Le futur vu par Hewlett-Packard


HP vous évoque sûrement des ordinateurs et des imprimantes sagement rangés sur les rayons d’un grand magasin ou installés sur un bureau. Pour concevoir de nouveaux produits, la société doit continuellement inventer les technologies de demain. C’est le travail de ses 600 chercheurs répartis dans 7 labos autour du monde. Visite dans le HP Lab de Bristol, en Angleterre.

Présentation

On ne pénètre pas comme ça dans les labos où une multinationale conduit la recherche qui déterminera son futur. Si HP avait invité une poignée de journalistes européens, c’était pour leur raconter comment la compagnie compte piloter l’innovation dans les années à venir.

« Nous sommes sur le point de vivre un nouveau grand changement et il sera encore plus fort que le bouleversement du Web », annonce Prith Banerjee, le grand chef de la recherche chez HP venu spécialement du quartier général de Palo Alto en Californie. Ses chercheurs doivent donc changer de braquet pour inventer les technologies et les produits qui nous aideront dans un monde plus connecté et rapide.

Parmi les grands changements que HP voit se dessiner, on voit un monde inondé d’informations qui aura besoin d’outils plus sophistiqués pour trouver une aiguille dans un tas de foin, un monde où nous nous connecterons depuis une multitude de machines en voulant que le système s’adapte à nos besoins du moment, un monde aussi où l’informatique aura un rôle à jouer dans la préservation de l’environnement.

Toutes les pistes poursuivies par les chercheurs ne se transforment pas nécessairement en produits que nous tiendrons un jour dans la main. Encore que, un des objectifs de HP étant d’obtenir moins de « déchets » et plus de produits commercialisables rapidement. En tout état de cause, voici quelques démos de projets bien avancés que nous pourrions utiliser dans un avenir pas si lointain. Certaines sont même déjà disponibles en test.

Imprimer dans les nuages (Cloudprint) avec un téléphone portable

L’informatique « dans les nuages », vous la pratiquez peut-être sans le savoir. Quand vous vérifiez vos messages dans Gmail ou que vous téléchargez des photos dans Flickr, vous êtes dans les nuages. Vous accédez à des informations hébergées sur Internet. Rien n’est stocké sur votre machine. HP qui n’oublie pas sa longue histoire dans l’impression et propose déjà en test un service pour faire envoyer un document à imprimer sur des imprimantes connectées où que vous vous trouviez. Pour cela, télécharger le document sur le site HP IdeaLab à l’avance suffit. Quand vous avez besoin d’imprimer le document, vous utilisez votre mobile pour vous connecter au site et trouver une imprimante quelque part dans les parages. Vous recevez un SMS vous avertissant que votre impression est prête et vous la récupérez (gratuitement ou non selon le propriétaire de l’imprimante en question).

Plusieurs vies sur le même ordinateur (Trusted Converged Client)

Comme vous, HP constate que la frontière entre vie privée et vie professionnelle s’estompe. Peut-être consultez-vous votre compte en banque ou votre compte Facebook sur votre PC au bureau. Le soir, vous finissez un projet de travail à la maison. Pour résoudre les problèmes de sécurité que ce mélange des genres fait courir à l’entreprise, HP propose une technologie qui s’appelle la virtualisation pour créer sur une seule machine plusieurs compartiments sécurisés. Ainsi, chaque facette de votre vie pourrait coexister sur une même machine sans compromettre les autres. Cette technologie aurait l’avantage de limiter la contamination par des codes malicieux ou les attaques de phishing, par exemple.

Toujours plus loin dans la cryptologie (Quantum Key Distribution)

Les attaques des cyber-criminels sont de plus en plus sophistiquées. Pour lutter contre la fraude à la carte de crédit, HP a imaginé un prototype de cryptographie quantique. Les codes très sophistiqués ne seraient utilisés qu’une fois. On récupérerait de nouvelles clés dans des guichets automatiques sur nos téléphones portables pour nous identifier auprès d’un site de vente ou même entrer dans un bâtiment qui auraient le code correspondant. Cette technologie permettrait entre autres de contrer la méthode des faux guichets automatiques qui récupèrent les numéros de cartes. La technologie est un peu complexe, mais il est rassurant de savoir que quelqu’un y réfléchit.

La rue comme jeu vidéo (mscapes)

Mscape est une technologie amusante et déjà disponible. Pour en profiter, il faut avoir un téléphone ou un PDA avec un système GPS et avoir installé un logiciel qui permet de télécharger une sorte de carte du monde réel. En se promenant dans le paysage, on déclenche des événements voulus par le créateur du jeu ou de la visite – vous et moi. Un commentaire, une musique, une action. Parmi les exemples déjà réalisés, une visite de deux heures dans le parc national de Yosemite en Californie ou un jeu consistant à organiser une évasion de la Tour de Londres. Environ 200 « mscapes » ont été créés et mis à disposition sur le site.

Trier les photos par visage (FaceBubble)

Cette façon originale, mais évidente à la réflexion, de trier ses photos numériques pourrait être disponible bientôt sur SnapFish Lab, la partie expérimentale du site de partage de photos de HP. Il s’agit d’indiquer au système les personnes que vous voulez identifier dans vos photos en fournissant une photo type et un nom. L’outil analyse le visage grâce à une technique de reconnaissance faciale et part ensuite chercher les photos qui contiennent ce visage. Toutes les photos d’une personne sont groupées au sein d’une bulle, plus ou moins grosse selon la fréquence avec laquelle la personne figure dans votre collection. Ce qui est le plus bluffant, c’est que FaceBubble peut chercher des photos dans lesquelles se trouvent deux personnes données. Ce n’est pas révolutionnaire, mais cela simplifie grandement la vie quand on croule sous des centaines de photos.

Auteur : Isabelle Boucq

Source : www.erenumerique.fr

Des brevets à la pelle à Montréal


Si Montréal peut se targuer de détenir le plus grand nombre de brevets au Canada, c’est en raison de la présence de 11 établissements universitaires et de nombreuses entreprises de haute technologie sur son territoire, estime Christian Bernard, économiste à Montréal International.

«Montréal a un potentiel d’innovation extraordinaire», assure l’expert, principal auteur des Indicateurs d’attractivité publiés récemment par l’agence chargée de la promotion de la métropole à l’échelle internationale.

Plus de 690 brevets sont actuellement détenus à Montréal, par des entreprises, des universités et des particuliers, ce qui représente plus de 80% de l’ensemble des brevets détenus au Québec. Ce sont surtout les nombreuses «grappes» de hautes technologies de la métropole qui permettent à Montréal de se hisser devant des villes comme Toronto, Ottawa et Vancouver.

Montréal est la ville canadienne où l’on délivre chaque année le plus de brevets en science de la vie, affirme M. Bernard. «Et ce n’est pas pour rien: Montréal est l’endroit où l’on compte le plus grand nombre de sociétés biotechnologiques au Canada.»

Les secteurs de l’aérospatiale, de la biotechnologie et des technologies de l’information et des télécommunications déposent aussi chaque année une part importante des demandes montréalaises de brevets. «Très peu d’endroits en Amérique du Nord peuvent compter sur une aussi belle diversité dans le secteur de la haute technologie», croit M. Bernard.

«L’origine géographique des inventeurs n’a aucune incidence sur l’émission d’un brevet», insiste toutefois Jean-Marie Paquette, agent de développement des affaires à l’Office de la propriété intellectuelle du Canada. «Que l’inventeur soit d’Iqaluit ou d’Halifax, on n’étudie pas ça.»

Mais il y a probablement plus d’inventeurs dans les grands centres urbains, dit-il. «Après tout, le taux de détenteurs de doctorat par habitant est beaucoup plus élevé dans les grandes villes comme Ottawa ou Montréal.»

Les brevets en chiffres

690

Plus de 690 brevets sont actuellement détenus à Montréal, par des entreprises, des universités et des particuliers.

80%

Ceci représente plus de 80% de l’ensemble des brevets détenus au Québec.

Auteur : Philippe Orfali

Source : lapresseaffaires.cyberpresse.ca

Des scientifiques ont découvert une nouvelle façon produire du pétrole


À Silicon Valley, en Californie, des chercheurs ont créé une bactérie qui se nourrit de déchets végétaux et qui rejette du pétrole à l’état pur ! Après plusieurs années de recherches sur l’ADN de certaines bactéries, les chercheurs ont isolé un gêne, qu’ils modifient, ce qui fait en sorte que la bestiole produit de l’or noir, rien de moins.

Cette découverte ouvre la voie à de nombreuses possibilités. Non seulement ces bactéries produisent du pétrole, mais elles éliminent des déchets autrement inutilisés tels des copeaux de bois ou des pailles de blé. Ainsi, elles produisent, selon ses inventeurs, une empreinte de carbone négative. Le taux de carbone émis par une voiture carburant à ce pétrole sera donc inférieur à celui rejeté dans l’atmosphère par l’amas de déchets. Impressionnant, non ?

Présentement, le seul problème relié à l’utilisation de ces bactéries est qu’elles nécessitent beaucoup d’espace afin de produire une quantité suffisante de pétrole. En utilisant une superficie de 3,71 mètres carrés, les bactéries peuvent produire un baril de pétrole par semaine.

Aux États-Unis, en moyenne 143 millions de barils de pétrole sont consommés de façon hebdomadaire. Afin de fournir nos voisins du sud, les bactéries devraient ainsi couvrir une superficie de 531 kilomètres carrés.

Pour l’instant, l’objectif des chercheurs est de construire une usine permettant la production de pétrole à grande échelle. Elle devrait être fonctionnelle pour 2011

Au niveau des coûts, si les bactéries sont nourries avec de la canne à sucre, on prévoit être en mesure de produire du pétrole pour 50 $ le baril. À l’heure actuelle, le baril se vend environ 130 $.

Source : www.auto123.com

Meilleure protection de la propriété intellectuelle en Suisse dès le 1er juillet


L’arsenal législatif suisse de lutte contre les contrefaçons et les produits piratés sera renforcé dès le 1er juillet 2008. Il a été adapté aux réalités d’aujourd’hui et concernera aussi le consommateur. L’Institut Fédéral de la Propriété Intellectuelle, la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf et l’association STOP A LA PIRATERIE ont présenté les modifications législatives lors d’une conférence de presse.

Le fléau de la contrefaçon et du piratage n’a cessé de s’étendre ces dernières années pour atteindre une ampleur mondiale. Aujourd’hui, le financement du crime organisé provient en grande partie des profits réalisés par ces activités illégales. Fabriquées sans assurance qualité et au mépris de toute norme de fabrication, les contrefaçons sont souvent de moins bonne qualité et constituent une grave menace pour la sécurité du consommateur suisse notamment. Les marchandises illicites parviennent en Suisse par exemple par le biais d’Internet ou de touristes. Aussi le législateur a-t-il décidé d’adapter le cadre légal.

Saisie et destruction des biens facilitées à la douane

Les modifications législatives qui entreront en vigueur le 1er juillet prochain offrent de meilleurs moyens légaux de lutter contre la contrefaçon et le piratage. Ainsi, les titulaires de droits seront désormais aussi habilités à interdire l’importation privée de contrefaçons de marques et de designs en Suisse. Si, aux termes de cette nouvelle réglementation, le consommateur n’encourt pas de sanctions, il risque néanmoins de devoir laisser ses marchandises au poste-frontière. Il sera par ailleurs plus facile de retirer les produits illicites du commerce parce que les douanes pourront directement détruire les contrefaçons et les copies pirates si aucune opposition n’est formée. Cette mesure permet d’éviter des procédures judiciaires coûteuses. Afin de réduire l’attractivité de la contrefaçon et du piratage à l’avenir, le législateur a enfin unifié et durci les peines encourues en cas de violation par métier des droits de propriété intellectuelle.

Protection appropriée de l’économie culturelle à l’ère du numérique

La révision partielle du droit d’auteur, qui entre également en vigueur le 1er juillet 2008, vise à offrir une protection appropriée aux droits d’auteur et aux droits voisins à l’ère des moyens numériques de reproduction et de distribution. Il sera désormais interdit par exemple de contourner les mesures techniques comme les dispositifs anticopies destinées à empêcher les utilisations non autorisées des œuvres et des prestations des artistes et des créateurs.

Des mesures ciblées pour sensibiliser à la nouvelle situation juridique

L’association STOP A LA PIRATERIE et l’IPI ont mis en œuvre des mesures ciblées afin d’attirer l’attention sur la nouvelle situation légale : distribution de papillons aux voyageurs, affiches aux postes-frontières, diffusion des informations dans les aéroports, les agences de voyage, les revues de vacances et sur Internet. Mais ce n’est pas du jour au lendemain que la Suisse pourra se débarrasser de ce fléau. Aussi la conseillère fédérale et cheffe du Département fédéral de justice et police, Madame Eveline Widmer-Schlumpf, a invité l’économie suisse et les consommateurs à tirer à la même corde afin de se donner les moyens de combattre efficacement la contrefaçon et le piratage.

Renseignements : Félix Addor, directeur suppléant de l’Institut Fédéral de la Propriété Intellectuelle et vice-président de l’association STOP A LA PIRATERIE, tél. direct +41 (0)31 377 72 01

Source : Institut Fédéral de la Propriété Intellectuelle : www.ige.ch

L’air comprimé, une nouvelle option pour le stockage


L’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) a mis au point un système de stockage de l’énergie reposant sur la compression de l’air. Son rendement de 60-65% lui ouvre la voie d’une application industrielle.

Développé par la start-up Enairys, le système dit de « piston liquide » améliore le rendement du stockage de l’énergie par air comprimé de plus de 30%, expliquent les chercheurs.

Le premier prototype développé par Sylvain Lemofouet, ingénieur et fondateur d’Enairsys, et deux professeurs de l’EPFL (Alfred Rufer, directeur du Laboratoire d’électronique industrielle et Daniel Favrat, directeur du Laboratoire d’énergétique industrielle), est aujourd’hui terminé.

« L’air, comme tous les gaz, est compressible », explique Sylvain Lemofouet dans les colonnes du quotidien Le Temps. « En d’autres termes, il peut prendre le volume qu’on lui impose. En l’obligeant à occuper un plus petit espace, sa pression augmente et crée un potentiel d’énergie comparable à l’élévation de l’eau dans un barrage hydroélectrique. »

Le principal défi a relever était celui de l’échauffement de l’air qui survient lors de sa compression. Un obstacle au rendement, qui a été surmonté grâce au liquide employé dans le piston. Celui-ci refroidit l’air pendant la compression et le réchauffe lors de la détente. Ce procédé a permis d’atteindre un rendement de 60 à 65%, quand les batteries au plomb tournent autour de 70%. L’avantage de la compression d’air est avant tout écologique, mais également économique sur le long terme, puisque les batteries à métaux lourds ont une durée de vie bien plus limitée.

Le premier prototype étant finalisé, les chercheurs visent désormais une version industrielle, spécifiquement destiné aux régions isolées ou au réseau peu fiable. L’invention pourrait également intéresser l’industrie automobile.

« Nous espérons générer un chiffre d’affaire de 40 millions d’ici à cinq ans », confie Sylvain Lemofouet au Temps.

Source : www.enerzine.com

La Chine est championne du monde de demandes de brevet


Le nombre de demandes de dépôt de brevet a très rapidement progressé en Chine ces dernières années. Les demandes sont en hausse de 20% par an dans l’Empire du Milieu, la préoccupation croissante pour les droits de propriété intellectuelle (IP) est a l’origine du phénomène.

Un élément significatif ces jours-ci : les demandes de brevets en grand volume en Chine. Cela peut être une surprise pour pas mal de pays, car depuis longtemps, la Chine est connue pour faire peu attention à la protection de la propriété intellectuelle. Selon les données publiées récemment, l’Office du Pays de la propriété intellectuelle (SIPO) de la Chine a reçu 694000 demandes de brevet en 2007. Cela met bien en avance sur les États-Unis, avec 484955 demandes, et le Japon, avec 443150.

Même si le volume des dépôts n’offre pas la meilleure mesure du rythme de l’innovation dans un pays, une telle hausse de demandes en Chine signifie une autre chose importante : une reconnaissance croissante pour garantir la protection juridique des inventions. Il en vaut la peine. En effet, un rapport publié en Mai par Evaluserve, spécialiste en KPO (Knowledge Process Outsourcing), note qu’au cours des deux dernières décennies, la Chine a fait des efforts pour déployer une variété de mesures afin d’améliorer son système de brevets, y compris la création en ligne un moteur de recherche de brevets et une base de données de hiérarchie pour traiter des problèmes concernant la propriété intellectuelle aux tribunaux.

Mais peut-il y avoir des ennuis pour les multinationales ? Une étape clé pour les candidats est d’informer les examinateurs de brevets à propos de « l’état de la technique » des inventions qui souvent décrit dans d’autres demandes de brevet. Le nombreux demandes de brevets chinois sont de plus en plus en « état de la technique », par contre l’os de brevet dans leur version chinoise. Il peut être le temps pour les États-Unis en matière de brevets à l’os sur leur mandarin.

Auteur : Hongyu GUAN

Source : www.168.fr

Un moteur MCE-5 dans la tête


Autodidacte, pourvoyeur de solutions technologiques non conventionnelles, Vianney Rabhi se situe dans la ligne des inventeurs qui ont fait de Lyon l’un des trois berceaux de l’automobile en Europe avec Paris et Stuttgart. Son moteur à compression variable devrait arriver sur le marché d’ici 2012.

« Quand on s’intéresse aux moteurs, la première chose qui saute aux yeux, c’est la médiocrité des rendements, encore aujourd’hui. Très tôt je me suis mis à rêver. Peut-on faire un moteur différent, plus simple, avec des rendements extraordinaires, plus léger, plus petit, plus tout ! Et puis une fois qu’on a fait le tour, on révise ses ambitions à la baisse. Si on arrive à gagner un peu de rendement, c’est déjà pas mal » concède Vianney Rabhi. Avec seulement un BTS agricole en poche, c’est un authentique autodidacte.

Il passe une partie de son adolescence a compulser les ouvrages techniques sur les moteurs du centre de documentation de son lycée, et à réfléchir aux solutions nouvelles. A vingt-et-un ans, il dépose son premier brevet : un moteur rotatif. Le premier d’une longue série. « J’ai breveté beaucoup de cochonneries » avoue-t-il. En parallèle il crée plusieurs entreprises dans le pré- presse, la vidéo, l’imagerie informatique. « La communication m’intéresse. Elle m’a permis de m’imprégner de problématiques très variées. Cela a été décisif dans le parcours du MCE-5 ». En 1991, il dépose un nouveau brevet, un moteur à compression variable cette fois-ci. « Les contacts que j’avais avec les constructeurs et les motoristes me conseillaient de laisser tomber. Mais par-ci, par-là, quelques-uns trouvaient mes idées intéressantes et m’encourageaient à persévérer ».

Ecole d’humilité.

Une très large majorité des solutions avait déjà été étudiée par d’autres. PSA a dénombré en 2000 près de 450 brevets de moteurs à compression variable et plus de 2 500 publications. Mais le MCE-5 est une synthèse de tout les écueils à éviter (Voir encadré). « Entre 91 et 97, j’ai acquis l’idée précise de ce qu’on avait le droit de faire et de ne pas faire. J’ai tellement exclu de solutions, qu’il n’en restait qu’une. Et je me suis dit que s’il fallait breveter un moteur, c’était bien celui-là. Personne n’avait imaginé cette solution avec une crémaillère et une bielle, dotée d’un vérin suiveur. C’était complètement nouveau ».

Il ne suffit pas d’inventer. Encore faut-il le faire savoir, de la bonne manière, avec les bons outils. Vianney Rabhi avait l’avantage de s’être frotté aux problématiques de communication pour d’autres entreprises et a su s’occuper de ses affaires. Il y a les constructeurs, les partenaires technologiques, financiers et institutionnels. Pour monter en notoriété, gagner une image, force est de savoir leur passer des messages clairs. « L’essentiel du travail ce n’est pas l’invention mais son déploiement. L’invention en elle-même correspond à 10% du travail. Dans le cas du moteur MCE-5, c’est beaucoup moins ».

L’entreprise.

En 1997, il dépose le brevet du MCE-5 et crée la société éponyme. PSA accepte de tester son moteur. « Ce n’est pas la technologie du MCE-5 qui a convaincu PSA, mais la stratégie de réduction de la charge du cycle de Miller-Atkinson qui accompagnait cette technologie à engrenage et crémaillère, car elle émule véritablement une cylindrée variable avec un taux de compression variable ». La prudence industrielle a voulu que cette nouvelle technologie soit expérimentée avec une stratégie de combustion traditionnelle. Le principe de la cylindrée variable promet encore plus de gain à la combustion et devrait être mise au point à partir de 2009.

Aujourd’hui, le MCE-5 a fait ses preuves au banc d’essai. Il a mis en évidence son potentiel et a démontré qu’il pouvait passer le cap de l’industrialisation. Tous les composants ne sont pas aboutis, mais le cap de la recherche est franchi, celui de son développement a commencé. Le travail de l’inventeur n’est pour autant par terminé. Pour l’écrasante majorité des problèmes qui se présentent, Vianney Rabhi continue d’apporter des solutions bien souvent simplificatrices. « J’ai une tournure d’esprit singulière. Quand il y a quelque chose à imaginer, on vient me voir, et j’arrive à trouver la meilleure solution. Elle n’est pas forcément académique, mais c’est là qu’est ma valeur ajoutée ».

Fin 2008, un constructeur et une quinzaine de partenaires devraient s’engager pour mener un travail collaboratif qui conduira d’ici 2012 le MCE-5 aux premiers véhicules fabriqués en petites séries. Son comportement sera étudié, testé, amélioré pendant trois ans à l’épreuve de la route. En 2015, le MCE-5 devrait définitivement échapper à son inventeur pour devenir un produit industriel, fabriqué en grandes séries.

MCE-5, le moteur qui réduit vos consommations de carburant

Le MCE-5 est un moteur à taux de compression variable. Une roue dentée à hauteur du piston permet d’abaisser la pression et la température de combustion, et de contrôler le taux de compression. La réduction de la consommation de carburant varie de 20% à 35% selon la puissance du véhicule. En fin de premier semestre 2008, 25 M€ ont déjà été investis pour son développement, 15 M€ supplémentaires seront engagés d’ici fin 2009. La société MCE-5 à Lyon (pdg : Jean-François Roche ; directeur Vianney Rabhi), emploie 20 personnes dont 15 ingénieurs. Elle n’a pas encore gagné le moindre euro. Elle devrait commencer à s’autofinancer en 2010.

Auteur : Bruno Crozat

Source : www.usinenouvelle.com