LA PRAIRIE – Le prix de l’essence vous fait rager ? Ce n’est pas le cas de Paul Laprade à qui il en coûte moins de 1$ pour parcourir une distance de 10 km avec le tout nouveau véhicule électrique.
Chose promise chose due puisque le Laprairien avait assuré Le Reflet, l’an dernier, qu’il sortirait cet été une auto électrique capable de rivaliser avec celles à essence. La Silence est le premier véhicule du genre de conception et fabrication totalement québécoises.
Pour supporter le moteur électrique, l’ordinateur et les 16 batteries standards nécessaires pour faire fonctionner celui-ci, M. Laprade a utilisé le châssis et la coque en fibre de verre du T-Rex, un véhicule à essence qui existe depuis 10ans.


La Silence est une auto aux courbes aérodynamiques. (Photo – Paul Laprade)
Vous êtes sceptiques quant à son l’efficacité ? Sachez qu’il passe de 0 à 100 km/h en seulement quatre secondes et qu’il peut atteindre une vitesse de croisière de 160 km/h.
Le bolide à trois roues et six vitesses à transmission manuelle a une autonomie de 100 km. Pour lui redonner du jus, opération qui dure environ quatre heures, M. Laprade utilise un chargeur de 110 volts.
Pas de quoi faire un voyage jusqu’en Gaspésie, direz-vous. Peut-être, mais Paul Laprade affirme que son bolide fait figure de deuxième véhicule familial très commode. Selon lui, « 99% des déplacements que l’on effectue sont de moins de 80 km, comme aller faire l’épicerie, se rendre au travail ou visiter la famille et les amis. » Ainsi, une demi-journée au bureau est amplement suffisante pour permettre aux batteries de « refaire le plein ».
Fiche technique
Selon le diplômé du cégep du Vieux-Montréal en technique d’analyse et d’entretien mécanique, sa bagnole aux courbes aérodynamiques est beaucoup plus intéressante qu’un véhicule hybride. Contrairement à celle-ci dont le prix à l’achat ne rentabilise pas le peu d’économie d’essence effectué, la Silence ne coûterait que 150 $ par année en électricité.
De plus, le rendement de son moteur est de 100 % alors que celui à essence est seulement de 20%, la majorité de l’énergie produite par la combustion étant perdue en chaleur.
Parce que ce dernier est directement connecté à un ordinateur, l’invention de M. Laprade ne nécessite pas de transmission. Elle n’a pas non plus de cardans, ni de différentiel. « Les seuls entretiens à faire, sont de changer les pneus, les freins, les amortisseurs et les batteries à tous les 7 ans, tout ce qui relève de l’usure normale », assure le concepteur. Adieu les changements d’huile !
Commercialisation
Pour le moment, la Silence ne sera pas mise sur le marché avant la fin de 2007. Le concepteur, qui a à son actif plusieurs invention du genre et plus de 10 ans d’expérimentations de véhicules électriques derrière la cravate, entend offrir son deux places pour environ 40 000$ selon les composantes en option.
Il s’agit d’un prix raisonnable, compte tenu que la Tesla produite par Lexus, se détaille minimum 100 000 $ américains. C’est cependant encore trop pour bien des Québécois qui comparent l’automobile électrique à qui fonctionnent à l’essence. C’est pour quoi M. Laprade compte offrir son bolide aux Californiens.
« Selon une étude, s’ils en avaient la possibilité, le tiers de Californiens achèteraient une auto électrique, affirme-t-il. Ils ne se sentiraient pas coupables parce que ça n’engendre aucune pollution. »
L’homme de 36 ans explique qu’ils habitent dans une vallée où il y a beaucoup de gaz à effet de serre et de smog et sont donc très sensibilisés à la pollution. Le Laprairien compte plier bagages et partir quelques mois là-bas afin d’étudier le marché. Selon les besoins des consommateurs, il modifiera son bolide pour y ajouter une troisième place, plus d’espace de rangement ou pour en fermer l’habitacle afin d’affronter le rude hiver canadien.
Auteur : Véronique Asseli
Source : www.hebdos.net/lrd/
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