Faut-il taxer les robots ?


La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd’hui, faut-il taxer les robots ?

Taxer les robots. Cette idée lancée par Benoît Hamon, et cautionnée par Bill Gates, est loin de faire l’unanimité. Elle a pourtant sa logique et mérite qu’on s’y attarde, afin de comprendre d’abord le jeu d’hypothèse qui fonde sa pertinence…. Puis, le cas échéant, sa faisabilité.

Tout repose sur l’hypothèse de substitution sans déversement

Le raisonnement paraît imparable à la base. Puisque le robot se substitue à vitesse accélérée à l’homme, aussi bien pour les tâches physiques qu’intellectuelles, la part des revenus du capital va s’accroître dans la richesse nationale. Et c’est sur cette composante en croissance qu’il faut asseoir nos cotisations demain, si l’on veut continuer à financer la protection sociale et irriguer le circuit de la consommation. Sinon, cette rente technologique va être captée par une poignée de détenteurs de capitaux, qui la sous-consommeront.

Hypothèse forte, donc, le robot se substitue à l’homme, et atrophie la quantité de travail mobilisée par les économies.  C’est sur cette hypothèse de substitution que tout repose. Et plus que cela, de substitution sans déversement sur de nouveaux métiers. Or, on le sait, le sujet est débattu.

Ce qui se dessine tend à valider cette hypothèse

Pour certains, cette révolution est d’un ordre particulier. Si l’on prend une acception large du robot, en y intégrant les robots industriels, l’imprimante 3D, les machines intelligentes et autonomes, mais aussi tout ce qui relève de l’intelligence artificielle (tous ces algorithmes qui prennent en charge les capacités cognitives de l’individu), un volume considérable d’emploi est voué à disparaître, sans véritable relève : les chauffeurs, les emplois de maintenance, la plupart des métiers administratifs ou de contrôle, etc. Et même si l’on sait que le numérique crée aussi son lot de logisticiens, d’informaticiens etc., difficile d’entrevoir aujourd’hui un jeu à somme nul ou positif de destruction-créatrice.

Quant aux emplois traditionnels de déversement, dans les services à la personne notamment, ils sont eux-mêmes susceptibles d’être demain automatisés. Et ce qui se dessine sous nos yeux semble plutôt donner raison aux tenants de cette version 1/ La part des revenus du capital tend plutôt à augmenter dans nos économies développées. 2/ les emplois de déversement demeurent mais tendent à se dégrader. Leur faible capacité contributive complique le financement de la protection sociale et promet de nouvelles poches de pauvreté, notamment au moment de la retraite.

Un pari sur le sens de l’histoire

Il n’en reste pas moins que les raisons qui peuvent expliquer la déformation de la valeur ajoutée en faveur du capital sont multiples. Et qu’une erreur d’interprétation peut être fatale. Nombre d’économistes continuent à penser que cette révolution ne diffère pas des précédentes. Elle génère des gains de productivité dans les secteurs qui s’automatisent, participe à la baisse des prix et libère du pouvoir d’achat, ce qui permet un redéploiement de la demande et de l’emploi vers de nouveaux services. Dans ce cas, taxer les robots ralentit les gains de productivité et le redéploiement des activités vers de nouveaux métiers. Robotisation et emploi sont pris dans une relation de complémentarité. Freiner l’un, c’est freiner l’autre.

Taxer les robots, c’est un pari, en somme, sur le sens de l’histoire.

Mais quelle assiette ? Quelle base de calcul ?

S’ajoute ensuite la question de la faisabilité. Car ce n’est pas tout d’avoir raison sur le fond. Il faut savoir aussi mettre en œuvre cette idée. Avec plusieurs niveaux de difficulté.

D’abord celle de l’assiette. Que met-on sous l’appellation contrôlée robot ? S’il ne s’agit que des robots industriels, on passe à côté de l’essentiel : des ordinateurs, des logiciels, des algorithmes, de toutes les formes de machines intelligentes qui prennent la relève de l’homme.

Faut-il ensuite taxer les robots en tant que tel ? Problème, leur prix ne cesse de décroître. Ou bien les revenus qu’ils génèrent ? Mais comment les individualiser dans une économie en réseau, où tous les facteurs sont interdépendants ? Adosser les cotisations à la valeur ajoutée, de sorte à rétablir une neutralité entre tous les facteurs de production, paraît de ce point de vue la piste la plus prometteuse et celle qui de surcroît limite les risques d’optimisation et d’évasion fiscale.

Et reste enfin la sempiternelle question : comment conduire aujourd’hui une réforme, même pertinente dans ses principes, dans un seul pays. La concurrence est là. La France est plutôt moins bien dotée que d’autres pays en robots. Peut-elle seule orienter le fil de l’histoire, sans s’exposer à de redoutables problèmes de compétitivité et d’attractivité ?

Bref, l’idée est peut-être bonne, mais elle a besoin d’une expérimentation dans un pays déjà richement doté en robots, et à la démographie déclinante… Le Japon, plutôt que la France en somme.

>> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

Auteur : Olivier Passet, Xerfi – Source : www.latribune.fr

Quels risques pour les entreprises face à l’essor de l’impression 3D ?


Il n’est pas si éloigné le temps où il sera pour une marque de publier le plan numérique d’un produit sur une plate-forme web ; par exemple le plan d’une pièce détachée automobile que le client n’aura qu’à choisir. Puis il sélectionnera un fabricant et se fera expédier directement la pièce. Ce n’est là qu’un exemple des formidables possibilités qu’offrira à l’avenir le monde de l’impression en trois dimensions (3D).

Mais ces opportunités peuvent rapidement se transformer en menaces si les marques ne prennent pas conscience des effets que l’impression 3D peut avoir sur leurs droits de propriété intellectuelle. Les entreprises doivent dès à présent déterminer les répercussions de l’impression 3D et les risques réels qu’elle représente à travers le vol de propriété intellectuelle et autres abus.

L’impression 3D ouvre de nouveaux horizons

Également appelée fabrication additive ou prototypage rapide, l’impression 3D englobe sept procédés industriels différents et paraît appelée à transformer entièrement les processus traditionnels de fabrication dans de nombreux secteurs clés. Des produits qui sont fabriqués depuis longtemps par des méthodes telles que l’injection dans des moules ou l’estampage de métal peuvent désormais être obtenus par le dépôt de couches successives de matière suivant un plan numérique 3D créé dans un logiciel. Nous ne sommes qu’au tout début d’une ère où il sera possible de produire des formes complexes et détaillées au moyen de systèmes relativement bon marché et simples d’utilisation, y compris par des particuliers à domicile.

L’impression 3D pourrait avoir un impact considérable sur les entreprises. De fait, selon l’étude Wohlers Report 2016, le secteur mondial de l’impression 3D a généré 5,2 milliards de dollars en 2015 (+70%) et pourrait atteindre 26,5 milliards de dollars en 2021. Sa croissance initiale devrait être alimentée par la disponibilité de modèles grand public bon marché d’imprimantes et de scanners 3D, éliminant la nécessité de logiciels spécialisés ou de compétences en design pour la création de fichiers prêts à imprimer.

Pour autant, la nature même de cette technologie révolutionnaire, qui permet de créer et de copier des objets tridimensionnels, soulève des questions sur les éventuelles infractions à des marques déposées, droits de reproduction, brevets, conceptions et droits à l’image. Les risques sont bien réels pour les entreprises. Tandis que des analystes ont publié des prévisions optimistes sur les retombées financières de cette tendance en plein essor, le cabinet Gartner estime pour sa part à 100 milliards de dollars en 2018 les pertes annuelles causées en matière de propriété intellectuelle par l’impression 3D.

Quelles sont les menaces liées à l’essor de 3D ?

Les principaux risques sont liés à l’émergence de lieux tendance comme des « maker espaces » ou encore « Fab Lab », qui consistent à mettre à la disposition des consommateurs des ateliers où ils peuvent dessiner leurs objets puis les faire imprimer sur place ; encore des sites Internet où ils ont la possibilité d’envoyer leurs fichiers 3D pour impression. Il existe par ailleurs divers sites de partage de fichiers, souvent sous le couvert de l’anonymat, permettant aux utilisateurs de s’échanger des contenus numériques, notamment des fichiers pour imprimante 3D.

Les entreprises les plus menacées sont celles dont les produits présentent une marque ou un habillage bien connu. Par exemple, un utilisateur peut « imprimer » un accessoire pour mobile portant le logo de l’appareil auquel il est destiné, une pratique de plus en plus courante dans les ateliers et sur les sites d’impression 3D. Les fabricants doivent se préparer à la perspective de voir apparaître des objets arborant leur marque mais n’égalant pas le niveau de qualité du produit authentique, au risque d’entacher la réputation de la marque et d’entamer la confiance des consommateurs dans la qualité de ses produits.

Ces exemples ne sont peut-être que la partie visible de l’iceberg sur les risques potentiels de l’impression 3D. Parmi les autres droits de propriété intellectuelle mis en péril, intentionnellement ou non, figurent des produits soumis à un copyright ou une licence et relativement faciles à copier, les objets dont le principe de fonctionnement ou le design est protégé par brevet et pourrait être dupliqué sans autorisation ; voire le droit à l’image des célébrités en cas de représentation tridimensionnelle de leur personne.

Quelle protection mettre en place ?

Face à un tel éventail de menaces se profilant sur le paysage de l’impression 3D, la question demeure : comment les entreprises peuvent-elles s’en protéger ? La première étape fondamentale est la compréhension des véritables capacités offerte par cette technologie. L’impression 3D est apparue à la fin des années 80 mais ce n’est qu’avec les récents progrès rapides de la technologie qu’elle est devenue plus accessible et abordable pour une utilisation au quotidien par des particuliers. Le prix des machines s’échelonne de 5000 à 5 millions de dollars. Les modèles haut de gamme offrent un niveau de sophistication et de fonctionnalités sans précédent dont les entreprises doivent prendre pleinement conscience pour en mesurer l’impact.

Pour commencer, les entreprises peuvent dédier une équipe à la veille et l’exploration des principaux aspects de l’impression 3D afin de savoir comment celle-ci peut être utile ou, au contraire, nuire potentiellement à l’entreprise, et comment elle peut s’ancrer plus profondément dans le secteur. Dans un deuxième temps, nous conseillons de rechercher sur les espaces en ligne, de cas d’infractions telles que des utilisations illicites de marques voire des contrefaçons. Cependant, il peut se révéler difficile de faire respecter les droits des marques, en particulier si les faussaires se servent d’imprimantes 3D miniatures.

Une autre solution peut être de cibler les autres parties impliquées, par exemple les responsables de l’envoi sur des sites d’échange de fichiers 3D permettant de créer des produits contrefaits. Enfin, les marques peuvent même être tentées de s’attaquer directement aux fabricants d’imprimantes 3D mais il leur faudrait alors produire les preuves d’un encouragement ou d’une incitation à la contrefaçon.

Que tirer des nouveaux modèles économiques ?

Une approche plus proactive consisterait pour les entreprises à voir dans l’impression 3D une opportunité d’adopter de nouveaux modèles de distribution et de nouvelles stratégies d’engagement. Par exemple, une marque pourrait très bien proposer des fichiers de conception authentiques et agréés, afin que les consommateurs les impriment eux-mêmes sur leur propre imprimante 3D, et mettre des plans numériques à disposition sur une plate-forme web. Certaines des plus grandes marques mondiales ont d’ores et déjà lancé leur stratégie d’impression 3D. En cas de réussite, elles serviront d’exemples à d’autres marques qui franchiront le pas avec leurs propres modèles innovants de marketing et de distribution.

Face aux formidables opportunités que la révolution de l’impression 3D peut offrir aux marketeurs comme aux utilisateurs, il existe pourtant un profond impact sur les marques, dont les produits protégés par des droits de propriété intellectuelle ou autres peuvent être reproduits et distribués sans autorisation. Les marques doivent en avoir conscience et se préparer à ce bouleversement technologique en élaborant une stratégie qui les protège contre les risques de l’impression 3D, tout en mettant à profit les opportunités qu’elle présente. L’économie semble se rapprocher encore un peu plus d’un monde en self-service où les consommateurs pourraient en toute simplicité « imprimer » leurs propres produits et où seules survivront et prospéreront les marques pleinement préparées à l’impact de impression 3D et capables de s’y adapter.

Auteur : Ronda Majure, Vice Président de Compumark, une marque de Clarivate Analytics. – Source : www.economiematin.fr

Réunion / Quinze « Géo Trouvetout » dans le FabLab de l’Est


BRAS-PANON. Le local de l’association « FabLab de l’Est H3O » a été inauguré hier. Rassemblés à côté de la start-up Oscadi, les inventeurs travaillent beaucoup avec du matériel de récupération.

Agauche, un simulateur de conduite automobile. A droite, le rayon vert d’un laser. Au centre, un segway fabriqué en matériaux de récupération, une mini-voiture fonctionnant avec de l’hydrogène, des drones, un buste d’Edmond Albius en polystyrène… Cette véritable caverne d’Ali Baba, installée sous le toit cylindrique d’un ancien atelier de mécanique dans la zone artisanale de Bras- Panon, a été inaugurée hier sous le nom de « association FabLab de l’Est H3O ». Pourquoi H3O ? « Parce qu’on arrêtera l’association quand on aura trouvé la formule » rigole Willy Taochy, électronicien et président de ce groupe d’une quinzaine de « Géo Trouvetout ».

Parmi ces inventeurs de tous horizons, on retrouve Olivier Sautron, fondateur de la société Oscadi (leader dans l’échographie sur smartphone), et voisin de palier. « J’ai toujours voulu un fablab, c’est-à- dire un espace communautaire de création » explique M. Sautron. « C’est pourquoi l’association a démarré dans nos murs ».

SUBVENTION DE 8.000 EUROS

L’association récupère tout ce qu’on lui donne : machines à usiner du lycée Amiral- Lacaze, déchets de bois de tamarin de la scierie de Saint- Benoît… « Avec ces morceaux de tamarin, nous avons fait des panneaux, dont le bois a été gravé avec des machines fabriquées par le fablab ». Juste à côté de l’entrepreneur primé pour sa start-up, un adolescent s’amuse sur un simulateur de conduite automobile.

Iswaren Robert, 13 ans, s’avoue particulièrement heureux : c’est son père Jean-François Robert, mécanicien au Port, qui a fabriqué l’objet en utilisant des moteurs d’essuie-glace. « J’en avais assez de payer pour les simulateurs dans les hypermarchés » sourit le père de famille. « J’en ai fabriqué un moi-même ». Il a bénéficié des conseils et de l’aide des autres membres de l’association, par exemple pour la partie informatique. Très fier d’héberger cette association dans sa commune, dans des locaux privés au loyer accessible, le maire Daniel Gonthier se fait expliquer toutes les inventions. « Nous avons voté fin 2016 une subvention de 8000 euros pour le fablab » assure l’élu, qui a déjà d’autres projets (lire notre encadré).

Albius sculpté en numérique

« L’objectif, c’est de mettre en avant notre culture réunionnaise avec des objets fabriqués ici ». Jimmy Armand, docteur en microélectronique et cadre à la mairie de Salazie, a réalisé une étonnante sculpture numérique: un buste d’Edmond Albius, à partir de la seule image connue de l’inventeur de la fécondation de la vanille. « J’ai fabriqué une machine à usiner, et j’ai généré le fichier pour que la machine puisse usiner mon bloc de polystyrène » explique M. Armand, membre du Fablab de l’Est. « J’ai fait une recherche anthropomorphique pour garder les traits africains » précise l’inventeur, qui prépare déjà une nouvelle machine. Il projette désormais de fabriquer des objets en pierre ou en bois, qui seraient ensuite vendus. Selon lui, ce serait plus représentatif de la culture réunionnaise que des gadgets fabriqués en Asie !

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Daniel Gonthier veut une technopole

« L’Est a besoin de se tourner vers le futur, et on veut garder les habitants sur notre territoire » assure Daniel Gonthier, maire de Bras-Panon. Sa solution ? « créer une technopole à Bras-Panon ». Où ? « La ville est propriétaire d’un hectare, en face de la piscine et du collège. Nous sommes à la recherche de financeurs, il y aura une division spécialisée dans les drones. Mon but est d’accélérer l’émulsion des cerveaux » insiste Daniel Gonthier, jamais à court de formules innovantes. Pour l’instant aucun calendrier n’est annoncé. A côté des drones ou de la recherche sur l’électricité fabriquée à partir de l’hydrogène, l’élu verrait bien… un petit terrain de golf pour que tous ces chercheurs puissent se détendre !

Auteur : Véronique Hummel – Source : actus.clicanoo.re

Quand les spécialistes de la 2D misent sur l’impression 3D


En 2016, les spécialistes de l’impression 2D, HP en tête, ont commencé à se diversifier dans la fabrication additive. Lors du CES 2017 début janvier, Polaroïd a annoncé la sortie d’une gamme d’imprimantes 3D et confirme la tendance.

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Polaroïd a profité des lumières du salon de l’électronique grand public (CES) qui se tient à Las Vegas du 5 au 8 janvier pour annoncer la sortie d’une nouvelle gamme de trois imprimantes 3D de bureau. Elles fonctionnent sous la technologie FDM, par dépôt de fil. Technologie la plus répandue en fabrication additive. L’impression peut être lancée et contrôlée via une application disponible sur l’Apple Store ou Androïd. Ces imprimantes seront commercialisées aux États-Unis et au Canada à partir de juillet. Polaroïd lance en parallèle une gamme de stylos 3D.

Il y a un an, au même évènement, le géant américain connu pour ses appareils photos instantanées se lançait sur le marché de la fabrication additive et dévoilait son premier modèle d’imprimante 3D : la ModelSmart 250S.

Ce n’est pas le seul acteur de l’impression 2D à investir ce créneau. La filiale sud-coréenne de Canon a annoncé la commercialisation de son imprimante 3D « Marv » en Chine, selon le site spécialisé 3DNatives. Cette imprimante destinée aux particuliers et au secteur de l’éducation était déjà commercialisée en Pologne, Allemagne et Corée du Nord.

« C’est assez logique de voir des fabricants d’imprimantes 2D pour particuliers se lancer dans la fabrication d’imprimantes 3D grand public. Ils sentent bien que le marché est en train de décoller et ils ont les compétences pour se lancer. Mais les imprimantes 3D personnelles ne vont pas se généraliser tout de suite, car il faudrait pour cela que les particuliers aient les moyens de créer leurs propres fichiers 3D », observe Quentin Kiener, directeur de 3D Prod, spécialiste de la fabrication additive et du prototypage rapide.

HP mise sur le haut-de-gamme

Si Canon et Polaroïd ont fait le choix de l’impression 3D grand public, HP a préféré miser sur l’impression 3D professionnelle, et surtout sur une technologie plus audacieuse qui combine fusion de poudre et dépôt d’encre. « HP prend le contre-pied de la tendance impression 3D grand public et mise sur le haut-de-gamme. HP estime que pour développer l’impression 3D, il faut baisser son coût de revient en fabriquant des machines plus performantes et rapides », observe Quentin Kiener. Reste à savoir si le géant tiendra sa promesse. Il est possible depuis mai de pré-réserver ses imprimantes, mais elles ne seront livrées qu’en milieu d’année.

Avec l’arrivée de ces nouveaux acteurs, prêts à détrôner les acteurs historiques en perte de vitesse comme Stratasys et 3D Systems, l’année 2017 promet d’être mouvementée pour le marché de l’impression 3D.

Auteur : Marine Protais – Source : www.usinenouvelle.com

PocketMaker : Une imprimante 3D de poche pour $149 !


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Développée par des étudiants de l’Académie Centrale des Beaux-Arts de Pékin, la PocketMaker est potentiellement la plus petite imprimante 3D au monde. Actuellement en cours de financement, l’imprimante 3D de poche devrait voir le jour courant 2017 pour un prix de marché de $149 !

Avec un poids sur la balance de seulement 850g, la PocketMaker affiche des dimensions mini de 108 x 128 x 142 mm. Elle permettra de créer des pièces d’un volume maximum de 80 x 80 x 80 mm avec une précision de l’ordre de 200 microns à l’aide d’une buse de 0,4mm. Enfin l’imprimante pourra se connecter sans fil ou avec un câble USB pour des ordinateurs utilisant Windows ou Mac. Une application mobile est également prévue pour les smartphones iOS et Androïd.

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Une structure simplifiée

La PocketMaker offrira un design épuré avec son enceinte semi-fermée translucide. Le plateau de celle-ci sera flexible et amovible, tout comme la tête d’impression qui pourra être facilement remplacée en cas de buse bouchée. Les têtes d’impression additionnelles seront vendues pour un prix de $14,9 (environ 13,5€) précise la firme.

Au niveau des matériaux d’impression, la PocketMaker utilisera des filaments d’une épaisseur de 1,75mm à partir de PLA ou d’ABS. La firme proposera des bobines de PLA en format 160g pour $2,6 (soit environ 2,35€) spécialement pensées pour l’imprimante 3D de poche. “Nous avons conçu un filament PLA de poche spécial pour que les gens puissent imprimer avec plus de choix parmi les coloris et les matériaux”.

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Les étudiants déclarent : “Notre mission était de rendre l’impression 3D simple et abordable. Nous avons redessiné et personnalisé le moteur en ne laissant que la structure nécessaire afin d’avoir une imprimante stable et une impression de qualité. En fin de compte elle ne nécessite quasiment aucun effort pour être utilisée ce qui est essentiel pour un objet qui fera bientôt partie de notre quotidien.”

Lancée il y a quelques jours, la campagne de financement de la PocketMaker est désormais live sur la plateforme Indiegogo. Avec un objectif de collecte de $70,000 d’ici un mois, le projet a déjà recueilli la somme de $13,785. Différentes options de pré-commande sont disponibles pour les personnes désireuses d’acquérir la machine. Ainsi, la PocketMaker était disponible pendant quelques heures pour $49 puis $79. Il vous sera désormais possible de la commande pour un prix de $99 pour une période limitée !

Ci-dessous, une vidéo de présentation de la PocketMaker :

Plus d’informations sur la PocketMaker ICI

Auteur : Victor

Source : www.3dnatives.com

Canon : 2 imprimantes 3D rapides et précises à vocation professionnelle


Canon France a participé au salon 3D PRINT à Lyon pour présenter deux solutions d’impression 3D professionnelles : l’imprimante ProJet 2500 Plus et la ProJet 660Pro.

Conçue pour la création de pièces fonctionnelles de précision en plastique et en élastomère, la ProJet 2500 Plus allie précision, vitesse et simplicité. Elle permet de passer facilement d’un fichier 3D à une pièce finie qui conserve son intégrité sur la durée. Plutôt compacte, elle s’intègre facilement dans tout espace de travail et sur un réseau existant. Elle est livrée avec le logiciel 3DSPRINT qui vérifie l’imprimabilité, estime le temps d’impression et la consommation de matériau, positionne automatiquement les pièces et pilote la file d’impression. Notez qu’elle fonctionne sans PC et qu’elle ne nécessite pas de point d’eau.

Quant à l’imprimante 3D ProJet 660Pro, elle est dédiée à la création de pièces personnalisées, de maquettes ou de prototypes en couleur. Elle garantit une impression rapide et à très faible coût. Elle se montre, en effet, jusqu’à 10 x plus rapide que les autres technologies 3D (impression verticale : 28 mm/h), le tout, en silence et sans odeur. Elle utilise un matériau haute performance (VisiJet) qui sert à la fois pour l’impression et le support. Les pièces imprimées sont ainsi capables de résister aux hautes températures et répondent à un grand nombre d’applications. Cerise sur le gâteau : elle intègre un dispositif de recyclage qui évite tout gaspillage.

Les prix n’ont pas été communiqués.

Source : www.infodsi.com

Ils inventent une imprimante 3D qui fait des tatouages


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Les robots rêvent-ils de tatouages électriques ?

Feriez-vous confiance à un robot pour vous faire tatouer ? C’est le défi que se sont lancé Pierre Emm et Johann Da Silveira, deux jeunes ingénieurs français. Leur projet : « Le Tatoué », une imprimante 3D qui tatoue la peau.

« Aujourd’hui les gens se servent d’une tablette ou d’un ordinateur pour réaliser des motifs. Ils les impriment et les décalquent sur la peau. Pourquoi ne pas choisir de tout réaliser numériquement ? », se demande Pierre Emm, 30 ans. Avec son camarade Johann Da Silveira, le jeune ingénieur a eu l’idée de cette imprimante à tatouages lors d’un workshop parisien organisé en 2013 par le ministère de la Culture. Leur objectif : créer un robot-tatoueur capable d’encrer un être humain en toute sécurité et avec la qualité artistique d’un professionnel.

À l’époque, ces étudiants de l’École Nationale Supérieur de Création Industrielle de Paris mettent rapidement le projet en pratique. Ils empruntent une imprimante 3D à leur école pour la reprogrammer – « la hacker » comme dit Pierre – et débuter les tests.

Les dessins sont d’abord conceptualisés via des logiciels, puis réalisés sur un bras en plastique polymère. Pour leur premier essai sur peau humaine – gracieusement prêtée par un ami – le motif tenté est simple : un cercle complet pour vérifier le bon fonctionnement de la machine.

Sécurité et hygiène de rigueur

Trois ans s’écoulent où l’évolution du robot tatoueur avance progressivement et où les motifs se complexifient au fil des expériences. Ces derniers mois, les deux Parisiens ont travaillé en collaboration avec l’accélérateur d’innovation – un incubateur de projets technologiques – de Satt Lutech à Paris. Quatre mois à « bricoler le prototype 24h/24h », raconte Pierre, pour perfectionner les normes d’hygiène et la praticité de la machine.

La question de la sécurité est primordiale pour le duo. Le robot-tatoueur est équipé d’un senseur qui reconnaît le relief de la peau en temps réel. « Même si le bras bouge pendant l’encrage, la machine se réadapte dans la seconde », précise son inventeur.

Mais n’allez pas penser que les deux jeunes ingénieurs considèrent « Le Tatoué » comme un remplacement des tatoueurs professionnels. À leurs yeux, il s’inscrit naturellement dans l’Histoire du tatouage. « C’est un nouvel outil pour les artistes. Il y a eu l’aiguille et la main, puis l’électricité et les dermographes… Le digital est une suite logique », assène Pierre.

Ce qu’en pensent les principaux intéressés ? « Certains s’en fichent, d’autre sont curieux, d’autres encore ont hâte de voir ce que cela va donner » répond Pierre. Côté public, « les principaux sceptiques ne sont pas tatoués et ont une vision romantique de l’expérience ».

Approuvé par un ténor du tatouage

Pas de quoi les décourager pour autant. Venus à San Francisco en avril donner une conférence sur leur travail, Pierre et Johann ont rencontré Lyle Tuttle, tatoueur – entre autres – de Janis Joplin et d’Henry Fonda. Du haut de ses 84 ans, le vieil encreur américain se passionne pour la machine des Français. « Il nous a demandé ‘vous pouvez me tatouer avec cette machine ?’, il était complétement recouvert d’encrage, mais nous a trouvé une petite place pour y inscrire ’Why !’ ».

Ravi de son tatouage, le ténor de l’aiguille s’improvise VRP du robot et invite les Français à une fête pour les présenter aux plus grands encreurs de Californie. Une reconnaissance prometteuse pour les deux Parisiens. D’autant plus qu’en septembre, Pierre et Johann partiront en quête d’investisseurs pour financer la production de leur imprimante 3D améliorée et l’ancrer dans l’Histoire du tatouage.

Auteur : Moran KERINEC

Source : jactiv.ouest-france.fr