L’innovation au Portugal


Au cours de ces 20 dernières années, le Portugal a considérablement évolué en termes d’innovation, notamment en terme d’investissement en R&D, les dépenses sont passées de 0,3% du PIB dans les années 80 à 0,8% du PIB.

1. Les principaux indicateurs de l’innovation

Le European Innovation Scoreboard (EIS) indique que le Portugal est passé du groupe des pays les « plus en retard » en 2001, au groupe des pays « en voie de récupération », en 2005. Cet croissance relativement lente s’explique par l’important retard que le Portugal avait accumulé.

De plus, le Portugal a gagné deux places au classement du « Lisbon Scorecard » qui analyse les comportements d’indicateurs de performance, relatif à l’Agenda de Lisbonne, des 27 pays de l’UE ; de la 18ème, il est passé à la 16ème position.

Toutefois, cet effort reste insuffisant face à la progression de l’union européenne, comme le prouve les dernières données de l’Enquête sur le Potentiel Scientifique et Technologique National (IPCTN 2003) qui démontrent la faible performance du Portugal relativement aux dépenses en R&D en% du PIB et l’insuffisante participation du secteur d’entreprise dans la performance nationale de R&D par rapport à l’union européenne.

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2. Le rôle de l’État

Au Portugal comme en Europe, la politique d’innovation n’a jamais autant lié à la croissance de la compétitivité. L’État portugais joue un rôle primordial pour la création d’un climat favorable à l’innovation, et met en œuvre des actions de stimulation, de coordination, d’accompagnement et d’aide à des actions et d’initiatives du secteur privé, mais également de diffusion de l’innovation et de transfert de technologie.

L’objectif du gouvernement portugais, d’ici 2010, est d’atteindre 1% du PIB en investissement public pour la science et la technologie, 5,5 chercheurs pour 1000 actifs et tripler l’investissement privé en Recherche et Développement.

Pour atteindre cet objectif, le gouvernement a mis en place des politiques et programmes, tels que les programmes MIT- le Portugal et CMU – le Portugal, Science 2007, Programme Opérationnel « Science et Innovation 2010 » (POCI), Programme Opérationnel pour la Société des Informations (POSI), Programme Opérationnel ‘Science, Technologie et Innovation’ (POCTI), Cadre de Référence Stratégique National (QREN).

L’ensemble de ces mesures s’inscrit dans l’ « engagement pour la science », sorte de loi-cadre 2006-2010, votée par le parlement en avril 2006.

3. Le rôle des entreprises

Les résultats de l' »Enquête Communautaire sur l’Innovation » (CIS), réalisée entre 2002-2004, au Portugal permettent de comprendre le comportement des entreprises en termes d’Innovation. 40% des entreprises ont déclaré avoir innové pendant cette période. Les entreprises ont dépensé 2.827 millions d’euros en innovation et 70% de ce montant était dédié à l’achat de nouveaux équipements et software et 24% aux activités de R&D.

Le taux d’innovation des entreprises innovantes est très varié selon les secteurs d’activité : 100% des services d’activités économiques de la Recherche et Développement, puis 78% dans le domaine de la poste et des télécommunications, 75% en Informatique ou activités liées à l’informatique. Au contraire, les industries du textile et du cuire sont les secteurs les moins innovants. Les entreprises innovantes sont situées majoritairement dans la région Centre du Portugal (46%) et à Lisbonne (44%), devant l’Algarve (29%) et Madère (33%).

34% des entreprises innovantes ont déclaré que le manque de connaissance est le principal obstacle à l’innovation au Portugal. 29% des entreprises innovantes ont déclaré que les informations relatives aux concurrents et aux entreprises dans le même secteur sont des indicateurs très importants pour le développement de projets innovants. De même, les sources institutionnelles et gouvernementales et universitaires ont été citées comme hautement importantes par respectivement 18 et 19% des entreprises innovantes.

Les entreprises portugaises sont peu réceptives à travailler avec des entités externes. Seules 28% des entreprises portugaises travaillent en collaboration avec les universités et celles-ci sont davantage réactives et peu proactives en termes d’innovation, ce qui s’explique par le peu de temps que les chefs d’entreprises consacrent aux questions d’innovation.

4. Le Portugal enregistre une croissance en terme de Science et Technologie

Par ailleurs, le Portugal enregistre une croissance en terme de Science et Technologie. Ainsi, le nombre de boursiers de la Fondation pour la Science et la Technologie (FCT) est passé de 5000 à 5800, le nombre de doctorats a augmenté de 1180 à 1250 entre 2005 et 2006 et la production scientifique nationale a augmenté de 15% entre 2005 et 2006.

De même, le nombre des brevets enregistrés a augmenté de 18% entre 2005 et 2006, et il dépasse actuellement la barrière des 200 brevets nationaux. Cependant, les chiffres de l’Institut National de la Propriété Industrielle révèlent que le Portugal protège peu l’innovation par rapport à la moyenne européenne.

Si auparavant les brevets étaient enregistrés principalement par des inventeurs individuels, ce sont aujourd’hui les universités et les start-up qui en enregistrent le plus. Les universités ont triplé la protection de leur invention, passant de 25 brevets nationaux en 2005 à 83 en 2006. En 2005, l’Institut Supérieur Technique (IST) est l’entité qui a enregistré le plus grand nombre de brevets nationaux, suivi des universités du Minho et d’Aveiro.

34% des brevets sont déposés par les universités contre 28% pour les entreprises, ce qui s’explique par la mise en place de Cabinets de soutien à la promotion de la propriété intellectuelle au sein des universités (GAPI).

Selon le Professeur Manuel Laranja, Chargé de la coordination national de la stratégie de Lisbonne et du Plan technologique, l’évolution du Portugal en terme d’innovation nécessite une nouvelle politique d’innovation pour d’une part, renforcer la relation entre entités publiques et privées, ainsi qu’entre les différents acteurs du système national d’innovation, d’autre part pour encourager les entreprises, et pas seulement les entreprises technologiques, à innover et à participer aux activités de R&D plutôt que d’être simples consommateurs, enfin pour lutter contre le clivage qui existe entre les politiques scientifiques et les politiques de l’économie et de l’innovation pour un transfert de technologie plus efficace.

Pour en savoir plus, contacts : GPEARI – Gabinete de Planeamento, Estratégia, Avaliação e Relações Internacionais, MCTES – Ministério da Ciência, Tecnologia e Ensino Superior – Rua das Praças, 13b, R/C Esq., 1200-765 Lisboa – tél : (+351) 21 392 60 00, fax : (+351) 21 395 09 79 – email : geral@estatisticas.gpeari.mctes.pt

Auteur : Elodie Jullien

Source : www.bulletins-electroniques.com


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