Le président du CNRS (Centre national de la recherche scientifique), Bernard Meunier, a choisi de démissionner. Le président du CNRS était en profond désaccord avec son directeur général Bernard Larrouturou sur la réorganisation du CNRS. Bernard Meunier a signalé dans sa lettre de démission qu’il souhaitait « ainsi hâter la mise en place d’une gouvernance renouvelée. »
Le président du CNRS, Bernard Meunier, et Bernard Larrouturou, directeur général, ne faisaient plus mystère de leur désaccord en profondeur sur la réorganisation du CNRS, l’iceberg de la recherche française. Bernard Meunier a donc présenté sa démission au ministre de la Recherche, François Goulard.
Bernard Meunier a été nommé à la présidence du conseil d’administration du CNRS en octobre 2004. Il était en opposition ouverte avec le directeur général, Bernard Larrouturou, en poste quant à lui depuis 2003. Bernard Larrouturou est à l’origine de la réorganisation des pouvoirs au sein du CNRS. C’est sur la proposition du ministre de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, que Bernard Meunier, chimiste, directeur adjoint du LCC et membre de l’Académie des sciences, a été nommé président du CNRS lors du Conseil des ministres du 20 octobre 2004.
Bernard Larrouturou, directeur général du CNRS et Pascal Viginier, directeur exécutif de France Télécom, en charge de la R&D, ont signé un accord-cadre marquant ainsi leur volonté de renforcer les liens existants entre les deux organismes. Conclu pour une durée de trois ans, cet accord-cadre permettra à France Télécom et au CNRS de partager moyens humains et financiers afin de développer des recherches innovantes dans de nombreux domaines comme les nouvelles technologies de télécommunication mobile, l’impact des nanotechnologies sur les architectures des futurs systèmes de communication ou encore les usages associés à une informatique omniprésente et communicante.
Le ministère de la Recherche pourrait nommer prochainement un nouveau président au CNRS. Le nom de Catherine Bréchignac, ancienne directrice du CNRS de 1997 à 2000, qui préside le Conseil international pour la science (CIUS), pourrait ressortir pour le poste de présidente du CNRS. En effet, Bernard Larrouturou n’est visiblement plus très apprécié, on lui reproche de faire cavalier seul depuis qu’il a présenté la réorganisation du CNRS. Il a d’ailleurs proposé sa réorganisation du CNRS avant même la sortie du projet de loi sur la réforme de la recherche.
A la faveur de cette crise, une réflexion pourrait être menée sur une modification en profondeur de la structure hiérarchique du CNRS avec la suppressions de cette direction bicéphale et le remplacement par un seul et unique poste de PDG. Le ministre de la Recherche, François Goulard, ne cache pas son attachement à cette dernière formule, déjà appliquée à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), à l’Ifremer et au Centre national d’études spatiales (Cnes). C’était aussi le souhait affiché par Bernard Meunier dans sa lettre de démission.
Bernard Meunier est né le 11 mars 1947. Il est maître en sciences physiques de l’université de Poitiers, docteur de troisième cycle de l’université de Montpellier (1971) et docteur d’État de l’université de Paris-XI (1977). Il a effectué un stage post-doctoral à l’université d’Oxford. Il a été assistant délégué à l’IUT de chimie de Montpellier avant d’entrer au CNRS en 1973. Après avoir été successivement stagiaire, attaché, chargé, maître, il était directeur de recherche. Depuis 1993, il enseigne à l’École polytechnique (maître de conférences de 1993 à 2000 et professeur chargé de cours depuis 2000). Il a été membre nommé de la section 18 (Éléments de transition – Interfaces et catalyse) du Comité national de la recherche scientifique de 1996 à 2000.
Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) est un organisme public de recherche fondamentale (Établissement public à caractère scientifique et technologique, placé sous la tutelle du Ministre chargé de la Recherche). Il produit du savoir et le met au service de la société. Avec 26.000 personnes (dont 11.600 chercheurs et 14.400 ingénieurs, techniciens et administratifs), un budget qui s’élève à 2.214 millions d’euros HT pour l’année 2004, une implantation sur l’ensemble du territoire national, le CNRS exerce son activité dans tous les champs de la connaissance, en s’appuyant sur 1.260 unités de recherche et de service. Créé par un décret du Président de la République Albert Lebrun, le 19 octobre 1939, alors que la France est déjà entrée dans la deuxième guerre mondiale, le CNRS a pour vocation, à cette époque, de regrouper tous les organismes d’État, non spécialisés, de recherche fondamentale ou appliquée, et de coordonner les recherches à l’échelon national. Il est le fruit de la clairvoyance et de la persévérance de quelques scientifiques, parmi lesquels Jean Perrin, prix Nobel de physique en 1926. Ce dernier est à l’origine de la fusion de la Caisse nationale de la recherche scientifique avec l’Office national des recherches scientifiques et des inventions en 1938. Et c’est ce Centre national de la recherche scientifique appliquée, ainsi créé, qui devient, en 1939, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS).
Source : www.referencement-internet-web.com
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