Lauréate du Grand Prix Paris Innovation, l’entreprise Da Fact travaille à la création d’une gamme d’instruments électroniques, sans fils et doté d’un système de transmission haute fréquence. Un des prototypes de celle-ci est un « bâton » sensible qui permet de produire sons et vidéos en temps réel. Objectif : donner à la musique électronique ses lettres de noblesse et sa place sur la scène, plutôt que dans les studios. Une première commercialisation de ce produit est prévue dans plus d’un an.
Intuitif et sensitif, c’est en ces termes que le chef de l’entreprise Da fact présente son invention, un instrument de musique électronique, qui vient de remporter, la semaine passée, le Grand Prix Paris Innovation. Une distinction, remise par l’agence de développement économique de Paris, qui récompense et soutient les entreprises innovantes dans les domaines du numérique, de la santé, du design, et bientôt en 2008, des éco-activités.
C’est dans le but de réconcilier la musique électronique avec le geste musical, que Rémi Dury, musicien diplômé du Conservatoire de Paris, spécialiste de l’électronique depuis 25 ans, a élaboré un instrument électronique qui peut produire en temps réel ,et sans aucun décalage, des sons et des vidéos. » Quand la musique électronique a émergé, à la fin des années 1970, on ne pouvait qu’enregistrer les compositions et les diffuser. Sur scène, il n’y avait plus de musiciens, plus d’instruments, plus de chef d’orchestre « , déclare t-il. D’où une certaine frustration pour tout artiste et l’impression de n’être qu’un » presse-bouton « , bloqué devant son ordinateur. Pour inverser la tendance Da fact a donc créé deux prototypes depuis 2001.
Des sons et vidéos à l’infini
La » lutherie électronique » de Da fact s’apparente à un bâton, lié par la technologie » sans fil » à un ordinateur, et fonctionne sur le principe de capteurs placés dans le corps de l’instrument sous les doigts de l’instrumentiste. L’objet est également muni d’une boussole numérique interne et puise son énergie dans une batterie d’une capacité de 48 heures. Des sons synthétiques ou enregistrés après capture dans l’ordinateur permettent au musicien de créer son propre répertoire, en promenant ses doigts sur l’instrument. Sans contrainte acoustique, il a été conçu de façon totalement ergonomique. Mais contrairement à une flûte ou un hautbois, il n’y a pas de doigté (1) précis. » Il s’agit de constituer un scénario utilisant les sons et vidéos pour pouvoir créer sa musique « , précise Rémi DuryEn définitive, la quantité des sons et des vidéos est donc (presque) infinie.
Si la forme et le design définitif de l’objet sont encore à l’état d’élaboration, afin de lui attribuer un aspect unique et non comparable avec un instrument existant, une première commercialisation du produit Da Fact est d’ores et déjà prévue. Elle devrait intervenir dans moins d’un an. A terme, l’entreprise prévoit de le fabriquer non seulement pour les musiciens professionnels, mais aussi de l’adapter à l’attention des amateurs, voire pour les jeunes enfants.
(1) jeu de doigt sur un instrument (Hachette) Exemple : Pour jouer un la à la flûte traversière, il faut appuyer le pouce, l’index, le majeur de la main gauche sur les touches correspondantes.
Auteur : Lise Mayrand
Source : www.innovationlejournal.com
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