Un vélo sans chaîne


Au milieu des années 90, Sussex, un fabricant de vélos de Taïwan, a mis au point un modèle sans chaîne. Fini les lignes noires au bas des pantalons, les mains barbouillées quand la chaîne quitte son pignon.

L’invention n’a pas eu un succès immédiat. «Il a fallu attendre le retour du moyeu interne, voilà quelques années, pour que la disparition de la chaîne prenne tout son sens», explique Patrick Perugini, président de Dynamic Bicycles, une firme du Massachusetts qui a importé la technologie taiwanaise en Occident. «S’il n’y a plus de moyeu, se débarrasser de la chaîne est l’étape suivante, logiquement.»

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La compagnie américaine Dynamic Bicycles a lancé l’an dernier un vélo sans chaîne.

Dynamic Bicycles, qui vend ses vélos sans chaîne depuis l’an dernier, en a déjà écoulé plusieurs milliers, à des prix variant entre 500$US et 800$US. On peut commander par Internet, et les bicyclettes arrivent à 90% assemblées. Une fois par année, il faut ajouter un peu de graisse au mécanisme. Les bicyclettes de M. Perugini ont sept ou huit vitesses.

«Nous marchons particulièrement fort en Europe continentale, par exemple en Allemagne où le tiers des bicyclettes vendues ont un moyeu interne, dit M. Perugini en entrevue téléphonique. Les gens qui se rendent en vélo au travail sont particulièrement intéressés: quand on se sert du vélo tous les jours, il faut nettoyer la chaîne une fois par semaine pour enlever les débris, la poussière, le sel. Nous avons aussi commencé cette année à cibler les corps policiers, qui pourraient être intéressés par le roulement silencieux et la fiabilité. Quand ta chaîne débarque au beau milieu d’une poursuite, ce n’est pas très agréable.»

Une rareté à Montréal

À Montréal, les vélos sans chaîne ne sont pas légion. «J’en ai entendu parler. Ça a l’air bien, mais je n’en ai jamais vu», dit Man, de la section vélo du magasin de plein air La Cordée.

Le rédacteur en chef de Vélo Mag, Jacques Sennéchael, estime lui aussi que la mode en est à ses balbutiements. Il garde toutefois un certain scepticisme. «J’en ai essayé un, une fois, dans un salon à Toronto, dit M. Sennéchael. C’est sûr que l’idée de ne plus se salir les doigts est intéressante. Mais il est étonnant qu’une idée si fantastique ne se soit pas répandue plus vite.»

Au printemps, la revue Popular Mechanics a salué l’apparition des vélos sans chaîne de Dynamic Bicycles et d’une entreprise néerlandaise, Biomega, dont les produits sont un peu plus chers. «C’est une honte que les vélos sans chaîne ne soient pas apparus plus tôt, a conclu la revue américaine. Ils ont des avantages indéniables.»

Auteur : Mathieu Perreault

Source : www.cyberpresse.ca


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