Comment Netatmo protège ses innovations avec France Brevets


La start-up de l’internet des objets Netatmo a fait appel à France Brevets pour mieux faire valoir sa propriété intellectuelle. Un enjeu clé dans un contexte de concurrence internationale féroce.

La propriété intellectuelle ? Ce n’est pas forcément la priorité des jeunes start-up, lancées dans une chasse effrénée aux investisseurs, aux prototypes, aux clients. Et pourtant. Innover pour au final se faire « voler » son invention par un concurrent, cela a de quoi énerver.  C’est un peu ce qui est arrivé à la start-up française de l’internet des objets Netatmo. « Nous avions une super invention au cœur de notre caméra Presence, se souvient le fondateur Fred Potter. Nous étions obligés de soumettre le texte avant que le produit ne soit commercialisé et nous avons déposé rapidement un texte de mauvaise qualité d’une portée réduite. Ce qui nous a empêchés de faire valoir notre propriété intellectuelle avec toute la force que l’on voulait. C’est frustrant« .

Les start-up ont-elles vraiment le choix ? Pas facile d’accéder à des spécialistes des brevets de haut niveau quand on a peu de moyens et seulement une poignée d’inventions à protéger. C’est en partie pour cela qu’a été créée la société publique France Brevets par l’État et la Caisse des dépôts en 2011. Cet organisme fournit des moyens humains et financiers aux entreprises innovantes pour « blinder » leur dépôt de brevets. Netatmo est le vingtième partenaire de la société, aux côtés d’autres entreprises et d’instituts de recherche. Pas moins de 150 brevets ont été déposés via cette « fabrique de brevets ».

Une démarche défensive et offensive

Les équipes de Netatmo et de France Brevets se réunissent une fois par trimestre pour passer en revue les nouveautés qui pourraient faire l’objet de dépôts de brevets. « Nous formons ensuite des binômes inventeur/ingénieur brevets pour rédiger les textes de brevets », explique Fred Potter. Ceux-ci sont de bien meilleure qualité que ceux rédigés par Netatmo seul. « Ce partage des ressources nous permet d’avoir du personnel de bien meilleure qualité, et donc des brevets bien plus solides », se félicite Fred Potter. France Brevets peut mobiliser des directeurs brevets, des experts techniques, des conseillers en propriété intellectuelle…

Sept brevets ont été déposés via ce processus et d’autres sont dans les tuyaux. C’est France Brevets qui prend en charge les frais de dépôts et de procédure ; il se rémunère plus tard en prélevant un pourcentage sur les redevances collectées pour l’utilisation des brevets. L’organisme aide donc l’entreprise à faire respecter ses brevets une fois déposés.

Plus de brevets et de meilleure qualité

Pour Guillaume Ménage, Directeur Licensing et nouveaux marchés chez France Brevets, il est essentiel d’intervenir plus en amont pour mieux protéger les innovations françaises. « On sait que le sujet de la propriété intellectuelle n’est pas la préoccupation numéro 1 des entrepreneurs… Mais plus on s’y prend tard, plus il est difficile de protéger ses innovations », insiste-t-il.  « Les fonds d’investissement intègrent de plus en plus la question de la propriété intellectuelle à leurs analyses« . Une étude de l’institut des Mines de Paris démontre d’ailleurs que les brevets renforcent la probabilité de succès des start-up, de l’ordre de 30%.

« Les brevets sont un investissement, pas une dépense », tranche Fred Potter, qui souligne que plus le succès augmente, plus les « patent trolls » se font pressants. Pour pérenniser le succès de la French Tech, le besoin est urgent d’augmenter le nombre et la qualité des brevets déposés en France, dans tous les secteurs.

Auteur : Sylvain Arnulf – Source : www.usine-digitale.fr

Et si on cessait de jeter nos piles alcalines à tour de bras


Ces 600 millions de piles achetées chaque année en France coûtent en plus cher à la fabrication. Pourquoi les jeter alors qu’on peut les recharger ?

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Et si on cessait de jeter nos piles alcalines à tour de bras…

A l’heure des injonctions à recycler, les piles alcalines 1,5 V ont le vent en poupe. Les ventes continuent de grimper. Les jouets, les transistors, les pèse-personnes, les balances de cuisine, les montres, de nombreux objets utilisent encore à foison ces piles à usage unique. Or les fabricants nous enjoignent de ne pas les recharger à cause d’un risque de coulure ou d’explosion. La seule chose qu’on nous demande c’est d’envoyer à la poubelle ces piles.

Ce que les industriels ne disent pas c’est qu’il existe un moyen de recycler ces piles

Un brevet a même été déposé par leur co inventeur, l’ingénieur autrichien Karl Kordesh en 1960. Plus tard, dans les années 80 et 90 , le même M. Kordesh et ses collègues ont mis au point des piles plus robustes, destinées à être rechargées. Attention, on parle toujours de piles alcalines jetables et non de piles rechargeables Nickel Hydrure métallique qu’on ne peut que conseiller d’adopter car elles sont vraiment durables. Plusieurs brevets, dont certains tombés dans le domaine public, ont été exhumés par le collectif paléo-énergétique.

L’idée des français du collectif est de concevoir une nouvelle boite régénératrice en open source

Après un financement participatif réussi, les jeunes français à l’origine de la Regen Box peaufinent le design de leur boite. D’ici quelques semaines, elle sera distribuée à 100 béta testeurs, des bénévoles qui ont soutenu le projet et qui sont avides de bidouiller le système. Le kit une fois monté pourra alors être modifié, amélioré dans un élan collectif et participatif. Ensuite on agrégera le savoir pour figer la meilleure « recette » de la Regen box ou si vous préférez la meilleure façon de l’utiliser.

Les piles réutilisables jusqu’à 10 fois ?

C’est ce que diront les testeurs. Car apparemment, ça change suivant la marque de la pile, sa qualité de fabrication, son état de vieillissement, la température à laquelle on procède à la recharge. Et aussi, la technique de recharge : fréquence, ampérage et vitesse, chaque critère peut avoir un impact.

La régénération doit impérativement se faire à vitesse lente. A priori 10 heures, branchée par clé USB sur un ordinateur ou un téléphone portable. Dans la pile, on inverse le processus chimique habituel (les électrons vont d’un pole à l’autre de la pile) par micro impulsions. Comme dans la fable de La Fontaine, c’est la tortue qui gagne dans cette histoire. Vouloir aller trop vite tue les cycles de charge et risque de provoquer des coulures, d’autant que la qualité des joints dans les piles a baissé ces dernières décennies.

Quand ce sera au point, qui vendra le rechargeur ? Est-ce qu’on le trouvera dans un magasin ou est-ce qu’on achètera un tuto selon la grande tendance du « Do it yourself » ? Tout ça n’est pas totalement bouclé. Ce qui est sûr c’est qu’il y a des endroits dans le monde où on est avide de pouvoir bénéficier de cette ré invention : l’Afrique notamment où toutes les régions ne sont pas électrifiées mais où les piles sont chères.

► POUR ALLER PLUS LOIN | consulter le site du collectif paléo énergétique et le site de Regen Box

Auteur : Sophie Becherel – Source : www.franceinter.fr

Jean-Adrien Philippe, l’inventeur  »génial » de la montre de poche


Tout au long de sa vie, le Percheron, né à La Bazoche-Gouët, aura laissé une empreinte indélébile sur le monde de l’horlogerie. Décoré de la Légion d’honneur, il a laissé un héritage de ses connaissances.

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Jean-Adrien Philippe aura laissé une empreinte indélébile sur le monde de l’horlogerie.

Excellence. Si le nom de Jean-Adrien Philippe ne vous dit rien, il est pourtant l’un des percherons les plus talentueux. Né en 1815, le 6 avril précisément, à La Bazoche-Gouët, il a révolutionné tout au long de sa vie l’univers de l’horlogerie.

Il quitte sa famille à 18 ans

Il faut dire que tout le prédestinait à cette carrière professionnelle. Son père, Antoine Philippe, originaire de Charbonnières, exerçait la profession d’horloger. Il a été à l’origine d’horloges munies de mécanismes originaux et compliqués.

Comme une continuité logique, il va s’intéresser à l’activité de son paternel et être attiré par le fait d’innover.

Précoce, à l’âge de 18 ans, estimant avoir déjà tout appris, Jean-Adrien Philippe quitte le domicile familial, avec dans la tête, des rêves et une ambition affirmée. En France mais également à l’étranger, en Suisse et en Angleterre notamment, le Percheron va puiser son imagination et sa créativité dans les savoirs de maîtres horlogers.

Passionné et acharné du travail, il va développer ses connaissances, en recherche perpétuelle d’idées nouvelles dans le but de révolutionner la technique de l’horlogerie.

Calatrava

C’est le 22 avril de la même année que Jean-Adrien Philippe dépose le brevet pour le premier système de remontage à la couronne.

Se focaliser sur le remontoir

Et le destin va aller dans ce sens : le jour où il fait la rencontre d’Antoine Norbert de Patek, jeune noble polonais, avec qui il s’associe. Mais avant cela, c’est avec un Suisse rencontré à Londres (Angleterre) que Jean-Adrien Philippe tentera de toucher la clientèle parisienne.

Avec une volonté affichée : fabriquer une montre qui se monte et qui se met à l’heure sans clef. Un défi de taille dans une société jadis sensibilisée aux montres plates.

Il se focalise donc sur le remontoir, la clé de la réussite selon lui. D’exposition en exposition, son cheval de bataille sera d’œuvrer sur les mécanismes afin de les perfectionner. Des recherches qui ont porté leurs fruits, traduites par des avancées techniques.

« L’idée me vint d’entreprendre des montres sans clef, avait expliqué l’horloger percheron. J’en avais entendu parler mais n’en avais jamais vues ».

Système plus simple et plus solide

En 1842, c’est une première victoire pour lui. Grâce aux encouragements d’un horloger parisien célèbre, seulement âgé de 27 ans, il parvient à construire un premier produit : une montre très plate qui utilise une couronne au pendant. Un système technique révolutionnaire qui se passe de la clé destinée à réarmer et mettre à l’heure.

À l’époque, il est conscient d’avoir touché un peu plus la perfection. « Je fus assez heureux pour reproduire un système plus simple, plus solide et plus commode que tout ce qui avait existé jusqu’à ce jour ».

Fabriquer les plus beaux produits

Son invention va séduire un jeune noble polonais : Antoine Norbert de Patek. Il s’associe avec lui en 1845, intégrant alors la firme Patek & Cie à Genève (NDLR : qui porte aujourd’hui le nom de Patek Philippe S.A, spécialisée dans l’horlogerie de haute précision).

Les deux acolytes, l’un excellant dans la partie commerciale, l’autre technique, n’ont qu’une seule volonté : fabriquer les plus belles montres du monde.

C’est le 22 avril de la même année que Jean-Adrien Philippe dépose le brevet pour le premier système de remontage à la couronne.

Outre son talent pour l’horlogerie, il s’essaie également à l’art de la littérature. Publiant un ouvrage sur son domaine d’activité, « Les montres sans clef, se montant et se mettant à l’heure sans clef ». Laissant ainsi une trace de son savoir et de ses compétences.

Les années qui suivirent, l’inventeur cherchera d’autres solutions afin d’améliorer son système. Compte tenu de son état de santé, vers l’âge de 70 ans, il va se retirer progressivement de l’activité.

Jean-Adrien Philippe décède le 5 janvier 1894 à Genève en Suisse.

Son don pour la Bazoche-Gouët

« Je, soussigné, m’engage à payer la somme de cinq cent francs au bénéfice de la commune de La Bazoche-Gouet, département d’Eure et Loir. Cette somme devra être employée à la défense nationale contre les armées prussiennes et particulièrement à l’équipement des corps francs, ou pour des dépenses ayant pour but exclusif la poursuite ou la destruction de l’ennemi. J’offre pour garantie de ce paiement de cinq cent francs les sommes qui me restent à toucher sur l’héritage de ma mère, ou si le besoin d’argent est urgent, de faire un versement immédiat entre les mains du percepteur de Gex, département de l’Ain, qui pourrait sans doute faire payer par le percepteur de La Bazoche. Si aucun de ces moyens n’est praticable, je prie Monsieur le Maire de La Bazoche de me faire savoir ce qu’il y aurait à faire ».

Décoré de la Légion d’Honneur

En 1890, sous la IIIème République, le gouvernement français lui décernera la croix de la Légion d’honneur pour ses nombreux mérites et services rendus à la France.

Un côté philosophe

« Si par nos efforts réunis et la volonté de tous ceux qui se livrent à notre belle profession, nous parvenions à créer un corps nombreux et respectable d’hommes de talent ; si nous parvenions à attirer l’attention du public sur ce qu’il y a de beau et d’exceptionnel dans l’exercice d’un art si distingué et si utile pourtant à assurer à ceux qui le pratiquent dans les conditions de savoir et d’habileté qu’il requiert la considération qui leur est due, nous verrions les choses changer de face et s’ouvrir une ère de prospérité et de progrès à peine soupçonnée dans l’état précaire actuel ».

Auteur : Hugodeshors – Source : www.le-perche.fr

La goutte d’eau Ooho! se lance à la conquête de capitaux


Impossible de passer à côté de « Skipping Rocks Lab » ces derniers jours sur les réseaux sociaux. Cette start-up britannique a lancé un crowdfunding afin de pouvoir introduire sa goutte d’eau comestible au sein du grand public.

Pouvoir ingérer une boisson tout en mangeant son emballage : pas de doute, cela ne peut relever que de l’un de ces rêves très étranges que l’humain s’inflige de temps à autres. Pourtant, c’est une réalité mise au jour par une équipe de jeunes entrepreneurs : Ooho! Après deux années de développement, l’équipe vient de lancer une campagne de financement participatif sur le net. Les trois jeunes entrepreneurs se sentent prêts à introduire leurs billes désaltérantes sur le marché. Pour cela, ils avaient besoin de 400.000 livres sterling.

Présentation vidéo de Ooho!

L’idée germe, à la base, dans l’esprit de trois étudiants du Royale College of Art de Londres. L’invention est relayée par les médias dès 2014, même si des prototypes existent depuis 2013. Depuis lors, le projet a fait du chemin: un des trois étudiants à claqué la porte pour mieux laisser sa place à une autre, la start-up « Skipping Rocks Lab » a été créée, et s’est même faite intégrer par un grand incubateur de start-up londonien, totalement consacré aux technologies vertes. Trois jeunes, trois nationalités : un Français, Pierre-Yves Palsier, co-fondateur ; un Espagnol, Rodrigo García González, le dernier des co-fondateurs ; une Britannique, Lise Honsinger.

Fini, les déchets

Ooho_2017

Chaque année, en Belgique, 475 kg de déchets sont récoltés par habitant. Dans le nord de l’océan Atlantique, certains vont même jusqu’à parler d’un « septième continent », composé de déchets du monde entier. C’est le cadre dans lequel ces jeunes entrepreneurs se sont donnés pour mission de faire disparaître les déchets d’emballages, au profit de Ooho! « Il s’agit d’une alternative durable aux bouteilles et gobelets. Nous voulons venir à bout du problème de gestion des déchets et réduire l’impact des emballages sur le climat. Notre produit est composé d’extraits d’algues« , explique l’équipe sur la page de leur crowdfunding.  »C’est une membrane entièrement biodégradable et tellement naturelle, que l’on peut même la manger ! Notre emballage est même moins cher que le plastique et peut contenir tout sorte de boissons comme de l’eau, des sodas, de l’alcool et même des cosmétiques. »

« C’est une membrane entièrement biodégradable et tellement naturelle, que l’on peut même la manger ! »

Depuis deux ans, la jeune équipe développe sa technique de production mécanique qu’ils veulent innovante. Supportés par l’incubateur « Climate-KIC » basé à l’Imperial College de Londres, ils ont passé les six derniers mois à vendre leurs prototypes dans la capitale britannique et ont récemment signé leur première licence commerciale.  »Nous sommes en contact avec des organisateurs d’événements (…) pour tester nos produits sur leurs terrains. On croit vraiment que ce produit peut être la solution aux boissons on-the-go.«  Dans la même optique, l’un des objectif de la boîte serait d’abreuver les coureurs du marathon de Londres grâce à leur bulle, et éviter ainsi aux organisateurs d’avoir à ramasser et traiter les bouteilles et gobelets jetés par les sportif après s’être désaltéré.

1 million de dollars en trois jours

La campagne de financement participatif a reçu un soutien étourdissant. En trois, jours, la startup qui projetait de récolter 400.000 livres sterling s’est retrouvée avec un trésor de près d’un million en dollars. Un résultat dont ils se félicitent. Sur leur compte Twitter, ils n’ont d’ailleurs pu que remercier leurs quelque 1.000 investisseurs d’avoir doublé leur objectif.  Objectif qui était atteint en seulement 24 heures.

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Des 400.000 livres initialement espérés, la moitié devait être dédiée au développement de machines en vue d’une production plus intensive. Grâce à cet argent, ils pensent pouvoir établir les valeurs de leur marque et leur réputation. Pour cela ils se donnent quatre ans. Très ambitieux, leur souhait est clair : devenir un producteur d’emballage aussi important que TetraPak ou Huhtamaki.

Auteur : Maxime Dumoulin – Source : www.lecho.be

Deux poids deux mesures pour les inventeurs


Les inventions faites par le salarié dans l’exécution du travail ou de la mission qui lui est confiée (invention dite « de mission ») appartiennent à l’employeur. L’employeur doit verser une rémunération supplémentaire dès lors qu’un employé est à l’origine de la réalisation d’une invention de mission brevetable (CPI, art. L 611-7). Pour rappel un brevet est un titre de propriété industrielle qui confère à son titulaire un droit d’interdire à un tiers l’exploitation de l’invention de l’objet du brevet à partir d’une certaine date et pour une durée limitée (20 ans en général, 25 ans maximum).

La création du salarié permet à son employeur d’enrichir l’entreprise avec un actif supplémentaire. Dans le cadre de transactions financières de type levées de fonds, acquisition et cession d’actifs ou d’entreprises technologiques, la valorisation du portefeuille brevets joue souvent un rôle fondamental. Des opportunités financières moins connues sont notamment l’apport en nature de titres de propriété intellectuelle dans le cadre d’une augmentation de capital ou la mise en gage de tels titres dans le cadre d’un emprunt.

La loi ne précise pas les modalités de cette rémunération pour les salariés du secteur privé qui doivent être déterminées en fonction des conventions collectives, des accords d’entreprise ainsi que des contrats individuels de travail.

Une étude récente de l’Inpi (2016) dresse un tour d’horizon de la façon dont ce texte est appliqué par les entreprises. Il en ressort notamment que cette rémunération prend, dans 60 % des entreprises, la forme d’une prime forfaitaire seule, tandis que, dans 40 % des cas, cette prime est combinée avec une rétribution liée à l’exploitation de l’invention.

Un salarié inventeur reçoit ainsi en moyenne une somme forfaitaire de 2 200 € pour une invention, ce montant pouvant atteindre, selon l’étude, la somme de 11 000 €, voire celle de 105 000 € dans un cas où venait s’ajouter à la prime forfaitaire une rémunération d’exploitation exceptionnelle du brevet. La situation a peu évolué depuis la première étude de l’Inpi en 2008.

On a donc un salarié qui augmente la richesse de son entreprise par un ou des actifs sur une durée de 20 ans et qui en moyenne obtient pour son travail une rémunération supplémentaire totale de 2200 euros et dans le même temps des responsables politiques de tous les bords nous expliquent que des salaires de plus de 500000 euros sur 20 ans pour des emplois dont le contenu est pour le moins discutable c’est normal, que des stages d’été (avec là aussi un contenu discutable) pour plus de 50 000 euros c’est normal.

Dans cette époque troublée, il semble que certaines valeurs simples comme la récompense et la reconnaissance du travail réalisé aient disparues.

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Auteur : Jean-Florent CAMPION, Président de l’Association des Inventeurs Salariés  – Source : blogs.mediapart.fr

Maroc / Fab Lab de Sidi Bernoussi: la fabrique à idée des « makers » passionnés


Dans le quartier de Sidi Bernoussi à Casablanca, le laboratoire d’idées de Yassine Adouch permet aux jeunes ingénieurs et aux étudiants de matérialiser leurs projets.

Imprimantes 3D, découpeur laser, logiciels de modélisation… cet atelier est le lieu rêvé des ingénieurs et makers en tout genre. Créé en 2015 par Yassine Adouch, ce laboratoire de création technologique a été labellisé « Fab Lab » quelque temps après son ouverture. Initiés pour la première fois à la fin des années 1990 au Massachusetts Institute of Technology — le fameux MIT — aux États Unis, les Fab Labs sont des lieux de fabrication digitale ouverts à tous. Surfant sur le phénomène du « Do It Yourself » et des espaces de co-working, ces fabriques d’innovation ont proliféré dans le monde entier. Depuis 2015, le phénomène s’étend au Maroc. Si on compte aujourd’hui cinq ateliers du genre labellisés, celui de Casablanca est l’un des rares à être accessible gratuitement à tous, et à respecter la charte internationale des Fab Labs.

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Création pour tous

Assis à la grande table qui trône au milieu de l’atelier en désordre, Mehdi, 20 ans, est concentré sur son ordinateur. En première année d’ingénierie informatique à l’ENSA, le jeune homme vient au laboratoire depuis un an. « La première fois, c’était pour créer le prototype d’un projet dans le cadre de mes études, un système qui permet aux enfants qui n’ont pas la clé de leur maison d’ouvrir la porte via une application« , explique le futur ingénieur. À ce moment-là, Mehdi ne connaissait rien à toutes ces manœuvres techniques. « Grâce au laboratoire, les étudiants peuvent concrétiser leurs idées et surtout mettre en pratique la théorie qu’on leur enseigne« , explique Yassine Adouch.

Accompagné par une équipe professionnelle sur place, le jeune ingénieur a donc pu créer, gratuitement, son prototype, pour lequel il a d’ailleurs remporté un prix. Ici, l’utilisation des machines est en accès libre et illimité. « Seuls les consommables sont payants. Et comme nous avons des partenariats avec des industriels pour le carton et des machines de recyclage pour le plastique, les prix que nous proposons sont très bas« , affirme Yassine Adouch, qui estime que le lieu ne doit pas avoir de but lucratif. Et quand il y a des bénéfices, ils sont indirects : « Les gens qui viennent au Fab Lab achètent les produits de Nextronic (le bureau de recherche et développement qu’il a fondé en 2014, ndlr) et les diffusent. Cela participe à un écosystème bien plus large« .

Partage de connaissances

« On donne accès au matériel technologique, mais on partage aussi notre savoir-faire« , poursuit le fondateur. Car l’accompagnement et le partage des connaissances sont les principaux mots d’ordre du Fab Lab, raison pour laquelle l’équipe professionnelle de Nextronic gère elle-même bénévolement le lieu. « Au départ, nous le considérions comme un atelier privé. Nous n’avions pas beaucoup de clients, donc on l’a ouvert à tout le monde pour justement former nos futurs clients« , raconte cet électricien de formation. Depuis, certains membres de l’équipe sont devenus des « fablabiens » convaincus et font librement les allers-retours entre le bureau de Nextronic et le laboratoire qui se trouvent au même étage de l’immeuble. « C’est très souple, c’est-à-dire que dès que quelqu’un a besoin d’eux au laboratoire, ils peuvent y aller librement même pendant les heures de travail« , précise Yassine Adouch.

Ahmed, 24 ans, travaille par exemple avec une équipe d’étudiants de l’ENSAM sur la construction d’un robot humanoïde. « Je fais un travail d’encadrement classique. Je leur fournis les ressources matérielles et surtout techniques« , explique le jeune ingénieur spécialisé dans les systèmes embarqués. D’ailleurs, avant d’intégrer l’équipe de Nextronic, Ahmed était un « fablabien » parmi d’autres. « J’étais venu pour fabriquer un robot automatique capable de résoudre un Rubik’s Cube. Juste comme ça, pour le fun !« , s’amuse le jeune geek. Repéré par Yassine Adouch, le jeune a finalement intégré l’équipe. « Ça sert aussi à ça le Fab Lab, repérer les bons éléments. On joue un peu le rôle de chasseurs de têtes en quelque sorte« , commente le fondateur.

Du labo au marché du travail

Si le Fab Lab ne s’occupe pas, à la base, de la commercialisation des produits créés, il y participe indirectement. Depuis sa création, une dizaine d’ingénieurs ont lancé leur startups après leur passage dans le laboratoire. C’est le cas de Faiçal Guennoun, un mécanicien qui a prototypé son imprimante 3D made in Morocco, aujourd’hui disponible sur le marché sous le nom d’ »Assani3″. Quand il s’est rendu pour la première fois au Fab Lab en 2015, il ne savait pas encore de quoi il s’agissait. « Au départ, je voulais juste du plastique pour imprimante 3D et j’avais vu qu’ils en fournissaient. Mais j’ai découvert le concept et réalisé que beaucoup de choses, comme les cartes électroniques, peuvent y être fabriquées. C’est beaucoup plus pratique et moins cher que de les importer !« .

Le mécanicien a également rencontré d’autres « fablabiens » qui l’ont aidé à développer son projet d’imprimante 3D: « Il y avait un électricien, des professeurs-ingénieurs, un étudiant calé en développement Web… Grâce à cette synergie de connaissances, j’ai évité de payer pour différents services et pu concrétiser mon projet plus rapidement« . Lancée il y a quelques semaines à peine, l’entreprise Assani3 commercialise les imprimantes 3D avec un service après-vente et des formations. Une façon pour le fondateur de contribuer au développement de cet écosystème des makers : « Si mon business marche, j’aimerai participer financièrement au développement du Fab Lab. Une façon pour moi de les payer en retour« . Aujourd’hui, Yassine Adouch travaille à l’extension de son réseau de laboratoires. Deux Fab Labs devraient d’ailleurs ouvrir prochainement à Oujda et Tanger.

Un phénomène national

Tanger, Rabat, Temara… les ateliers labellisés Fab Lab fleurissent un peu partout au Maroc. Surfant sur la vague internationale, plusieurs écoles et universités marocaines ont créé des Fab Labs pour leurs étudiants. C’est le cas de l’Université Moulay Slimane de Béni Mellal, l’Université des sciences techniques de Tanger ou encore l’école privée EMSI, dont l’atelier Smartilab a récemment été sélectionné pour la Coupe du monde de l’innovation qui s’est tenue le 1er mars 2016 à Barcelone. Pour la prochaine rentrée scolaire, l’École Centrale de Bouskoura et l’école ENSAM feront de même. Bien que ces ateliers s’adressent avant tout aux étudiants concernés, ils représentent un premier pas vers la création, à terme, d’un réseau Fab Lab ouvert à tous.

Auteur : Margaux Mazellier – Source : telquel.ma

Dépôts de brevets : la French Tech veut rattraper son retard


France Brevets a lancé un programme d’accompagnement pour les start-up, que vient de rejoindre Netatmo. Les jeunes pousses françaises accusent un fort retard par rapport aux américaines et asiatiques.

Après l’accompagnement des entrepreneurs, l’attrait des investisseurs, la French Tech s’attaque aux brevets. Longtemps en retrait, dans ce domaine, par rapport aux États-Unis voire à l’Asie, la France tente de rattraper son retard. Et mise sur son fonds public France Brevets pour évangéliser un écosystème culturellement et historiquement peu à l’aise avec la notion de brevet. « En France, il a toujours existé cette idée de libre circulation des idées, désormais accentuée avec le numérique. Souvent, les brevets n’apparaissent pas comme une action prioritaire pour une start-up ou une PME, constate Didier Patry, directeur général de France Brevets. La France souffre d’un sous-investissement en propriété intellectuelle. »

Secteurs prioritaires

Il y a deux ans et demi, l’organisme a ainsi créé un programme d’accompagnement sur mesure, La Fabrique à brevets, qui a déjà aidé une vingtaine de start-up. France Brevets cible des jeunes pousses à fort potentiel, pour lesquelles le dépôt de brevets a un sens. « Il faut que cela soit cohérent, on ne peut pas s’éparpiller. On se focalise donc sur certains secteurs susceptibles d’atteindre une masse critique de brevets, comme l’électronique, et où l’innovation peut être protégée sur un ensemble de brevets forts », détaille Didier Patry. France Brevets travaille alors avec les équipes techniques de la société, détermine la meilleure stratégie de propriété intellectuelle et l’aide dans ses démarches. De manière gratuite : la rémunération ne se fera que dans un deuxième temps, quand les brevets déposés généreront des revenus de licence. « Il faut aussi que le modèle économique de la société se prête au monde des brevets », explique Didier Patry.

France Brevets a ainsi travaillé avec plusieurs sociétés, de tailles diverses, mais aussi avec des laboratoires et des établissements publics, comme le Centre national d’études spatiales (CNES) ou l’Institut Mines-Télécom. Le programme vient de signer son vingtième accord, avec Netatmo, la start-up française spécialisée dans les objets connectés (stations météo, thermostats, caméras de sécurité…).

« Pour une jeune entreprise, il s’agit aussi d’une question de priorités, dit Frédéric Potter, fondateur et directeur général de Netatmo. Dans les premières années, ces sociétés ne sont pas outillées pour s’occuper du dépôt de brevets. » L’entrepreneur a d’ailleurs eu quelques mauvaises expériences en la matière. « Nous avons essayé de le faire nous-mêmes. Nous avions de très bonnes idées, mais nous avons gâché ces dépôts à cause d’une mauvaise rédaction », témoigne-t-il. La société a d’ores et déjà déposé sept brevets, depuis sa collaboration avec France Brevets. « On vise d’abord la qualité, plus que la quantité », rappelle Didier Patry.

Dans un contexte de concurrence accrue, il s’agirait d’un élément de survie pour la French Tech. « A l’origine, les brevets étaient censés protéger les petits inventeurs. Mais aux États-Unis, c’est devenu une arme pour les gros, pour empêcher les petits d’entrer sur un marché. Il faut éviter le chantage aux brevets et que certaines sociétés françaises innovantes voient leur trésorerie asséchée par des demandes exagérées », affirme Frédéric Potter, qui poursuit : « Là où nous avons levé 36 millions d’euros, nos concurrents américains en ont levé de 120 à 150. Et ils ont réinvesti de 3 à 5 % de ces fonds en propriété intellectuelle. Il faut rattraper notre retard. »

Autre argument de France Brevets : une étude qu’il a réalisée récemment démontrerait que les sociétés qui détiennent un portefeuille de brevets ont entre deux et quatre fois plus de chances de croître rapidement. Après les nouvelles technologies, l’organisme aimerait continuer son travail d’évangélisation en direction du secteur de la santé et des medtech, dont le potentiel est jugé particulièrement intéressant en France.

Auteur : NICOLAS RAULINE – Source : business.lesechos.fr