Le tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre (Hauts-de-Seine) a examiné lundi le conflit qui oppose Milka Budimir, une couturière de Bourg-lès-Valence (Drôme), au géant de l’agro-alimentaire, Kraft Foods, qui accuse la commerçante de »cyber-squattage» pour avoir ouvert un site internet baptisé www.milka.fr.
Le groupe américain réclame 3.500 euros de dommages et intérêts à la couturière originaire de Croatie. Il propose en revanche à la quinquagénaire de payer le dépôt d’un nouveau site internet appelé milkacouture.fr
Une proposition que refuse la commerçante car son site internet lui a été offert par son fils à Noël 2001. Elle réclame d’ailleurs 90.000 euros de dommages et intérêts et 10.000 euros de frais de procédure à Kraft Foods, estimant que la compagnie n’a cessé de la harceler ces deux dernières années.
«C’était un cauchemar, ces deux années. Mais je n’ai jamais pensé qu’il pouvait y avoir confusion entre mon nom et le chocolat. Et puis c’est mon seul prénom», a déclaré Mme Budimir lundi devant la salle d’audience.
«Je ne veux pas me faire écraser comme une mouche par la vache mauve», avait elle déjà confié à l’Associated Press dans sa boutique de la Drôme en décembre 2004. «Ils veulent me prendre mon travail, ma vie et même mon prénom !», avait-elle dénoncé expliquant que dans son pays, Milka est un prénom féminin très répandu. «Cela veut dire ‘petite reine’».
Sur son site internet, qui compte une seule page figurent les adresses des deux boutiques de la couturière et leurs horaires d’ouverture. Six mois à peine après la mise en service du site, Mme Budimir a reçu deux lettres recommandées d’avocats mandatés par Kraft Foods.
Constat d’huissier à l’appui, les conseils du chocolatier font valoir que «Milka» est une marque «de renommée» protégée, entre autres, par le Code de la propriété intellectuelle, et qu’en conséquence tout emploi non autorisé de Milka porte atteinte au fameux chocolat.
Le géant agro-alimentaire accuse donc Mme Budimir de «dilution de notoriété» car, par son activité de couture, elle affaiblirait »sensiblement le caractère distinctif de la marque en lui conférant un caractère banal».
La décision sera mise en délibéré.
Source : The Associated Press
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