L’OCDE met en garde contre le ralentissement des réformes


Les réformes destinées à augmenter la productivité marquent le pas dans de nombreux pays, ce qui augmente le risque d’un ralentissement de la croissance dans certains pays industriels, a déclaré l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) vendredi.

« Le ralentissement inquiétant des réformes ayant une influence sur la productivité du travail, par exemple celles qui concernent l’innovation ou la politique de l’innovation, se révèle particulièrement préoccupant dans le contexte de l’érosion persistante des gains de productivité, qui sont essentiels à la progression des salaires et des niveaux de vie », dit l’OCDE dans son rapport annuel « Objectif Croissance ».

« Un ralentissement a été observé dans des pays qui s’étaient montrés des réformateurs particulièrement actifs au cours des deux années précédentes, comme le Mexique, la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne ou encore la Pologne, mais aussi dans plusieurs autres où, sur la même période, le rythme des réformes n’avait pas été aussi soutenu (Australie, Indonésie et Slovénie par exemple) », poursuit l’organisation.

Mais elle distribue aussi des bons points à plusieurs pays.

« L’intensité des réformes s’est en revanche accrue de manière sensible dans certains pays qui ne figuraient pas au nombre des réformateurs les plus énergiques au cours des deux années précédentes, tels que la Belgique, le Chili, la Colombie, Israël, l’Italie et la Suède mais aussi l’Autriche, le Brésil et la France », écrit-elle.

« En matière de réforme, la formule varie d’un pays à l’autre, mais on y retrouve à chaque fois des mesures visant à promouvoir le dynamisme des entreprises et la diffusion de l’innovation, à aider les travailleurs à faire face à la rotation rapide des entreprises et des emplois, et à mieux préparer les jeunes au marché du travail du futur », dit-elle. (Balazs Koranyi, Catherine Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité par Juliette Rouillon)

Source : http://fr.reuters.com

Entrepreneur, inventeur, Eugène Porion fit rimer industrie et agriculture


Il reste de la distillerie Porion, à Wardrecques, une bâtisse, seul témoin d’un passé d’un siècle où l’entreprise employait 250 personnes. Et où Eugène Porion démontrait qu’un patron peut être humain.

Distillerie_PorionC’est le seul vestige de la distillerie Porion qui eut près de 250 employés à la fin du XIX e siècle.

À Pont-Asquin, il y eut autrefois une distillerie. De cette époque ne subsiste qu’un bâtiment, qui abrita les bureaux de la Tuilerie, racheté par les Cartonneries de Gondardennes qui ont investi le site. Eugène Porion n’a que 26 ans quand il y fonde, le long du canal, un établissement agricole destiné à traiter le sucre de betterave. Deux ans plus tard, le jeune arquois met à profit son savoir, acquis à Saint-Omer, puis Boulogne et Bruxelles, pour donner de l’impulsion à son usine. Il la transforme en distillerie. Pour ce faire, il crée une fabrique de potasse brute qu’il fera évoluer en raffinerie.

C’est une aubaine pour le village et la région, donnant du travail à près de 250 personnes. L’entrepreneur imagine un évaporateur industriel, breveté en 1865 et qui prend son nom. Il invente également une méthode de fermentation, qui réduit considérablement l’apport de levure.

« Bon père de famille »

1870 voit arriver une distillerie de grains. La production annuelle est alors de 30 000 hectolitres mais grimpe à 50 000, seize ans plus tard. Eugène Porion s’intéresse à la transformation des résidus, imagine un procédé d’extraction d’huile, des résidus de la distillation de grains. Une industrie nouvelle qui lui fournit de nouveaux produits, ce qui lui permet d’accroître son emprise sur, notamment, le marché des engrais. L’usine wardrecquoise obtient de nombreux prix dans les concours agricoles, par ailleurs, ses travaux permettent d’améliorer la qualité du blé. L’industrie est alors le prolongement de l’agriculture.

Monsieur Porion était considéré comme un patron humain, aimant ses ouvriers qui le lui rendaient bien. Beaucoup d’entre eux, sur ses conseils, grâce à sa politique « de bon père de famille », vont devenir propriétaires de leur logement. Président de la société d’agriculture de Saint-Omer, il n’eut de cesse de la développer. Sa mort, en 1889 après une courte maladie, fut un coup de tonnerre. La distillerie continua son activité jusqu’en 1905, date de sa liquidation.

Auteur : Bruno Delannoy – Source : www.lavoixdunord.fr

La French Fab : vers un rayonnement mondial de l’Industrie française


Après la French Touch et la French Tech, c’est au tour de la French Fab de s’atteler à la valorisation des entreprises françaises. L’ambition ? Faire rayonner l’industrie française dans le monde, en mettant l’accent sur l’innovation et l’expertise du tissu industriel hexagonal.

A l’image de la « French Tech », l’objectif est ici de faire gagner en visibilité et notoriété les entreprises, mais aussi de communiquer autour de l’Industrie française, pour sensibiliser les acteurs sur la nécessité de développer des formations professionnelles adéquates, autour d’un « écosystème encore trop méconnu », selon Nicolas Dufourcq, Directeur Général de Bpifrance.

L’investissement en technologies de pointe, garant de qualité, et la mise en œuvre d’une stratégie centrée sur l’innovation sont donc deux leviers que vous pouvez activer. Au-delà du développement de votre activité en France, l’innovation peut faciliter l’export, à condition bien sûr, de préparer vos collaborateurs à la culture de l’export.

En témoigne la réussite à l’export de la PME Socomore. Grâce à la mise en œuvre d’une stratégie appropriée, le chiffre d’affaires de l’entreprise à l’international a récemment atteint 50%. D’origine Vannetaise, spécialisée dans les produits de traitement de surface pour l’aéronautique, Socomore a installé 3/4 de ses usines à l’étranger. « Nous avons opté pour le choix d’être des ultra-spécialistes mondiaux au lieu d’être des généralistes mondiaux », déclare Frédéric Lescure, président de Socomore. Cette réussite internationale s’explique effectivement par une stratégie centrée sur l’hyperspécialisation technique et l’innovation. Socomore dédie 5% de son chiffre d’affaires à la R&D, et vient de débloquer 5 millions d’euros pour doubler la surface de son centre R&D situé à Vannes. Un tel développement international a nécessité la diffusion d’une culture de l’export. Les collaborateurs ont reçu une formation en anglais, et ont bénéficié des absorptions d’entreprises à l’étranger pour assimiler de nouveaux savoir-faire et outils.

La « French Fab » a encouragé de nombreuses PME à penser au-delà des frontières françaises. Gris Découpage, une PME familiale spécialisée dans la fabrication de pièces de fixation et composants mécaniques en grandes séries pour les géants de l’automobile a reçu le Prix de la Pépite à l’Export en 2015. Si Gris Découpage réalise aujourd’hui 60% de son chiffre d’affaires à l’export, c’est aussi grâce à l’accompagnement de Bpifrance. « Nous avons été agréablement surpris par l’aide apportée par Bpifrance. Nous y avons trouvé un soutien financier mais surtout des réponses à la problématique de l’entreprise liée à l’opérationnel. On est dans le concret », explique Céline Gris, Directrice Générale de l’entreprise.

Professionnels de l’Industrie, vous souhaitez vous lancer à l’export ? Renseignez-vous sur le site de Bpifrance.

Auteur : Laurane Tabouret – Source : lentreprise.lexpress.fr

Canada / Les nouveaux «innogénieurs»


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« Une idée n’est pas une invention, une invention n’est pas un produit, un produit n’est pas une entreprise, rappelle Gilles Patry, pdg de la Fondation canadienne pour l’innovation.

Tout le profil de Julie Charron-Latour est tourné vers l’innovation. Cette jeune femme, en voie de terminer un doctorat en génie industriel à Polytechnique, vient de lancer son entreprise informatique, Bambou Space, qui met en marché un logiciel renforçant et formalisant l’amélioration continue en entreprise.

«Notre premier produit, Bottom-Up Solution, permet de capter les idées des employés et d’en faire le suivi jusqu’à leur implantation. On dit à nos clients qu’on est à un clic d’une idée implantée.»

On connaît les logiciels de flux de travail (workflow) qui formalisent et supervisent les flux d’échanges de documents dans les bureaux. Voici un équivalent, mais avec une différence majeure : Bottom-Up Solution formalise un processus ouvert de créativité et de transformation de l’entreprise.

Ce logiciel a été mis au point avec l’aide de Samuel Bassetto, un professeur de Polytechnique qui promeut systématiquement auprès de ses étudiants «le lancement de start-up soutenues par des idées scientifiques», fait ressortir Mme Charron-Latour.

Julie Charron-Latour et Samuel Bassetto appartiennent vraiment au monde des «innogénieurs». En effet, l’innovation réside au cœur de nos systèmes économiques et l’ingénieur y occupe une place de choix.

Génie à la fine pointe

Évidemment, l’ingénieur joue un rôle innovant dans l’économie plus traditionnelle de la production manufacturière, par exemple, ou de la production électrique. Chose moins connue, il est partie prenante de tous les développements les plus avancés des technologies de pointe : intelligence artificielle, nouveaux matériaux, robotique, technologies médicales, fintechs.

«Une idée n’est pas une invention, une invention n’est pas un produit, un produit n’est pas une entreprise, affirme Gilles Patry, pdg de la Fondation canadienne pour l’innovation, lui-même ingénieur. On trouve des ingénieurs dans les trois phases, car ils sont bien formés pour réaliser chaque étape.»

Certes, l’ingénieur est polyvalent, mais il apporte aussi une marque bien distinctive : «Son génie propre est de rendre les idées réalisables», ajoute M. Patry. Le développement du LabPET à l’Université de Sherbrooke en est une illustration éloquente. Ce tomographe par émission de positrons permet de réaliser en une seule passe une image 3D d’un organe avec une résolution que la théorie jugeait inatteignable. Aujourd’hui, on trouve le LabPET dans les plus grands labos d’imagerie moléculaire du monde.

L’idée du tomographe avait germé dans l’esprit de Roger Lecomte, professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke, mais elle n’a pu voir le jour qu’avec le concours de Réjean Fontaine, professeur de génie électrique et informatique à la même université. C’est grâce au développement de détecteurs à base de photodiodes à avalanche, une première en ingénierie, que l’idée du Pr Lecomte a pris la forme d’un outil concret.

Le processus qui voit une idée devenir une technologie prévaut aussi au Centre d’optique, photonique et laser (COPL) de l’Université Laval. Ici, tout se trame entre physiciens et ingénieurs. «Les physiciens comprennent les phénomènes de la matière et leurs transformations, les liens entre la lumière et la matière, la façon dont la matière est excitée par la lumière», explique Diane Déziel, responsable des communications pour le COPL.

«L’ingénieur intervient surtout dans l’instrumentation et dans les moyens à prendre pour en arriver à un système. Il détient la connaissance des outils pour les rendre utilisables par les chercheurs eux-mêmes.»

Génie omniprésent

On ferait erreur si on croyait que l’ingénieur se confine au rôle d’apprenti-sorcier actif à la lisière des disciplines fondamentales pour mettre au monde les théories des scientifiques. L’ingénieur est lui-même créateur d’innovations souvent majeures, comme nous le démontrent Julie Charron-Latour et Samuel Bassetto.

Évidemment, l’ingénieur innovant ne loge pas seulement aux avant-postes les plus spectaculaires de la technologie. On le trouve dans une foule de positions, moins visibles peut-être, mais non moins nécessaires. Chez GCM Consultants, par exemple, firme qui abrite 200 ingénieurs consultants.

Active dans tous les domaines classiques du génie (civil, mécanique, électrique, chimique, automatisation), GCM s’enorgueillit plus particulièrement de faire connaître à ses grands clients industriels les technologies vertes et de les amener à les implanter. «Ils sont de grands consommateurs d’énergie et de matières premières et produisent beaucoup de rejets», explique François Roberge, directeur, environnement chez GCM. «On les engage dans des démarches d’amélioration continue pour perfectionner leur procédés et réduire leurs coûts de production tout en atténuant leur empreinte environnementale.»

Les améliorations mises en place prennent mille et une formes : utiliser le butane, rejet d’un processus, comme carburant d’un autre ; récupérer la chaleur d’une machine pour préchauffer un four industriel, en réduisant ainsi la consommation énergétique. Accumulées, toutes ces innovations permettent aux clients de demeurer compétitifs dans la grande joute économique d’aujourd’hui.

L’innovation est au centre de la compétitivité de notre économie. Et l’ingénieur réside au cœur de l’innovation. Présent dans tous les secteurs traditionnels de l’économie, il s’affaire aussi à la plus fine pointe des technologies, en intelligence artificielle, en nouveaux matériaux et en biophotonique. Ce dossier en rend compte.

Auteur : Yan Barcelo – Source : www.lesaffaires.com

Comment rémunérer les inventions de salariés ?


Les avocats de CMS Bureau Francis Lefebvre, Marie-Pierre Schramm, Avocat associé en droit social, et Anne-Laure Villedieu, Avocat associé en droit de la propriété intellectuelle, apportent un éclairage sur ce que dit vraiment la loi en matière de rémunérations des salariés « inventeurs ».

Dans la continuité de son étude menée en 2008, l’INPI a publié au mois d’octobre 2016 une seconde étude « La Rémunération des Inventions de Salariés, Pratiques en vigueur en France« , consacrée à l’analyse des rémunérations des inventions de salariés. Les résultats essentiels de cette enquête démontrent qu’un inventeur salarié reçoit en moyenne un montant forfaitaire de 2.200 euros par invention, ce montant pouvant atteindre 11.000 euros selon le mode de calcul retenu.

Comment interpréter la loi

On retiendra que 60 % des entreprises mettent en place un système de primes forfaitaires, et que près de 40 % conçoivent un système qui comprend à la fois le versement d’une telle prime et une rétribution liée à l’exploitation de l’invention. Néanmoins, dans le calcul de cette rémunération, les entreprises rencontrent des difficultés d’interprétation de la loi ainsi que d’organisation et de suivi du système.

Pour mémoire, il sera rappelé que l’article L. 611-7 du Code de la propriété intellectuelle prévoit que les inventions dites de « mission » c’est-à-dire celles « faites par le salarié dans l’exécution soit d’un contrat de travail comportant une mission inventive qui correspond à ses fonctions effectives, soit d’études et de recherches qui lui sont explicitement confiées » appartiennent à l’employeur.

Et il est établi à la charge de l’employeur une obligation de verser une rémunération supplémentaire dès lors qu’un employé est à l’origine, seul ou en commun, de la réalisation d’une invention de mission brevetable.

L’article pré-cité précise uniquement que les modalités de cette rémunération sont déterminées en fonction des conventions collectives, des accords d’entreprise ainsi que des contrats individuels de travail.

La jurisprudence ajoute que peuvent notamment être pris en considération le salaire de l’inventeur, l’intérêt économique de l’invention ainsi que les efforts déployés par le salarié pour réaliser l’invention.

Les questions à se poser

Sur la base des principes ci-dessus, il convient tout d’abord de s’interroger sur le point de savoir si l’invention du salarié répond ou non à la qualification d’une invention de mission. Tel sera le cas lorsque :

  • le contrat de travail du salarié comporte une mission inventive ;
  • l’invention a été réalisée dans le cadre de l’exécution de son contrat de travail.

Dans cette hypothèse, l’employeur a alors l’obligation de verser au salarié une rémunération supplémentaire.

En cas d’exploitation commerciale significative de l’invention, il n’est pas exclu que le salarié sollicite le versement de sommes additionnelles, afin qu’il soit tenu compte de l’intérêt économique – révélé dans un second temps – de l’invention. Notons que tout litige relatif au classement de l’invention ou à la rémunération afférente (assez rare en pratique) relève de la commission paritaire de conciliation créée auprès de l’INPI.

Il est en tout état de cause recommandé de prendre certaines mesures annexes et notamment de faire souscrire à l’employé une obligation de confidentialité, ainsi que d’obtenir son engagement d’apporter son concours, en particulier à l’employeur, pour déposer, protéger, maintenir, opposer et défendre le droit de propriété intellectuelle dans toute procédure ainsi que dans tout acte de disposition et de gestion du titre.

En principe, en droit français, seuls les déposants sont chargés d’accomplir de tels actes. Toutefois, dans certains territoires (par exemple aux États-Unis), les offices de propriété intellectuelle peuvent exiger la signature des inventeurs concernés pour l’accomplissement de formalités, telles que l’inscription d’une cession.

Auteurs :  Marie-Pierre Schramm, Avocat associé en droit social et Anne-Laure Villedieu, Avocat associé en droit de la propriété intellectuelle, CMS Bureau Francis Lefebvre – Source : www.usine-digitale.fr

Maroc / L’OMPIC a connu un net regain d’activité en 2016


Les enregistrements de marques ont progressé de 7% et les dépôts de brevets d’invention de 21%. Les intentions de création d’entreprise en hausse de 10%. L’office veut renforcer les compétences de ses ressources humaines et améliorer ses services grâce à sa nouvelle Vision 2020.

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L’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC) clôture l’année 2016 sur un bilan positif qui prouve aussi que les entreprises et porteurs de projets tentent vaille que vaille de résister au marasme. A preuve, les demandes d’enregistrement de marques ont enregistré une évolution de 7%, à 12 847. Cette évolution a été portée par la hausse de 17% des demandes d’enregistrement d’origine marocaine qui représentent 56% du total des enregistrements de l’exercice écoulé. Les demandes de renouvellement de marques nationales ont également enregistré une progression de l’ordre de 5%. L’exercice a d’ailleurs été marqué par «le renouvellement de 30% des marques enregistrées en 2006», souligne l’office. Cette dynamique a permis au Maroc d’occuper la 42e place mondiale dans le domaine selon l’édition 2016 des indicateurs mondiaux de la propriété industrielle de l’Office mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI).

Les enregistrements de dessins et modèles industriels ont enregistré quant à eux une légère progression de 2%. Ce sont 6 378 dessins et modèles industriels qui ont été enregistrés en 2016. Les demandes d’origine marocaine sont en hausse de 5%. Les demandes de renouvellement d’origine marocaine ont aussi progressé de 12%. Le Maroc a ainsi été classé 16e pays en matière d’enregistrement des dessins et modèles industriels.

En matière de brevets d’invention, les dépôts totalisent 1 240 contre 1 021 en 2015, soit une amélioration de 21%. En revanche, la part des dépôts d’origine marocaine reste très timide puisqu’ils ne représentent que 19% du total des dépôts (237). Ils ont augmenté de 6% contre 26% pour les dépôts d’origine étrangère (1003). De son coté, l’OMPIC a procédé à la publication de 1 194 demandes de brevet d’invention dont 306 d’origine marocaine. Il a également délivré 207 brevets d’invention d’origine étrangère et 99 brevets d’invention d’origine marocaine.

En matière de noms commerciaux, le bilan 2016 de l’office révèle que les enregistrements relatifs aux intentions de création d’entreprises ont progressé de 10%, à 72299. Sur ce total, les dénominations représentent 88% et ont progressé de 10%. Les enseignes, quant à elles, ont affiché une hausse de 4%.

Les créations d’entreprises restent concentrées sur l’axe Rabat-Casablanca

En outre, l’année dernière, 39 896 entreprises personnes morales ont été créées contre 36 825 en 2015, soit 8% de plus. Près du tiers de ces structures opèrent dans le secteur commercial. Les secteurs du BTP et services ont représenté respectivement 24% et 20% des créations. Plus de la moitié de ces entreprises ont été créées dans l’axe Casablanca- Rabat. Les entreprises personnes physiques ont aussi enregistré une progression, le nombre de créations étant passé de 32 677 en 2015 à 34 911 en 2016. Selon l’OMPIC, 59% de ces entreprises opèrent dans le secteur commercial. Près de 40% de ces nouvelles structures ont été créées dans les régions de l’Oriental et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. Cette dynamique en matière de création d’entreprise a augmenté la charge de travail au niveau de l’office qui a dû produire plus de 244 000 documents (statuts, PV, modèles de création et de modification) relatifs aux inscriptions effectuées en 2016. Le nombre des états de synthèse centralisés au niveau de l’office reste ainsi en constante évolution avec une moyenne annuelle de 8%.

Refonte de la plateforme des services en ligne

Pour améliorer ses services, l’office a dressé une stratégie pour les quatre années à venir, intitulée «Vision OPMIC 2020». Objectif : apporter le support nécessaire aux entreprises pour la protection de leur création et pour la stimulation de la créativité, de l’innovation et de l’investissement. S’y ajoute l’orientation des services vers les besoins des clients en termes de qualité, de délai et de coût.

L’office aspire clairement à être un établissement moderne et de référence sur le plan régional, reconnu aux niveaux national et international. A ce titre, il envisage de développer les ressources humaines et renforcer davantage leur contribution dans toutes les étapes de mise en œuvre de la stratégie 2016-2020. A cet effet, l’accent sera mis sur la formation continue au sein de l’Académie marocaine de la propriété intellectuelle et commerciale (AMAPIC).

Plusieurs actions sont prévues dans ce sens dont principalement le renforcement du cursus de certification d’Animateur en propriété industrielle et de la formation en ligne. Durant les quatre prochaines années, l’OMPIC veut aussi développer ses nouveaux e-services. A cet effet, il procédera à la refonte technique et fonctionnelle de la plateforme des services en ligne Directinfo. Une application mobile Directinfo sera également réalisée. Ce service permettra le suivi des formalités des demandes de certificats négatifs et la consultation des informations légales sur les entreprises. Le baromètre de la propriété industrielle et commerciale, outil décisionnel permettant la consultation de données statistiques sur les créations et les radiations des entreprises ainsi que les indicateurs sur l’activité relative à la protection de la propriété industrielle, sera également renforcé. Il en est de même pour le service de e-réclamation permettant de recevoir et gérer les réclamations des usagers des services certificat négatif et marque ainsi que les services en ligne et identifiant commun de l’entreprise (ICE) qui sera aussi développé.

Auteur : Imane Trari – Source : lavieeco.com

Quels risques pour les entreprises face à l’essor de l’impression 3D ?


Il n’est pas si éloigné le temps où il sera pour une marque de publier le plan numérique d’un produit sur une plate-forme web ; par exemple le plan d’une pièce détachée automobile que le client n’aura qu’à choisir. Puis il sélectionnera un fabricant et se fera expédier directement la pièce. Ce n’est là qu’un exemple des formidables possibilités qu’offrira à l’avenir le monde de l’impression en trois dimensions (3D).

Mais ces opportunités peuvent rapidement se transformer en menaces si les marques ne prennent pas conscience des effets que l’impression 3D peut avoir sur leurs droits de propriété intellectuelle. Les entreprises doivent dès à présent déterminer les répercussions de l’impression 3D et les risques réels qu’elle représente à travers le vol de propriété intellectuelle et autres abus.

L’impression 3D ouvre de nouveaux horizons

Également appelée fabrication additive ou prototypage rapide, l’impression 3D englobe sept procédés industriels différents et paraît appelée à transformer entièrement les processus traditionnels de fabrication dans de nombreux secteurs clés. Des produits qui sont fabriqués depuis longtemps par des méthodes telles que l’injection dans des moules ou l’estampage de métal peuvent désormais être obtenus par le dépôt de couches successives de matière suivant un plan numérique 3D créé dans un logiciel. Nous ne sommes qu’au tout début d’une ère où il sera possible de produire des formes complexes et détaillées au moyen de systèmes relativement bon marché et simples d’utilisation, y compris par des particuliers à domicile.

L’impression 3D pourrait avoir un impact considérable sur les entreprises. De fait, selon l’étude Wohlers Report 2016, le secteur mondial de l’impression 3D a généré 5,2 milliards de dollars en 2015 (+70%) et pourrait atteindre 26,5 milliards de dollars en 2021. Sa croissance initiale devrait être alimentée par la disponibilité de modèles grand public bon marché d’imprimantes et de scanners 3D, éliminant la nécessité de logiciels spécialisés ou de compétences en design pour la création de fichiers prêts à imprimer.

Pour autant, la nature même de cette technologie révolutionnaire, qui permet de créer et de copier des objets tridimensionnels, soulève des questions sur les éventuelles infractions à des marques déposées, droits de reproduction, brevets, conceptions et droits à l’image. Les risques sont bien réels pour les entreprises. Tandis que des analystes ont publié des prévisions optimistes sur les retombées financières de cette tendance en plein essor, le cabinet Gartner estime pour sa part à 100 milliards de dollars en 2018 les pertes annuelles causées en matière de propriété intellectuelle par l’impression 3D.

Quelles sont les menaces liées à l’essor de 3D ?

Les principaux risques sont liés à l’émergence de lieux tendance comme des « maker espaces » ou encore « Fab Lab », qui consistent à mettre à la disposition des consommateurs des ateliers où ils peuvent dessiner leurs objets puis les faire imprimer sur place ; encore des sites Internet où ils ont la possibilité d’envoyer leurs fichiers 3D pour impression. Il existe par ailleurs divers sites de partage de fichiers, souvent sous le couvert de l’anonymat, permettant aux utilisateurs de s’échanger des contenus numériques, notamment des fichiers pour imprimante 3D.

Les entreprises les plus menacées sont celles dont les produits présentent une marque ou un habillage bien connu. Par exemple, un utilisateur peut « imprimer » un accessoire pour mobile portant le logo de l’appareil auquel il est destiné, une pratique de plus en plus courante dans les ateliers et sur les sites d’impression 3D. Les fabricants doivent se préparer à la perspective de voir apparaître des objets arborant leur marque mais n’égalant pas le niveau de qualité du produit authentique, au risque d’entacher la réputation de la marque et d’entamer la confiance des consommateurs dans la qualité de ses produits.

Ces exemples ne sont peut-être que la partie visible de l’iceberg sur les risques potentiels de l’impression 3D. Parmi les autres droits de propriété intellectuelle mis en péril, intentionnellement ou non, figurent des produits soumis à un copyright ou une licence et relativement faciles à copier, les objets dont le principe de fonctionnement ou le design est protégé par brevet et pourrait être dupliqué sans autorisation ; voire le droit à l’image des célébrités en cas de représentation tridimensionnelle de leur personne.

Quelle protection mettre en place ?

Face à un tel éventail de menaces se profilant sur le paysage de l’impression 3D, la question demeure : comment les entreprises peuvent-elles s’en protéger ? La première étape fondamentale est la compréhension des véritables capacités offerte par cette technologie. L’impression 3D est apparue à la fin des années 80 mais ce n’est qu’avec les récents progrès rapides de la technologie qu’elle est devenue plus accessible et abordable pour une utilisation au quotidien par des particuliers. Le prix des machines s’échelonne de 5000 à 5 millions de dollars. Les modèles haut de gamme offrent un niveau de sophistication et de fonctionnalités sans précédent dont les entreprises doivent prendre pleinement conscience pour en mesurer l’impact.

Pour commencer, les entreprises peuvent dédier une équipe à la veille et l’exploration des principaux aspects de l’impression 3D afin de savoir comment celle-ci peut être utile ou, au contraire, nuire potentiellement à l’entreprise, et comment elle peut s’ancrer plus profondément dans le secteur. Dans un deuxième temps, nous conseillons de rechercher sur les espaces en ligne, de cas d’infractions telles que des utilisations illicites de marques voire des contrefaçons. Cependant, il peut se révéler difficile de faire respecter les droits des marques, en particulier si les faussaires se servent d’imprimantes 3D miniatures.

Une autre solution peut être de cibler les autres parties impliquées, par exemple les responsables de l’envoi sur des sites d’échange de fichiers 3D permettant de créer des produits contrefaits. Enfin, les marques peuvent même être tentées de s’attaquer directement aux fabricants d’imprimantes 3D mais il leur faudrait alors produire les preuves d’un encouragement ou d’une incitation à la contrefaçon.

Que tirer des nouveaux modèles économiques ?

Une approche plus proactive consisterait pour les entreprises à voir dans l’impression 3D une opportunité d’adopter de nouveaux modèles de distribution et de nouvelles stratégies d’engagement. Par exemple, une marque pourrait très bien proposer des fichiers de conception authentiques et agréés, afin que les consommateurs les impriment eux-mêmes sur leur propre imprimante 3D, et mettre des plans numériques à disposition sur une plate-forme web. Certaines des plus grandes marques mondiales ont d’ores et déjà lancé leur stratégie d’impression 3D. En cas de réussite, elles serviront d’exemples à d’autres marques qui franchiront le pas avec leurs propres modèles innovants de marketing et de distribution.

Face aux formidables opportunités que la révolution de l’impression 3D peut offrir aux marketeurs comme aux utilisateurs, il existe pourtant un profond impact sur les marques, dont les produits protégés par des droits de propriété intellectuelle ou autres peuvent être reproduits et distribués sans autorisation. Les marques doivent en avoir conscience et se préparer à ce bouleversement technologique en élaborant une stratégie qui les protège contre les risques de l’impression 3D, tout en mettant à profit les opportunités qu’elle présente. L’économie semble se rapprocher encore un peu plus d’un monde en self-service où les consommateurs pourraient en toute simplicité « imprimer » leurs propres produits et où seules survivront et prospéreront les marques pleinement préparées à l’impact de impression 3D et capables de s’y adapter.

Auteur : Ronda Majure, Vice Président de Compumark, une marque de Clarivate Analytics. – Source : www.economiematin.fr