L’impression 3D et la contrefaçon : comment protéger la propriété intellectuelle


L’impression 3D et la contrefaçon

L’impression 3D, breveté en 1984, se démocratise depuis quelques années et d’après Gartner, cette tendance va s’amplifier dans les années à venir avec le risque de voir apparaitre la contrefaçon imprimée en 3D.

Le développement de l’impression 3D s’explique par plusieurs événements ; il y a d’abord le brevet d’origine qui est tombé dans le domaine public ; ensuite le développement des matériaux d’impression 3D ; à cela s’ajoute les annonces de plusieurs premières mondiales dans les médias comme la fabrication de maisons, de prothèse, d’organe, de vêtements, de voitures et même de nourriture ; et enfin le prix d’acquisition qui permet aux particuliers d’acquérir une imprimante 3D à partir de 299 euros.

L’impression 3D est aussi présentée comme une nouvelle technologie de la troisième révolution industrielle qui, au niveau mondial, permettra de relocaliser les fabrications au plus proche des consommateurs et par les utilisateurs. Elle contribuera d’après plusieurs experts à la fin de l’obsolescence programmée dans la mesure ou tout à chacun sera capable de fabriquer les pièces de rechange de … quasiment tout.

Mais derrière chaque innovation se cache un (ou plusieurs) revers. Ainsi nous voyons apparaitre la fabrication d’armes à feu fonctionnels mais aussi des premiers tests de fabrication d’organe grâce aux cellules souches embryonnaires sans aucun code éthique.Les imprimantes sont aussi très énergivore et les vapeurs dégagées peuvent être toxique.

Mais s’il est un risque qui fait trembler de nombreuses entreprises c’est le spectre des produits contrefaits. Les entreprises, notamment les grandes marques comme Rolex, Vuitton ou encore Apple, dépensent déjà plusieurs millions d’euros pour lutter contre les copies et protéger leur propriété intellectuelle. Ils cherchent bien sûr à diminuer les pertes financières mais aussi à protéger leur réputation. La contrefaçon revêt un caractère plus dangereux lorsqu’il s’agit de pièces de sécurité, comme des vis et d’autres composants qui équipent nos maisons, nos voitures ou notre électroménager.

Les tentatives de fabrication de masse par impression 3D sont déjà nombreuses et le risque de voir des copies envahir le marché n’est pas une utopie, les industriels le savent. La lutte contre le piratage dans l’industrie du divertissement a été terriblement inefficace et aujourd’hui, il y a certainement des millions de personnes qui téléchargent illégalement des films et des morceaux de musique.

Alors comment faire pour lutter contre la contrefaçon ? Quelles sont les pistes ?

Il existe bien la gestion numérique des droits (GND) qui consiste à empêcher la copie des fichiers numériques, donc des fichiers 3D, mais cette mesure risque d’être tout aussi inefficace qu’elle l’est aujourd’hui pour la musique ou les jeux vidéos. Qui plus est, l’objet pourra toujours être scanné et le fichier généré par le scanner ne sera pas protégé …

L’option la plus probable est l’insertion d’une puce RFID à l’ intérieur de l’objet imprimé par son fabricant. Les puces RFID sont suffisamment petites pour être intégrées dans la masse de l’objet. L’inconvénient de cette méthode, c’est le prix car intégrer une puce RFID dans chaque produit serait très coûteux, il faut compter le prix de la puce, le travail pour l’insérer dans l’objet et le prix des dispositifs d’authentification qui seraient utilisés pour détecter les produits frauduleux (c’est à dire les produits sans puce RFID).

Une solution alternative à l’insertion d’une puce RFID pourrait être le projet appelé InfraStructs de Microsoft Research.

Le principe d’InfraStructs consiste à intégrer un code dans la conception du design de l’objet (invisible à l’extérieur de l’objet). InfraStructs fonctionne comme un scanner à balayage, identique à ceux que l’on trouve dans les aéroports ou ceux utilisés pour l’imagerie médicale. Le code unique intégré dans l’objet, comme un numéro de série par exemple, et imprimé avec un matériau spécifique serait visible que par le scanner. Mais cette technique nécessite l’utilisation de matériaux spécifiques et compatibles qui coûteraient cher en développement.

Une autre option serait une authentification chimique des matériaux détectables par un spectromètre de poche. Il y a plusieurs compagnies qui offrent ces types de matériaux, mais le plus prometteur est développée par InfraTac. La société basée dans le Maryland a mis au point un produit chimique qui peut être discrètement ajouté à pratiquement tout sans modifier la composition chimique de la matière. Par exemple, les pièces peuvent être imprimées en 3D avec une petite « empreinte digitale » caché dans un endroit discret de l’objet. Le produit chimique peut aussi être déposé directement sur la matière première avant l’impression de l’objet qui pourra alors être fabriqué en une seule fois. Bien sûr cette technique nécessite un équipement de contrôle pour vérifier l’authenticité du produit, le spectromètre, mais aussi un équipement pour déposer l’empreinte chimique.

Pour conclure ce sujet, il devient urgent pour les industriels de réfléchir sur les moyens de protéger leur propriété intellectuelle contre la contrefaçon. Parmi les pistes évoquées ci dessus, le choix n’est pas facile et l’impact économique sera aussi un frein. Mais une chose est sûr, ne rien faire n’est pas une option.

Auteur : Yoann Notteau

Source : http://www.additiverse.com

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s