Les immigrés représentent une force significative dans la création de nouvelles entreprises et la propriété intellectuelle aux États-Unis. Leur contribution a augmenté au cours de la dernière décennie. » Telle est la principale conclusion d’une étude que vient de rendre publique la Duke University (Caroline du Nord).
L’enquête, réalisée par 18 étudiants en ingénierie, a été menée auprès de 2 054 start-up ayant un chiffre d’affaires supérieur à un million de dollars (770 millions d’euros) et employant au moins 20 personnes.
Les données ont été extrapolées aux plus de 28 000 entreprises créées dans la technologie entre 1995 et 2005. Il en ressort que 25,3 % d’entre elles comptaient un fondateur, président, directeur général ou responsable de la technologie né à l’étranger.
La proportion est d’autant plus forte que les immigrés représentent 11,7 % de la population américaine. Le phénomène est marqué en Californie, où les immigrés ont fondé 39 % des start-up et même 52 % dans la Silicon Valley.
UNE CONTRIBUTION CROISSANTE
Elle atteint encore 38 % dans le New Jersey, 33 % dans le Michigan, 30 % en Georgie, 29 % en Virginie et dans le Massachusetts. Ces sociétés évoluent surtout dans les secteurs des semi-conducteurs, des communications, de l’informatique et des logiciels. Elles sont peu présentes dans ceux de la défense, de l’aéronautique et de l’environnement.
« Cette recherche montre sans contestation la contribution économique croissante des immigrants », souligne Daniel Griswold, de l’Institut Cato de Washington. Les entreprises créées par des immigrants employaient 450 000 personnes et généraient un chiffre d’affaires de 52 milliards de dollars en 2005.
« Pour maintenir notre compétitivité économique, l’Amérique doit mettre l’accent sur ses atouts. L’un des principaux est notre capacité à attirer les meilleurs et les plus brillants dans le monde », explique Vivek Wadhawa, d’origine indienne, qui a dirigé cette étude à la Duke University.
Lui-même a fondé deux entreprises en Caroline du Sud. « Si ces entrepreneurs devaient quitter les États-Unis, nous affaiblirions notre capacité de création intellectuelle », ajoute-t-il.
L’une des conclusions les plus surprenantes de l’étude tient à l’importance économique de l’immigration indienne. Selon les estimations, 7 300 start-up (26 % de celles créées par des immigrants) comptaient des entrepreneurs d’origine indienne. Ils ont fondé plus d’entreprises à eux seuls entre 1995 et 2005 que les personnes originaires des quatre pays combinés venant à la suite dans le classement : Grande-Bretagne, Chine, Taïwan et Japon.
Les immigrés se concentrent souvent dans certains États et créent alors de véritables réseaux. Ainsi, les Indiens sont très présents en Californie et dans le New Jersey, les Britanniques en Californie et en Georgie, les Chinois et les Taïwanais en Californie et sur la côte Ouest en général.
En 1998, les inventeurs nés à l’étranger avaient déposé 7,3 % des brevets internationaux issus des États-Unis. En 2006, ce pourcentage est passé à 24,2 %.
Auteur : Eric Leser
Source : www.lemonde.fr
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