Estimer la quantité de feuillus d’un massif forestier grâce à la puissance du laser : pas tout à fait une réalité, mais presque. C’est ce que permet d’espérer une expérience menée en mars 2007, dans les environs de Nancy, dont les premiers résultats viennent d’être rendus publics. Une innovation technologique qui laisse entrevoir des applications pour la détection des vestiges archéologiques. Mais aussi pour la mesure de la hauteur des arbres, dont peuvent être déduits la quantité de bois sur pied comme l’état de santé de la végétation.
Au cœur de la méthode : la télédétection par laser (Lidar) aéroporté. Équipé dudit laser, l’avion affrété par l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), l’Office national des forêts (ONF) et le Service régional de l’archéologie de Metz a survolé 11 000 hectares de la forêt de Haye (soit la quasi-totalité de sa surface) en envoyant cinq faisceaux par mètre carré de sol. Ce qui monte à plus de 1,5 milliard le nombre de points relevés lors du « scan » de ce massif forestier.
« Visuellement, les données semblent satisfaisantes. On distingue bien les houppiers des arbres, et les nuages de points obtenus correspondent fidèlement aux images photographiques », affirme Alexandre Piboule, chargé de recherche à l’ONF (direction territoriale de Lorraine). Reste maintenant à s’assurer de la validité des modèles numériques issus de ces données pour estimer la hauteur de la couche végétale. Un exercice qui prendra valeur de test : si le Lidar aéroporté a déjà été utilisé en Europe du Nord et au Canada pour certains massifs de résineux, c’est en effet la première fois que cette technique est expérimentée dans une forêt de feuillus. Si elle se révèle efficace, elle pourrait en partie remplacer, en un seul passage, les fastidieuses mesures de terrain effectuées par les forestiers, à l’aide de dendromètres, pour évaluer le cubage des bois.
En partie seulement, car la méthode restera coûteuse. Elle ne devrait donc être employée que dans des zones prioritaires, parce que mal connues, peu accessibles ou hautement stratégiques. « En corrélant la hauteur des arbres et leur âge, on a une bonne idée de la fertilité du sol, et donc des potentialités d’une station forestière », précise M. Piboule, qui travaille à obtenir, grâce au Lidar non plus aéroporté mais terrestre, les images en 3D de petites portions de forêt. Une technique complémentaire de la première, qui pourrait elle aussi améliorer les outils de l’Inventaire forestier national (IFN).
Auteur : Catherine Vincent
Source : www.lemonde.fr
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