Aussi doux soit-il, le climat européen n’est pas le meilleur pour faire éclore de grandes fortunes. Le classement annuel du magazine américain Forbes en donnait un avant-goût. C’est toujours l’Américain Bill Gates, le fondateur de Microsoft, qui détient la première fortune mondiale (46,5 milliards de dollars). Et les nouveaux noms qui se glissent parmi les dix premières fortunes mondiales sont issus de pays émergents. Signe de la croissance et de la poussée du nouveau monde. Exemple ? L’Indien, Lakshmi Mittal, qui a bâti sa fortune dans l’acier, a fait le bond le plus spectaculaire dans le classement 2005 de Forbes. Pour arriver au troisième rang mondial (25 milliards de dollars). Le Mexicain Carlos Slim Helu, qui, lui, doit tout aux télécommunications, se glisse aussi dans le cercle des cinq personnes les plus riches du monde. Le premier représentant du Vieux Continent n’est autre qu’Ingvar Kamprad, l’inventeur d’Ikéa. Il arrive au sixième rang. Et les deux premiers Français, Liliane Bettencourt et Bernard Arnault, sont classés par Forbes seizième et dix-septième. Voilà pour les milliardaires.
Une étude présentée hier par Merrill Lynch et Cap Gemini (1) s’intéresse au monde plus large des millionnaires. Sa cible ? Ceux qui possèdent un patrimoine financier de plus de 1 million de dollars (hors résidence principale). Ce cercle est de plus en plus vaste. «Le club des millionnaires s’est renforcé de 600 000 nouveaux entrants en 2004. Il compte désormais 8,3 millions de personnes dans le monde», indiquent les auteurs de l’étude. En France, 355 000 personnes environ sont concernées.
Mais, là encore, certains climats sont plus favorables que d’autres à l’enrichissement. Le nombre des millionnaires progresse fortement dans le monde… mais pas en Europe. L’an dernier, il a augmenté de 3,7% en Europe. Beaucoup moins vite qu’ailleurs : la progression atteignait 10% aux États-Unis, 8,5% en Asie, 7,9% en Amérique latine et 28,9% au Moyen-Orient.
Certains pays vont très très vite. A Singapour, en Afrique du Sud et à Hongkong, le nombre des personnes fortunées a bondi l’an dernier de près de 20%. «La Chine ne figure pas dans la liste des pays qui enregistrent le plus de nouveaux millionnaires en raison de la non-convertibilité de sa monnaie. C’est à Hongkong que se retrouvent les nouvelles fortunes chinoises», explique François Brunier, consultant chez Cap Gemini Consulting.
Rares sont les pays européens à tirer leur épingle du jeu. Seules l’Espagne et la Grande-Bretagne figurent parmi les dix pays qui ont enregistré le plus de nouveaux millionnaires en 2004 (avec des hausses de près de 9%). Avec une progression de 2,6% de ses millionnaires, la France est loin du compte.
Autre constat de l’étude, l’argent appelle l’argent. La richesse des millionnaires augmente en effet deux fois plus vite que celle des autres (8,2% contre 3,9% pour l’économie mondiale l’an dernier). Et, selon les auteurs de l’étude, cela devrait continuer. Ils prévoient une progression de 6,5% par an des avoirs des millionnaires d’ici à 2009. Cet enrichissement profite d’ailleurs à l’industrie du luxe : selon l’étude, les prix des biens consommés par les très grandes fortunes (plus de 30 millions de dollars d’actifs financiers) ont augmenté de plus de 11% l’an dernier.
(1) World Wealth Report, rapport sur la richesse mondiale.
Auteur : Carole Papazian
Source : www.lefigaro.fr
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