Article de presse

Cap sur l’innovation du Québec


Rarement aura-t-on vu autant de journalistes pour une annonce à caractère économique le dévoilement de la politique d’innovation du Québec correspondant à la première sortie de Jean Charest depuis l’élection de Stéphane Dion à la tête du Parti libéral du Canada.

Les journalistes politiques, qui s’étaient déplacés pour recueillir les commentaires du premier ministre, ont fait d’une pierre deux coups.

Ils ont pu questionner Jean Charest à propos de Stéphane Dion, tout en assistant en prime à la présentation d’une stratégie importante autour de laquelle s’articulera le développement économique du Québec.

«Un Québec innovant et prospère» est une pièce majeure. D’abord en ce qui concerne les sommes qui y sont consacrées. Québec investira 888 millions de dollars d’argent frais sur trois ans pour améliorer la performance de notre économie au chapitre de l’innovation. C’est beaucoup, surtout pour un gouvernement qui gratte ses fonds de tiroirs.

Le ministre Raymond Bachand ne s’en est pas caché en conférence de presse, l’accouchement de cette politique ne s’est pas fait sans douleur. Il y a eu des tiraillements entre les différents ministères. Sans l’appui indéfectible du premier ministre, a précisé le ministre du Développement économique, la politique dévoilée hier n’aurait pas eu la même ampleur.

Mais au-delà des sommes consacrées, l’importance de l’annonce d’hier réside dans l’inscription de la recherche et de l’innovation au cœur de la stratégie de développement économique. À l’heure de la mondialisation, la seule façon de tirer son épingle du jeu pour une économie de la taille de la nôtre est de miser sur le savoir.

Ce n’est pas que le Québec accuse un retard inexcusable en la matière. Au contraire, les dépenses en recherche et développement (R&D) représentent 2,7% du produit intérieur brut (PIB) québécois, ce qui nous place au septième rang des pays de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). Mais il y a des maillons faibles, notamment au chapitre de la valorisation de la recherche.

Si les universités du Québec effectuent un peu plus de 31% de la recherche canadienne par année, ces établissements ne génèrent que 17% des inventions divulguées, 18% des nouvelles licences et 17% des entreprises dérivées (spin off) au Canada.

Voilà pourquoi plus de la moitié du coût budgétaire de la stratégie appuie directement la valorisation des résultats de la recherche et le transfert des technologies vers les entreprises. Québec investira notamment 46 millions de dollars sur trois ans pour venir en aide à des partenariats universités-entreprises. Certains existent déjà et sont des succès concluants comme le CRIAQ, le Consortium de recherche et d’innovation en aérospatiale du Québec. D’autres sont en voie de formation dans des secteurs comme le textile par exemple.

L’autre faiblesse que cherche à corriger le ministre Bachand avec sa politique d’innovation est la timidité des dépenses en R&D effectuées par les entreprises québécoises. À peine 3% de nos entreprises sont actives en recherche et développement.

Leurs dépenses à cette fin ne représentent en moyenne que 48% de celles des entreprises ontariennes. Québec a déjà une politique de crédit d’impôt à la R&D, politique que l’ancien ministre des Finances, Yves Séguin, avait d’ailleurs sabré lors de son premier budget. Cette fois, c’est de bonification dont on parle.

En gros, le gouvernement Charest hausse de 25 millions de dollars le niveau d’actif donnant droit au taux bonifié de 37,5% du crédit d’impôt, ce plafond passe de 25 à 50 millions.

Selon Québec, plus de 300 entreprises bénéficieront de cette mesure qui coûtera 75 millions de dollars en dépenses fiscales de 2007 à 2010. Cette somme s’ajoute aux 690 millions que coûte annuellement la politique actuelle.

Par ailleurs, plutôt que de s’éparpiller, Québec a choisi de cibler et de concentrer ses efforts en R&D afin de réunir des masses critiques de chercheurs dans des domaines et des technologies jugés stratégiques.

Ces secteurs sont notamment la génomique, les nanotechnologies et l’optique photonique en raison de leur grand potentiel de retombées économiques dans une vaste gamme de domaines.

Un investissement public additionnel de 104 millions de dollars est donc consenti au cours des trois prochaines années pour soutenir les activités d’organismes comme l’Institut national d’optique, Génome Québec et Nano Québec.

Bref, avec le dépôt de cette stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation, Québec met en place un environnement propice à la R&D, à l’innovation et au transfert des technologies vers les entreprises. Mieux vaut tard que jamais. C’est maintenant au tour du secteur privé de pousser à la roue.

Auteur : Michèle Boisvert

Source : www.lapresseaffaires.com

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