Invention : Glost et son prototype made in Gabon


Les membres de l’association la Gabonaise de loisirs scientifiques et techniques (Glost) ont officiellement présenté le 30 janvier 2017 leur prototype de véhicule automobile baptisé Gabon Lambaréné 1 (GL1).

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Le Gabon Lambaréné 1, exposé au ministère de la Culture et des Arts.

Construit à base de matériaux de récupération assemblés de plusieurs engins de marques différentes, le prototype roulant «Gabon Lambaréné 1 (GL1)» a officiellement été dévoilé le 30 janvier dernier.

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Présentation du Gabon Lambaréné 1, le 30 janvier 2016.

Ce prototype est finalisé quatre ans après son développement en 2012, dans la capitale provinciale du Moyen-Ogooué, sous la forme d’un avion de deux places. «A travers la forme de GL1 j’ai voulu ramener ma passion d’aviation sur ce véhicule, avec plusieurs technologies. J’ai associé plusieurs pièces détachées de plusieurs marques de véhicule, en occurrence, Japonaise, Si nous sommes ici aujourd’hui, c’est pour prouver à l’opinion nationale et internationale que les jeunes ici sont capables aujourd’hui si on nous offre les moyens, d’aller au- delà de ce qu’il est actuellement fait», a indiqué l’inventeur Adam Ousmane Issindina.

GL1 est entièrement fabriqué au Gabon et par des Gabonais avec sa carrosserie en bois. Il est équipé d’un système de commande d’embrayage issue du Toyota Land Cruiser ; un moteur TDI ; des freins de Nissan Patrol ; un système de suspension et de transmission arrière provenant du quad et le frein avant d’un scooter.

Selon les membres du Glost, le prototype roulant GL1 à essence répond à une ambition, celle de permettre à la population de s’offrir un véhicule économique pratique qui peut être à la portée de tout le monde, afin d’améliorer la vie des personnes.

Présent à cette cérémonie, le ministre délégué à la Communication, Olivier Koumba Mboumba, s’est réjoui de cette invention. «Cette action démontre de la volonté des inventeurs à mettre leur connaissance au service du développement socio-économique de notre pays. Ils sont jeunes et ont certainement eu un rêve qui aujourd’hui est devenu réalité. Il faut les féliciter et les encourager. Le gouvernement est disposé à les accompagner pour atteindre les objectifs qu’ils se sont assignés», a-t-il assuré.

Auteur : Loic Ntoutoume – Source : gabonreview.com

Afrique / Contrefaçon sur la billetterie électronique brevetée Oapi : Les inventeurs se mobilisent pour protéger les intérêts de Moustapha Ndiaye


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Les inventeurs font bloc autour de Moustapha Ndiaye.

L’invention « système de tickketing électronique informatisé pour services : transports de voyageurs et de marchandises », brevetée Oapi sous le numéro 17.225, fait l’objet d’une contrefaçon aussi bien au Sénégal qu’au Congo. L’auteur, Moustapha Ndiaye, a saisi la justice. En attendant le verdict, l’Association sénégalaise pour la promotion des innovations et des inventions (Aspi) a lancé un appel à la mobilisation pour protéger les intérêts de ce dernier.

Les inventeurs du Sénégal font bloc autour de Mouhamadou Moustapha Ndiaye. Ce dernier est l’inventeur de la billetterie électronique en cours d’utilisation dans les bus Tata au Sénégal. Mais, elle fait l’objet d’une piraterie. Il est utilisé à grande échelle au Congo. C’est un ancien collaborateur de l’auteur qui s’est associé avec un Libanais pour reproduire la billetterie électronique.

L’Association sénégalaise pour la promotion des inventions et des innovations (Aspi) a tenu, samedi, un point de presse pour dénoncer l’exploitation de la billetterie électronique par des personnes peu soucieuses du respect des droits de propriété. « La billetterie électronique de notre compatriote Moustapha Ndiaye fait l’objet d’une contrefaçon. Son invention est en cours d’utilisation par d’autres personnes. L’un de ses anciens collaborateurs l’exploite au Congo », brosse d’emblée le président de l’Aspi, Sanoussi Diakité. L’auteur a soumis l’affaire à la justice. Le tribunal ne pouvait pas lui donner l’exclusivité de la propriété, parce qu’il n’avait pas présenté un brevet. Pourtant, c’est le 22 septembre 2014 qu’il a déposé ses documents pour reconnaissance à l’Oapi.

Un cri de cœur

L’instance lui reconnaît la paternité de l’invention le 30 septembre 2015 sous le numéro 17.225. « J’ai obtenu le brevet sur l’itinéraire, les coordonnées latitudes et longitudes. C’est la billetterie où le numéro de série est généré dans le bus. Le propriétaire du bus peut avoir la position et la direction de son véhicule à n’importe quel moment. Lorsque nous avions porté plainte, le tribunal avait évoqué le fait que nous n’avions pas de brevet. Et pourtant, j’avais déjà introduit des dossiers à l’Oapi », a soutenu Mouhamadou Moustapha Ndiaye. Après la réception du brevet, il l’ajoute au dossier et l’introduit au tribunal qui devrait se prononcer le 26 décembre 2016. Entretemps, ceux qui lui ont piraté disent que son brevet n’est pas bon. Ce rebondissement a exaspéré les membres de l’Aspi. «  Moustapha est victime d’un vol. Le mot n’est pas fort. Comment des personnes peuvent affirmer que le brevet de l’Oapi n’est pas bon ? Or, cette instance, avant de délivrer une reconnaissance, fait un rapport d’antériorité », clame le secrétaire général de l’Aspi, Moussa Gning. La reconnaissance d’une propriété se fait à partir de la date de dépôt auprès de l’instance.

Pour les inventeurs, la vérité finira par triompher. Mais, ils ne veulent pas que les auteurs de la contrefaçon continuent de se faire de l’argent sur le dos du propriétaire de l’œuvre. « C’est une invention d’utilité publique. Il y a plus de 2.000 bus Tata qui génèrent plus de 700.000.000 de FCfa. S’il y avait une usine, les autres pays viendront importer cet appareil au Sénégal. Ce sont des devises. Des emplois seront créés. Déjà dans son unité, Moustapha Ndiaye emploie 23 jeunes. Les pays se sont développés grâce aux inventions », répète Sanoussi Diakité.

L’implication des autorités

Le Sénégalais a contracté un prêt de 35.000.000 de FCfa pour l’acquisition des machines de dernière génération pour son unité. Il court le risque de ne pas rentabiliser son investissement puisque celui que la personne garante auprès de la banque lui a intenté un procès. Ce dernière lui réclame la somme de 100 millions de FCfa. « Tous les Sénégalais doivent se lever pour défendre Moustapha Ndiaye qui est victime de la méchanceté, d’une ingratitude. Lorsqu’on détient un brevet, on a le droit d’exclusivité pour une période de 20 ans », rappelle le secrétaire général de l’Aspi. L’association sollicite l’intervention du chef de l’Etat pour protéger les inventeurs. « Le président de la République est le protecteur des arts, nous en faisons le protecteur des inventions des Sénégalais, car il accorde une attention à leurs œuvres », a lancé Sanoussi Diakité.

Auteur : Idrissa SANE – Source : lesoleil.sn

Sénégal / Mort de Dr Atta Diouf, Inventeur mondial du train électro solaire


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C’est avec une grande tristesse que les Sénégalais ont appris la mort brutale de  Docteur Souleymane Atta Diouf ce vendredi 13 janvier 2017 à Paris.

Docteur en économie, et en mathématiques, Scientifique émérite, Docteur Atta Diouf était à la fois un humaniste et un  panafricaniste.

Avec sa disparition, note Sidy Fall, coordonnateur du Msu/France, l’Afrique perd un de ses illustres fils. «Inventeur mondial du train électro solaire, membre fondateur du MSU France, digne héritier de Mamadou Dia et de Cheikh Anta Diop, Docteur Atta Diouf a été de tous les combats pour la dignité de l’homme noir et pour l’indépendance politique et économique de l’Afrique», mentionne M. Fall dans une note envoyée à Senego. Toutes les  condoléances  de Senego au Msu et à la famille éplorée.

Source : senego.com

Sénégal / Sanoussi Diakité invite l’État à protéger les inventeurs


Le président de l’Association sénégalaise pour la promotion de l’invention et de l’innovation (ASPI), Sanoussy Diakité, a invité, samedi à Dakar, l’État à protéger les inventeurs, mettant en garde contre les risques d’une dévalorisation de la propriété intellectuelle.

« Nous souhaitons attirer l’attention de l’opinion publique sur les risques de dévalorisation de la propriété intellectuelle et les risques de pertes économiques », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Cette rencontre avec la presse a été organisée en soutien à Mamadou Moustapha Ndiaye, l’inventeur d’une billetterie électronique utilisée dans le transport, victime d’une contrefaçon.

En tant que responsable moral de l’ASPI, Sanoussy Diakité a appelé les autorités à soutenir les inventeurs afin qu’ils soient protégés et que les inventions puissent être au service du développement du Sénégal.

Cette invention, dite système de solution ticketing, est enregistrée à l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), sous le numéro 17225, délivré le 30 septembre 2015, a-t-il rappelé. Ce numéro, selon lui, reconnaît à Mamadou Ndiaye le droit de détenir la propriété intellectuelle sur le système qu’il a mis au point.

Selon lui, cette invention est porteuse de progrès techniques mais aussi de performances économiques pour le Sénégal.

« Cette invention qui a permis à notre système de transport d’être révolutionné, parce que pouvant assurer le contrôle à distance, a été illégalement saisie et exploitée dans d’autres pays africains par un de ses anciens collaborateurs », a-t-il fustigé.

« Quand une invention est née dans un pays, soutient encore le président de l’ASPI, elle devient porteuse de croissance, mais faudrait-il que ça rapporte une plus-value à la croissance de notre économie et soit un moyen d’exportation de notre potentiel intellectuel », a-t-il estimé.

Mamadou Ndiaye a, pour sa part, rappelé que le projet qui lui a permis de mettre au point la billetterie électronique a été élaboré à la demande de l’Association de financement des transports urbain du Sénégal (AFTU) en 2013.

Par la suite, le projet a été poursuivi avec « un autre développeur », a-t-il poursuivi, signalant que son « model business » a été détruit.

Mamadou Ndiaye sollicite, à ce sujet, l’intervention de l’État dans cette affaire dans le cadre de laquelle il dit avoir dépensé 35 millions de francs CFA. Selon lui, « le dossier est entre les mains de la justice depuis deux ans ».

Source : www.aps.sn

Burkina Faso / Les inventeurs d’une machine capable de transformer tout déchet plastique en carburant, récompensés


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Les frères Sanfo ont remporté le premier prix de la 1re édition de la médaille «Thomas Sankara de l’innovation», récompensant les personnes qui se sont illustrées dans le domaine de l’innovation et de l’invention, a-t-on appris lundi, à l’issue de la cérémonie de distinction.

Les lauréats ont été récompensés grâce à leur invention de la machine capable de transformer tout déchet plastique en carburant, essence et Diesel entre autres.

Cette innovation a séduit les membres du jury et a permis aux inventeurs de remporter la médaille d’or, accompagnée d’un prix d’une valeur d’un million de FCFA. En outre, chaque inventeur a reçu une attestation de reconnaissance.

Le 2e Prix d’une valeur de 750.000 FCFA a été remporté par un architecte, Diébédo Francis Kéré. Celui-ci a mis en place un habitat utilitaire, un microclimat fonctionnant sous climatisation naturelle.

Quant au 3e prix, il est revenu à Jean Pierre Dondassé, avec son incinérateur écologique. Il a décroché la médaille de Bronze avec une enveloppe de 500.000 FCFA.

Pour cette première édition de la compétition qui a connu son apothéose le vendredi 23 décembre dernier, huit candidats ont été présélectionnés.

Ces inventeurs et innovateurs ont été présélectionnés sur la base de l’originalité de l’invention ou de l’innovation, son utilité publique, la facilité d’utilisation, les perspectives de l’invention et le critère humain de l’œuvre.

Selon le promoteur, Boukaré Bara, la médaille «Thomas Sankara de l’innovation» va à l’encontre de ceux qui pensent que l’Africain n’est pas capable d’inventer et d’innover.

La manifestation vise à distinguer et mettre en lumière des personnes qui ont posé des actes allant en droite ligne avec la philosophie du père de la révolution burkinabè, le capitaine Thomas Sankara qui dirigé le Burkina Faso de 1983 à 1987.

Cette première édition a été financée par la diaspora burkinabè en Allemagne et se limite pour l’instant aux candidats Burkinabè. Mais à l’avenir, cette médaille se voudra panafricaine, voire mondiale.

La deuxième édition est prévue le 21 décembre 2017 et les inscriptions seront ouvertes à partir du 15 janvier 2017.

Source : www.apanews.net

FRSIT 2016 : Ils ont fabriqué des tisserands et forages solaires


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La machine solaire à tisser de Kwaku Newlove Issa.

Le Forum national de la recherche scientifique et des innovations technologiques (FRSIT) bat son plein à Ouagadougou. Ouvert depuis le 19 novembre 2016, le forum innove cette année avec des espaces spécialisés où l’on peut trouver des exposants de tout bord. « C’est la diversité qui fait la différence cette année », dira un visiteur. Burkina 24 y a fait un tour le 22 novembre 2016. Le moins que l’on puisse dire, c’est que chaque édition du FRSIT est un plus par rapport aux précédentes éditions. Zoom sur trois innovations dans le domaine solaire exposées au siège du FESPACO.

Ce qui est donné à voir au siège du FESPACO est encourageant même s’il faudrait des améliorations, à écouter des exposants, des visiteurs et certains responsables de structures de la recherche scientifique. L’on se rend compte que de plus en plus, la recherche est en train de dépasser le simple stade du laboratoire pour mettre à la disposition des populations des technologies simples, utiles et adaptées à leurs besoins.

Ainsi, au niveau des espaces-expositions, l’on s’aperçoit que plusieurs domaines d’activité au Burkina tels que l’agriculture, la santé, l’éducation, l’énergie, etc. sont couverts par les résultats de recherche.

Ousmane Maïga est juriste. Il se présente en tant que Conseiller de Afri-Tech, une structure composée d’un groupe d’étudiants qui cherchent mais aussi qui trouvent. Le groupe assure la formation dans les domaines de l’énergie solaire, de l’électricité industrielle, des études techniques de redimensionnement.

Afri-Tech est également spécialisée dans les domaines de la climatisation, de l’irrigation goutte à goutte, d’impact environnemental, la conception et la réparation de fours, de cuiseurs, de chauffe-eaux solaires, etc. Le groupe d’étudiants fait aussi de l’audit énergétique.

Ousmane Maïga expose au FRSIT entre autres un prototype dénommé SmartElect. « C’est un système que nous avons commencé à mettre en place pratiquement il y a seulement quelques mois », confie le jeune juriste de formation.

Le prototype SmartElect est un système intelligent d’économie d’énergie à la manière des « maisons connectées ». Le système équipé d’une carte SIM et connecté à Internet permet de réduire considérablement la consommation d’énergie notamment dans les bâtiments publics.

Des étudiants burkinabè conçoivent un système intelligent d’économie d’énergie

Kushiator Newlove Kwaku Issa dit Providence, directeur général du Bureau de recherche et de transfert de technologie (BRTT), l’inventeur des feux tricolores solaires, participe également au FRSIT. Cette fois-ci, l’expert en énergie renouvelable revient avec bon nombre d’innovations : Châteaux d’eau, bassins d’eau, canalisations, irrigation par aspersion, machines à pluie, chargeurs de batteries, moteurs électriques, accessoires électriques, etc.

Kushiator Newlove Kwaku Issa craint une crise énergétique dans les années à venir à travers le monde. Pour affronter cette crise, le jeune inventeur de la trentaine d’années propose des appareils fonctionnant à l’énergie renouvelable notamment solaire au nombre desquels le « tisserand électrique solaire ».

« C’est un prototype de machine à tisser automatique. L’objectif principal d’une telle invention est de rendre le pagne traditionnel, le Faso Danfani, disponible en quantité, en qualité et à un prix compétitif. Et pour ce faire, nous devons avoir des machines capables de tisser des milliers de pagnes par jour », explique Kushiator Newlove. Ce prototype conçu depuis 2014 (FRSIT annulé cette année), achevé, pourrait coûter environ 1.500.000 FCFA. Il peut, selon son concepteur, tisser jusqu’à un 1,20 mètre de large.

Burkina : Il invente une machine solaire capable de tisser des milliers de pagnes par jour

Un autre expert en énergie solaire, présent à ce FRSIT : Abdoulaye Ilboudo. Il est le Chargé des opérations de l’entreprise « Buy-US LLC SARL » qui fournit et installe des systèmes solaires modernes. Abdoulaye Ilboudo et son équipe ont mis en place un système de pompage d’eau (forage) solaire qu’ils présentent au FRSIT dont l’unité peut coûter environ 1.200.000 FCFA.

La particularité de ce système est qu’il est mobile, économique et peut servir toute la société. Un produit qui reflète convenablement le thème du FRSIT 2016 : « Adaptation et résilience au changement climatique pour un développement durable : Place et rôle de la science, de la technologie et de l’innovation ».

Auteur : Noufou KINDO

Source : www.burkina24.com

Abdoulaye Touré, un ingénieur dans le champ de captage de l’énergie solaire


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L’ingénieur Abdoulaye Touré, déjà grand prix du chef de l’État pour les inventions (1998), sera élevé au grade de Chevalier de l’ordre national du Lion le 12 novembre 2016. Le même jour, il s’envolera pour la Cop 22, à Marrakech, où il devrait recevoir une autre distinction pour son apport à la réduction de la dégradation des écosystèmes et à la préservation de la santé des femmes du monde rural. Ce Sénégalais a mis au point un système de stérilisation de l’eau dans les années 72, puis une cuisinière solaire. Cette invention est suivie d’un four solaire en 1990, d’une pompe solaire en 1998, d’un lampadaire solaire en 2013 et d’un kit solaire.

L’enseignant Abdoulaye Touré ne se résigne pas devant une épidémie. Entre les années 1973 et 1974, les villages situés le long du fleuve Sénégal, dans l’actuelle région de Matam, avaient connu des épisodes de diarrhées liées à l’insalubrité de l’eau. En se fondant sur ses leçons de physique enseignées en classe de 4e, le natif de Mékhé conçoit, à la surprise générale, un mécanisme de stérilisation de l’eau en milieu rural. « Vous savez que le noir attire la chaleur. Les rayons du soleil sont captés à travers un vitrage, la surface noire transforme ces rayons en chaleur.

Celle-ci est séquestrée sous l’effet de serre. C’est avec cette chaleur de 70° que nous sommes parvenus à avoir une eau potable », raconte l’ancien directeur de l’école élémentaire Sinthiou Garba. Il s’est mis alors au travail. Et au bout de quelques années, il sort une cuisinière, puis un four, tous deux alimentés par le solaire. Ces inventions étaient des cadeaux du ciel dans ces zones sylvo-pastorales au milieu des années 93. Les femmes s’appropriaient l’invention avec l’aide de la coopération suisse. Le succès du four traverse vite les frontières du Sénégal. Il sera expérimenté au Burkina Faso. Durant ces années, l’enseignant est sorti de l’anonymat grâce aux articles publiés dans « Le Soleil ». « Si je suis connu à travers le Sénégal et dans le monde, c’est grâce au « Soleil » qui a fait les premiers reportages sur mes inventions », reconnaît Abdoulaye Touré qui a remercié l’Aspit.

Les gains écologiques d’un four

C’est durant cette période qu’il quitte le Fouta pour la capitale. L’enseignant était venu préparer une nouvelle carrière. De retour à Dakar, il servira comme directeur à l’école Bara Guèye de Yarakh Hann. Il se consacre également à une de ses passions : la création. Le Fonds mondial pour l’environnement (Fem) qui a reconnu les retombées écologiques de ses travaux a soutenu ses œuvres. Le temps de cuisson d’un kilogramme d’aliments est de 2 heures 30 à 3 heures. « Le “ four ” capte les rayons solaires pour les transformer en chaleur. Il s’agit de concentrer les rayons dans la caisse en aluminium, le foyer logé dans une autre caisse plus grande et isolée avec des éléments séchés, comme des coques de menuiserie, pour que l’enveloppe externe ne chauffe pas », explique le concepteur.

Un lampadaire et une pompe solaires made in Sénégal

Un double procédé de captage. Un couvercle en double vitrage placé au-dessus du foyer capte les rayons. C’est la première étape. Dans une seconde phase, un réflecteur, un panneau recouvert de papier argenté, emprisonne la chaleur, augmentant ainsi la température du four. « Le four solaire n’a aucun impact négatif sur l’environnement. Il exploite l’énergie solaire et ne nécessite pas de bois de chauffe, de charbon ou d’’électricité. Donc, il contribue à la réduction de la déforestation », fait remarquer Abdoulaye Touré.

L’ingénieur électromécanique est connu pour son obsession de vouloir sortir les ménages du monde rural de la précarité et des ténèbres. Il a fabriqué, depuis 2013, un lampadaire solaire qui s’allume au coucher du soleil et s’éteint au lever du soleil. Ne voulant pas se limiter à l’éclairage public, Abdoulaye Touré fabrique alors un kit solaire qui règle l’équité en termes d’accès à l’énergie. L’auteur ne se fait pas d’illusion, il faudra du temps pour que l’Etat fournisse de l’énergie partout et pour tous. « La production et le transport de l’énergie coûtent cher. L’État n’a pas les moyens de raccorder tous les villages.

Dans la suite de ces inventions orientées vers l’exploitation de l’énergie solaire, l’ingénieur a mis au point une pompe solaire d’une capacité moyenne de 2m3/h. « La pompe, modulable suivant les besoins et la profondeur des puits traditionnels, est alimentée par un générateur électrique solaire installé sur une charrette. Ceci permet d’éviter les vols de panneaux et des accessoires solaires. Nous ne pouvons pas avoir une agriculture moderne sans une maîtrise des technologies de mobilisation de l’eau », défend l’enseignant.

Une série de distinctions

La pompe solaire d’Abdoulaye Touré a remporté le premier Grand prix du président de la République pour l’invention et l’innovation en 1998 et le Prix du Centre international pour la création de l’entreprise en Afrique en 1999. L’inventeur sera aussi primé à la Techno-foire à Tambacounda en 2001. Il est invité à la Cop 22, à Marrakech, par le Projet initiatives climat et est nominé « aux trophées Initiatives Climat Cop 22 ». Le projet « Initiatives climat » est porté par la coopération suisse, l’Institut de la Francophonie pour le développement durable, le Programme des Nations unies pour le développement et le projet Dinika de l’Union européenne.

Abdoulaye Touré qui sera élevé au grade de Chevalier de l’ordre national du Lion pour service rendu à la nation le 12 novembre 2016 au King Fahd Palace. Le même jour, il s’envolera pour la Cop 22, à Marrakech, au Maroc, pour recevoir une autre distinction.

Auteur : Idrissa SANE

Source : www.lesoleil.sn