Article de presse

NeuroCité : un projet à haute valeur ajoutée


Les recherches en santé bénéficient, par définition, aux malades. Parallèlement toutefois, elles génèrent une grande activité économique. Le projet de NeuroCité qui voit le jour dans le secteur D’Estimauville veut précisément intégrer toute cette activité en un seul et même endroit, Québec.

Voici un modèle : un chercheur, appuyé par son équipe et le centre de recherche universitaire où il travaille et enseigne, fait une découverte importante, publie ses résultats, donne quelques conférences et retourne à ses travaux.

Voici un deuxième modèle : le même chercheur, dans les mêmes circonstances, fait la même importante découverte. Avant de publier les résultats de ses recherches, il les fait breveter. Il vend ce brevet à une compagnie qui se charge du développement en vue d’une application clinique. Ou mieux encore, il crée sa propre compagnie et trouve des partenaires pour développer et ultimement appliquer sa découverte.

Dr_Michel_Maziade

Le Dr Michel Maziade, président-directeur général de la Neurocité, pilote un projet qui devrait générer des investissements de 250 M$ sur un horizon de 10 ans.

Si le premier modèle est tout aussi valable que le second au point de vue de l’avancement des sciences, il laisse à d’autres le soin de récolter les possibles retombées économiques d’une découverte. Un peu à l’image d’autres secteurs d’activités, la transformation de la matière première génère souvent beaucoup plus de richesse que sa «simple» extraction. Et, dans le cas des sciences, ce n’est pas de la transformation, mais de l’invention, ce qui génère encore plus de richesse.

«Au Canada, en proportion de notre population, nous publions dans les meilleurs journaux scientifiques autant que les chercheurs américains, mais nous déposons seulement 10% des brevets par rapport à eux, constate le Dr Michel Maziade, président-directeur général de la NeuroCité. Donc, nous n’attirons pas la richesse au pays à la hauteur de nos investissements en recherche.»

«C’est précisément l’un des objectifs que poursuit la NeuroCité, continue M. Maziade. Nous voulons développer une nouvelle façon de faire et implanter chez nos chercheurs une nouvelle mentalité de breveter. Il faut les habituer à ça, sinon ils vont publier et ne penseront pas nécessairement à loger un brevet.»

Pour créer cette mentalité, la NeuroCité comptera sur un ou deux «Ph. D. » qui rencontreront les chercheurs pour détecter les possibilités de brevet et évaluer lesquels ont un potentiel économique et méritent d’être développés ici.

«Il faut que le chercheur apprenne l’entrepreneuriat, insiste le directeur scientifique et fondateur du Centre de recherche Université Laval Robert-Giffard (CRULRG). Il est déjà entrepreneur au point de vue scientifique, mais il faut qu’il le devienne aussi pour attirer la richesse et rentabiliser la taxe du citoyen.»

Le cœur de la NeuroCité sera donc le CRULRG, dont les installations seront remplies à pleine capacité dans deux ans. «Nous sommes présentement une cinquantaine de groupes de recherche et de laboratoires comptant environ 400 personnes. Au Centre, nous sommes trop de bons chercheurs par rapport aux fonds disponibles et nous n’avons pas assez d’argent pour détecter les possibilités de brevet et les déposer [il en coûte 150 000$ pour déposer une demande de brevet]. C’est un potentiel de plusieurs millions de dollars qui n’est pas exploité à sa pleine mesure.»

Ce problème se retrouve dans tous les grands centres de recherche du pays et la solution que propose M. Maziade éveille donc l’intérêt de nombreux acteurs, dont les divers gouvernements.

«Il faut faire attention toutefois. Notre projet n’est pas là pour remplacer le système universitaire en place. Le privé ne remplacera pas le public. Mais, l’Université Laval et l’hôpital universitaire ne peuvent plus soutenir la croissance du Centre. Nous devons donc trouver de nouvelles façons de faire et puisqu’on grossit, pourquoi ne pas intégrer toutes les étapes, du laboratoire au lit du patient ?»

Aux côtés du CRULRG se retrouveront donc des compagnies se chargeant du développement des brevets en vue d’une application et des firmes réalisant la recherche clinique pour s’assurer de l’effet thérapeutique du nouveau médicament ou traitement. Le tout créant une masse critique d’activité scientifique et économique qui attirera des pharmaceutiques et des entreprises de haute technologie. La boucle sera bouclée et la région bénéficiera de la majorité des retombées économiques générées par les travaux de recherche des scientifiques de la NeuroCité.

Auteur : Jean-Pascal Lavoie

Source : www.quebechebdo.com

C'est à vous !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.