Les pôles de compétitivité face au «modèle français»


En dotant l’Agence de l’innovation industrielle de un milliard d’euros dès 2005, Jacques Chirac a voulu hier répondre aux premières inquiétudes sur le financement des pôles de compétitivité. La reconnaissance d’un grand nombre de ces pôles  » 67 sur les 105 présentés  » pose en effet la question de leur ambition, de leur réel potentiel (nos éditions d’hier).

Comment rivaliser avec les grandes aires d’entreprises innovantes, développées de l’Inde (Bangalore) à la Californie (Silicon Valley), en choisissant d’emblée d’en labelliser plusieurs dizaines ? Si l’on en croit les modèles étrangers, la taille des «clusters» ou «districts industriels» joue un grand rôle dans leur efficacité et leur visibilité. Celle-ci conditionne leur reconnaissance à l’international.

Cette dotation en argent public n’élude pas toute la question clef du financement des inventions. Parmi les ingrédients nécessaires à la création de ces réseaux porteurs d’innovation, il est indispensable de compter sur du capital-risque, avec des business angels audacieux prêts à investir vite et en amont dans les projets des chercheurs. Le montage français ne dit pas encore s’ils seront au rendez-vous. Jusqu’où la forte présence des préfets chargés de mettre en place le «comité de coordination» de chaque pôle associant ministères, universités, agences de recherche et collectivités locales est-elle compatible avec la dynamique du risque privé ?

Pour réussir, il faudra donc, là aussi, avoir la volonté de bousculer le modèle français : avec son administration centralisée, ses universités disséminées dans de nombreuses villes moyennes depuis le plan 2000, ses corps de chercheurs-fonctionnaires peu rodés à la compétition, ses territoires en concurrence.

«L’innovation est un processus d’apprentissage interactif», rappelle Alain Cadix dans une étude pour le Centre d’observation économique de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris. Elle s’enrichit de proximité géographique mais aussi culturelle, de spécialisation et d’ouverture. Elle abhorre le modèle unique et se nourrit d’expériences. L’innovation a besoin de temps. Et la France est pressée.

Auteur : Laurence Chavane

Source : www.lefigaro.fr

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