Une invention québécoise transforme la vie des amputés


«C’est surtout le côté psychologique qu’il faut travailler. Le jour où on apprend qu’on perd une jambe, c’est tout un deuil. Notre intégrité physique, c’est important.»

Pour une rare fois, Lucien Bouchard a accepté de se confier publiquement au sujet de son amputation. Il livre un vibrant témoignage dans le documentaire Un pas devant: l’intelligence de la jambe bionique.

Dans le reportage qui sera présenté de nouveau à RDI, le 30 juillet à 22h30, dans le cadre de Caméra témoin, il fait part des difficultés rencontrées lors de sa réhabilitation, mais aussi de l’apport inestimable de la jambe bionique, une prothèse unique conçue par le Québécois Stéphane Bédard.

«Je ne pense pas qu’un chirurgien fasse une amputation alors qu’il a d’autres choix. C’est la solution ultime et dans mon cas c’était pour sauver ma vie», dit-il.

M. Bouchard subi l’opération en 1994, alors qu’il était chef du Bloc Québécois, après avoir été victime de la bactérie mangeuse de chair. Sa vie a alors complètement basculé.

Réaprendre à vivre

Son plus grand défi a été de retrouver une vie normale après l’opération. La réadaptation ne se fait pas du jour au lendemain.

«Il faut réapprendre tous les gestes de nature banale lorsque nous avons deux jambes, comme utiliser un escalier roulant ou faire le premier pas quand on décolle. Intégrer ces gestes à des automatismes, c’est ça qui est important», témoigne M. Bouchard, pour qui les pires ennemis sont devenus la glace et la neige durant la saison hivernale.

Ce dernier a d’ailleurs mis les bouchées double à l’époque pour réintégrer ses fonctions, puisqu’il désirait recevoir le président des États-Unis, Bill Clinton, seulement quelques semaines plus tard.

«Tout est dans la motivation. On peut s’asseoir et réfléchir sur notre sort, mais il faut se mettre en phase active, en action. Et si possible, en phase hyperactive», poursuit-il.

Il ajoute d’ailleurs que ses collègues en réadaptation y ont été pour beaucoup dans son cheminement.

«C’est une communauté reconstituée. C’est puissant de voir les autres», exprime-t-il.

À la fine pointe

Pas moins de quatre millions de personnes dans le monde sont amputées d’un membre inférieur, soit en raison de la guerre, d’un accident, d’un problème cardiovasculaire ou du diabète.

Mais grâce à l’innovation de Stéphane Bédard et son entreprise Victhom, il est beaucoup plus facile de retrouver la capacité d’effectuer ses activités quotidiennes.

«C’est beaucoup plus fluide avec une prothèse motorisée. J’ai donc plus d’énergie à la fin de la journée parce que la prothèse marche pour moi. J’ai juste à faire un pas avec la jambe saine et l’autre suit», souligne Simon Bouchard, étudiant au doctorat en philosophie, qui bénéficie également de la jambe bionique.

Encore plus loin

Et le créateur de la prothèse, Stéphane Bédard, promet que l’évolution de la jambe bionique n’est pas terminée et que plusieurs améliorations pourront être apportées.

«C’est la première génération, il y a donc encore place à l’amélioration. Nous visons surtout un meilleur lien entre le corps et le mécanisme», indique-t-il.

«Ils sont dans le bionique. Avec la recherche, ils vont aller très loin. Ils ont ouvert une porte vers un avenir prometteur», conclut M. Bouchard.

Auteur : Philippe Renault

Source : Le Journal de Montréal


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