Les prix Nobel confirment la suprématie américaine dans la recherche


Les scientifiques américains ont été une nouvelle fois les grands gagnants des prix Nobel attribués ces derniers jours, rendant éclatante la suprématie de leur pays en matière de recherche. L’Europe tente toutefois de trouver des solutions pour combler son retard.

Cette année encore les Américains ont dominé les disciplines scientifiques -médecine, physique, chimie et économie- avec sept chercheurs «nobélisés», confirmant ainsi une tendance lourde. Depuis les grands débuts des Nobel en 1901, 284 lauréats sur 672, soit 42%, ont été américains. Et bien d’autres vainqueurs du prestigieux prix ont été chercheurs dans des universités américaines.

Cette année, seulement deux Européens ont été couronnés, le Norvégien Finn Kydland, qui a partagé le prix d’économie avec un Américain, et l’Autrichienne Elfriede Jelinek, prix de littérature.

Mais le Vieux Continent est déterminé à refaire son retard. «Nous sommes bien conscients que l’Europe est loin derrière les États-Unis», souligne Fabio Fabbi, le porte-parole de la Commission européenne pour la recherche. «Nous tentons d’aborder la question de différentes manières. (…) Il y a des motifs d’inquiétude et de morosité, mais tout le tableau n’est pas noir. Il y a beaucoup d’excellence en Europe.»

La principale raison de la suprématie américaine est simple, note M. Fabbi : les États-Unis dépensent deux fois plus dans la recherche chaque année (220 milliards d’euros) que tous les pays de l’Union européenne réunis (100 milliards d’euros).

Il y a également d’autres explications. Depuis les années 60, les Européens se sont concentrés sur la recherche appliquée alors que les Américains cherchaient à faire de nouvelles découvertes dans les sciences fondamentales, souligne Bertil Andersson, secrétaire général de la Fondation européenne de la science (ESF). «La prise de risques n’a pas été récompensée», par les programmes de financement européens, regrette M. Andersson. Or, «pour remporter un prix Nobel, il faut découvrir quelque chose de nouveau».

Un plan d’action de l’UE prône une hausse du budget de la recherche pour atteindre d’ici 2010 3% de son PIB, soit le même niveau qu’aux États-Unis, contre 1,9% actuellement, précise M. Fabbi. Mais l’argent n’est pas tout.

«Aujourd’hui, l’Europe est trop éclatée», explique Bertil Andersson. Alors que les États-Unis ont lancé de grands programmes de recherche après la Seconde Guerre mondiale, les pays européens continuent à travailler individuellement, dit-il.

Un projet de Conseil de recherche européen, capable de coordonner les efforts de recherche entre les pays, a été présenté à la Commission européenne en juin, indique Fabio Fabbi, et une décision à son sujet pourrait intervenir à la fin de l’année. L’UE essaye également de compenser une très importante «fuite des cerveaux» européens vers les États-Unis, en tentant d’attirer des chercheurs asiatiques et du tiers-monde, poursuit M. Fabbi.

Reste que les Américains devraient encore imposer leur domination sur les prix Nobel pendant plusieurs décennies, la plupart des lauréats étant distingués pour des découvertes réalisées plus de 15 ans plus tôt.

«Je ne crois pas que la position des États-Unis sera remise en cause avant un bon moment», confirme Jonas Foerare, porte-parole de l’Académie royale des sciences de Suède, qui attribue les Nobel de physique, chimie et économie.

Les célèbres prix fondés par Alfred Nobel, l’inventeur de la dynamite, seront remis à leurs lauréats le 10 décembre à Stockholm, à l’exception de celui de la paix qui sera décerné à Oslo.

Sur Internet du Prix Nobel : www.nobelprizes.org

Auteur : Mattias Karen

Source : AP


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