutionnaires : six leviers sont mobiles autour d’un axe parallèle à l’axe de la roue hydraulique. L’une des deux extrémités de chaque levier est fixée à la boule du piston qui lui fait face , tandis que l’autre extrémité affleure une cheville. A chaque trou latéral est fixé un long tuyau. Les six tuyaux ainsi obtenus sont raccordés a un gros tuyau qui donne accès à un bassin vide .

Le fonctionnement est aussi très ingénieux : lorsque la roue hydraulique tourne, les chevilles pincent respectivement les leviers qui font soulever l’un après l’autre les pistons dans les cylindres afin que l’eau puisse être aspirée. Puis une fois que la cheville quitte l’extrémité du levier, le piston retombe dans le cylindre, sous l’action du poids de la boule, et l’eau est refoulée par l’ouverture latérale dans les tuyaux extérieures puis dans le gros tuyau.

Taqi al-Din fait partie de ces savants musulmans oubliés de l’Histoire dont l’occident reconnaît le génie pour mettre en pratique ces fabuleuses théories devenues les technologies d’aujourd’hui.

Source : www.ajib.fr

La prise de force est une invention française


C’est à Auneau, en Eure et Loir, petite bourgade située entre Paris et Chartres que fut inventé l’un des tracteurs les plus révolutionnaires de notre histoire.

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Albert Gougis, brillant professeur de faculté, reprend en 1875 l’affaire de son père et fabrique des semoirs en ligne et des épandeurs d’engrais. En 1905 et 1906, ce visionnaire se penche sur l’élaboration d’une prise de force mécanique permettant de transmettre le mouvement rotatif du moteur aux mécanismes d’une moissonneuse. Ainsi entrainée par un tracteur de type tricycle de 12 à 16 chevaux constitué de pièces automobiles, la moissonneuse fonctionne même à l’arrêt, ce qui représente à l’époque un intérêt considérable, notamment lorsque la récolte de céréales est versée. Celui-ci explique l’intérêt de son invention dans le Journal d’agriculture pratique en 1907.

« Mon tracteur a son mouvement d’avance absolument semblable à celui des autres tracteurs ou automobiles quelconques avec changement de vitesse, marche arrière, etc, mais, de son moteur part une transmission, légère (avec débrayage) qui, par le moyen de deux joints de cardan et d’une chaîne, donne le mouvement à l’arbre de la bielle qui, dans toutes les lieuses, est l’arbre central d’où est distribué le travail des autres organes : élévateur compresseur, lieur et rabatteur. La lieuse tirée par la flèche est donc une lieuse quelconque, et c’est un grand avantage sur les instruments spéciaux automobiles, car cela permet avec le même tracteur de traîner des instruments divers, ceux d’ailleurs que le cultivateur possède et, qu’il pourra toujours utiliser avant comme après avec ses chevaux. »

« A la mise en marche, on fait fonctionner d’abord les opérateurs, puis en embrayant l’avance, on obtient un départ sans à-coups et très sur. Dans un endroit difficile, on peut changer la vitesse du tracteur, et comme les opérateurs tournent toujours à leur vitesse propre, l’on passe sans autre inconvénient. Si malgré tout, il y a bourrage, on débraye l’avance entièrement (ce qui pourra se faire sur la lieuse elle-même), et la machine fonctionnant sur place se débarrasse en un clin d’œil. Si une récolte est tellement versée que l’on ne puisse aller que de trois côtés, on débraye les opérateurs, puis on fait le quatrième côté à vide en grande vitesse et sans inconvénient pour le mécanisme, car la terre est toujours très molle sous le grain versé (c’est une des raisons, d’ailleurs, qui rend fort difficile le travail des chevaux).

Afin de vérifier la justesse de ma théorie, j’ai construit un tracteur d’essai composé d’un moteur de 12 à 16 chevaux de pièces d’automobiles, puis ,j’ai pris le mouvement des opérateurs sur le moteur au moyen d’une courroie trapézoïdale (ce qui sera supprimé dans l’appareil définitif); je l’ai dirigé sur l’arbre de la scie d’une lieuse de 1,8 m, comme il a été expliqué ci-dessus, par deux joints de cardan et une chaîne, le tout par des moyens de fortune afin d’avancer le plus possible la date d’essai : la lieuse fut munie de 4 releveurs.

Le 27 juin tout étant enfin prêt, nous sommes allés dans une luzerne fort touffue, versée et mélangée ou l’on n’aurait jamais eu l’idée de faire fonctionner une lieuse attelée. Le moteur tout neuf n’était pas au point et ne produisait aucune force, ce qui m’a permis de voir dès le premier moment que mon intervention était bonne car nous avons bien fait en 20 mètres, 8 ou 10 arrêts : malgré le peu de force dont nous disposions à chaque départ, le travail se faisait très régulièrement jusqu’à ce que la force emmagasinée dans le volant étant absorbée le moteur nous laissait en panne. Le lendemain à 5 heures du matin, nous sommes repartis avec le moteur mieux réglé, et malgré la rosée nous avons très bien fonctionné.

Le mardi 12 juillet, nous faisons fonctionner l’appareil devant quelques agriculteurs afin de connaître leur opinion, et toujours dans la même prairie. En nous rendant au champ nous essuyons une forte averse, puis une autre en plein fonctionnement. Rien ne nous a arrêté, et les personnes présentes ont déclaré que le procédé appliqué était parfait, car il aurait été impossible de faire marcher dans cette récolte et par cette pluie, une lieuse attelée, et cela même par un temps très sec. Les visiteurs ont été extrêmement surpris de la façon dont la lieuse coupait en prenant sur le dos de la récolte, ce qui peut s’expliquer par la vitesse régulière de la scie et des toiles qui débarrassaient continuellement le tablier et permettaient de baisser les rabatteurs jusque sur les releveurs. Le 9 juillet je coupai un petit champ d’orge escourgeon très facile, puis le 18, du seigle très long et très mêlé, et enfin le 30, du blé versé complètement à plat.

Il est donc acquis que la moisson des récoltes difficiles est résolue, et il ne reste plus qu’à construire l’appareil définitif puis à faire les essais de rendement et de consommation. Ce sera la tâche de la moisson prochaîne ; car si au point de vue agricole je suis satisfait du résultat, il n’en est pas de même au point de vue mécanique. Je prie donc les intéressés de ne pas juger mon œuvre sur le vu d’un tracteur construit à la hâte avec des pièces de rencontre, à grands renforts de courroies, chaînes, etc, en montant sur des bandages en fer des organes destinés à être montés sur des châssis avec ressorts et pneus, destinés à faire 50 ou 60 kilomètres à l’heure, tandis qu’il s’agit de ne faire que 5 à 6 kilomètres. Cela est forcément disparate. Les études spéciales sont d’ailleurs fort avancées et j’espère bien présenter au concours de Paris de 1908, l’appareil, sinon définitif, du moins bien à point pour faire un service pratique. »

Malgré les nombreux atouts du concept, l’ingéniosité de cet inventeur n’est pas récompensée à sa juste valeur. Deux versions du tracteur Gougis ont été fabriquées mais ne rencontrent pas le succès escompté et l’un d’eux est alors confié à L’Institut National Agronomique pour réaliser des démonstrations aux élèves avant de disparaître du circuit. Après 1908, Albert Gougis ne fabriqua plus jamais de tracteurs et se cantonna à produire du matériel agricole, et notamment des semoirs et épandeurs à engrais hypotractés. En 1962, Gougis, après une carrière bien remplie et de nombreuses inventions cette fois-ci reconnues à leur juste valeur, ainsi que son concurrent Nodet fusionnent et deviennent Nodet Gougis. La gamme d’outils verte et rouge sera ensuite exclusivement produite à Montereau-Fault-Yonne, en Seine et Marne, où siège Nodet depuis la fin du XIXème siècle. Une société reprise en 1996 par l’alsacien Kuhn puis fermée en 2006 après avoir rapatrié sa production au siège de Saverne.

C’est le très influent américain Bert R. Benjamin qui propose à la McCormick Harvesting Machine Company d’équiper en 1917 un Titan 10-20 d’un mode d’entraînement similaire. Mais même sous l’égide du géant américain, il faudra attendre les années 1920 pour que l’invention d’Albert Gougis ne commence à se faire connaître et remplacer ou suppléer progressivement, et bien lentement, la traditionnelle poulie latérale utilisée pour animer des machines à poste fixe. La prise de forcée inventée par le français Gougis ne sera finalement vulgarisée qu’après les années 1950.

Auteur : Mathieu BONAVENTURE – Source : www.gtp-news.com