Le secteur des technologies non polluantes attire un grand volume de ces capitaux.
L’innovation ne découle pas seulement d’une excellente idée et d’un dur labeur. Il est nécessaire de disposer de capitaux pour l’exploiter, et en général les banques ne sont pas disposées à financer la création d’entreprises qui présentent de grands risques. C’est là où les spécialistes du capital risque entrent en jeu.
C’est grâce à ces spécialistes qu’un grand nombre d’innovations ont été mises sur le marché. Sans eux, elles seraient restées au stade de projet dans les laboratoires de chercheurs et dans l’esprit d’innovateurs, a déclaré la vice-présidente de l’Association nationale des spécialistes du capital risque (National Venture Capital Association ou NCVA), Mme Emily Mendell, lors d’une interview.
Les spécialistes du capital risque, a-t-elle dit, recherchent des technologies qui bouleversent le statu quo, car c’est là où on peut faire le plus d’argent. Un grand nombre d’entre eux sont d’anciens scientifiques et des créateurs d’entreprise qui sont capables de découvrir les meilleures occasions.
Microsoft, Apple, Intel, Genentech, Google, eBay, Cisco, AOL et Amgen figurent parmi les sociétés qui ont démarré grâce à des capitaux à risque. En 2006, les entreprises financées au moyen de capitaux à risque comptaient 10,4 millions de salariés, et leur chiffre d’affaires a atteint 2,3 billions de dollars, ce qui représente 9,1 % de l’ensemble des salariés du secteur privé et 17,6 % du produit intérieur brut des États-Unis, d’après la NCVA.
À la recherche d’une forte croissance, les spécialistes du capital risque s’intéressent depuis longtemps aux secteurs de l’informatique et de l’électronique, en particulier aux entreprises qui fabriquent des logiciels et également à celles qui sont actives sur l’Internet et qui sont spécialisées dans les semi-conducteurs et dans les technologies sans fil. Au cours des dix dernières années, les entreprises du secteur des sciences de la vie, notamment la biotechnologie et les appareils médicaux, ont enregistré une forte croissance.
« Au cours de l’année écoulée, a-t-elle dit, c’est le secteur des technologies non polluantes qui a connu la croissance la plus rapide parmi les entreprises financées par les spécialistes du capital risque. Il s’agit d’entreprises qui innovent dans des domaines tels que les énergies de remplacement et les énergies renouvelables, la réduction de la pollution et les économies d’énergie, le recyclage et la production d’électricité au moyen de techniques plus perfectionnées et plus durables. Il s’ensuit que le secteur du capital risque est bien en mesure d’aider notre planète dans ces domaines très importants. »
Qu’est-ce qui rend une entreprise risquée ?
« Les spécialistes du capital risque recherchent en général des entreprises qui viennent de voir le jour et qui n’ont pas souvent un plan d’entreprise ou des installations. Parfois, l’entreprise n’en est qu’au stade de l’idée ; parfois, c’est un projet issu d’un laboratoire d’université ou d’État », a indiqué Mme Mendell.
Contrairement aux autres catégories d’investisseurs, le spécialiste du capital risque non seulement investit de l’argent, mais aussi collabore avec la direction de l’entreprise en lui fournissant des conseils et le savoir-faire qui peuvent l’aider à réussir. « Les spécialistes du capital risque occupent presque toujours un siège au sein du conseil d’administration de la nouvelle société et veillent à ce que celui-ci adopte les stratégies les meilleures. Les investissements effectués à l’aide de capitaux à risque sont presque toujours réservés à la recherche et au développement, à la commercialisation, à l’embauche de salariés et à l’accroissement du chiffre d’affaires, c’est-à-dire à l’expansion de la société. »
À ses débuts, la nouvelle société ne fait guère de bénéfices et consacre de grandes quantités d’argent à son développement. Selon Mme Mendell, les investissements à l’aide de capitaux à risque ont en général une durée de cinq à dix ans, si ce n’est plus et rarement moins. Pendant cette période, et en général jusqu’à ce que l’entreprise se transforme en société anonyme en émettant des actions ou jusqu’à ce qu’elle soit acquise par une société plus grande, les investissements du spécialiste du capital risque n’ont aucune valeur monétaire.
Sur les quelque 11.000 entreprises financées au moyen de capitaux à risque dans les années 1990, environ 14 % sont devenues des sociétés anonymes et 33 % ont été acquises par d’autres sociétés, ce qui a permis aux investisseurs de faire des bénéfices.
D’où viennent les capitaux à risque ?
Les capitaux à risque proviennent principalement de grands investisseurs institutionnels, tels que les caisses de retraite publiques et privées, les fondations et dans une moindre mesure les personnes très riches. « Ces investisseurs, a dit Mme Mendell, placent leur argent dans une société en nom collectif créée avec un établissement de capital risque. Cette société se compose d’associés qui sont responsables des capitaux investis dans une entreprise présentant de grands risques. » Les investisseurs cherchent à obtenir un taux de rendement bien supérieur à celui qu’ils obtiendraient en Bourse pour leurs capitaux.
Si la plupart des capitaux à risque sont investis aux États-Unis, les spécialistes américains du capital risque s’intéressent de plus en plus à des entreprises à l’étranger, notamment en Chine, en Inde, en Israël, en Europe de l’Est, en Asie du Sud-Est et au Canada. Ils suivent les créateurs d’entreprise et vont donc là où de grandes idées sont mises en pratique, a-t-elle fait remarquer.
Ce genre d’investissements, a-t-elle ajouté, est essentiel à l’innovation, à l’efficacité et à l’amélioration des techniques et des produits. Seuls les spécialistes du capital risque sont disposés à investir dans des entreprises risquées et ils le font d’une manière particulière et utile en collaborant avec le créateur d’entreprise pour donner vie aux meilleures idées.
Auteur : Jeffrey Thomas
Source : usinfo.state.gov/fr/
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