Il suffisait d’y penser !


Bûche écolo

Comment profiter d’un bon feu de bois quand on sait qu’il pollue ? Écolog propose une solution : sa bûche écologique, plus «propre » pour l’environnement que la bûche de bois ordinaire.

Patrick Henri et Patrick Alarie, deux entrepreneurs dans la trentaine, ont démarré leur entreprise en 2001, sur un coup de cœur pour des machines qui dormaient dans un entrepôt. Ces machines, d’origine européenne et très spécialisées, transforment le bran de scie en bûches de bois sans ajout d’agent liant. C’est la lignine même du bois qui, sous l’effet de la chaleur intense, lie le bran en une bûche compacte. En plus d’être 100% naturelle, cette bûche présente les mêmes qualités qu’une bûche de bois séché pendant six ans; elle produit plus de chaleur et 58% moins de particules polluantes que celle-ci.

Aujourd’hui, Ecolog emploie une vingtaine de travailleurs à temps plein, nombre qui peut s’élever à 50 en période de pointe. L’an dernier, malgré un incendie qui a eu pour effet de paralyser l’usine pendant presque six mois, cette entreprise a doublé son chiffre d’affaires, qui a atteint 2,5 millions de dollars. Patrick Henri a bon espoir de faire au moins aussi bien cette année, d’autant plus qu’il vient de conclure avec Canadian Tire une entente qui lui assure une présence sur le marché partout au Canada. Les bûches Ecolog sont déjà vendues chez Couche-Tard et Metro.

Chapiteau parapluie

Un camion arrive sur les lieux chargé d’un « mât » imposant sur sa remorque. À la simple pression d’un bouton, le « mât » est hissé à la verticale et se déploie comme un parapluie. En moins d’une demi-heure, le « parapluie » est fixé au sol, le poteau central retiré, et on obtient un chapiteau sans poteau central bloquant la vue. Normalement, l’installation de ce type de chapiteau nécessiterait le travail d’au moins deux hommes pendant une journée complète.

Voilà deux ans que Paul-André Bouchard, ingénieur au CRIQ pendant huit ans, puis consultant au Cirque du Soleil, a entrepris de fabriquer ses chapiteaux révolutionnaires, qu’il loue et vend.

Les premiers modèles construits à ce jour sont de taille modeste; ils font 15 mètres de circonférence et sont utilisés pour des événements spéciaux. Paul-André Bouchard prévoit concevoir, cet automne, un modèle intermédiaire de 30 mètres, capable d’abriter 800 spectateurs, et il espère un jour concevoir un grand chapiteau de 50 mètres qui en accueillera 2 500. Il mijote aussi un concept de chapiteau qui contiendrait tout le câblage nécessaire au son et à l’éclairage, ce qui lui permettrait de livrer une salle de spectacle mobile montée en quelques heures.

Pour l’instant, l’entreprise ne compte que six employés qui louent et installent les chapiteaux ici et là, mais les perspectives sont immenses et s’élargiront encore plus quand l’entreprise accédera au marché américain, où la location annuelle de chapiteaux représente trois milliards de dollars américains. L’idée d’un atelier multifonctions hautement mobile intéresse déjà industriels et militaires. « Dans cinq ans, nous nous serons implantés aux États-Unis », calcule l’entrepreneur. Nous prévoyons que les ventes et les revenus de location y généreront des revenus annuels de 25 millions de dollars américains. »

Coup de pouce dans les côtes

« À la différence des autres vélos électriques, avec BionX, le vélo demeure un vélo », annonce le site Internet de l’entreprise BionX.

Très juste. Jean-Yves Dubé, président fondateur de cette entreprise d’Asbestos, où l’atelier emploie 30 personnes, a mis au point un système de propulsion électrique qui ne cherche pas à faire du vélo une motocyclette. Depuis 1997, il fabrique et vend partout en Amérique un système que les détaillants de vélos installent sur commande. Ce système, dont 10 000 exemplaires ont été vendus à ce jour, est doté d’une batterie et d’un moteur insérés dans le moyeu de la roue arrière. Il est offert en trois modèles dont les prix varient entre 1100 et 1600 dollars.

Le cycliste fait appel à sa guise au moteur de BionX, selon le degré d’effort qu’il veut déployer. Pour monter une côte, il peut solliciter la pleine puissance du moteur, en terrain plat, le mettre au neutre, et dans une descente, commander la recharge de la batterie.

« J’ai travaillé dans le domaine des moteurs électriques pendant 35 ans, à mon compte, dit Jean-Yves Dubé. C’est pendant ces années que j’ai mijoté l’idée de mettre au point un moteur qui ne se casse pas et qui ne requiert pas d’entretien. Notre moteur exige moins d’entretien que le vélo sur lequel il est monté. »

Arme secrète dans l’agroalimentaire

« Nos clients désirent que nous demeurions un secret bien gardé», confie Johanne Tanguay, directrice générale de Cintech Agroalimentaire. Voilà un très bel éloge pour cette entreprise, qui est en fait un organisme sans but lucratif.

Cintech Agroalimentaire est un centre de conseil et de développement au service de l’industrie alimentaire depuis treize ans. Cette firme de 25 employés, dont 20 spécialistes et chercheurs, fait des affaires avec une centaine d’entreprises, dont elle tire des revenus de deux millions de dollars.

Qu’elle soit une PME ou une multinationale, une entreprise peut consulter Cintech aussi bien pour modifier une recette que pour mettre au point un nutraceutique, éliminer les gras trans d’un produit, valider une certification « bio », aider à la commercialisation d’un nouvel aliment, et même valoriser les résidus d’un processus industriel. « En résumé, indique Johanne Tanguay, nous amenons les gens à développer de nouveaux produits, à innover ou à trouver des solutions à toutes sortes de problèmes liés à la concurrence. »

Simplement de l’eau

Les usines de traitement d’eau potable pullulent sur la planète, mais les formes de traitement qu’elles utilisent ont toutes le défaut de recourir à des agents chimiques. Dagua constitue l’heureuse exception. Maurice Lacasse y travaille depuis 1994 à mettre au point un procédé qui ne fait appel à aucun additif chimique, pas même pour le nettoyage interne de la tuyauterie. Le procédé de purification à l’ozone est d’une telle efficacité qu’on peut prendre l’eau de la rivière la plus polluée et en tirer une eau aussi propre et saine que celle qu’on trouve en bouteille dans le commerce.

Ce traitement offre nombre d’autres avantages, notamment celui de pouvoir réduire d’au moins 40% la note de traitement des eaux pour une municipalité, assure le président, Pierre Bélanger.

En 2003, l’inventeur s’est allié à des investisseurs indépendants, dont des membres de la famille Chagnon, ce qui lui a permis de construire à Granby une usine de fabrication qui emploie dix personnes. Une première usine de traitement, installée en janvier 2006 à Radisson, au Québec, sert de vitrine de démonstration. Depuis, les contrats potentiels, à l’échelle internationale, ne cessent de se présenter.

Serveur et artiste

Dans tous les bars du monde, les serveurs de bière et les artistes qui font le spectacle forment deux catégories bien distinctes. Avec son idée de les fusionner, Stéphane Genest est en train de transformer le « nightlife » tel que nous l’avons connu jusqu’ici.

Dans un bar qu’il gérait à La Pocatière en 1997, Stéphane Genest, qui a passé sa vie dans les bars, les boîtes de nuit et les hôtels, a eu l’idée d’embaucher un artiste comme barman et de lui faire donner les spectacles. Gestion Show-Time Tabou venait de naître.

L’idée s’est concrétisée à Lévis, en 2002 : sous la gouverne d’un directeur artistique, les artistes-serveurs présentent leur numéro sur une scène permanente. De plus, ils suivent des cours de chant et de tenue en scène.

Après avoir ouvert un deuxième bar de 1000 places à Neufchatel, l’entreprise a fait le saut à Atlantic City, aux États-Unis, où son concept suscite l’enthousiasme. D’autres projets américains sont dans la mire. Dans un an, l’entrepreneur pense qu’il pourra doubler, peut-être même tripler le nombre de ses employés. Il en compte aujourd’hui 190, dont 150 sont des employés-artistes.

Bateau plié sous le bras

François Laflamme reçoit un jour la visite d’un voisin qui veut lui vendre un produit tout à fait inattendu : un bateau pliable. C’est le dernier de la production d’un entrepreneur qui, depuis, a jeté l’éponge. « J’ai trouvé le produit fantastique », dit François Laflamme.

Il a tellement aimé ce bateau qu’il a acheté l’entreprise ! En fait, il a acheté la machinerie et, après l’avoir modernisée, il a redémarré l’entreprise en 2005, à Montmagny, sous le nom d’Instaboat.

D’autres bateaux pliables sont produits dans le monde, mais ils se présentent en morceaux séparés. Avec celui d’Instaboat, toutes les pièces se tiennent. Le tout pèse 66 livres et se vend 1400 dollars.

La production, fort artisanale jusqu’ici, n’occupe que sept personnes, l’entreprise ayant vendu 1 000 bateaux depuis ses débuts. La promotion se fait sur Internet, et la vente aussi, notamment sur eBay.

Mais le rythme s’intensifie. Des chaînes américaines de commerce de détail comme Cabela’s et Bass Pro Shop veulent offrir le produit. « Nous sommes maintenant capables de fabriquer 2 500 ba-teaux par an avec un seul quart, ce qui nous permet désormais de fournir ces grandes chaînes, » dit l’entrepreneur.

Infirmière de brousse

En 1991, tandis qu’elle termine son cours d’infirmière, Francine Charron visite sa sœur qui travaille pour une société minière au Nunavut. Un jour, elle demande la permission de visiter l’infirmerie, et voilà qu’elle a la piqûre. « Je devais y passer dix minutes; j’y suis restée toute la journée, à causer avec l’infirmière, se rappelle-t-elle. L’autonomie professionnelle dont elle jouissait s’est avérée très motivante pour moi. »

Quand elle réussit finalement à travailler dans les contrées nordiques, elle découvre que les ressources manquent et que les infirmières ne sont pas toujours formées pour jouer un rôle élargi, qui recoupe celui du médecin.

Forte de ces observations, elle fonde Solutions Nursing, en 2003. C’est l’explosion. Deux ans plus tard, la firme compte près de 90 employés, dont 70 infirmières, en poste en régions éloignées, et 10 formateurs. Bientôt, Francine Charron constate que les besoins auxquels répond la formule de Solutions Nursing débordent largement ceux du Nord. C’est ainsi que cet automne, elle va offrir, à Montréal, des services de soins globaux à domicile : des soins infirmiers, de l’entretien ménager, de l’aide aux courses et même des activités de bricolage.

Un seul obstacle se dresse sur sa route. « Nos infirmières doivent posséder une grande autonomie professionnelle, insiste l’entrepreneure. Le plus difficile, c’est de trouver les bonnes personnes. Nous voulons la crème. »

Filme ta vie

Il y a belle lurette que des rédacteurs offrent aux particuliers ou aux entreprises d’écrire le livre de leur vie. Jacques Renault propose, lui, d’en faire une vidéo.

Après une carrière de réalisateur à TQS, en Abitibi, l’entrepreneur offre ses services aux particuliers, aux entreprises et aux groupes communautaires. À ce jour, il a réalisé une douzaine de documents, en format DVD. « Je m’intéresse tout particulièrement à l’entreprise familiale, indique Jacques Renault. Au moment de prendre sa retraite, le patron peut avoir envie de laisser un bilan de son parcours aux enfants qui lui succéderont. »

Pour préparer ses candidats au tournage, Jacques Renault leur soumet un guide qui couvre leur cheminement en 130 points : lieu de naissance, jeux d’enfant, premières amours, études, principales initiatives, etc. S’ajoutent des thèmes plus philosophiques : clés du bonheur et de la réussite, vision du monde d’aujourd’hui, spiritualité. Le tournage ne requiert en général qu’une demi-journée; l’essentiel se passe ensuite en studio, où l’entrepreneur insère images, photos et musique en composant le montage. Après trois ou quatre semaines, pour 1 600 dollars, le client a en main le film de sa vie.

Entreposage au cube

Entreposer des meubles, quel aria ! Il faut trouver l’espace adéquat, louer un camion, emballer les objets, engager des ouvriers… Pas avec GoCube.

Cette nouvelle entreprise livre chez le client un cube d’entreposage qui se présente un peu comme un petit cabanon de 280 pieds cubes (5 X 8 X 7 pieds). Le client le remplit à loisir, puis appelle GoCube qui, dans un délai de 24 heures, vient le récupérer pour l’entreposer. Christian Dusablon, président de GoCube, a trouvé l’idée lors d’une visite aux États-Unis.

Sous forme de guichet unique, cette entreprise peut également tout prendre en main pour le client. « Nous offrons, par l’intermédiaire d’une agence, le service de main-d’œuvre pour déplacer et transporter les meubles et les objets du client », indique le patron. L’entreprise fait aussi appel à une boutique du déménageur qui fournit boîtes, couvertures, cordages, etc.

Les affaires évoluent bien. Au cours de sa deuxième année, la petite entreprise de quatre employés a livré 300 cubes en période de pointe, au début de l’été dernier, alors qu’elle n’en avait livré que 80 à la même période l’année précédente. « À présent, dit Christian Dusablon, notre défi est de nous faire connaître et de faire passer notre concept. »

Auteur : Yan Barcelo

Source : www.lesaffaires.com


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